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 the moment to fight ▲ ANDREW.

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MessageSujet: the moment to fight ▲ ANDREW.   Mer 18 Avr - 16:24



Andrew & Foe.


Un long moment tu observes sans bouger le sous-bois ; les minutes s’étirent, taquines et moqueuses, tandis que tes opales émeraudes dardent sans bouger l’horizon intouchable. Au loin, tu jauges la chaîne montagneuse et déglutis difficilement – hésitation. Le voyage promettait d’être long et dangereux et tu doutais sincèrement de son utilité. Et si, une fois encore, tu t’en retournais bredouille, rejetée dans ta requête ? Ton trajet s’en trouverait alors parfaitement inutile et tes risques idiots. Dans ton esprit, une torture morale se déclenche et tu portes tes doigts contre tes tempes pour les masser doucement – partir ou rester. Tu mordilles ta lèvre inférieure en clignant plusieurs fois tes opales, nerveusement. Finalement, tu te redresses de la vieille souche contre laquelle tu t’étais appuyée pour réfléchir, attrapes ton sac à dos à bout de bras et le jettes négligemment sur ton épaules. Tu inspires profondément une dernière fois, observes derrière ton épaule – il serait idiot de tomber sur Melvil à cet instant – avant de t’avancer vers l’orée que tu connais par cœur.

La forêt t’engloutit toute entière de sa noirceur – immédiatement tu suffoques de l’humidité et l’opacité de l’air ambiant et tu marques une pause à peine es-tu entrée. Nouvelle hésitation – non, tu n’as plus le temps de réfléchir. Tu resserres les sangles de ton sac autour de tes épaules et te lances dans la longue marche qui t’attends avec fureur. Tes pas sont longs, vifs et énergiques, à l’image de ton humeur agacée et renfrognée dès l’aurore. Ce matin, tu as décidé de partir dès lors que le soleil aurait pointé ses premiers rayons faiblards ; tu espérais ainsi arriver à destination avant la nuit tombée – l’idée même de traverser les bois, puis les rocheuses dans le noir te terrorise. Tu accélères le pas, trottinant entre les branches que tu écartes d’un mouvement fluide. Tu ne t’ébahies pas devant la beauté naturelle des lieux, que tu connais désormais par cœur – ces détails te semblent futiles en ce jour, tant ton but obsède chaque parcelle de ton corps, chaque cellule de ton esprit. Surtout, tu ne regardes jamais derrière toi, apeurée de pouvoir changer d’avis et de faire demi-tour – tu évites également par-dessus tout de t’aventurer près de la clairière. Tu sens la présence de Jonah qui t’appelle, toutefois tu résistes à la tentation de lui rendre visite ; tu te rappelles encore de la fois où tu t’étais rendue sur ta tombe en ayant l’impression qu’il t’avait, lui, oubliée. Cette fois-là, tu n’avais nullement ressenti cette pression tiède contre tes doigts, ni ce léger souffle dans tes boucles brunes, presque imperceptible tant il était doux ; tu t’étais sentie seule, abandonnée. Lorsque tu avais adressé quelques mots à la pierre gravée en son nom, elle était restée froide et silencieuse – tu étais alors partie en sanglotant, ignorant pourquoi cette absence de réponse te causait tant de maux. Tu t’étais donc décidée à ignorer les appels muets de ton frère ; tu ne lui pardonnais pas encore de t’avoir laissée, livrée à toi-même au milieu de bois. Tu effectues alors un large crochet pour contourner la clairière de loin – tu perds un temps fou, mais au diable. Rapidement, l’astre solaire grimpe dans les cieux, jusqu’à atteindre son apogée au dessus de ta tête ; ses rayons parviennent à pénétrer l’épaisse masse verdoyante que forme les branchages feuillus et frappent ta nuque avec violence – la chaleur commence à t’envahir et à tremper ton dos, formant des perles de sueurs qui roulent sur ta peau. T’arrêtant, tu tresses rapidement tes cheveux pour dégager ton cou brûlant, attrapes la gourde pleine dans ton sac à dos et en avales par grosses goulées ; le niveau baisse à une vitesse effrayante et tu te demandes si tu tiendras jusqu’au soir avec tes minces réserves. Mais tu n’as pas le temps d’y penser plus longtemps – tu es déjà assez en retard et midi est déjà passé, le soleil redescend du zénith. Tu reprends alors ta marche jusqu’aux limites de ton district.

Tu les atteins bien plus vite que tu n’aurais pensé ; bientôt la plaine s’étend devant tes yeux, s’offrant à toi. Tu ne prends pas le temps d’observer, une fois encore – tu y es déjà venu, tu t’en rappelles, quelques semaines plus tôt ; tu avais d’ailleurs failli y mourir. Tu revois encore, les gravillons rouler sur tes cuisses, t’entraînant au bas de la falaise, attirée vers le gouffre profond. Melvil t’avait sauvée, de justesse ; jamais tu n’avais pu le remercier à juste titre. Une seconde fois, tu étais passée par le même chemin – nullement le désir ardent de mettre tes jours en danger cette fois-là, tu avais trouvé un chemin escarpé pour descendre jusque dans la vallée et atteindre les Rocheuses qui se plantaient un peu plus loin, immenses et grandioses. Aujourd’hui, tu emprunterais le même chemin, dans le même but – le district deux. Tu détestais cet endroit bien plus encore que tu méprisais ton propre village ; et pour cause, il puait le luxe et les faveurs du Capitole, le favoritisme et la nourriture assez riche pour nourrir toute la petite communauté alors que vous, à quelques kilomètres d’eux, vous mouriez de faim dans votre trou. Et plus encore, tu haïssais ce mépris saillant que ces gens éprouvaient à votre encontre, pauvres et miséreux. Tu leur cracherais au visage si tu l’avais pu – alors pourquoi diable te rendais-tu en de tels endroits que tu maudissais ? Pourrait-on penser. La réponse était excessivement simple : les Hunger Games approchaient et il était déjà planifié dans ton esprit que tu y participerais. Tu n’étais point une carrière, loin de là – ton district était bien trop pauvre pour vous entraîner et ç’aurait été de la vanité de se prétendre en être une. Non, tu étais faible et inexpérimentée ; la seule motivation à participer à ces Jeux que tu détestais qui faisait vibrer chaque fibre de ton corps était le simple arrêt de tes souffrances, autant morales que physiques. Mais il était naturellement hors de question que tu te lances dans l’arène et que tu t’y laisses mourir – peut-être était-ce ton orgueil qui te guidait, mais tu refusais de te montrer lâche et indigne de ton district en ne combattant pas – tu avais toutefois besoin d’un entraînement de titan. D’où ton expédition dans le district deux. Tu avais entendu, par maintes rumeurs dans les bouches des bonnes femmes qui traînent sur l’artère après l’usine, qu’un homme exceptionnellement fort et impitoyable y avait ses quartiers ; il avait, selon elles, montré ses talents de mentor dans l’arène en abattant quiconque se trouvait à sa portée, quand bien même il ne s’agissait pas d’un concurrent venant de son propre district, avec une sauvagerie à couper le souffle – un homme du huit avait d’ailleurs été assassiné de sa main. Immédiatement, ton esprit avait tilté : c’était avec lui que tu voulais t’entraîner, personne d’autre. Tu t’étais ainsi rendue dans son village propret une première fois quelques semaines plus tôt – tu y avais été reçue avec un mépris digne de tes origines ; les gens dans la rue t’avaient observée comme si tu étais dangereuse, observant avec dégoût tes vêtements abîmés et sales, tes doigts noirs de crasse et tes cheveux mêlés de feuilles. Bien que tentant de garder quelque peu de fierté, tu t’étais sentie assaillie par tant de méchanceté que tu avais courbé malgré tout les épaules. Mieux encore, l’accueil du mentor avait été du meilleur effet. Le reconnaissant, tu l’avais abordé farouchement, lui exposant ta proposition – tu n’avais rien à lui payer, mais tu aurais accepté n’importe quel service de sa part en échange de quelques leçons. Il n’avait rien voulu entendre et t’avais craché de rentrer chez toi. Tu étais donc repartie dans la foulée, bredouille et agacée. Cette fois serait différente ; tu ne te laisserais pas marcher sur les pieds et ne partirais pas tant que tu n’auras pas obtenu ce que tu désirais. C’est avec cette pensée positive que tu repris ton chemin, sourire balafrant tes lèvres roses et charnues.

