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 Le cri des fantômes [Pv Sean]

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MessageSujet: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Jeu 19 Avr - 22:33

ҩ Le cri des fantômes
Hécate & Sean


On laissait entendre qu'à chaque sélection, chacun se laissait entraîner sur cette place, que les lumières dés lors éclairaient les habitants du district, les plongeant dans un monde inconnu. Cela faisait si longtemps que personne n'avait été éprit de cette lumière meurtrière, et pourtant il restait cette sensation amer d'avoir été le spectateur de ce jeu. Le soleil n'était déjà plus qu'une vaste illusion de profondeur dans le ciel, ses rayons s'effaçant peu à peu au delà des nuages. Il n y'avait plus que le silence d'une nuit proche, le bruit d'une journée mourante. J'observais en silence tous ces enfants à qui l'on reprochait de parler, de bouger, tels des pantins articulés aux souhaits de leurs créateurs. Des enfants qui seraient bientôt alignés sur cette place comme l'on avait aligné avant eux les victimes insouciantes du passé.

Je restais immobile, observant au loin un homme boitant jusqu'à une ruelle, tentant d'échapper à l'obscurité qui peu à peu prendrait place sur la place, et la plongerait définitivement entre les sanglots de tous ceux qui n'étaient plus, de tous ceux qui avaient montés les grandes marches de l'estrade furtive du capitole pour à jamais disparaître. Il y avait tellement de rumeurs sur le capitole, celui ci rompant toute la noirceur des districts telle une peinture de Picasso. Tout autour de moi je ne voyais que ce méprit qui à défaut de ne pas être inculqué aux hommes, naissait comme le reflet d'un pêcher mortel et enivrait chaque être dans cette folie de la supériorité. Car au fond, qu'est ce que nous étions ? Des pions ? Des hommes et des femmes que l'on enfermait sous le poids d'étiquettes à des fins égoïstes. J'ai toujours eu envie de prendre en main ma vie, d'enfin me libérer de ce que je croyais être une prison. Mais cette annonce qui résonnait encore dans ma tête, me faisait désormais prendre conscience que la prison que je voyais n'était qu'une cellule, et que jamais nous ne pourrions retrouver le chemin de la liberté. Des pensées défaitistes qui germaient dans mon esprit et continuais de m'horrifier. Chaque regard que je croisais arborait cette forme de crainte inavouée, cette colère de perdre ce que l'on avait gagné; ce qu'ils avaient gagnés.

Mais j'étais décidée à ne pas me laisser enfermer, trop amoureuse de cette liberté que j'entrevoyais, trop bercée d'illusions peut être. Mais jamais je ne me rabaisserais à marcher tête baissée comme le bétail que l'on guide jusqu'à l’abattoir. Je n'étais pas la seule à y croire. Peut être étions nous fou ? Mais alors la folie restera une des plus douces vertus de ce monde. Les fous, s'était ceux qui baissaient les yeux devant ce spectacle, se laissant bousculer et souiller comme des esclaves. Si cette quête serait vaine, elle aurait au moins eu le mérite de faire reconnaître ceux qui y ont cru. Je parlais de quête sans savoir quelle était la réelle teneur de mes actes. Il ne me restait qu'une seule année... Mais je crois qu'au fond ce n'était pas par égoïsme, ma pitié s'étendant jusqu'aux plus insignifiants sujet de ce qui était vu comme un royaume.

