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 I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)

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MessageSujet: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Mer 18 Avr - 23:10



« Besoin de toi. Retrouve-moi près de la limite du district, asap. Nat. »
Ces mots étaient écrits en lettres rouges sur un petit papier qui avait été glissé dans la boîte aux lettres de Cameron. Bien entendu, pas besoin de parler du destinataire, ni de l’expéditeur : tout était très explicite. Natalee n’était pas au mieux de sa forme dernièrement, et Cameron savait pourquoi, même si ses propres problèmes avaient quelque peu empiété sur les soucis de sa meilleure amie, et n’avaient malheureusement pas permis de leur octroyer la place qu’ils méritaient dans le classement de ses préoccupations. Il savait à quel point elle traversait une période difficile. Elle était amoureuse d’un garçon âgé de dix-huit ans, si bien qu’elle avait peur qu’il soit choisi pour les prochains Hunger Games et périsse. Cameron comprenait ses sentiments mieux que quiconque, maintenant qu’il les ressentait pour quelqu’un. Adrastée était devenue l’objet de ses désirs, et de plus en plus, la femme avec laquelle il envisageait de construire sa vie. S’il lui arrivait quelque chose, il ne pourrait jamais s’en relever. Alors, les problèmes de Natalee lui étaient familiers. Et puis, il la connaissait. Elle était au moins aussi réservée que lui, et montrait rarement ce qu’elle ressentait. Pour la peine, il savait que tous deux avaient eu les mêmes problèmes relationnels durant leur jeunesse, si bien qu’ils s’étaient tout naturellement retrouvés, par simple concordance de leurs caractères respectifs. Souvent, il s’était demandé s’il aurait pu l’aimer plus qu’une amie. Elle était très belle, lui ressemblait presque trait pour trait d’un point de vue caractériel et avait cette même peur de dépendre de quelqu’un d’autre. Il l’aimait, oui, vraiment, et de manière inconditionnelle. Il savait qu’elle ne portait pas Adrastée dans son cœur, sans en connaître la raison. En effet, il ne connaissait pas les liens d’amitié qui unissaient sa femme et le petit-ami de Natalee. Il savait simplement que ce garçon, ce Milan, était celui qui faisait battre le cœur de la blondinette. Dans tous les cas, il se trouvait dans une impasse sentimentale en ce qui concernait son amie. Si aucun sentiment amoureux ne l’avait jamais animé, leur amitié était tellement forte qu’il ne savait pas, si conflit il y avait, quel côté il choisirait entre son amante et sa sœur de cœur. Natalee avait toujours été là. Même lorsqu’il doutait de ce mariage, même lorsque ses sentiments n’étaient même pas au stade embryonnaire, sa présence lui suffisait pour le calmer réellement, pour l’apaiser, et pour lui permettre de ne pas trop songer à ces tracas d’homme marié. Alors, pouvait-il vraiment faire plus confiance à quelqu’un qui ne l’avait pas aimé depuis le début, même si ce qu’ils ressentaient était tout sauf de l’amitié ? Certes, il aimait Adrastée de plus en plus. Du moins, il la désirait. Il voulait l’embrasser, la serrer contre lui, dormir dans ses bras et se réveiller à ses côtés, entre les draps. Mais il aimait aussi Natalee. Il aimait rire avec elle, la couleur de ses yeux lorsque le ciel était gris, sa moue adorable lorsqu’elle était en colère contre lui. Deux amours, deux places dans son cœur ; mais les jeunes femmes voyaient-elles les choses ainsi ? Il avait trop peur qu’elles soient jalouses l’une de l’autre. Oui, c’était sans doute stupide. Assez stupide pour qu’il fasse véritablement attention.
Lorsqu’il avait reçu ce mot de Natalee, il avait donc pris le soin de le ranger dans le bureau de son père ; par « ranger », bien sûr, il entendait surtout « poser sur le bureau ». Sans doute pas la meilleure idée du monde, puisque peu de temps plus tard, quelques heures tout au plus, Adrastée l’avait interpellé pour savoir qui lui avait écrit ça. Il avait tout naturellement répondu la vérité. « C’est Natalee. Une amie. Je ne rentrerai pas trop tard. À tout à l’heure ». Bien sûr, il ne se doutait pas qu’à force de se montrer si évasif, il éveillait les soupçons de sa femme. Et il n’avait pas eu idée une seule seconde que Natalee ait pu inspirer à Adrastée la moindre jalousie. Malgré tout, il était parti à la hâte, sans trop s’étendre en explications. Sa femme était, à juste titre, vexée, et surtout particulièrement interpellée par les rapports qu’il entretenait avec Natalee.

Il arriva au lieu du rendez-vous vers 18h. Elle ne lui avait pas véritablement précisé à quel endroit de la limite ils se retrouveraient, mais Cameron avait pu le deviner sans peine. Lorsqu’ils étaient plus jeunes, ils avaient pour habitude de se voir près d’un champ de blé, à l’endroit pile où poussait désormais un poirier, sans doute pour marquer davantage la fin des terres qui étaient les leurs. Lorsqu’il arriva, elle était déjà là ; il sourit en remarquant qu’il ne s’était décidément pas trompé. Elle s’approcha pour l’accueillir, mais déjà, il pouvait lire sur son visage différentes expressions. Tout d’abord, elle murmura un léger « vive le marié », qui arracha un rire jaune à Cameron. Il ne l’avait pas vraiment vue, le jour de son mariage. Bien sûr, elle y était. Mais cette journée ne s’était pas vraiment passée comme elle aurait dû s’il avait épousé une fille qu’il aimait de prime abord. Elle s’était faite discrète, et aujourd’hui, elle le félicitait à sa façon. Il savait qu’elle n’en pensait pas un mot. Tout d’abord parce qu’elle n’aimait pas Adrastée, et surtout parce qu’ils avaient souvent ri à ce sujet, se proposant même parfois de s’épouser mutuellement s’ils ne trouvaient pas chaussure à leur pied.

- Tu aurais voulu que ce soit toi, avoue, rétorqua-t-il en riant.