Ton trajet jusqu’aux sommets des Rocheuses fut long et monotone. Privée de la diversité des bois que tu avais quitté, tu te retrouves à courir dans une plaine vide et silencieuse qui t’ennuis. Toutefois, contrairement aux branches qui parsemaient ton sentier forestier et rendait ton ascension difficile, tu marches cette fois à plat et te fatigues moins ; tu n’es ni assoiffée, ni affamée lorsque tu entames ta montée vers le district deux dont tu aperçois les lueurs au dessus de ta tête tandis que le soleil embrasse l’horizon rougeoyant. Cette fois, tu es forcée de t’arrêter maintes fois pour reprendre ton souffle qui bute dans tes poumons et t’érafle le fond de la gorge – l’air ici est plus frais et plus agressif qu’en bas et tu suffoques. Tu atteins le creux où se niche le village après deux bonnes heures de souffrance – la nuit a, pendant ce temps, eu le temps d’allumer quelques étoiles et les dernières lumières pâlottes du jour se battent contre la noirceur nouvelle du ciel. A l’entrée de l’artère principale, tu t’arrêtes pour respirer calmement et observer les alentours ; les rues se vident peu à peu et tu angoisses de ne jamais trouver l’homme que tu cherches. Tu t’engages alors sur la place, laissant papillonner tes yeux sur les quelques personnes qui restent encore présentes ; enfin au détour d’une maisonnette bien trop proprette à ton goût, tu l’aperçois – tu recules précipitamment contre le mur, te plaques à l’édifice et jettes un coup d’œil furtif pour t’assurer de son identité. C’est bien lui ; grand, fort bâti, épaules larges et carrées – tu reconnais parfaitement sa stature. Ainsi, lorsqu’il s’éloigne, tu décides de lui suivre telle une ombre pour parvenir à l’aborder à l’abri des regards ; tu ne supporterais pas une seconde humiliation publique, suivie des lourds regards haineux qu’elle entraînerait – tu tiens encore au peu de fierté que tu conserves. Tu marches alors dans son dos pendant quelques minutes – tu t’étonnes d’ailleurs qu’il ne t’ait pas remarquée – et lorsqu’il s’engouffre dans une des maisons de la résidence, tu attends un moment avant de t’approcher de la porte. Tu hésites toutefois à frapper pour finalement t’y résoudre avec appréhension – après tout, tu n’as pas fait tout ce chemin inutilement. Tes doigts martèlent longuement la porte, jusqu’à ce qu’une légère douleur te picote la peau – tu aperçois une ombre qui passe à l’entrebâillement ; on vient t’ouvrir. « Andrew O’Connor… vous savez pourquoi je suis là, n’est-ce pas ? » murmures-tu lorsqu’il se tient face à toi, intimidant. Malgré tout le mépris qu’il t’inspire, tu décides de le vouvoyer et pries simplement pour qu’il ne te claque pas la porte au nez cette fois encore.



Dernière édition par P. Foe-Maelynn Wolkoff le Jeu 19 Avr - 15:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Mer 18 Avr - 17:40


Un long moment, je reste immobile, fixant le plafond d'un regard vide. Ma femme n'est plus là, disparue. Depuis quelques temps, les questions soufflent dans mes oreilles. Tout le monde s'inquiète, veut savoir où elle est passée, m'inonde de questions. Mes réponses restent les mêmes ; les Jeux approchent, elle ne peut plus supporter la tension présente au district. Elle est partie vivre quelques temps chez sa mère, au Capitole. Un mensonge, bien évidemment. Mais dire la vérité est impossible. Non pas que j'éprouve le moindre remord à avoir fais ce que j'ai fais. Seulement, cela reste un meurtre. Un meurtre est illégal. Un meurtrier finit par devenir un Muet, capturé par le Capitole, la langue coupée. Et je ne veux ça ni pour moi, ni pour ma fille. Elle a des Jeux à gagner. Et si elle ne les gagne pas .. et bien, mieux vaut être mort que muet. Mais je n'ai aucun doute sur ses capacités. Elle l'a tuée. Est capable de le refaire. Elle gagnera, je suis prêt à parier là-dessus. Elle reste ma fille, après tout. Avec mes gènes. Mon talent.

Je décide finalement de me lever, alors que du bruit provient directement de la porte de ma chambre. Je reste silencieux, et au bout de quelques minutes, la porte s'ouvre, laissant apparaître le visage d’Ézéchiël. Elle ressemble bien plus à sa mère qu'à moi. Au point que je me demande parfois s'il s'agit de ma fille. Aujourd'hui, la question se pose de moins en moins. Je l'ai formée, forgée, et tout le monde s'accorde à dire qu'elle me ressemble, au moins psychologiquement. Sans pitié, prête à tout. Elle reste ma plus belle réussite. « Tu ne travailles pas, aujourd'hui ? » Théoriquement, si, je dois travailler. Mais le chantier sur lequel je suis est en avance, je peux me permettre de perdre une journée. Je la rattraperait rapidement, de toute façon. Sans un mot, je lui tourne le dos, pour me diriger vers les rideaux. Et je laisse l'éclat solaire traverser librement la fenêtre, à mesure que les rideaux s'éloignent l'un de l'autre. Je fixe un instant le ciel. Le soleil semble déjà être à son zénith, l'horloge doit approcher dangereusement de midi. « Et toi, tu n'as pas cours ? » Si, mais elle a visiblement effectué le même choix que moi. Ne pas y aller, pour aujourd'hui. « Je pensais qu'on pouvait courir, prendre l'air. S'éloigner des autres. » Elle n'a pas tort. Depuis la disparition de sa mère, elle aussi est harcelée par les autres enfants, par ses professeurs. Ils demandent chaque jour ou presque comment elle va, si elle rentre bientôt. Je me fiche de ces questions, mais elle n'est pas aussi détachée que moi. Et je crains qu'un jour, elle ne commette la bêtise de dévoiler ce qui s'est réellement passé. Alors elle court, part dans les Rocheuses, s'éloigne le plus possible de la civilisation. Et ne revient qu'avec la nuit, épuisée. Le plus souvent, je pars avec elle. Elle est forte, sait se battre. Mais je ne veux pas la laisser courir seule. Pas pour sa protection, mais pour l'encourager à toujours faire plus. Plus loin, plus vite. Je veux qu'elle ait l'impression que je ne suis plus son père, mais un adversaire mieux armé qu'elle, un adversaire qu'elle doit absolument fuir. « Bonne idée. Laisses-moi d'abord manger quelque chose. »