J'étirais mes bras devant moi, portant à ma bouche quelques fruits rouges que j'avais récupérés. J'étais paisiblement assise sur un étalage abandonné là, m'abandonnant à cette fin de journée dans un soupir. Mais comme pour assombrir cet instant aussi calme qu'ennuyeux, le vieil homme boiteux fit son apparition, s'approchant de moi avec cet air suppliant. « Madame... Vous pourriez... ? » Ses mains sales étaient tendus vers moi, son regard observant avec convoitise les quelques fruits rosés qui trônaient dans ma main. Je gardais le silence, son regard se faisait chaque seconde plus implorant. « Vous étiez pas dans la rue tout à l'heure ? » Je crois qu'il en avait que faire de ce que je disais, une expression affreuse d'incompréhension prenant place sur son visage alors qu'il répétait une nouvelle fois. « S'il vous plait madame... » J'étais peut être trop dur avec lui... Seulement je n'étais pas vraiment partageuse. Pourtant je fini par porter en étaux les derniers fruits dans ma main, les lançant alors sur le côté. Sans attendre il se précipita vers les fruits qui heurtèrent alors un homme apparut de nulle part. J'apprendrais à bien viser la prochaine fois. En attendant le voir ainsi prit en chasse par des fruits me fit sourire, le mendiant se jetant à ses pieds pour ramasser les billes rougeâtres au sol. Je ne pu étouffer mon rire, celui ci brisant le silence de la place pour résonner doucement dans ce vide. Je ne prit pas même la peine de m'excuser, observant la scène devant moi sans bouger de mon perchoir.


Dernière édition par Hécate D.Winslet le Dim 22 Avr - 11:46, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Ven 20 Avr - 9:41





      Le crépuscule arrivait, c’était mon heure de liberté, je lâchai mes outils de forgeron, massais mes muscles endoloris et courrais vers l’extérieur comme si j’étais un oiseau à qui on rendait sa liberté après plusieurs années enfermé dans une cage. Je regardais derrière mon épaule, notre maison, mon plus jeune frère penché à la fenêtre, m’interrogeant du regard. Je posais mon doigt sur mes lèvres, ma mère ne devait pas savoir que j’étais parti de la forge, mon frère devait garder le secret de mon évasion qui durera une petite heure histoire de me rafraîchir. Je passais le dos de ma main sur mon front et essuyai la sueur de la journée. Je regardai rapidement mes vêtements, ma salopette brune usée par-dessus un t-shirt blanchâtre bien que jauni par la chaleur, c’était peu être moche mais avec ça j’avais la classe, j’étais un peu « le forgeron du village » depuis la mort de mon père. A cette pensée je regardai mes pieds. Je me souvenais de son regard océan, de ses blancs au milieu des gris qui avaient aussi blonds que les miens. Je me souviens de sa constante joie lorsqu’il me voyait arriver pour l’aider à forger, lorsque j’enfilai sa salopette pour ‘amuser qui était vingt cinq fois trop grande pour moi. Je n’ai plus aucuns souvenirs de lui, sauf une photo, faite quelque semaine avant qu’on l’assassine, lors d’une fête à la maison. Après la mort de mon père ma mère avait insisté pour que cette photo orne un mur, quelque en soit le prix. Et malgré son sourire mon père semblait vieux et fatigué.
      Capitole inutile ! Je shoutais dans un cailloux, ruminant les mains dans mes poches. Ils avaient osé me prendre mon père sous prétexte qu’il était rebelle, ils avaient osé le tuer alors que c’était un homme franc et respecté. Je ne leur pardonnerais jamais, jamais. J’étais arrivé à la fontaine, au centre de la place. Je rinçais mon visage mon visage avec mes mains, essuyant la poussière accumulée à la forge. Mais au moment où je voulais faire demi-tour quelqu’un me lança des fruits aux pieds. Je regardai les environs, frustré et failli tomber lorsque le vieux Bernard s’accrocha à mes jambes pour ramasser la nourriture, pire qu’une bête. Je chassai le vieillard, il était fourbe et profondément mauvais. « Relève toi » lui sifflais-je en le poussant et en lui ordonnant de partir. Cet homme pourrait voler de la nourriture à sa propre mère. Au moment où je cru être enfin seul j’entendis des rires derrière les plaintes de Bernard qui disparaît dans l’ombre. Une jeune fille était là, non loin de moi. Je ne pris même pas la peine de réfléchir, vu sa bouche couverte de baie c’était elle qui avait envoyé, par pitié, la nourriture au vieux rabougris. Je m’approchai d’elle, son visage me rappelai quelqu’un, je fronçai les sourcils comme si j’allais mieux voir. Mais oui bien sûr, c’était une rebelle, je l’ai déjà vu une fois aux missions.
      Je léchai mes lèvres gercées tout en continuant d’approcher. J’étais à présent en face d’elle. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire, si je devais lui parler ou tout simplement rentrer chez moi. Je restais silencieux, attendant qu’elle me parle, sinon je passerai mon chemin. Je ne pouvais pas rester comme ça sans rien faire.

