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 * Pactiser avec le diable - Private Foe

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◭ SOS : 212
◭ District : 11, l'agriculture
◭ Arrivée à Panem : 17/04/2012
◭ Localisation : Caché dans les hautes herbes

MessageSujet: * Pactiser avec le diable - Private Foe   Jeu 19 Avr - 15:10







      Le soleil ne s’était pas encore levé mais je trottai déjà dans la forêt depuis deux bonnes heures, parce qu’on était jeudi et que j’avais un marché. J’avais empreinté l’arc de mon frère pour chasser plus rapidement même si je n’étais pas très habile et abîmais quelque fois la fourrure de ma proie car ma flèche ricochait. J’avais entre les mains quatre bons lapins et un faisan, de quoi tenir une semaine pour une seule personne ; chez moi nous tenons seulement un repas. Je me dépêchai dans la forêt priant comme à chaque fois pour ne pas me faire prendre par un pacificateur. Cinq mois, cela faisait cinq mois que tous les jeudis j’avais droit au même parcours fatiguant pour récupérer des vêtements que je vendais au marché ou que je portais. J’avais rendez-vous à six heures au marché noir du district huit, c’était loin mais j’étais très bon en course de vitesse et en endurance seulement je ne voyais pas grand-chose à cause de la nuit. Je traversai les plaines, les montagnes, les villes, tout ça pour m’assurer que mes frères qui grandissent si vite aient de quoi s’habiller, pour émerveiller ma mère en lui disant que j’ai troqué une magnifique robe pour elle contre quelque cailloux sans valeur, le pire c’est qu’elle y croit. Personne de ma famille n’est au courrant de mon trafic, c’est une histoire de fierté. C’est à six heures tapante que j’atteignis le marché noir du district huit, je couvrais mon visage d’une capuche noire, pas la peine que les gens de ce district voient un garçon couvert de terre et aux joues creusées par le manque de nourritures.
      Je traversais le marché en entier et allais me caller contre un mur, cachant mes trésors sous ma cape noire, épousant le mur, me rendant presque invisible. C’est à ce moment que je la vis, la fille aux vêtements, Foe, elle était en face de moi, elle devait sûrement venir d’arriver, ou alors elle était là avant moi, peut m’importe. Notre relation était plutôt ambigu, je n’aimais pas son caractère, je savais qu’elle me méprisait mais nous étions dépendant l’un de l’autre, je la faisait vivre avec ma nourriture et elle m’apportait de l’argent avec ses vêtements que je vendais. J’enfonçais mon regard dans le sien après avoir enlevé ma capuche d’un coup de nez.

      - Bonjour chérie, sifflais-je ironiquement en appuyant sur le dernier mot.

      Je regardai à ma droite et enfonçai mes mains dans mes poches ; vraiment je n’aimais pas ce district, il était sombre, je ne me sentais pas libre, la verdure du mien me manquait, avec tous ces champs. Je forçais un sourire, peut-être que je ne l’aimais pas je devais rester courtois et correct même si l’envie de lui jeter la nourriture à la figure me rongeait. Je ne sortis pas de suite mes trésors, j’attendais un peu, observant avec dégoût ses joues rebondies, plus grasses que les miennes et ses vêtements de meilleures qualités. Mais malgré ses aspects elle semblait avoir été détruite dans son passé, cela ce voit dans son regard, car son corps peut me mentir, les yeux ne peuvent pas. Je ne farfouillais pas trop à l’intérieur de ses prunelles même si j’étais avide de savoir, elle pourrait prendre ça pour de la sympathie. J’attendais qu’elle me salue et qu’elle me montre son travail avant de lui livrer mes abats.


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MessageSujet: Re: * Pactiser avec le diable - Private Foe   Jeu 19 Avr - 20:07



Sean & Foe.