Je la laisse sortir de la chambre. Notre famille a peut-être perdu un membre, mais cela ne change en rien mes habitudes. Mon rituel, si important pour que la journée se passe bien. Sauf que là, le café sera remplacé par un repas, qu’Ézéchiël prépare tandis que je rejoins la salle de bain. Je suis plus rapide que d'habitude. Une simple douche, un léger rasage. Je m'habille d'un pantalon et d'un haut de survêtement, et je rejoins ma fille, déjà à table. Le repas est simple, sans artifices. Un mélange de sucre lents et de rapides. Tout ce qu'il faut pour tenir l'après-midi entier. « On m'a dit qu'une fille était venue te parler, il n'y a pas longtemps. » Il y a une semaine, environ. J'amène un quartier de pomme de terre à ma bouche, en prenant le temps d'analyser sa phrase. Elle ne dit pas ça pour faire simplement de la conversation. Peut-être insinue-t-elle que je cherche à remplacer sa mère. Ce que je ne cherche pas. Aujourd'hui, et jusqu'aux Jeux, ma seule et unique préoccupation reste sa fille, sa préparation. Rien d'autre ne doit se mettre entre nous et nos objectifs. Entre moi et mes objectifs. « Oui. Une fille du huitième, qui cherchait quelqu'un pour s'entraîner. Comme si j'avais l'air de vouloir m'occuper des pauvres. » Elle me regarde, longuement, silencieusement. Elle n'a pas toutes les informations, ne sait pas que j'ai envoyé la jeune fille balader. Un large sourire apparaît, illuminant sa bouille d'ange. Elle n'a rien d'un ange, mais son visage ferait craquer n'importe qui. « Ils n'ont pas de mentor, là-bas ? » Si, bien sûr que si. Mais comment s'imaginer gagner avec des mentors aussi pathétiques, aussi faibles ? La jeune fille a au moins eu l'intelligence de se tourner vers quelqu'un de compétent, quitte à traverser les Rocheuses pour venir me voir. « Tu penses qu'elle reviendra ? » J'ai des doutes. Mais si elle a déjà fait tout ce chemin, elle doit être un minimum motivée. Assez pour le refaire ? « Je ne sais pas. Prendrait-elle vraiment le risque de revenir ici ? Tout le monde était là quand j'ai refusé sa requête. » Une humiliation publique. Un riche humiliant une pauvre. Ce que tout le monde ici apprécie. Nous ne sommes pas du Capitole, mais nous restons supérieurs au huitième, à tous les autres.

Le reste du repas se fait silencieusement. Nous quittons ensuite l'appartement, avant de partir dans les forêts. Nous ignorons si l'arène ressemblera au district deux. Mais nous devons nous préparer à tout, et courir au milieu des branches fait partie de la préparation. Comme bien souvent, je cours en tête, et Ézéchiël doit me rattraper en un minimum de temps. Souvent, elle ne se débrouille pas trop mal dans le sprint, mais pêche par son manque d'endurance. Qui lui sera fatal le jour des Jeux. « Dépêches-toi. » Je lui répète cet ordre, encore et encore. Jusqu'à ce qu'elle soit capable de suivre mon rythme. Pendant quelques minutes, parfois une heure. Mais elle finit immanquablement par s'arrêter, épuisée par la course. Je m'arrêtes alors à mon tour, je la regarde tandis qu'elle reprend tant bien que mal son souffle. Il commence déjà à se faire tard, il ne reste plus qu'une heure ou deux avant que le soleil ne cède sa place aux étoiles, et à l'obscurité de la nuit. Elle me demande si nous pouvons rentrer. Qu'elle rentre, si elle le désire, elle en a assez fait aujourd'hui. Pour ma part, je continue ma course.

Finalement, alors que la nuit gagne du terrain sur les dernières lueurs du jour, je décide de prendre la direction du village. J'y suis rapidement, en quelques minutes seulement, grâce à un chemin que seuls les habitués connaissent. Passant entre deux maisons, je me retrouve aussitôt sur la place du village. Saluant rapidement les derniers habitants, je me dirige vers mon domicile, avec l'étrange impression d'être suivi. Je l'ignore, et continue ma route. Alors que je franchis le seuil de la porte et m'avance dans le couloir, dans l'idée de rejoindre la cuisine, un bruit, léger, attire mon attention. J'étais bien suivi. Je fais aussitôt demi-tour, et attrape la poignée d'un geste vif. La porte s'écarte, dévoilant petit à petit un visage féminin. Celle qui était déjà venue une semaine plus tôt. Évidemment, je sais pourquoi elle se tient aujourd'hui devant ma porte. Elle a le mérite de ne pas abandonner. Je jette un regard derrière moi. La chambre de ma fille est fermée, tant mieux. « Vous avez fait tout le chemin entre les deux districts, une nouvelle fois .. » Ce n'est pas une question, une constatation. « Vous n'avez pas peur d'avoir fait tout ce chemin pour rien ? Vous feriez mieux de rentrer chez vous. Votre mentor saura s'occuper de vous. » Bien sûr que non, il ne saura pas. Je suis le seul, avec les districts un et quatre, à pouvoir réellement le faire. Je commence à refermer la porte, avant de finalement la maintenir immobile. Puis je l'ouvre, regarde de haut en bas la jeune femme. « Foe .. Votre nom déjà ? Vous souhaitez vous porter volontaire aux Jeux ? »
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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Mer 18 Avr - 19:14

Lorsque son visage apparaît dans l’encadrement, tu es vivement tentée de fuir ; la dureté et la froideur de ses traits qui te jaugent te font te demander une nouvelle fois par quelle folie absurde tu t’es traînée lamentablement jusqu’ici – une humiliation publique ne pas suffit non, tu es venue en demander une seconde, devant la porte même de sa bâtisse. Tu retiens faiblement un soupir qui manque de s’échapper de tes lèvres – pourvu qu’il ne te renvoi pas chez toi, penses-tu. Mais son regard qui te transperce la peau fini d’écraser tes maigres espoirs – qu’il te crache sa colère de te voir à la figure, mais qu’il en finisse rapidement, pitié…

Il reste là, droit et imposant, à t’observer farouchement pendant de longues secondes qui te paraissent s’étendre à l’éternité ; ses opales électriques sont si perçantes que tu te sens rougir. Toutefois, tu ne t’autorises pas une seule seconde à relâcher la pression et ne quittes pas son regard des yeux malgré la gêne qui s’introduit en ton sein, te brûlant les joues. Il se scanne, des pieds à la tête et tu comprends qu’il te reconnaît enfin lorsqu’un étincelle s’allume sur sa rétine, le temps d’un instant – puis ses prunelles redeviennent de marbre et tu te figes sur place, glacée. Tu aimerais qu’il dise quelque chose, qu’il réponde à tes mots pleins d’insolence ; pourtant le silence perdure, lourd sur tes épaules. A cet instant plus que n’importe quand, tu désirerais que Jonah enferme tes doigts entre les siens et qu’il exerce cette faible pression agréable sur tes membres ; cela t’aurait rassurée. Au lieu de cela, tu restes définitivement seule et vulnérable face à ce colosse ; ta rapide analyse de sa stature te permets de dire qu’un seul geste de sa part pourrait te briser la nuque en un souffle. Tu en frissonnes. « Vous avez fait tout le chemin entre les deux districts, une nouvelle fois… » Son ton, inamical, n’est pas celui d’une question – pourtant tu secoues la tête de haut en bas pour toute réponse, sans ouvrir la bouche. Isolée de l’artère grouillante, toute impression de sécurité s’est envolée – aussi étrange que cela puisse paraître, tu es littéralement effrayée par le mentor et te retiens de trembler comme une démente. Nerveuse, tu croises tes doigts entre eux derrière ton dos pour masquer leur fébrilité et jauge de nouveau ses pupilles d’acier. « Vous n'avez pas peur d'avoir fait tout ce chemin pour rien ? » Cette fois-ci, tu secoues ton visage négativement ; tes cheveux qui se sont éparpillés de ta natte de fouettent le visage. Non, cette fois, tu es certaine de ton coup. Tu ne rentreras pas bredouille, il en est hors de question. Haussant un sourcil, tu croises tes bras sur ta poitrine qui se soulève à un allure effrénée – à l’image de ton palpitant qui s’affole contre ta tempe et au creux de ton cou. Un mince filet de sueur s’accroche à ta peau à ce niveau et tu inspires avec tout le calme que tu possèdes – pas grand-chose pour être clair et c’est donc en vain que tu tentes malgré tout de retrouver tes esprits, alors qu’une minuscule voix près de ton oreille te siffle de déguerpir ; quel courage.