      - Bonjour, lui dis-je avec un sourire.

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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Dim 22 Avr - 11:45

Je le voyais avancer vers moi, mon rire éteint laissant place à ce regard intrigué. Je cherchais une certaine forme d'agressivité dans sa démarche, dans son regard, n'y voyant qu'un simple curieux qui pour une raison inconnue venait jusqu'à moi. Il fallait croire que les fruits avaient eu un certain effet sur lui. Il n'en restait d'ailleurs plus aucun au sol, le mendiant les ayant tous ramassés jusqu'à en léchant la poussière. Au moins j'en étais à présent débarrassé... Sans doute grâce à cet homme dont le visage me semblait familier. Seulement je n'arborais aucun sourire à son égard, mélange de curiosité et de frigidité. S’il n'émanait aucune menace de lui, la simple idée de me retrouver face à un étranger m'incitait à garder cette apparence de reine froide perchée sur son trône. Et si ce trône n'était qu'un simple étalage de bois, au fond ça me rassurait d'avoir un peu plus de hauteur que lui. Je me rendais compte qu'un rien m'effrayais au fond, mon être cherchant inlassablement à ne jamais montrer cette faiblesse abstraite et pourtant bien cachée.

Je n'avais pas répondu sur le moment à son salut, haussant furtivement les sourcils avec cet air hautain qui lui demandait clairement ce qu'il voulait. Je n'arrivais pas à mettre un nom sur son visage, la simple idée de l'avoir déjà vu continuant de me frustrer intérieurement. Il y avait tellement de visages dans ma mémoire, et pourtant le sien continuait de m'intriguer. C'était sans doute une bonne chose pour lui, sa tenue actuelle même si très viril n'ayant pas le mérite à elle seule de me garder prêt de lui. J'avais sans doute plus à attendre qu'un homme dont les vêtements étaient déjà habités par cette douce sécrétion qu'était la transpiration. Mais au fond ce fût peut être cette pensée qui m'attira vers la réponse de cette sensation de déjà vu qu'il m'inspirait. Je me souvenais de ce visage qui m'avait interpellé lors d'un rassemblement comprenant certain rebelles. J'avais appris qu'il venait de mon district, et même si quelque chose m'avait rassuré en apprenant la nouvelle, je n'avais pas daignée lui adresser la parole. Il n'était d'ailleurs pas venu non plus, alors pourquoi aujourd'hui ? Encore une œuvre du hasard, ou les agissements puérils du dieu des fruits rouges. Quoi qu'il en soit je fini par esquisser moi aussi un sourire, descendant de mon perchoir pour me retrouver face à lui et lui tendre la main avec insistance. « Hécate et toi ? »

Il était vrai qu'on avait vu moins brutal comme approche, mais mes sourires hypocrites en avaient fini de cette journée. Allez savoir si ce n'était qu'un reflet de naturel, ou tout simplement une hypocrisie complète qui à défaut de ne pas se retracer dans un sourire, cherchait en vain à s'exprimer. C'était comme ne rien contrôler... Je n'étais pas même capable de savoir si mon sourire précédent s'était évanouis pour ne pas devenir forcé, ou tout simplement pour ne pas qu'on y aperçoive une certaine trace de de vérité. Mais au fond même si je ne le connaissais pas, j'éprouvais sans doute une certaine sympathie pour lui, dû à cette cause qui nous tenait tout deux à coeur, du moins je l'imaginais. J'inspirais alors pour laisser un soupir, affrontant son regard sans aucune gène. « Tu fais partie des rebelles c'est ça ? » Ça paraissait sans doute évident, mais au moins j'aurais le mérite de meubler la conversation, et de me féliciter de ne pas être la seule de mon district à partager cet avis. L'impression d'être proche d'une manière ou d'une autre de quelqu'un... La raison pour laquelle je m'étais mise à le tutoyer sans pour autant le connaître. A moins que ce n'était qu'une marque flagrante de mon manque d'éducation.
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Mar 1 Mai - 16:48