Il parcourut les derniers mètres qui les séparaient et la serra contre lui. Son parfum le rassurait terriblement, et la tenir dans ses bras était l’une des sensations les plus agréables du monde. Il glissa une main dans sa crinière dorée et embrassa furtivement son cou sucré. Puis il se recula, tout juste suffisamment pour pouvoir voir son visage, sans sortir réellement de l’étreinte chaude de ses bras.

- Que se passe-t-il ?

Deuxième expression de Natalee. Celle-là plus grave. Et s’il ne la connaissait pas si bien, il aurait juré voir ses yeux se remplir de larmes. Au cas où, il referma davantage ses mains sur la taille fine de sa meilleure amie.
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MessageSujet: Re: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Sam 21 Avr - 9:47

J’arrache un bout de papier d’un des cahiers de ma mère. Elle râlera, tant pis. J’attrape un feutre rouge, griffonne quelques mots et plie le papier en quatre avant de sortir de la maison. Dehors, j’aperçois un jeune homme, Andrew, qui se charge de remettre le courrier aux habitants du District. Il n’a pas un boulot difficile – nous ne communiquons que très peu par lettres. Mais la population l’apprécie, et le laisse à ce poste. Je suis ravie de le trouver, là. Je l’interpelle, lui tend le bout de papier et lui demande d’aller le glisser dans la boîte aux lettres de mon meilleur ami, Cameron Huggins. Nous nous connaissions depuis tellement d’années. Depuis que je suis toute petite. Il a toujours pris soin de moi. Il est en quelque sorte le frère que je n’ai jamais eu. Mon frère. Je savais qu’en recevant ce mot, il viendrait. Il me connaissait assez pour savoir que si je lui envoyais une lettre, écrite à l’encre rouge, c’est qu’il y avait un léger problème, que j’avais besoin de parler. Et je sentais que lui aussi aurait besoin de parler. Nous avions besoin l’un de l’autre. Moi, pour ma rupture avec Milan. Lui, pour son mariage forcé avec Adrastée. Nous ne nous étions pas consacrés beaucoup de temps, ces dernières semaines ; nous étions trop occupés à gérer nos propres problèmes. Mais j’avais besoin de lui. J’avais besoin de le voir, de lui parler. Besoin qu’il me console, me prenne dans ses bras, sentir la chaleur de son corps contre le mien. Sans Cameron dans ma vie, je ne vivrais pas. Il est certainement, avec Milan, la personne la plus important de mon existence. Il définit qui je suis. Sans lui, je ne suis pas.
J’enfile un gilet gris. Ma mère m’interroge du regard. Elle a dû s’habituer à ma présence dans la maison. Moi qui n’étais jamais là, cela faisait bien trois jours que je n’avais pas mis le pied dehors. J’hausse les épaules. « Je vais voir Cameron. » Un sourire ravi se dessine sur ses lèvres, je lève les yeux au ciel. Elle ne s’ôte pas de la tête la possibilité d’un mariage futur avec mon meilleur ami. Je lui rappelle qu’il est à présent marié, elle soupire, m’indique qu’elle avait oublié ce futile détail. Elle reste persuadée que je ferais une bonne épouse pour Cameron, comme il ferait un bon époux pour moi. Mais je n’aurais jamais pu l’épouser. L’acte en lui-même ne m’était pas désagréable, j’aurais même été fière de m’appeler Mme Huggins. Mais tout se qui se cachait derrière le mariage ne m’attirait pas, pas avec Cameron. Je ne pouvais pas m’imaginer un seul instant être dans les bras de Cameron, du moins d’une manière bien différente de ce que nous avions l’habitude de faire. Il était comme mon frère, et il était impossible pour moi d’aller vers ce chemin avec mon propre frère. Je salue distraitement ma mère, qui retourne alors à son tricot. Elle n’a pas beaucoup d’occupations, mis à part travailler aux champs et tricoter. Je me demandais souvent si elle ne s’ennuyait pas, parfois. Mais elle attendait mon père inlassablement, lui qui ne rentrait jamais avant au mois vingt-trois heures, et qui repartait le lendemain dès l’aube.

Je quitte la maison, sans un dernier regard vers moi. L’air frais me souffle le visage et je ferme les yeux, quelques courtes secondes, au contact du vent. Je suis heureuse de sortir un peu. J’en avais besoin. Rester enfermé aussi longtemps n’est guère une bonne solution pour moi. Je salue les quelques rares personnes que je croise sur mon chemin, en direction de la limite du district. Je retrouve rapidement le poirier familier ; notre lieu de rendez-vous. Notre lieu à nous. Je m’assois près de ses racines, attendant mon ami avec impatience. Il ne tarde pas à arriver. Je me lève en l’apercevant, souris légèrement. « Vive le marié. » Il rit, mais son rire sonne faux. Je ne lui en veux pas. Je ne sais pas réellement où il se situe dans ce mariage, nous n’avons pas vraiment eu le temps d’en parler. En est-il heureux ou au contraire, rêve t-il de s’enfuir tous les matins ? Je songe souvent à Adrastée. Même si je ne l’apprécie pas, je la plains. J’aurais détesté devoir me marier à une personne que je connais à peine, que je n’aime même pas. Leur situation n’est pas facile. Mais j’étais certaine, aussi idiote qu’elle pouvait l’être, qu’elle finirait par apprécier Cameron à sa juste valeur. Personne ne peut détester éternellement ce garçon. « Tu aurais voulu que ce soit toi, avoue. » J’hoche la tête. Bien sûr. Si j’avais pu le libérer de ce mariage forcé, je l’aurais fait sans aucune hésitation. « Tu le sais bien. » Je n’ai pas besoin d’en dire plus, il sait exactement ce que je pense. Pas le temps de penser à autre chose, il me serre déjà dans ses bras. Je m’accroche à lui comme à une bouée de sauvetage. Il dépose un baiser dans mon cou. Je frissonne. Puis, il se détache un peu de moi, mais je continue à le tenir, de peur qu’il finisse par s’éloigner complètement. « Que se passe-t-il ? » Je soupire. Comment quelqu’un pourrait-il me connaître, me comprendre aussi bien que lui ? Je savais que même Milan n’y arriverait pas. Milan … J’hausse les épaules, refoule les larmes qui montent en moi. Je m’assois au sol, sans lâcher la main de Cameron. J’ai besoin de le sentir près de moi. Nos deux mains enlacées, je commence à parler : « J’ai … l’impression de mourir à petits feux, sans lui, tu sais. Mais je ne peux pas revenir vers lui. Tu comprends toi, hein ? » Je ne doutais pas qu’il le ferait. Il savait que je ne pourrais pas supporter de voir la personne que j’aime s’entretuer avec d’autres personnes, toutes aussi innocentes que lui. J’avais toujours été contre la violence et l’idée que Milan puisse devenir un homme violent, tuant pour sa propre victoire, me répugnait. Mais je n’étais personne pour juger. Pourquoi avait-on donc remis ces jeux au goût du jour ? Nous, qui pensions que cette idée était enterrée à vie, avions donc eu tort. Je serre un peu plus la main de Cameron, puis plonge mon regard dans le sien. « Et toi ? Comment se passe ce mariage ? » Je penche la tête sur le côté, afin de mieux l’observer. Je n’arrive pas à décrire son expression. Etait-il heureux ? Malheureux ? J’espérais que sa femme ne lui fasse pas trop de tord. Cameron était un homme bien, personne ne pouvait lui faire de mal.