« Vous feriez mieux de rentrer chez vous. Votre mentor saura s'occuper de vous. » Fini-t-il par dire. Tu écarquilles tes paupières, éberluée, te mordant l’intérieur de la joue pour ne pas perdre ton sang froid. Finalement, après avoir laissé quelques secondes s’échapper dans l’air qui se rafraîchi rapidement, tu craches un simple « Non. » - tu y mets pourtant toutes tes tripes pour signifier ton désaccord, et serres plus fort tes bras autour de toi. Tes sourcils se froncent, formant une ligne mince sur le haut de ton visage tandis que tes yeux se plissent d’eux-mêmes, faisant apparaître de petits plis autour de ton nez ; tes lèvres sont étroitement pincées. Tu sens la pression de ta colère gonfler dans tout ton être et tentes d’inspirer calmement – en silence, tu appelles Jonah pour qu’il t’offre la force de résister à la tentation de hurler. Andrew O’Connor esquisse alors un mouvement de recul ; il n’a que faire de ta négation et entreprend de te claquer la porte au nez tel un malpropre. Agacée par ce comportement hautain, tu avances pour compenser votre distance et, avant que l’entrebâillement ne soit trop étroit, tu intercales ton pied entre la porte et la cloison – le bois cogne contre ta chaussure et tu grimaces alors que les vibrations du choc parcourent chaque fibre de ton corps. Enfin, tu reportes de nouveau tes yeux sur le mentor et murmure dans un souffle « Je ne rentrerais pas chez moi O’Connor. » Toute trace de respect a disparu lorsque les mots franchissent tes lèvres blêmes – la rage étouffe quelque peu tes propos et ta voix tremble légèrement. Toutefois le message semble être passé puisqu’il rouvre légèrement la porte. « Foe .. Votre nom déjà ? » Tu clignes plusieurs fois tes paupières, ahurie – ton nom est resté gravé dans sa mémoire. Il s’en souvient. Tu déglutis difficilement avant de pouvoir reprendre à nouveau la parole. Le ciel serait-il avec toi ? « Foedora Wolkoff. » réponds-tu durement – ton ton est à l’égal du sien, méprisant et détestable. Il ne t’appréciera guère, si ce n’est pas déjà le cas. « Vous souhaitez vous porter volontaire aux Jeux ? » Tu le dardes avec incrédulité. Pourquoi une telle question – qu’est-ce que cela changeait-il pour lui finalement ? Ne pouvait-il pas accepter ou refuser simplement, au lieu de te faire languir d’impatience et de nervosité devant sa porte où tu es secouée de frisson ; à cause du froid, ou de sa présence, tu ne le sais point. Finalement tu fais claquer ta langue contre tes lèvres avant de hausser de nouveau tes sourcils, le visage inexpressif – tu ne désires nullement te dévoiler aussi facilement devant lui, tes faiblesses sont déjà bien trop grandes et il serait regrettable pour toi qu’il les analyse aussi tôt. « Evidemment. » Tu lèves tes opales émeraudes au ciel quelques secondes, avisant les étoiles qui brillent telles des lanternes éternelles au dessus de vous ; l’agacement est à son apogée et se traduit par ton souffle heurté qui te brûle les lèvres. « Pourquoi croyez-vous que je sois là autrement ? Voyez-vous une autre raison à ma présence ? Point. » Tes mots lui sont presque crachés à la figure ; à peine ont-ils franchi la barrière de ta bouche que tu les regrettes néanmoins. La moindre chance qu’il te prenne sous son aile venait sans doute de s’envoler avec tes propos acerbes – tu goûterais alors à une déception acre et amère, par ta seule et unique faute. « Je ne prétends pas à vouloir les remporter – que vous m’aidiez ou pas d’ailleurs – je veux simplement pénétrer cette arène et m’y battre… jusqu’à la mort. » Tu en as trop dit, tu en es consciente ; mais de toute manière, ne finirait-il pas par découvrir les trames de ton plan suicide un jour ou l’autre ?
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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Mer 18 Avr - 20:30


Je ferme la porte et appuies sur le petit interrupteur. L'effet est immédiat, et une lumière blanche se propage dans toute la pièce. Contraste éblouissant avec l'obscurité extérieure. Mes yeux doivent utiliser plusieurs secondes avant de se réhabituer à l'éclat artificiel de l'ampoule. Je souffle un soupir, avant de retirer ma veste et la poser méticuleusement sur le porte-manteau. Ézéchiël est déjà dans sa chambre, à dormir ou lire avec sa lampe de poche. Je ne prends pas le temps d'aller vérifier, elle est assez grande pour se coucher d'elle-même. La cuisine m'appelle, et mon estomac me supplie d'y céder, d'y aller. Et d'avaler tout ce que je peux. Je m'avance dans le couloir. Il est spacieux, les murs peints tout de blanc donnant une impression de grandeur supérieure aux faits. Quelques rares photos sont accrochées aux murs. Des photos de ma fille, principalement. Je n'aime pas être pris en photo, et les seuls qui circulent de moi sont confinées dans le Capitole, sur ma carte d'identité. Quant à celles de ma femme, je les ai enlevées peu de temps après sa disparition. Je n'ai pas besoin de me souvenir, ma fille non plus, et nous ne nous en portons pas plus mal.