      Elle sauta afin de se retrouver à mon niveau et je suivais son visage du regard. Tout était clair à présent ; j’avais déjà vu ses cheveux blonds s’agiter lors d’une mission, elle n’était pas venue me voir mais moi non plus d’ailleurs. Un sourire s’afficha sur mes lèvres et elle me répondit qu’elle s’appelait Hécate. Elle me demanda comment je m’appelais et je répondis simplement mon prénom « Sean ». Je me sentais un peu honteux avec mes vêtements de la forge, mes brûlures sur les bras et mes cheveux humides mais peut importe. Je léchai rapidement mes lèvres asséchées et la jeune fille me dit brusquement en me regardant dans les yeux.

      - Tu fais partie des rebelles c’est ça ?
      - Oui ! Toi aussi… je t’ai déjà vu de loin. Ca fait plaisir de voir que des personnes du onze sont motivées pour affronter le Capitole, sachant que la Moisson arrive.

      Mon rêve serait de voir deux tributs rebelles dans l’arène, mais malheureusement dans le onze il n’y a pas beaucoup de jeune rebelles encore capable d’aller dans l’arène, même pas cinq. Hécate semblait être une jeune fille forte avec du caractère, elle ne savait même pas qui j’étais qu’elle me tutoyait déjà – surement parce que nous avons approximativement le même âge. Je la voyais bien dans l’arène, battante, défiant le Capitole à chaque secondes. Je m’asseyais sur ce qu’il semblait être une table et croisais les bras en balançant mes longues jambes, grattant la poussière avec mes chaussures.

      - C’est bizarre, je ne t’ai jamais vu à l’école, tu viens d’arriver ? Ou tu étais peut-être dans l’autre …

      Cela m'intriguais vraiment, normalement je connaissais tout les jeunes du district, tous, sauf elle....

      [ Sorry c'est court ... ]
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Mer 2 Mai - 14:11

Je ne savais pas pourquoi j'avais cette image plutôt niaise de lui. Celle d'un homme qui luttait pour le bien des autres et laissait ceux-ci passer avant lui. Au fond ça me faisait sourire, de le voir avec sa bouille de jeune adolescent honnête. Il m'amusait, par ces propos tout d'abord. Je repensais à cette motivation qu'il voyait en moi. La motivation naissant par le courage, je n'étais pas même sur d'en avoir la vertu. D'en connaître la réelle définition. J'avais toujours cherché à affronter ce qui me faisait peur, cherchant à devenir aussi intimidante que je le pouvais, sans cesser de trembler, de me perdre dans ses secousses animées par mon corps. J'avais à chaque fois cette impression de me noyer dans ma propre insouciance, et pourtant c'était ce que je reconnaissais comme le courage... Tenter de ne pas se laisser aller à cette appréhension. Un courage stupide et enfantin certes, mais un courage quand même. La moisson arrivait oui, et je la voyais pourtant toujours aussi loin, mon esprit ne parvenant plus à percevoir la notion du temps. Au fond ce n'était sans doute que la peur d'être une des victimes du district qui m'empêchait de voir plus loin, masquant mon regard de se voile d'illusion. Je ne ressentais pas la peur en cet instant, voyant ce jour encore loin, me rendant compte que le soleil se levait encore chaque matin. Mais c'était seulement des jours se détruisant sous le temps, nous rapprochant tous de ce jour fatidique qui laissait déjà monté en moi une certaine nausée.