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MessageSujet: Re: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Dim 6 Mai - 15:08

Natalee était probablement la personne que Cameron aimait le plus au monde, avec Paloma. Elle était la femme de sa vie et le serait toujours. Étrange d’ailleurs de penser cela, alors qu’elle était simplement sa meilleure amie. « Simplement » peut-être ; la réalité était tout autre. Il aurait donné sa vie pour elle, il aurait tout fait pour la combler de bonheur. Elle était sa seule, son unique amie, mais aussi la plus précieuse, la seule qu’il souhaitait avoir auprès de lui. Il ouvrait son cœur à Adrastée, mais ça faisait longtemps que Natalee y avait fait son nid, doucement mais sûrement. Ainsi, la question qu’il se posait plus tôt n’avait pas vraiment lieu d’être. Entre la brune et la blonde, ce serait cette dernière qu’il choisirait, sans aucun doute, s’il devait y avoir un choix. Cameron culpabilisait presque. Mais il ne pouvait pas lutter contre l’amour qui le liait à cette jeune femme. De l’amour sans sexe, de l’amour sans baisers, sans caresses amoureuses, mais de l’amour quand même. Natalee était à lui. La sienne. D’ailleurs, il n’avait jamais aimé Milan, même s’il en avait simplement entendu parler par bribes de mots, de la bouche de sa meilleure amie. À vrai dire, il ne savait même pas qu’il fréquentait aussi Adrastée. Pour Cameron, ce type était répugnant, indigne de la blondinette. Il ne méritait pas qu’elle lui prête attention. Il ne méritait pas qu’elle lui donne son cœur, qu’elle souffre pour lui, qu’elle pleure à sa simple pensée. S’il le croisait, il n’hésiterait pas à le détruire. À le piétiner. À le tuer. Mais il se rappela rapidement qu’il n’aurait peut-être pas à l’exterminer de ses mains. Les Hunger Games arrivaient, et il avait des chances d’être sélectionné comme tribut masculin. Il mourrait alors. Il n’était pas assez puissant, n’avait jamais voulu rejoindre la rébellion et risquer sa vie pour la liberté. Tous les rebelles étaient entraînés, forts, combatifs, capables de se battre et de survivre dans de telles circonstances. Pas lui. Pas Milan. Il allait mourir comme un chien, et Cameron serait là pour le regarder. Jusqu’à son dernier souffle.

Elle était près lui, et lui montrait toute sa vulnérabilité, toute son impuissance face à son monde qui s’écroulait. Cameron ne pouvait l’accepter. « J’ai… l’impression de mourir à petits feux, sans lui, tu sais. Mais je ne peux pas revenir vers lui. Tu comprends toi, hein ? ». Il s’était agenouillé avec elle et serrait sa main avec force et assurance.

- Je comprends, mon ange
, avait-il murmuré dans un souffle, tout en la ramenant de nouveau dans la cage de ses bras. La voir aussi malheureuse lui brisait le cœur, réellement, concrètement. Il avait mal, il crevait de la sentir en proie à de tels troubles, surtout parce qu’il ne pouvait rien faire pour l’apaiser. Rien, à part être là, à ses côtés, et la regarder mourir à petit feu. Il secoua la tête.

- Te voir souffrir m’est intolérable, Natalee.

Bien sûr, il savait qu’elle aimait Milan, et que c’était pour ça qu’elle était si triste à l’idée de le savoir potentiellement tribut. Il la comprenait, la compassion était présente au fond de lui. Malgré tout, il ne pouvait pas cautionner qu’elle se foute moralement en l’air pour un type qui s’était bien moquée d’elle et de ce qu’elle pouvait ressentir. S’il l’avait aimée, il ne l’aurait pas retenue inutilement alors qu’elle le fuyait. Elle ne voulait plus de lui parce qu’elle ne voulait pas le voir mourir et perdre son amant, mais Milan ne le concevait pas sous cet angle. Sans doute que pour lui, elle le repoussait car elle le détestait. Peut-être même qu’il pensait que Cameron avait quelque chose à voir là-dedans. C’était ridicule. S’il avait voulu Natalee, il l’aurait eue depuis longtemps. En un claquement de doigt. Pour toujours. Elle était déjà à lui, et il était à elle. Ce qu’ils avaient était unique, et ils auraient très bien pu vivre une histoire d’amour depuis plusieurs années déjà. Cameron ne représentait aucun danger pour Milan. Mais peut-être n’était-ce pas si simple. Leur amitié, leur amour, était quelque chose de bien plus complexe qu’une simple affection fraternelle. Il pouvait comprendre que le jeune homme vive mal cette relation que sa petite-amie entretenait, presque en secret. D’ailleurs, si Cameron avait su qu’Adrastée jouissait des mêmes rapports avec ce jeune-homme que ceux qu’il avait avec Natalee, il l’aurait quittée sur le champ. Ce genre de relation ressemblait trop à de l’amour pour être supportable par l’autre moitié du couple. Ça lui sauta aux yeux soudain : il n’y avait pas de place dans son cœur pour les deux jeunes femmes. Pas, ou peu. Et si ses sentiments pour Adrastée grandissaient, Cameron savait qu’il aurait un choix à faire. Ça lui était impossible.