Je n'ai pas le temps d'atteindre la cuisine. Un bruit, léger, venant de la porte d'entrée, attire mon attention. Un autre suit, ainsi qu'un troisième. Je reste quelques secondes immobile. Personne ne traîne dehors à cette heure-ci, même dans le second district. Je m'interroge, sans bouger de ma place, le regard planté vers l'entrée. Les seuls susceptibles de sonner à une heure pareille sont les Pacificateurs. Et je doute honnêtement les voir frapper chez moi, comme ça, et attendre sagement que je vienne ouvrir. Je n'ai rien entendu avant leur arrivée, pas d'hovercraft. Ce n'est pas eux, impossible. Un voisin ? Non plus. Pas depuis que j'ai brisé le nez de l'un d'eux alors qu'il était venu en pleine nuit pour me demander assistance, réveillant au passage mon petit bébé. A cette pensée, un frisson me parcourt l'échine. Je me souviens encore aujourd'hui du choc de mes phalanges contre son nez, du craquement sourd provoqué par la séparation de ses os, de la chaleur du sang glissant entre mes doigts, s'écrasant au sol dans un silence de monastère. Et ses cris, ses insultes, puis sa fuite, loin de moi. Rapidement, tout le monde avait comprit que venir me voir pendant la nuit est suicidaire, dangereux. Et plus personne n'est venu frapper à ma porte, jusqu'à ce soir.
Au bout de quelques secondes, je finis par m'élancer vers la porte. Je l'ouvre, assez rapidement, pour apercevoir une jeune femme. Elle n'a même pas vingt ans, à vue de nez. Et son visage ne m'est pas inconnu. Je remonte dans mes souvenirs, pour m'arrêter une semaine plus tôt. Une jeune femme, venue du huitième pour me demander de la former. Je l'avais rejetée, devant tout le monde, lui causant une humiliation sans pareille. Et ce soir, je la revois, devant ma porte. Une étincelle traverse mes pupilles, alors que je la regarde de haut en bas. Je reste immobile, elle aussi. Nous n'irons pas bien loin comme ça. Mais elle prend la parole, et j'attends quelques secondes avant de répondre. Je l'impressionne, je le sens. Elle ne prend plus la peine de parler, elle se contente de répondre d'un mouvement de tête. Je la comprends. J'ai tué un adulte de son district lors des Jeux, des rumeurs pour le moins étranges circulent sur mon dos, et je n'ai pas hésité à l'envoyer balader lors de notre première rencontre. J'ai l'impression de parler à une statue, à mesure que je l'enfonce. Rentre chez toi. Elle me répond oralement, négativement. Mais je ne sens rien dans ces mots, juste ceux d'une fillette perdue qui ne veut pas se retrouver seule, comme une supplication. Je n'en ai que faire. Je commence à fermer la porte, ignorant son mouvement en ma direction. Je n'ignore pas son pied qui se coince entre la porte et le mur, l'empêchant de se fermer entièrement. J'en ai frappé, tué, pour beaucoup moins que ça. Elle joue avec le feu. Et au fond de moi, j'aime ça. Sa façon d'aborder la discussion change, et elle n'hésite pas à déclarer ce qu'elle veut, même s'il ne s'agit que d'un souffle. Elle prend confiance. « Je ne rentrerais pas chez moi O'Connor. » J'esquisse un sourire, et j'ouvre à nouveau la porte.

Je lui demande le plus simplement du monde si elle désire être volontaire aux Jeux. Évidemment, elle le souhaite. Je souris intérieurement, cachant toute trace de satisfaction. Dans le passé, les volontaires étaient appelés carrières, et venaient exclusivement des districts un, deux et quatre. Sauf une année, où une offrande du douze s'était portée volontaire, avant de gagner les Jeux. Et aujourd'hui, en voilà une autre, venue tout droit du huitième district. Uniquement pour ça, en la sachant volontaire, je me dis qu'il n'est pas impossible de lui donner un petit coup de main. « Pourquoi croyez-vous que je sois là autrement ? Voyez-vous une autre raison à ma présence ? Point. » Je reste silencieux. Elle s'est transformée, passant de la fillette timide à une fille sûre d'elle. J'aime bien. A elle de me montrer combien de temps elle peut rester comme ça, avant qu'elle ne craque. « Je ne prétends pas à vouloir les remporter – que vous m'aidiez ou pas d'ailleurs – je veux simplement pénétrer cette arène et m'y battre... jusqu'à la mort. » Elle me refroidit un peu, et je souffle un soupir, suffisant pour qu'elle s'en aperçoive. Elle ne semble pas y aller avec la volonté de gagner. Elle veut juste .. crever. Devant des millions de téléspectateurs. « Ta mort ne changera rien. Si tu veux mourir, tu n'as pas besoin d'attendre les Jeux. » Je commence à la tutoyer. Sûrement ne le fera-t-elle pas, mais ce changement est à prendre comme un bon signe. Je ne refuse plus de la prendre. « Si tu vas aux Jeux, vas-y pour gagner. Je ne sais pas pourquoi tu veux crever, mais je ne perds pas mon temps à entraîner quelqu'un qui veut juste y aller et se faire saigner. » Je reste toutefois immobile, lui laisse une occasion de me faire changer d'avis.
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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Mer 18 Avr - 22:09

Tu peux palper son étonnement lorsque ton pied se glisse entre la porte et la cloison, l’empêchant de te fermer celle-ci à la figure – il est alors contrait de te laisser finir ce que tu as entamé, à contrecœur ou de bonne-grâce, qu’importe. Son regard te transperce toujours la peau, provocant des brûlures infimes sur ton épiderme, là où ses prunelles d’acier se sont posées ; toutefois, tu n’oses plus broncher. Il en est assez, tu as bien trop montré tes faiblesses jusque là alors que lui est tout juste resté une statue de marbre froid devant tes tremblements incontrôlés. Il ne semble connaître aucunement la pitié – dans l’arène, il n’en a nullement fait preuve lorsqu’il a abattu de sang-froid des hommes extérieurs à son propre district ; un homme du huit, du sien. Un pauvre innocent, désormais pleuré par sa famille ; peut-être avait-il lui aussi une tombe, pareille à celle de Jonah, cachée au fin fond du bois ? Tu te promets qu’un jour, tu fouilleras en profondeur ton district pour trouver la pierre gravée au nom de cet homme. Pour lui apporter ton propre hommage…

Toujours est-il qu’à l’instant présent, tu foudroies le mentor du regard – peut-être est-ce un acte on ne peut plus risqué étant donné ta position et son titre, mais tu refuses de passer une seule seconde de plus pour une petite chose fragile à ses yeux ; tu veux te montrer sous ton meilleur jour, telle une jeune femme forte et courageuse. N’as-tu, après tout, pas parcourut les sentiers boisés et hostiles de la forêt de ton district, couru à découvert à travers la plaine silencieuse et solitaire et gravit les Rocheuses par deux fois pour rendre visite à un homme méprisant et pourtant indispensable pour ton dernier combat ? Evidemment. Tu te trouvais à la hauteur de son enseignement – district huit ou non. Et bien que ses opales remplies de dégoût te donnaient simplement l’envie de lui cracher au visage, tu gardes tant bien que mal ton sang froid, tripotant tes doigts nerveusement pour dissimuler ton agacement. Tout en lui te révulses violemment – ces cicatrices sur ses mains, vieux symboles de combat à mort qu’il n’a eu aucun remord à achever, ses épaules fortes et dociles, porteuses du poids de tous ces morts et qui pourtant, ne se courbaient pas un seul instant ; il se fichait bien, de tout cela, de ce bain de sang auquel il avait dû participer pour être là devant toi, ce soir. Dur cœur de pierre insensible qu’il fait alors que l’incompréhension teinte ton visage d’une grimace. Seulement, un homme peut-il vivre toute sa vie sans ressentir la moindre fois des regrets quant aux victimes qu’il a commises ? Apparemment oui. La nausée de monte soudainement aux lèvres ; tu les pinces avec force, les faisant blêmir. « Je ne rentrerais pas chez moi O'Connor. » Provocation dangereuse, tu en es consciente ; tu sais aussi qu’Andrew est capable de t’assener un coup dans la figure pour répliquer avec tant de férocité – tu prends toutefois le risque de faire sauter ses nerfs. Il n’en est pourtant rien ; sa lèvre frémit doucement, formant sans doute un demi-sourire qui balafre la moitié de son visage – ton cœur bat à tout rompre contre ta poitrine, manquant de faire éclater ta cage thoracique pour s’échapper tant il cogne vite et fort. Tu tentes malgré tout de calmer les ardeurs de ton pouls fou-furieux en inspirant au plus profond de tes poumons, avalant de grandes goulées d’air désormais glacé. Lorsque tu expires, un nuage vaporeux s’échappe d’entre tes lèvres ; tu trembles.