En te mordillant la lèvre inférieure, tu caresses longuement le hangar de tôle de tes opales verdâtres – le jour se lève à peine et quelques étoiles scintilles encore au dessus de ta tête. La ligne d’horizon s’embrase lentement de touches rosées et jaune pâle, annonçant l’aurore qui pointe ; tu dois te dépêcher, les habitants du district seront bientôt levés. A cette pensée, ton cœur s’affole contre ta peau, se heurtant lourdement à ta poitrine suante ; l’air est encore frais et pourtant, la nervosité fait monter ta chaleur corporelle – de fines gouttelettes salées perlent contre ton épiderme et rouler le long de tes tempes. Un instant, tu te dis qu’il vaudrait mieux pour toi faire demi tour et retourner te nicher au creux de tes draps pour dormir un peu plus ; tu te rappelles néanmoins que tu as conclu un pacte et que tu dois t’y tenir. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres craquelées, faisant s’envoler une volute embuée du même temps ; il fait froid mais tu ne le ressens pas. D’un mouvement las, tu t’approches de la porte du hangar ; arrivée devant celle-ci, tu jettes plusieurs coups d’œil par-dessus ton épaule et, n’avisant personne, tu la pousses de toute la force de tes bras. Un grincement te fait trembler, mais tu t’engouffres finalement par la mince ouverture que tu viens de créer dans la bâtisse.

L’intérieur du bâtiment est terriblement sombre et étouffant – immédiatement, l’air chargé de poussière et de vieilles odeurs de moisissures attaque tes poumons, et tu plaques ta main contre ton nez pour respirer normalement ; tes prunelles se plissent pour t’habituer à l’obscurité ambiante, mais tu ne vois pas à trois mètres devant toi. Bras tendus, tu tâtonnes dans le noir à la recherche d’un interrupteur ; tes doigts se griffent contre la tôle mal affutée par endroit, mais tu finis par tomber sur le bouton que tu cherchais – un petit mouvement fait grésiller un vieille ampoule un peu plus loin, éclairant faiblement par son rayonnement jaunâtre les quelques étagères faites de planches de bois usées. Dans un coin de l’entrepôt, tu avises un panier tressé et, le souffle court alors que ton cœur tambourine si fort contre tes côtes que tu es persuadée qu’on peut l’entendre au loin, tu t’avances vers la pile. Tu plonges alors tes mains à l’intérieur – le tissu est rêche, mais tu attrapes quelques couvertures tissées à la main, ainsi qu’une veste avec capuche, plusieurs tee-shirts froissés et unis et deux paires de chaussettes. Tes bras sont déjà bien plus que chargé, tu ne peux en prendre d’avantage – tu dégages alors vivement le sac accroché à tes épaules, en fait glisser les fermetures et fourres le tas de linge à l’intérieur avant de le refermer aussitôt et de le lancer contre ton dos. Puis, tu accours à l’interrupteur, coupes le courant et te glisses à l’extérieur par la même ouverture par laquelle tu as pénétré les lieux. Enfin, tu repousses la porte, déjà épuisée par l’effort, et t’éloignes en vitesse avant que quelqu’un ne t’aperçoive.

Tu te diriges alors vers le marché noir – les rues sont encore désertes et seuls quelques commerçants déplient déjà leur attirail avant la venue des intéressés. D’un coup d’œil, tu observes entre les étals ; ton client n’est nullement là. Tu t’autorises alors à flâner, discutant avec certains vendeurs qui ont du temps libre à t’accorder ; tu marchandes certains objets que tu troques contre une partie de ton butin – en toute discrétion toutefois, car tu sais à quel point le vol est réprimandé dans les districts. Tu pourrais perdre la vie pour quelques bouts de tissus ; ainsi ton cœur s’affole dès que tu vois surgir, du coin de l’œil, une ombre à l’angle de la ruelle. Mais les Pacificateurs ne sont pas encore là. Lorsque tu as fini ton petit tour de marché, tu te décides enfin à aller voir si ton client est finalement arrivé – tu repasses plusieurs fois devant les stands, resalues leurs occupants, tournes en rond. Enfin, tu aperçois une silhouette. Encapuchonnée, adossées à un mur humide, sa cape le masquant à le vue de tous – toi, toutefois, tu le reconnais immédiatement, avec ses allures de roi des voleurs. Tu hausses les sourcils, resserres l’emprise de tes doigts autour des sangles de ton sac à dos et t’approches à grands pas ; tu atteins bien vite la façade et te plantes devant ton client, bras croisés, cherchant son regard. Il redresse alors son visage vers toi, fait tomber sa capuche et plantes ses iris azurs dans les tiennes, dures et froides. Tu patientes ; « Bonjour chérie. » Son ton te déplaît, empreint d’une acide ironie qui t’arrache un hochement de tête en guise de réponse. Tandis qu’il enfonce ses poings dans ses poches, tu notes à quel point ce garçon t’exaspère – toutefois, il est indispensable à ta survie et tu serais bien incapable de t’en séparer. « Garde tes cordialités acerbes Anderson. » soupires-tu avec désinvolture – tu contrôles vainement tes nerfs pour l’instant, alors que le jeune homme esquisse un faux sourire, plus par courtoisie que par amabilité. Tu lèves tes prunelles au ciel et tapotes ton pied dans la poussière. « Tu as c’que je t’ai demandé ? » murmures-tu non loin de son oreille ; tu sais que pour l’instant, personne ne viendra vous déranger – toutefois, tu prends tes précautions. Inutiles de vous attirer des ennuis ; vous savez parfaitement, autant l’un que l’autre, que votre trafic est parfaitement illégal. En faisant basculer ton sac sur ton avant-bras, tu le frottes à l’aide de tes doigts pour lui signifier clairement que tu as volé ce qu’il cherchait, sans pour autant laisser un mot s’échapper de tes lèvres – tu fais légèrement glisser les fermetures, entrouvres le tissu et donne un rapide aperçu de son contenu à ton client ; en retour, tu attends qu’il soulève sa cape et te montre ce qu’il a apporté pour toi en le fusillant du regard pour qu’il s’active. Tu es simplement pressée qu’il s’en aille et te fiche la paix jusqu’à jeudi prochain…