Il déposa un baiser sur le front de sa meilleure amie, et capta son regard. Elle semblait hésiter à lui demander quelque chose, comme si elle avait peur de la réponse. Puis, finalement, elle se lança : « Et toi ? Comment se passe ce mariage ? ». Il voyait bien dans ses yeux qu’elle tentait de lire en lui, d’interpréter sa façon d’être. Cameron ne pouvait pas lui mentir, même s’il aurait souhaité le faire de tout son cœur, juste pour qu’elle ne soit pas au courant qu’elle n’était pas l’unique femme dans son cœur – avec sa sœur.

- Je l’aime bien. De plus en plus. Et ça me fait terriblement peur. Je ne veux pas l’aimer. Je ne veux pas m’inquiéter pour elle. Devoir me soucier d’une personne de plus… Pourtant, je l’aime bien…

Il regardait fixement son amie, comme s’il attendait qu’elle trouve les mots justes. Que ce soit « reste et essaye », ou « pars et ne te retourne pas ». Il le ferait. Il ferait tout ce qu’elle lui dirait, car elle savait ce qu’il fallait faire. Du moins, elle devait le savoir. Natalee avait toujours eu les mots juste, elle avait toujours su comment réagir. Elle ne le laisserait pas tomber, pas lui, pas maintenant.
Il détacha finalement son regard de la blondinette et porta sa main à ses lèvres. Il la baisa lentement, tendrement. Elle était fragile, à fleur de peau. Il le sentait, et s’en voulait de plus en plus de son impuissance. Il détestait se trouver devant le fait accompli, sans alternative, sans moyen de faire marche arrière ou de rectifier le tir. Elle était triste, elle en crevait, et il devait la regarder se laisser mourir. Elle n’avait plus de raison de vivre. Ou bien si, elle en avait une : lui-même. Mais leur relation quasi fraternelle ne pouvait pas réellement aider Natalee. Au mieux, elle pouvait se réfugier dans ses bras, l’embrasser, pleurer sur son épaule en attendant qu’il sèche ses larmes. Mais il n’était rien de plus. Rien d’important. Personne. Il doutait occuper dans le cœur de son amie la même place qu’il lui avait laissée dans le sien. Elle, elle était là, toujours, à chaque pas qu’il faisait. Il pensait sans cesse à elle. La dernière fois qu’il avait risqué sa vie, qu’il avait failli mourir pendant une mission de rébellion, elle était la dernière personne à laquelle il avait pensé. « Si je disparais, que va-t-il arriver à Natalee ? Est-ce que mon ange blond arrivera à surmonter son chagrin ? À oublier ma mort ? ». Alors, il se rendit compte que ce qu’il ressentait pour Milan n’était pas seulement de la haine, mais bel et bien de la jalousie. Il était jaloux car elle allait le pleurer s’il était choisi et qu’il mourait. Et même si ça semblait horrible, il aurait préféré être le macchabé, juste pour lui manquer vraiment, l’espace d’un instant.
Malgré tout, il savait le pouvoir qu’il avait sur elle, car il était la dernière personne qu’il lui restait vraiment, depuis qu’elle s’était éloignée de Milan. Et si elle ressentait cette petite brûlure dans son cœur, juste au même endroit que Cameron quand il s’inquiétait pour elle, elle devait l’aider. Elle devait l’aider à détester Adrastée, à la fuir, car il avait de plus en plus de mal à trouver la force de les aimer toutes les deux.
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MessageSujet: Re: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Dim 6 Mai - 16:23

« Every now and then I get a little bit terrified and then I see the look in your eyes. Every now and then I get a little bit helpless and I'm lying like a child in your arms. »


Le destin était étrange. Là où nous aurions pu nous décider un avenir simple et évident, nous avions choisi de prendre des chemins différents. Où en serions-nous, aujourd’hui, si Milan n’avait jamais croisé ma route ? Inutile, en réalité, de me poser cette question. La réponse m’était déjà connue, et ce depuis bien longtemps. Cameron serait mien, définitivement. Je porterais son nom. Son enfant, peut-être. Est-ce que je regrettais que les choses ne se soient pas passées ainsi ? Parfois. Ma vie aurait certainement été plus simple, peut-être plus heureuse. Je n’aurais jamais eu à m’inquiéter de perdre l’être aimé dans un jeu atroce. Je n’aurais jamais eu à fuir celui avec qui je rêvais d’être à chaque seconde. Je baisse le regard vers nos mains liées. Je souris légèrement. Ce contact me rassure, me conforte. Cameron est le seul qui puisse me comprendre. Je sentais son amour avec force à chaque rencontre. Ressentait-il lui aussi combien je l’aimais ? Mon frère, mon sang, mon véritable amour. Je songe soudain à Adrastée. Je ne les ai jamais vus ensemble, tous les deux, en public. Pourtant, en tant que jeunes époux, il n’aurait pas étonnant de les croiser ensemble dans les endroits publics du district. Tant mieux, je ne regrettai pas de ne pas assister à de tels moments intimes entre eux. Je n’aurais pas supporté, je pense, de le voir lui tenir la main, l’embrasser peut-être. C’est drôle : nous avions chacun quelqu’un dans notre vie et pourtant jamais, au grand jamais, nous ne rencontrions ensemble, tous les quatre. En y pensant, cette situation serait étrange. Cameron détestait Milan, Milan détestait Cameron. Je n’appréciais pas vraiment Adrastée, elle semblait être indifférente à ma personne. Comment nous qui nous aimions plus que tout ne pouvions nous pas apprécier ceux qui nous aimaient autant ? Peut-être la jalousie, voire la possessivité, avait quelque chose à voir là-dedans. Sûrement. « Je comprends, mon ange. » Je le regarde, croise ses yeux incertains. Il est beau, mon meilleur ami n’a jamais été aussi beau que cette année. Il devenait enfin l’homme qu’il devait être. Fort et beau. Mon homme parfait. « Te voir souffrir m’est intolérable, Natalee. » Je quitte ses yeux. Je retrouve les larmes au bord de mes yeux. Il était la personne la plus compatissante que j’avais pu rencontrer. Lui qui avait ses propres problèmes ne songeait, en réalité, qu’aux autres, à moi. Je sèche rapidement ces larmes, elles sont inutiles, au fond, ne changeront pas les choses. Je me tourne légèrement, fais face à mon ami. Je pose ma main sur sa joue, le caresse doucement, tendrement. « Je le sais bien. Mais ne t’inquiète pas pour moi. Je survivrai. Avec toi, je survivrai … »