Tandis que tu réponds à sa cascade de questions froides, la porte se rouvre doucement – il t’écoute avec intérêt parler de ton désir de te présenter volontaire aux Jeux de la Faim. Venant d’un district défavorisé, il est exceptionnel qu’un enfant se jette comme offrande dans la gueule ouverte du Capitole – tu es certaine que O’Connor est stupéfait, bien qu’il n’en laisse aucunement paraître ; tu en serais trop heureuse. Toutefois, tu perds définitivement son attention lorsque tu mentionnes ton objectif – il lève alors ses opales électriques vers les cieux constellés et tu te mordilles la lèvre tandis qu’il soupire d’agacement. Tu as raté ton coup, tu le sens ; toutes tes chances sont-elle néanmoins perdues d’avance en quelques mots ? Tu en doutes – si tu as réussi à l’amadouer avec tes désirs de volontaire, peut-être peux-tu encore sauver les meubles et t’en sortir sans coups ni humiliations ; seulement une immense déception en bouche. « Ta mort ne changera rien. Si tu veux mourir, tu n'as pas besoin d'attendre les Jeux. » Ses paroles, de nouveaux méprisantes et hautaines te percent le cœur et tu le fusilles du regard – si tu avais pu l’abattre en un regard, le mentor se serait retrouvé raide mord sur le pas de sa porte tant tes prunelles sont sombres. Pourtant il t’observe toujours avec une indifférence vulgaire qui te rend folle de rage ; tu crisses des dents. Toutefois tu notes qu’il t’a tutoyé – tu émets néanmoins une réserve quant à ce changement pour le moins étrange à tes yeux. « Si tu vas aux Jeux, vas-y pour gagner. Je ne sais pas pourquoi tu veux crever, mais je ne perds pas mon temps à entraîner quelqu'un qui veut juste y aller et se faire saigner. » Tu avales ces quelques mots avec difficulté. Qu’entend-il par là ? Tu hausses un sourcil pendant qu’il se détourne quelque peu de toi. Pourtant, il ne rentre ni ne ferme la porte – t’offrirait-il une chance ? Tu décides de la saisir coûte que coûte. Tu poses ainsi tes poings sur tes hanches et t’approches au plus près du visage du mentor pour souffler simplement. « Les raisons de la mise en scène de ma mort ne sont pas vos affaires O’Connor. Elles ne concernent que moi. » Tu reprends légèrement ton souffle ; son parfum te fait suffoquer. Tu fermes tes paupières. « Maintenant, si je parviens à atterrir dans l’arène comme je l’ai prévu, je me battrais jusqu’au bout… Je veux participer à ces Jeux et j’y arriverais, avec votre aide ou non – même si je préfèrerai avoir toutes les chances de mon côté. » Tu finis par reculer. Tu n’as plus rien à dire de plus. S’il veut tant mieux – s’il ne veut pas, tant pis. Au moins auras-tu essayé, te seras-tu battu sans lâcher prise pour obtenir sa précieuse aide jusqu’à la dernière seconde…

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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Jeu 19 Avr - 12:03


Un instant, elle me perce du regard. Une tentative pour m'intimider, sans doute. Elle échoue lamentablement. Si elle espère me faire céder de cette façon, elle ne me connaît pas, et j'en viens à penser qu'il s'agit quasiment d'une insulte. Je sais qu'elle me méprise, sans doute autant que je la méprise, sans doute plus. Mais moi, à la différence de la jeune femme, je ne laisse rien transparaître. Elle bouillonne, je le sens d'ici, tandis que je reste impassible, froid. Comme je le suis avec tout le monde. Un léger aperçu de ce que je suis réellement. Pour le reste, elle finira par le connaître, si elle parvient à me faire céder. Si elle parvient à suivre mon entraînement. Ce qui est plutôt mal parti. « Les raisons de la mise en scène de ma mort ne sont pas vos affaires O'Connor. Elles ne concernent que moi. » Adieu, la petite fille timide qui s'en va en courant au moindre refus. Elle ose maintenant me répondre, quitte à prendre le risque de recevoir un coup. A cette heure-ci, sans témoin dehors, il m'est facile de la tuer, et de cacher le corps dans les Rocheuses. Officiellement, Foe sera morte en tentant de rejoindre notre district, et personne n'ira dire qu'elle y était déjà. Tout le monde couvrira sa mort. Personne ne tentera de dévoiler la vérité sur la mort d'une district huit, absolument personne. Et pourtant, elle insiste, me tient tête. Elle fait un pas vers la formation.

Son odeur te titille les narines. Celle de la transpiration, nauséabonde. Je cligne des yeux, mais ne bouge pas de ma place. J'en ai senti des pires, dans l'arène. Elle au moins n'a pas l'odeur du sang, ni de la mort. Son visage n'est qu'à quelques centimètres du mien, je sens son souffle atterrir sur mon visage, guidant son haleine jusqu'aux tréfonds de mes narines. Et ça ne sent pas la rose non plus de ce côté-là. « Maintenant, si je parviens à atterrir dans l'arène comme je l'ai prévu, je me battrais jusqu'au bout... Je veux participer à ces Jeux et j'y arriverais, avec votre aide ou non – même si je préfèrerai avoir toutes les chances de mon côté. » Je reste silencieux. Je préfère entendre ça. Aller dans l'Arène pour mourir est stupide. Elle ne ferait qu'amuser le publique, sans plus. Mais en y allant avec la volonté de gagner, elle peut arriver à quelque chose. Pourquoi pas un final avec ma fille ? Deux filles que j'aurais entraîné, se battant une dernière fois .. Je tremble d'excitation à cette pensée. Personne ne saura qu'elle survivra grâce à moi, mais je le saurai. Il semble finalement que la jeune femme a réussi à me faire céder. Dès le retour des Jeux, me voilà qui enfreint une nouvelle fois les règles, en donnant des conseils à un candidat d'un autre district, avant le début des Jeux. Je maintiens la porte ouverte, et m'écarte lentement. « Rentres, on ne va pas passer la nuit dehors. » La voilà donc sous mon aile. Je la regarde se glisser à travers l'ouverture de la porte. D'un signe de main, je lui intime l'ordre de me suivre. Puisqu'elle est chez moi, puisqu'elle veut mon entraînement, Foe devra suivre mes règles, sans discuter. Comme ma fille le fait depuis ses dix ans.

Je passe dans la cuisine, qui ressemble à s'y méprendre au couloir. Les mêmes murs entièrement blancs, le même manque cruel de décoration. Au centre de la pièce se trouve une table, entourée de tabourets. J'y mange tout le temps, laissant le salon aux moments de distraction. J'invite la jeune femme à s'asseoir sur l'un des tabourets, tandis que je me dirige vers le frigo, situé au fond de la cuisine, à côté de l'évier. J'y sors des restes du repas de midi, des pâtes et des pommes de terre. Elle n'a sans doute pas mangé de comparable depuis un moment. Et la nourrir avant de la tuer est une politesse que je ne peux me permettre d'esquiver. Sans un mot, je pose l'assiette devant elle, avec une fourchette et un couteau et je me dirige vers la cafetière.[color=#908660] « Tu ira prendre une douche, tu dormira dans ma chambre, je te donnerai un pyjama » La politesse, encore. J'ai bien fais d'avoir gardé des vêtements de ma femme, même si elle n'a pas les mêmes mensurations que la jeune femme. Toujours dos à elle, je prends ma tasse de café, pour en boire une gorgée. J'ignore totalement comment ma fille réagira, mais j'ai déjà le premier entraînement de Foe en tête. Dès demain, elle devra se battre contre ma fille. Je veux voir de quoi elle est capable maintenant, voir ses faiblesses, et les améliorer. Et se battre contre moi serait la pire des façons de le voir. Ne reste plus que ma fille, qui la mettra à coup sûr au tapis. « J'ai une fille. Entraînée depuis cinq ans dans l'idée de participer aux Jeux en cas de retour. Demain matin, tu te battra contre elle, pour voir comment tu te débrouilles. » Je me retourne vers elle, la scannant de haut en bas. Elle sera mise au tapis, c'est une évidence. Mais je sais qu'avec moi, il ne lui faudra pas bien longtemps pour devenir une outsider dans les Jeux. Pas une favorie, ce rôle étant réservé aux offrandes du second district. Mais elle peut avoir des chances de figurer dans le dernier carré. Je termine de boire mon café, lorsqu'un bruit de pas se fait entendre. « C'est qui ? » Je dévie légèrement la tête en direction du couloir. Ma fille s'y trouve, en pyjama, fixant la jeune femme d'un œil perçant.
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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Jeu 19 Avr - 16:18