Je m'étais contentée d'hausser les épaules à sa remarque, ne sachant quoi répondre. Il paraissait lui-même si motivé à affronter cette grande communauté qui nous menaçait tous. Si quelque chose me flattait dans le fait qu'il m'est déjà vu, je continuais de penser que j'étais peut être stupide de vouloir m'apparenter aux rebelles. Ma personnalité n'étant sans doute pas assez bienveillante pour s'estimer être une alliée à ceux que je rejetais. C'était comme deux parties de moi qui s'entretuaient, l'une prêchant ces hommes qui souffraient, l'autre montrant du doigt les dégâts de cette souffrance : La haine. J'avais cette impression de ne pas être digne de vouloir protéger des gens qui j'aimais et craignais à la fois, et pourtant il y avait cette fichue compassion pour eux qui m'incitait à le faire. Des gens que je ne connaissais pas, et que je mépriserais sans doute par habitude en les voyant s'approcher de moi. Car leurs yeux bleu apparaissaient sombres, leurs regards angéliques ne reflétant qu'un démon noir que j'imaginais. Une imagination pourtant trop présente pour être effacée. Alors je me taisais, continuant de protéger de ma réalité ce que je croyais être juste tout en menaçant par mon inconscience les démons qui se reflétaient en chacun.

« C'est normal je n'y vais pas. »

J'avais essayé d'y mettre les pieds, oui. Mais mes journées je préférais les perdre seule, à ne pas entendre ces histoires à dormir debout, ces remontrances sans but qui m'empêchaient de bouger, parfois même de respirer. C'était les souvenirs de la gamine que j'étais qui s'exprimaient, et au fond je n'étais pas si stupide que ça, m'intéressant à ce qui m'entourait silencieusement, écoutant, lisant parfois même si la lecture n'avait jamais été ma passion. J'étais peut être pessimiste au fond, à croire que l'on recevait à la place d'une vie, le parfait égal de la survie. Je passais ma main dans mes cheveux blonds, les ramenant en arrière en regardant la poussière qu'il créait avec ses pieds. Il posait beaucoup de question, assoiffé de réponses ? Je ne pouvais m'empêcher de le voir comme un ignorant. Comme quelqu'un qui croyait changer le monde sans pour autant y arriver. Et puis ce devait être ma description tout compte fait... Je faisais mine d'ignorer ses questions, immergée dans mon propre monde, continuant toujours avec cette envie de paraître supérieur, de laissait passer une pointe de méprisance dans ma voix.

« Tu n'as pas vraiment l'allure d'un rebelle... »

Je ne savais pas à quoi je m'attendais. Peut-être un peu plus de punch, un peu moins de paix intérieure. Ca le vexerait sans doute et pourtant... Je ne crois que j'avais aucun remord à dire ça. Je souris tout de même, finissant par reporter mon regard dans le sien comme pour au fond lui montrer que ça m'amusait, et qu'en quelque sortes ça n'avait rien de méchant aussi vexant soit-il. De toute façon j'avais envie d'en savoir plus sur lui. Alors avant même qu'il ne puisse répondre je continuais :

« Ce sont quoi tes... Atouts ? »

C'était vrai que je faisais pimbêche sur l'instant, et puis il fallait voir ce petit air innocent que j'arborais en même temps que je déposais mes mains sur la table où il était assis. J'espérais qu'il soit un peu plus distrayant, qu'il m'occupe et me permette d'échapper à la monotonie de la fin d'après-midi. Et puis j'étais certaine qu'il pouvait me surprendre dans un sens, ses qualités ne se résumant pas à être quelqu'un d'amical et de bienveillant avec les pauvres vieillards qui rampaient dans le district. Si un rien m'amusait, je savais pourtant déceler une forme de bien être lorsque j'avais de la compagnie, celle-ci se faisant malgré tout rare avec mon caractère loin d'être appréciable pour tous, et mon côté quelque peu exigent sur les personnes que je côtoyais.
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Mer 2 Mai - 17:12




      Finalement plus les minutes avançaient et plus mon image sur ça personne s’effaçait, je ne savais pas vraiment dans quelle catégorie la mettre, elle n’était pas très bavarde – contrairement à moi – et semblait constamment perdue dans ses pensées. Je me trompe peut-être, ce n’est qu’une première impression après tout. Elle me répondit simplement qu’elle n’allait pas à l’école, je ne réagis pas physiquement à cette réponse mais dans mon esprit c’était de plus en plus trouble. Elle n’allait pas à l’école, n’avait pas cette soif de connaissance qui me ronge depuis toujours, cette envie de savoir, de tout connaître. Maîtriser la connaissance afin de mieux écraser les autres, nous vivons malheureusement dans un monde il faut manger les autres sinon on se fait manger. C’est surement pour ça qu’existe les rebelles, une forme d’espoir, de liberté. Mais surtout un moins de défier l’interdit, et j’aime ça.