Je me cale à nouveau contre son corps brûlant. J’attrape ses bras et les serre contre ma poitrine. Les passants qui nous observaient pouvaient croire à un couple, à un vieux couple même, regardant notre intimité certaine. Nous nous connaissions sur le bout des doigts, nous n’avions aucun secret l’un pour l’autre. Nous étions liés, sans contrat, sans mot, mais nous étions liés jusqu’à la fin de nos vies. Milan avait toujours été de notre relation. Adrastée le serait peut-être également, si elle savait combien nous nous aimions. Mais j’avais toujours empêché Milan de me reprocher quoi que ce soit ; je le soupçonnais fortement d’entretenir le même genre de relation avec Adrastée, même si je doutais qu’il puisse l’aimer autant que j’aimais Cameron. Milan, face à Adrastée, me choisirait. Moi, Milan face à Cameron, je resterai désemparée. L’un ne va pas sans l’autre. Mon amour contre ma vie. Je ne pouvais pas faire un choix. Autant vivre seule que sans l’un d’entre eux. Cameron brisa le silence entre nous pour évoquer son mariage avec la belle Adrastée. « Je l’aime bien. De plus en plus. Et ça me fait terriblement peur. Je ne veux pas l’aimer. Je ne veux pas m’inquiéter pour elle. Devoir me soucier d’une personne de plus… Pourtant, je l’aime bien… » Je comprenais ses cris de douleur, de crainte. N’avais-je pas ressenti la même chose quand j’avais commencé à ressentir ce genre de sentiments pour Milan ? Moi qui me voyais mon futur dans les bras de Cameron, on imposait à moi un autre garçon. Un autre garçon pour lequel j’allais me consumer de l’intérieur. Un autre garçon que j’aurais aimé de toutes mes forces. Je ne blâme pas Cameron. Qui était-on pour un jour refouler les sentiments qui venaient se fondre en nous ? Nous n’avions pas notre mot à dire. L’amitié, l’amour nous tombait dessus sans que nous ayons demandé quelque chose. L’amour tombe toujours sur ceux qui ne s’y attendent pas. « C’est normal, je pense. Elle est … attachante, sûrement. » Ce qualificatif me brûla la bouche. Je n’aurais jamais pensé appeler un jour Adrastée ainsi. Je ne le pensais pas forcément, mais si Cameron s’y attachait, c’est qu’il y avait une raison derrière. Peut-être apportait-elle une dose de bonheur dans sa vie ? C’était possible, et si c’était le cas, c’était une bonne chose. Cameron méritait une vie heureuse. « Tu n’as pas à avoir peur. Je te connais. Tu sais te protéger. Tu es bien plus fort que tu ne le crois, Cameron. S’il le faut, tu sauras la combattre. Tu sauras combattre ces sentiments. » J’hausse les épaules, comme si tout cela était évident. Bien sûr que s’il ne voulait pas laisser Adrastée entrer dans sa vie, il pourrait l’en empêcher. Tout était une question de volonté. Mais est-ce qu’il en avait vraiment envie ? Au fond, peut-être pas. S’il tombait amoureux d’elle, il ne pourrait rien faire contre cela. Mais il n’était pas encore trop tard pour empêcher l’amour de s’immiscer entre eux. Je m’approche de lui, dépose un léger baiser sur le coin de ses lèvres. « Et puis, je ne laisserai jamais rien t’arriver. Promis. » Je lève mon petit doigt afin qu’il le lie au sien. C’était notre pacte, notre promesse. Comme quand nous étions enfants, où nous nous étions promis de ne jamais nous quitter. Cette fois, je lui promettais de le protéger, envers et contre tout. Envers et contre tous.
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MessageSujet: Re: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Dim 6 Mai - 17:45

Dieu qu’il l’aimait. Natalee était tout ce qu’il avait toujours connu, et également ce à quoi il aspirait pour le restant de ses jours. C’était immature de penser comme ça, comme s’il avait encore cinq ans et qu’ils jouaient à la marelle dans la cour de l’école. C’était aussi irresponsable. Il était désormais marié et se refusait de ne pas laisser à Adrastée la place qu’elle méritait dans son cœur. Elle était parfaite pour lui, vraiment. D’ailleurs, si ce mariage n’avait pas été forcé, il aurait pu être exemplaire, à son image. Il ne pouvait rêver meilleure femme, tout simplement car elle était présente, forte, intelligente et surtout, magnifique. Oui, Adrastée n’avait aucun défaut évident, à part celui de ne pas avoir été son amante avant de devenir sa femme. Mais Natalee, elle, c’était un soleil. Un astre qui brillait tellement fort qu’il aveuglait presque Cameron. Elle aurait pu lui faire faire n’importe quoi. Il avait l’impression de faire face à deux routes, et de sentir son cœur le guider automatiquement vers ce chemin parfumé de lilas, délaissant le deuxième aux effluves de jasmin. Il s’en voulait tellement. Mais après tout, y était-il pour quelque chose ? Quelle était sa responsabilité dans la relation qu’il entretenait avec Natalee ? Il l’avait toujours connue. Elle avait toujours été près de lui. Elle était la femme de sa vie, le serait toujours. Et il se sentait tellement bien à ses côtés qu’il en oubliait presque sa véritable femme. De plus en plus, il se détestait ; mais pouvait-il réellement se haïr alors qu’aimer Natalee faisait partie de sa nature, de sa façon d’être, de sa vie en général ? Il ne pouvait en être autrement. Adrastée l’accepterait ou pas, mais elle n’avait pas d’autre choix que de supporter la présence de cette femme qui tenait presque la place d’amante dans le cœur de Cameron.