Tes regards incendiaires le laissent de marbre et tu ne peux t’empêcher de laisser la frustration se peindre sur ton visage diaphane – toute personne normalement constituée aurait exprimé ne serait-ce qu’une pointe d’agacement face à ton mépris évident et sauvage ; lui non. Pas le moindre haussement de sourcil, pas le seul rictus hautain. Ses traits restent figés devant toi, ne laissant transparaître aucune de ses pensées intimes. L’homme de fer reste impassible ; il apparaît à toi comme une évidence qu’il te serra difficile, voir même impossible de décrypter le mentor. Il te restera inaccessible et intouchable, gardant ses distances – bien qu’au fond, tu préfères également qu’il te tente pas de te connaître. Il a terriblement fait remarqué que ton désir de mort ne l’intéressait pas – soit, tes raisons lui paraîtraient futiles et idiotes, inenvisageable selon lui. Digne d’une faible. Tu l’étais, faible – tu t’efforçais néanmoins à laisser transparaître le contraire ; inutile qu’il sache qu’au fond de toi se cachait une douleur incommensurable. Il ne comprendrait pas, n’arriverait aucunement à mettre le doigt sur tes peines – qu’elles restent cachées pour l’instant, tu aurais tout le temps de les laisser s’échapper plus tard.

Lorsque tu t’approches, il plisse le nez – immédiatement, tu regrettes votre proximité insolente. Tu as marché tout le jour durant et l’eau n’est point monnaie courante dans ton district – tes bains se font rares et tu ne peux que te tremper le visage entre tes mains en coupe si tu veux pouvoir t’abreuver quelque peu pendant le jour. Il est ainsi inutile de rappeler au combien ton odeur corporelle est étouffante. Tes vêtements sont trempés de sueur et collent à ta peau moite ; le vent frais qui se lève te fait ainsi trembloter plus encore. Quant à tes cheveux, ils sont humides et collants, s’accrochent à ta nuque – tu n’oses imaginer les senteurs de ton haleine qu’Andrew lui, doit parfaitement sentir. Tu rougis de honte et te recules alors qu’il t’observe toujours avec cette incrédulité qui te fait bouillir ; ne peut-il donc pas afficher la moindre expression faciale et ainsi, ce détacher de cette posture de statut qui te rend si mal à l’aise ? Même tes paroles fiévreuses ne parviennent pas à le faire réagir – tu t’impatientes, tapotant ton pieds contre le sol poussiéreux ; si cela ne tenait qu’à toi, tu aurais déjà fait volte-face, le visage déformé par la fureur de l’attente, pour t’enfuir dans la nuit. Toutefois tu retiens tes nerfs – tu n’as pas fait tout cela pour t’écarter et t’écraser devant son indifférence reine. Alors, tandis que ses lèvres restent indéfiniment closes, tu plantes tes opales émeraude dans les siennes, grises comme la mer déchaînée un jour couvert, le priant muettement de faire son choix – plus vite cela sera fini, plus vite tu pourras tourner les talons et rejoindre ton district.

Finalement, tu l’aperçois se détacher lentement de l’ouverture et s’en écarter, t’ouvrant le passage. Tu hausses alors un sourcil dubitatif en faisant la moue – quel radical changement de position, penses-tu. Il te mime d’entrer entre les murs de la bâtisse et tu l’observes quelques secondes avant de te décider – il n’est plus temps de tout foirer. « Rentres, on ne va pas passer la nuit dehors. » Un sentiment d’excitation gonfle dans ton ventre alors que tu passes le pas de la porte lentement ; il te semble avoir gagné la partie. Alors était-ce tout ? Cela se révèlerait-il aussi simple ? Tu en doutes curieusement ; ta victoire ne peut être aussi belle, il n’a pas accepté de te prendre sous son aile aussi aisément. Tu ne préfères toutefois pas y penser – que diable pourrait-il se dissimuler au sein de l’esprit détraqué d’un mentor sanguinaire ? Tu hausses légèrement les épaules ; tu n’as pas le temps d’avoir peur, pas encore. Tant de choses peuvent encore arriver… Dans un signe, il t’ordonne de le suivre dans le couloir – tu obéis sans broncher bien que l’optique d’être soumise à ses règles ne te plaise guère. Tu te trouves toutefois sur son territoire, et il serait fâcheux de montrer tes airs rebelles sous son toit ; tu te contentes de marcher dans ses pas, le cuir souple de tes bottines usées couinant sur le sol ciré et vibrant en écho contre les murs immaculés et si peu personnel. Même si la demeure est limpide et brillante, tu ne peux t’empêcher d’éprouver une vive nostalgie face aux cloisons blanches et vides – ta propre maison te manque, aussi sale et délabrée soit-elle ; au moins là-bas ressens-tu cette chaleur accueillante d’être chez toi. Enfin, tu pénètres dans la cuisine – O’Connor t’indique la table et ses tabourets, unique décoration meublant le centre de la pièce ; tu t’en approches et t’assois silencieusement alors qu’il s’affaire un peu plus loin. Tes yeux voudraient se poser partout à la fois – il n’y a néanmoins rien à regarder et tu finis par porter un intérêt démesuré à tes ongles noirs et abîmés. Un soupir las s’échappe de tes lèvres craquelées. Puis, dans un tintement de vaisselle, le mentor dépose une assiette garnie et des couverts étincelants devant toi – tu n’en as jamais vu de tels ; chez toi, vous mangez généralement avec les mains. Quand il y a quelque chose à se mettre sous la dent, s’entend. Presque immédiatement, tu salives devant le repas qui fume délicatement devant toi – ton estomac rugit et tu ne te rends compte qu’à l’instant présent à quel point tu meurs de faim. Tu résistes toutefois à la tentation de te jeter sur ta collation comme un animal affamé et t’autorises un regard vers Andrew qui sirote un liquide noir de jais et fort odorant qui ne t’est pas familier. « Tu ira prendre une douche, tu dormira dans ma chambre, je te donnerai un pyjama » Tu le dardes avec étonnement – pourquoi tant de politesses après un tel mépris de sa part ? Tu hausses une nouvelle fois les épaules avant de t’autoriser à entamer ton dîner – sur ta langue, les aliments explosent en bouche et tu retrouve le plaisir de manger autre chose qu’une miche de pain sèche et quelques morceaux de gibier. Il te semble n’avoir jamais mangé quelque chose d’aussi bon.