      « Tu n'as pas vraiment l'allure d'un rebelle... »

      Je ne savais pas vraiment comme prendre cette phrase, si c’était une provocation, une moquerie ou tout simplement une phrase dans le vent. Je regardai la jeune fille en haussant les sourcils. Je me demande vraiment ce qu’est un rebelle pour elle, peut-être un petit nain qui peut se faufiler partout avec une chevelure noire et des yeux verts perçant, tout le contraire de moi en fait. Elle ne me laissait même pas le temps de riposter quelque chose qu’elle enchaina directement, me demandant quels étaient mes atouts. Je parus encore plus surpris, personne ne m’avait encore jamais demandé cela. J’hésitais à lui révéler mes capacités, on ne sait jamais, il se pourrait que par hasard on se retrouve tous les deux dans l’arène, mais je doute que nous nous tuions, c’est étrange à pensé mais j’espère que quelqu’un s’en occupera à ma place ou qu’elle sera assez intelligente pour créer un soulèvement et que le Capitole arrête les Jeux. Ma bouche partait de gauche à droite, un mauvais tic qui me vient lorsque je réfléchis et que j’hésite.

      - Et bien, le maniement des armes et la chasse. Et toi ?

      Ca me semblait parfaitement logique, limite je n’avais même pas besoin de répondre, quel forgeron ne sait pas se battre et qui ne sait pas chasser ? Je me trompais peut-être, après tout nous se sommes pas plus de dix à braconner dans la forêt, la chasse ce n’est pas pour tout le monde. J’étais curieux les capacités d’Hécate. Cela pouvait être tout et n’importe quoi, la chasse, le corps à corps, le tir à l’arc, monter dans les arbres, une force incroyable. Je m’imaginais tellement de choses, me laissant guider par mon imagination en l’attente d’une réponse.
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Dim 6 Mai - 11:45

Je restais là, buvant ses paroles avec une pointe de déception. Je ne savais pas pourquoi je m'attendais à quelque chose de plus démonstratif. Au fond j'aurais aimée qu'il descende de ce trône qu'il m'avait pris et qu'il se décide enfin à rompre cet ennui palpable. Le trait de l'exigence, mon propre être se fatiguant sous l'assaut d'un rien. Et pourtant je me sentais peut être coupable de l'ennuyer, de m'ennuyer à mon tour. Je détournais les yeux de lui, observant pensivement la place. Je ne doutais pas de ses capacités, même s'il restait encore cette surprise de le voir dévoiler à une parfaite étrangère ses atouts. Je me demandais bien ce qu'il pouvait penser de moi, juste une silhouette appartenant à un mouvement qui nous unissait. C'était peut-être cette perspective qui lui faisait croire que nous étions alliés. Mais à défaut de ne pas le considéré comme tel, je restais néanmoins à l'écoute, présente en face de lui sans en trouver de réel but. Sa présence était comme un poison qui au fil des minutes écoulées devenait la marque de mon incompétence à paraître cette jeune femme souriante et dévouée. Je m'étais pourtant refusé de sourire, n'en éprouvant pas même la souffrance. Et ce silence me pesait, cette atmosphère sereine et sans doute trop calme.

« Je suis magicienne. »

Une pointe d'hypocrisie et d'exagération dans une phrase aussi neutre que possible. J'avais au fond prit cette habitude d'apparaître comme la blonde froide et odieuse. Et je n'étais pas même capable de répondre à cette question qui me brulait moi-même les lèvres. Cette question qui m'indignait à me demander pourquoi je faisais ça. Pour des raisons aussi inconnues que présentes, qui me poussaient chaque jour un peu plus à me métamorphoser en cette statue de marbre. Il y avait une pointe de réalité qui pourtant me gardait là, emprunt à lui adresser la parole et à lui tendre la main. Je ne savais pas pourquoi je ne souriais plus, lui en voulant intérieurement de ne rien faire de plus. Ma main se tendait pourtant vers lui, mon regard l'observant dans une expression aussi mystérieuse que neutre.