« Je survivrai. Avec toi, je survivrai… ». Avec lui. Toujours avec lui. Comme les choses étaient censées être. Pas Milan, pas un autre homme. Lui. Cameron Huggins. Ce n’était pas son bellâtre qui allait la sauver, cette fois. Ce n’était pas lui qui allait être présent pour elle, pour sécher ses larmes, pour réconforter son cœur meurtri. Elle allait crever sans lui, mais Cameron serait son élixir de vie. Il serait là, et elle vivrait. Même s’il devait se substituer à l’autre jeune homme, ne serait-ce que pour un instant. Pour elle, il pouvait être n’importe qui. Il pouvait être tous les autres. Le meilleur ami, l’amant, le mari. Il voulait être tous ceux-là. Ça ne l’empêchait pas de vouloir combler Adrastée. De vouloir être son mari, quoiqu’il arrive. Il serait là pour elle. Et il l’aimerait de plus en plus, comme il avait déjà commencé à le faire. Mais elle ne serait pas Natalee, non ; jamais. Pour l’instant, il ne l’aimait pas assez pour dire au revoir à la blondinette, pour la laisser périr dans un coin pendant que son petit-ami se ferait (peut-être) massacrer. Elle aurait ses bras, elle l’aurait lui. Et si Adrastée ne le supportait pas, Cameron savait déjà quel choix il ferait, même si ce serait une décision des plus douloureuses. Il voulait les deux. Il les voulait entièrement. Mais il n’y en avait qu’une seule qui lui appartenait réellement pour le moment, et ce n’était pas forcément celle que l’on aurait pu croire. Natalee était sienne. Des pieds à la tête. Et à l’heure actuelle, il préférait se raccrocher à cette présence concrète, plutôt qu’à une ombre de bonheur qui l’avait poursuivi depuis le jour de ses noces.
Elle l’enlaçait, et déjà, les passants pouvaient croire à un couple. Ils n’en étaient pas un, n’en seraient jamais un. Cameron ne pouvait pas faire ça à Adrastée, même s’il l’aimait moins que Natalee. Il l’avait épousée. Elle était sa femme. Cela ne changerait pas. Mais si ses sentiments s’amplifiaient, il ne pourrait pas assumer le choix qui se profilait, ou plutôt l’absence de choix. Il devrait laisser Natalee. Sa blondinette. Sa meilleure amie. Il devrait la laisser et l’oublier, parce qu’il ne pouvait pas être totalement à Adrastée tant qu’une infime partie de lui restait à Natalee. Il glissa une main dans ses longs cheveux blonds. « Elle est… attachante, sûrement ». Sa gorge se noua. Elle n’était pas attachante. Elle était irrésistible. Extrêmement désirable, incroyablement belle, indubitablement intelligente. Pas attachante. Juste parfaite. Mais Cameron se contenta de murmurer « Elle l’est », en gardant Natalee contre son cœur. Oh, tout aurait été tellement simple s’il avait pu avoir plus de sentiments pour sa femme. L’aimer vraiment. Vu la manière dont s’étaient passées leurs noces, il ne pouvait pas être amoureux d’elle. Pas tout de suite, pas comme ça. Sûrement bientôt. Elle était tellement charmante que son cœur ne pourrait pas lui résister bien plus longtemps. Il avait déjà envie d’elle, en permanence. C’était quelque chose qu’il ne ressentait pas pour Natalee. Il voulait se retrouver contre Adrastée, la serrer dans ses bras nus et mordre sa peau. Il la voulait, toute entière. Il voulait lui offrir du désir, il voulait la rendre heureuse, comblée, épanouie. Il éprouvait un fort désir sexuel pour elle. Et cela ne changerait pas. Elle éveillait en lui des sentiments jusqu’alors inconnus. Mais pas d’amour réel pour le moment. Or, il ne voulait que ça. Une forme de simplicité qui lui permettrait de ne pas devenir fou, dans un mariage qui était factice du début à la fin. Ce qui l’effrayait le plus, c’est qu’il savait qu’une des raisons de cette folie était ce qu’il ressentait pour Natalee, qui l’affolait tout entier au moindre regard. Il voulait être là pour elle, veiller sur elle. L’amour sans le désir sexuel. Ainsi, deux sentiments différents persistaient en lui. Deux sentiments qui n’auraient dû exister que pour une seule et même personne : Adrastée.

Mais Natalee le coupa de ses pensées en déposant un doux baiser au coin de ses lèvres. L’espace d’un instant, Cameron ferma les yeux. Un millième de seconde durant lequel il savoura ce moment. Il adorait ces démonstrations d’affection, et se demandait déjà comment il pourrait vivre sans elles lorsqu’il devrait s’éloigner de sa meilleure amie. Car c’était inévitable pour donner une chance à son mariage. Il déglutit douloureusement. Elle lui manquait presque alors qu’elle était toujours à ses côtés. « Et puis, je ne laisserai jamais rien t’arriver. Promis ». Cameron acquiesça d’un signe de tête. Il saisit son petit doigt avec le sien et le serra doucement. À chaque fois qu’il la voyait, il avait l’impression qu’il allait la perdre. Cela lui était insupportable. Inconcevable. Il se racla la gorge, alors qu’il sentait qu’il commençait à s’émouvoir. Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas lui montrer à quel point il s’inquiétait pour elle, à quel point il voulait rester à ses côtés aussi longtemps que possible. Elle ne le supporterait pas.

- Je t’aime Natalee, prononça-t-il simplement dans un souffle chaud.