Tu finis ton repas en moins de temps qu’il n’en faut, rassasié – et honteuse, tu te rends compte que tu ne l’as pas même remercié. Tu mêles tes doigts entre eux, de nouveau nerveuse sous son regard qu’il pose avec indifférence sur tes frêles épaules ; tu sens, sous le poids de ses iris, à quel point tu es épuisée par la route parcourue en une journée. Tes yeux te piquent douloureusement, prêts à se fermer en moins de deux. Mais au moins ta fatigue n’aura pas été vaine cette fois. « J'ai une fille. Entraînée depuis cinq ans dans l'idée de participer aux Jeux en cas de retour. Demain matin, tu te battras contre elle, pour voir comment tu te débrouilles. » Tu relèves ta tête lourde à l’instant même où les mots percent le silence qui s’était paresseusement installé. Immédiatement, tes sourcils se froncent et ton regard se fait menaçant – le coup fourré se trouvait là. Il ne t’aidera pas, tu en es certaine. Tu ne seras que le jouet de sa fille avant les Jeux, son ultime entraînement ; et il ferra tout pour qu’elle t’écrase comme une mouche. Tu mords l’intérieur de ta joue et t’apprêtes à répliquer lorsqu’un léger bruit te fait tourner le visage vers le couloir par lequel tu es entrée – une jeune fille en pyjama se tient dans l’encadrement. Tu lèves les yeux au ciel. Elle est plus jeune que toi – de quelques années, une ou deux sans doute – mais apparaît toutefois plus solide ; manger à sa faim et s’entraîner chaque jour lui porte l’avantage qu’elle est mieux remplie et plus large que toi. A côté d’elle, tu parais être une petite chose sans défenses – inutile de te voiler la face, il te faudra bien du courage pour réussir à la mettre au tapis. Tu néanmoins être plus vive et plus rapide qu’elle ; tes longues jambes fines et tes balades en forêt t’ont habituées à courir vite et longtemps. Vous avez chacune vos propres forces ; la bataille sera ardue. Elle s’avance dans la pièce et te lance un regard perçant – tu lui rends son œillade pleine de méchanceté. « C’est qui ? » demande-t-elle à l’adresse de son père. La fille qui te battra, penses-tu – une promesse que tu viens de te faire en remarquant l’orgueil qui brille au fin fond de ses prunelles brunes ; tu te lèves toutefois et te postes devant elle, tendant une main bien loin d’être amicale – politesse rendue. « Foedora, district huit. Enchantée… » Mensonge, tu es loin d’être ravie – cela se voit sans aucun doute sur ton visage. Sa fille te dégoûte plus encore que le mentor – elle pue la vanité à plein nez. Tu décides de ne pas l’aimer, sans même prendre le temps d’en apprendre plus – vous n’êtes pas là pour devenir amies, demain, vous combattrez. Tu te retournes une dernière fois vers Andrew ; ne t’avait-il pas promis un bain et un lit ?

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MessageSujet: Re: the moment to fight ▲ ANDREW.   Sam 21 Avr - 11:43


Jusqu'à présent, jamais je n'ai imaginé inviter quelqu'un chez moi. La plupart du temps, il s'agit d'amis, principalement des filles, de Ézéchiël qui viennent et passent la journée dans sa chambre, avant de repartir ou de rester dormir. Mais, venant de moi, les invitations doivent probablement se compter sur les doigt d'une main. Une main amputé d'environ trois ou quatre doigts. Elle est en fait la seule, après Eurydice, a avoir eu l'honneur d'entrer chez moi avec mon invitation. Les possibles interventions des Pacificateurs ou du Capitole, qui entrent quoi qu'il arrive, ne comptant pas.
Je reste silencieux lorsqu'elle commence à manger. Affamée, c'est le mot. Elle avale tout, ne prend pas le temps de mâcher correctement. En un sens, je comprends. La nourriture du second est bien différente de celle du huitième. Je peux m'acheter en un jour ce qu'elle ne peut acheter qu'au bout d'un mois, voire plus. La différence est saisissante. Mais je m'en fous, je ne suis pas empli de pitié pour elle. Un bruit de pas me sort de mes pensées, et, quelques secondes plus tard, ma fille apparaît, le regard directement plongé vers Foe. Je n'imagine pas ce qui se passe dans sa tête à ce moment-là. Une nouvelle conquête, pense-t-elle peut-être. Ou la pauvre voulant mon entraînement. Si elle pense à ça, elle est dans le bon. Et que dira-t-elle lorsqu'elle saura que j'ai finalement accédé à sa requête ?

Son regard fait de nombreux aller-retours, passant de la jeune demoiselle à moi. Je sais pertinemment à quoi elle pense. Une jeune femme qui m'aborde il y a une semaine de ça, le sujet qui ressort aujourd'hui, et la voilà qui apparaît en personne ce soir. Ça fait beaucoup. Mais le monde est ainsi fait. Je sens aisément toute la haine que ma fille peut éprouver au moment où elle demande de qui il s'agit. Et je ne réponds, laissant tâche à Foedora. Elles se battront dès demain, autant les laisser faire d'abord connaissance. Pour créer une amitié, ou des tensions. J'ai une très large préférence pour la dernière solution, nettement plus amusante. Mais je n'ai aucune maîtrise sur ce qui va se passer. Je n'aime pas ne pas avoir la maîtrise des événements. Je m'en trouve stressé au plus haut point. J'ai horreur de l'imprévu, des surprise, de tout ce que je ne peux prévoir ou contrôler. Voilà pourquoi, pendant les jeux, je me contentais de chercher et tuer les autres. Les points étaient incontrôlables, imprévisibles. Gagner en étant le dernier était tellement plus facile, plus beau. « Foedora, district huit. Enchantée... » Elle ment, c'est aussi gros qu'une maison. Sa voix la trahit, et, à en voir le regard dubitatif de ma fille, les traits de son visage font de même. « Ézéchiël, district deux. Enchantée .. » Elle reprend, volontairement, le ton employé par Foedora. Une fausse amabilité cachant à peine son dégoût pour elle. Visiblement, elles ne sont pas faites pour s'entendre. Mais Ézé devra s'habituer, l'entraînement de Foedora sera long, et difficile.

Alors que le silence s'installe, je dépose ma tasse sur le meuble, et croise les bras. Elles n'ont visiblement plus rien à se dire, et se contentent de se regarder.[color=#908660] « Comme je l'ai dis à Foedora, vous vous battrez demain matin. Je veux voir son niveau. » Le regard de ma fille se détourne vers moi, avec toujours cette méchanceté au sein de ses iris. Je sais ce qu'elle pense d'avoir quelqu'un d'un autre district sous mon aile. Qu'elle refuse d'aider cette peste, comme elle dirait, à s'entraîner avec nous. Mais elle sait qu'elle n'a rien à dire là-dedans, et se contente de montrer son faux consentement d'un signe de tête, avant de repartir vers sa chambre. Me voilà à nouveau seul avec Foedora. Je soupire. Je la rejoins et lui demande une nouvelle fois, tout en silence, de me suivre. Arrivé devant une porte, je m'arrêtes et l'ouvre, dévoilant une pièce relativement petite. Toujours aussi peu décorée. Au fond de la pièce se trouve une baignoire, cachée par un rideau. A droite, accroché au mur, un lavabo trônant fièrement sous son miroir. Et, dans le reflet du miroir, on peut apercevoir des toilettes, installées en face. « La chambre est juste à côté. Tu aura un pyjama sur le lit. Ne te réveilles pas tard. » Et sur ces mots, je la laisse seule, me dirigeant vers le salon, où je passerai la nuit.



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