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MessageSujet: Re: * Pactiser avec le diable - Private Foe   Jeu 19 Avr - 20:47


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      Comme à son habitude, elle restait froide et me cracha de garder mes cordialités. Je m’excuse chère demoiselle, je viens peut-être d’un milieu plus pauvre que le tien mais on m’a appris la politesse et la diplomatie. Finalement c’était plutôt amusant comme situation, j’y prenais presque du plaisir. Mais derrière ma partie de rigolade le froid me prit à la gorge et mes épaules tremblèrent pendant quelques secondes, merci à la nature de me rappeler le fait que ce printemps est plutôt frais et les nuits glaciales. Sans cette fille ma famille serait morte de froid durant l’hiver, j’imagine que désormais je n’aurais plus vraiment besoin de ses services mais j’imagine que je continuerais de lui demander certaines babioles afin de lui apporter de la nourriture. Elle me demanda si j’avais apporté ce qu’elle m’avait demandé et fis un léger signe de la tête et regardai ma cape qui était difforme à cause de ma récolte. Je regardai le sac à dos de la jeune fille, priant pour qu’elle ait pensé aux couvertures car les nuits sont rudes. Avant de l’ouvrir elle m’indiqua d’un geste qu’elle volé ses objets, se qui ne m’étonnais plus, et ouvrit son sac. Je vis dépasser une chaussette, un bout de t-shirt et dieu merci un torchon épais qui semblait être une couverture, à cette vue mon visage s’illumina ; je tentais de cacher ma joie et murmurais.

      - J’ai rajouté un faisan.

      J’ouvris ma cape et lui montrais mes trésors qui étaient attachés à mon ceinturon, de la si belle viande que je ne pourrais pas manger. Je penchais ma tête vers le volatile, me demandant si c’était utile de le rajouter mais la bienveillance prend le dessus à l’égoïsme. Je détachai un lapin et le tournai dans mes mains histoire de lui montrer que pour une fois je n’avais pas fait un travail de cochon comme les fois précédente, cette fois l’animal était propre malgré le trou qu’il avait la plupart du temps à la tête. Un bon lapin accompagné de pomme de terres… Mon ventre gargouillait, je n’avais pas mangé ce matin. Je m’empressai de détacher le reste des bêtes en prenant bien soin de ne pas les abîmer ; dur pour un carnivore de donner sa chasse. Je me sentais sur ce point lamentable, ne pas avoir assez d’argent pour s’acheter des vêtements. Dans mon district seuls les très riches peuvent en avoir plusieurs, le textile coûte très chers à cause du transport. Je lui fourrai le tout entre les mains, ses doigts étaient chauds – mes mains ont toujours été très froides – mais je m’en détachais rapidement, je ne vais pas apprécier cette voleuse pour si peu. J’observais son sac à dos, j’avais oublié le mien.

      - Tu pourrais me passer ton sac ?

      Cela ne me tuerai pas d’ajouter un sil te plait mais vu qu’elle n’aime pas la politesse je ne vais pas me donner la peine. Je reculai légèrement mon buste, constatant avec horreur que je m’étais penché vers elle pour lui parler. Il va falloir que je me désinfecte entièrement, je me sentais sale ici, et toute cette poussière me brûlait les yeux. Je n’avais qu’une envie, rentrer chez moi le plus vite possible.


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