« Donne une pièce je vais te montrer. »

Au fond c'était peut-être cette impassibilité qui me tenaillait, me laissait l'admirer en quelque sorte. Loin d'aimer cette souffrance que je pouvais m'infliger en me montrant agressive avec les autres, je continuais de m'agacer moi-même de ne pas être capable de faire naître cette haine en lui. Pourtant je faisais tout pour casser cette apparence trop passible et douce. Je jouais ce jeu seule, me confrontant à ma propre stupidité de croire que j'étais ici pour me faire détester. Non je n'étais pas du genre à pleurer sur mon sort, ni à me plaindre de quoi que ce soit à qui que ce soit. J'avais seulement besoin de faire réagir ceux qui m'entouraient, à ma façon, maladroitement, et pourtant animée aussi bien par la peur, que par la curiosité et cette haine que l'on éprouve instinctivement pour un prédateur. Un prédateur qui ne restait qu'une ombre confondue dans le ciel, comme la silhouette d'un simple oiseau qui inversée devient celle d'un faucon. Je continuais de voir les deux silhouettes, partagée entre deux réalités opposées, me retrouvant si stupide à lui tendre ainsi la main comme pour chercher à mettre en œuvre mon envie de le faire réagir autrement.

J'aurais sans doute dû baisser les yeux face à lui, et cesser de me confronter sans cesse à son regard. Il était trop doux pour être un ennemi malgré ces préjugés qui changeaient ma façon de penser et pourtant trop ennuyeux pour être un allié. Et j'étais pourtant là, attendant qu'il daigne me donner une pièce pour que je lui face cette fameuse démonstration promise. Magicienne... Si j'aurai pu l'être, rien n'aurait été pareil. Ce n'était qu'un mot, une sottise qui l'incitais à réfléchir, peut-être à se méfier, à l'amuser. Et pourtant j'étais maître de moi, imitant cet apaisement qu'il mimait pour ne laisser paraître que mon envie de le voir se résigner à me tendre cette fameuse plaque d'or.
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Mar 8 Mai - 18:18



      Mes muscles étaient endoloris, j'avais peur de m'endormir sur cette table au milieu de la place publique tellement ma journée avait été épuisante. Mais je gardais mes yeux ouverts comme si de rien n'était, fermant ma bouche et tentais tant bien que mal d'analyser la réaction de cette jeune fille froide. Elle semblait particulièrement déçue, en même temps je ne suis pas un super-héros qui monte au arbres. Je ne sais pas à quoi elle s'attendait, peut-être une démonstration de lancer de couteau ou que je soulève la fontaine. Mais je restai là, les bras croisés, attendant qu'elle daigne enfin de me donner un sourire et de quitter cette apparence de fantôme, parce que dans le fond, tout être humain est capable d'être heureux et de sourire. Tout était si calme, si tranquille, le calme avant la tempête de demain j'imagine. Elle me répondit sur un ton enjoué qu'elle était magicienne. Alors ça je demande à voir, ça pourrait être pas mal de disparaître dans l'arène. Mais bon j'imagine qu'elle n'est pas vraiment magicienne, ni même illusionniste. Elle doit surement connaitre quelques tours, moi je n'en connais aucun. Elle me demanda une pièce, adoptant ce ton neutre qui commençait à me déplaire et ruiner ma bonne humeur. Elle me tendit sa main, attendant cette pièce. Je demeurais hésitant, je ne savais pas trop si je pouvais lui faire confiance, après tout cette pièce me permettrait d'acheter une petite tranche de pain à ma mère. Mais après tout, cette fille ne semblait pas bien méchante et ne pourrait pas faire grand chose de ma pièce surtout si je suis à côté. Un sourire en coin se dessina ses mes lèvres gercées, l'idée d'une tour de magie m'amusait. Je sortis une pièce de ma poche, mon unique pièce qui trainait toujours dans mon vêtement de forgeron et la posait au creux de sa main, constatant que celle-ci était particulièrement chaude. Je retirai ma main et la fourrai dans mes poches afin de la réchauffer, j'ai toujours eu les mains froides à cause de ma circulation sanguine et je n'aime pas qu'on le remarque. Je regardais Hécate en conservant mon sourire. Finalement l'idée de lancer de couteau n'est pas si mal, je pourrais tuer un rat pour le chat. Mais en attendant j'étais avide de savoir ce que la jeune blonde allait bien faire de ma pièce, peut-être la faire disparaitre ou en faire apparaître deux. Je fixais sa main puis ses yeux, presque impatient.
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Jeu 10 Mai - 4:16