Il ne pouvait être plus sincère en disant « je t’aime » à quelqu’un. Elle était sa meilleure amie. La jeune femme la plus importante de sa vie. Elle était le monde entier. Et tout au fond de lui, il espérait réellement qu’Adrastée la supplanterait un jour.
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MessageSujet: Re: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Lun 7 Mai - 16:09

Si je devais choisir, je ne pourrais pas. L’amour ou l’amitié. Pouvait-on vraiment vivre sans l’un ou l’autre ? Milan comprenait-il vraiment l’attachement que j’éprouvais envers mon meilleur ami. Rien n’était moins sûr. Je savais parfaitement qu’il ne vivait pas la même chose avec sa meilleure amie. Mais que pouvais-je bien dire pour ma défense ? Qu’après tout, Cameron était celui que j’aurais épousé si Milan ne s’était pas mis en travers de mon chemin ? Ce n’était pas certain qu’il apprécie cette nouvelle. Ce sont plutôt des choses que je gardais pour moi. Mon petit jardin secret. Là où personne ne pénétrerait jamais. Je vivais des choses complètement différentes avec mon ami et avec mon amant. Les deux me comblaient, infiniment. Mais je savais que l’un ne pourrait pas prendre la place de l’autre. Cameron ne remplirait pas le rôle d’amant, tandis que Milan, pourtant également mon ami, ne pourrait pas accomplir celui de confident. Mon cœur se déchirerait entre les deux. Fort heureusement, aucun ne m’a encore demandé de choisir. S’ils le faisaient, je partirais. Je m’enfuirais aussi loin que possible, évitant ainsi le regard accusateur de ces deux personnes que j’aime plus que tout. En réalité, partir ne serait peut-être pas une chose évidente. Quitter tout ce que j’avais toujours connu pour l’inconnu. C’était de la folie, de la pure folie. Je me rapproche doucement de Cameron, me blottit contre lui. Par chance, je n’ai pas à partir. Dans les bras de mon meilleur ami, je me sens en sécurité. Quand il n’est pas à mes côtés, le monde m’effraie. Quand il est près de moi, je n’ai plus peur de rien. Je lui accordais une confiance pleine. Il pourrait tenir sa vie entre mes mains que je continuerais à avoir confiance en lui. Il me connait par cœur, sur le bout des doigts, comme personne. Il est le seul qui sache réellement comment je suis, quand je ne vais pas bien. Il est surtout le seul à qui je peux parler sans avoir peur de possibles représailles. Cameron était mon ami, mon frère. Face à la mort, nous pourrions, sans aucun problème, vaincre, tous les deux. Ou mourir ensemble. Qu’importe. Tant qu’il est près de moi, je ne crains rien. Il me protégera jusqu’à la fin ; il me l’a promis. Les promesses, entre nous, ne se brisent pas. Elles se tiennent.

Nous n’avions guère besoin de mot pour nous comprendre. Dans son faible, « Elle l’est », je comprenais bien qu’il voulait dire qu’elle n’était pas que ça. Mais je ne lui en demandai pas plus. Je sentais, contre moi, les battements de son cœur qui s’agitaient, lorsque le nom de son épouse était prononcé. Il n’était pas encore amoureux, pourtant, selon ses dires. Mais quelque chose se passait bien dans son cœur. Une simple attirance, certainement. Pour le moment. Mais je comprenais que ce désir se transformerait rapidement en quelque chose de plus fort. Je connaissais Cameron et les mécanismes de son cœur sur le bout des doigts. J’hoche doucement la tête, mais ne partage pas mon opinion avec lui. Il comprendra, en temps voulu. Je ne lui en veux pas d’aimer une autre fille que moi – je reste certaine que personne ne me remplacera à ses yeux. Après tout, j’étais la première à avoir choisi un autre homme que lui. L’amour ne se commande pas, vous tombe dessus sans que vous l’ayez attendu. L’amour allait tomber sur mon meilleur ami, comme par magie. Il serait heureux, bien sûr. Aurait peut-être des enfants, un jour, bien que je pensais qu’il préférait maintenant éviter, au vu du renouvellement des jeux. Il pensait comme moi. Avoir un enfant dans ce monde étrange serait une chose bien cruelle. Un sort affreux réservé à nos descendances. Comment pouvait-on infliger une chose pareille à des parts de nous-mêmes ? « Les choses changent, tu ne trouves pas ? Il y a encore quelques années, il n’y avait que toi et moi … » Une certaine nostalgie s’installe en moi. Je ne regrette rien pourtant, peut-être simplement les journées sans fins que nous passions ensemble. A cette époque, nous étions des alliés, pour l’éternité. Rien ne nous effrayait. Nous parcourions inlassablement le district avant de nous retrouver à cet endroit même. Nous mangions souvent des choses que nous trouvions lors de nos promenades. Je rentrais toujours le sourire aux lèvres. Ma mère était ravie. Un jour, j’épouserai Cameron. C’était son rêve. Un rêve qui s’est effondré lorsque Milan a posé pour la première fois ses lèvres sur les miennes. « Je t’aime. » La voix de mon ami me ramène à la réalité. Je me tourne vers lui, attrape son visage entre mes mains, pose un baiser sur son nez. « Moi aussi, mon lapin. » Je me mords la lèvre. Il déteste ce genre de surnom. Et j’aime l’embêter avec cela. « Tu le sais bien. Toi et moi, c’est pour la vie. » Rien ne nous séparerait. Nous étions faits pour continuer ensemble. C'était notre destin.


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MessageSujet: Re: I ain't missing you, no matter what I might say (w. Natalee)   Lun 7 Mai - 19:01




Dix ans plus tôt


- Où t’es Huggins ?
- On va te retrouver Huggins !
- Pas la peine de te planquer sale lâche.


Dans un petit coin à l’écart, derrière un petit mur, Cameron retenait sa respiration. C’était toujours pareil : les gosses de mauvaises familles le maltraitaient. Peut-être parce qu’il était plus riche qu’eux, sûrement car il était malingre et faible à l’époque. C’était un enfant sensible, pas belliqueux pour deux sous. La cible idéale pour les caïds, un punching ball de choix. Son cœur se serrait dans sa poitrine. Il avait mal, mal à en mourir. Il aurait aimé être plus grand, plus fort ; mais à dix ans à peine, les gamins étaient cruels et surtout, ils n’avaient aucune notion de la douleur. La douleur physique, oui, mais aussi morale. Celle qui envahissait Cameron chaque fois qu’il marchait dans son école, avec la peur d’être attaqué à tout moment. Il était pétrifié. Impossible de bouger : ses membres ne réagissaient plus. Il étouffa un sanglot, puis se mit à pleurer réellement, silencieusement. Comment en était-il arrivé là ? Il n’avait personne dans sa vie. Sa sœur était trop jeune pour comprendre ce malaise et jouait avec ses amis dans un coin de la cour. Certaines personnes étaient gentilles avec lui, mais sans plus. Une gentillesse presque feinte, presque malhonnête. Il était seul. Inexorablement seul. Alors que les larmes coulaient en torrent sur ses joues roses, une main lui saisit le menton, l’obligeant à relever la tête.
D’abord, il vit deux grands yeux gris-verts, indéfinissables. Le bleu des siens s’y mélangeait à la perfection. Et puis, des tâches de rousseur parsemaient son petit nez fin. Ses lèvres, roses, étaient fermées, et sa mâchoire crispée, comme si elle contenait son indignation. Ses cheveux blonds volaient dans tous les sens et s’accrochaient parfois à sa bouche. Cameron remarqua à cet instant qu’elle avait également versé une larme, et que ses mèches se collaient simplement à sa lèvre humide.

- Viens avec moi.
- Non.

Cameron baissa les yeux un instant, mais la fillette le força de nouveau à lever la tête. Avec son pouce, elle sécha ses larmes qui n’avaient cessé de couler, et déposa un baiser sur sa joue. Ce contact était le premier geste amical que Cameron n’ait jamais connu. Comme s’il voyait le jour après avoir passé des années entières dans le noir. Elle lui prit la main, et il la serra dans la sienne, fort, comme s’il tenait à la retenir, comme s’il avait peur qu’elle disparaisse d’un coup, comme tous les autres. Elle semblait comprendre. Il voulait rester ici. Ici, il était en sécurité. Ici, avec elle. Elle était belle, gentille et douce. Il l’avait déjà vue, de loin, mais avait toujours été persuadé que ce genre de personne ne l’apprécierait jamais. Jamais assez pour se montrer publiquement avec lui. Loin d’être populaire, Cameron avait toujours été rejeté.

- Ça te fait mal ?

Elle le regarda un instant dans les yeux, puis baissa la tête vers sa poitrine. Vers son cœur. Oui, ça lui faisait mal. Tout le temps, chaque minute. Il étouffa un autre sanglot. Elle ne savait pas ce que c’était, elle avait tout ce qu’elle voulait. Comment pouvait-elle comprendre le rejet subi par Cameron ? Alors qu’il se posait toutes ces questions, ravalant ses larmes un peu plus chaque seconde, elle l’attira contre elle et le serra dans ses bras. Se laissant aller, il pleura, laissa sortir tout le chagrin qu’il avait accumulé depuis trop longtemps déjà. Ils n’entendirent même pas la sonnerie qui les avertissait de la reprise des classes.


Il s’en souvenait, de cette blondinette qui avait marqué le reste de sa vie au fer rouge, sans possibilité de retour en arrière. Elle avait égayé ses jours les plus sombres, elle l’avait sorti de sa solitude et de son retranchement. Jamais, il n’aurait pu la remercier à la hauteur de ce qu’elle méritait. Elle serait toujours sa meilleure amie. La seule, simplement parce qu’elle avait toujours été là. Elle était son plus grand espoir de bonheur, depuis qu’il l’avait rencontrée. Dès lors, il avait su qu’il ne serait plus jamais seul, qu’il n’aurait plus jamais de peine. Elle serait là. Leurs promesses teintées de naïveté n’étaient pas si innocentes que ça. Elle venait de promettre qu’elle ne laisserait rien lui arriver. Il la croyait, sur paroles. Elle ne laisserait rien lui arriver. Ni le malheur, ni l’amour. Peut-être pas même le bonheur ? Il s’en fichait bien. En ce moment, il était avec elle. Par moments, il pensait à Adrastée. Il tenait tellement à elle. Sa femme. Mais Natalee lui avait promis qu’il ne lui arriverait rien. Irait-elle jusqu’à s’interposer, à ne pas le laisser être piégé par les tempêtes de l’amour ? D’un côté, il le craignait. De l’autre, il n’espérait que ça. Après tout, il pourrait tenir son rôle de mari la plupart du temps, et s’échapper par moment avec Natalee pour être simplement un ami. Son ami. Un homme aussi. Et pas seulement un mari ou un protecteur. Il ne pouvait pas toujours partir à la rescousse des autres. Il ne pouvait pas penser toujours à eux, car s’il le faisait, il s’oublierait. Il ne penserait plus à lui, à sa propre protection, et mourrait. Il avait d’ailleurs peur de repartir en mission. La dernière fois, il était passé à deux doigts d’un grave accident, après avoir remarqué que des gens du Capitole observaient son groupe. Il était parti aussi vite que possible, et avait bien failli tomber dans un ravin. Un ravin de quelques mètres de profondeur. Il se serait brisé la nuque. Au lieu de ça, il avait légèrement tordu sa cheville. Rien de grave. Mais la prochaine fois, aurait-il autant de chance ? Il se mordit la lèvre, imperceptiblement. Les choses avaient effectivement changé. Ils étaient adultes, avaient des responsabilités. Et c’était douloureux. Comme il aurait été plus facile de rester enfants… Ils auraient peut-être même fini par s’aimer. Il hocha la tête. Impossible pour lui de dire ce qu’il avait sur le cœur. Oui, il souffrait de grandir et de devoir s’éloigner d’elle, de ne plus pouvoir faire les mêmes choses car ils n’étaient plus des enfants ; c’était trop douloureux pour prononcer quoi que ce soit.
Elle lui saisit le visage et déposa un baiser sur le bout de son nez, avant de lui retourner son « je t’aime », à sa manière. Cameron n’aimait pas quand elle l’appelait « lapin » ; il avait l’impression qu’elle n’était pas sérieuse. Il attrapa chacune de ses mains et les baissa, mais les garda dans les siennes. Faussement fâché, il finit par sourire légèrement.

- Pour la vie
, ajouta-t-il simplement.
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