Un sourire c'était affiché sur mon visage en même temps que je sentais la pièce glisser dans la paume de ma main. Il était si silencieux, si paisible, et au fond de moi ce rictus innocent semblait lui demander pardon de ce que j'allais faire. J’eus à peine le temps de sentir sa main, son empreinte s'imprégnant sur la surface de la pièce telle une présence fantôme. Pourtant mon regard déjà restait hypnotisé par les reflets dorés miroitant sur le petit objet qu'il m'avait légué. Si j'étais loin d'être la parfaite victime de cette avarice condamnée, je connaissais la valeur certaine de cette pièce qui paraissait emprisonner le soleil sur ses courbures insaisissables. Je n'étais ni riche, ni pauvre, me contentant de vivre, et pourtant c'était dés enfant que j'avais développé cette fascination étrange pour les cercles d'or qui emplissaient les poches secrètement et voyageaient tels des aventuriers de main en main. Et puis il restait le souvenir de cette pièce qui à défaut de ne pas pouvoir voyager, restait prisonnière de l'emprise de mon père. Je n'ai jamais compris ce qu'elle avait de si important, et il émanait pourtant un certain respect chez moi lorsque je le voyais faire tournoyer sa prisonnière sur la surface de la table. Une prisonnière que je ne pouvais désormais plus apercevoir, m'échappant peu à peu de cette emprise familiale alors que la vie semblait pourtant continuer sans moi. Malgré tout le souvenir de cette sphère vicieuse au contact de l'air s'évanouissait avec le temps, seul le son des cuillères frappant les bols me parvenant de loin. Je savais que le vent avait fini de faire se mouver la pièce, que mon père lui-même avait perdu l'habitude de ce rituel. Je ne savais pas pourquoi ce simple geste avait de l'importance pour moi, et la raison pour laquelle je lui en voulais certainement d'avoir oublié ces instants qui nous unissait. C'était peut-être au fond qu'une simple forme de jalousie, et pourtant je savais que j'étais heureuse pour lui.

J'en étais venue à me perdre bêtement dans mes pensées, m'aveuglant seule sous les rayons du soleil couchant qui se reflétaient dans ma main. Je jetais un regard à Sean, arborant un petit air espiègle comme si j'avais laissée s'effacer cette apparence froide et désagréable pour redevenir cette gamine agaçante et moqueuse que j'avais pu être. Soit dit en passant, ce n'était pas comme si j'avais perdu ce dernier attrait. Il y avait des moments comme ça, ou je parvenais sans le vouloir à changer d'attitude, de comportement, toujours dans ce monde qui m'était propre et qui changeait sans cesse d'atmosphère. Ca me manquait certainement d'avoir aussi brutalement perdu cette illusion enfantine, cette insouciance à laquelle je tenais tant, seulement j'avais cette pointe de souvenirs qui parfois faisaient revenir le fantôme de cette enfant à laquelle je n'avais pas pu dire mes adieux, et qui venaient parfois me rappeler par sa bonne humeur et cette méprise d'ignorance qu'elle faisait encore partie de moi.

« Tu es prêt ? »

Je n'attendis pas sa réponse, gardant un calme désemparant en même temps que j'affichais la pièce entre mon index et mon pouce droit, la faisant tourner lentement entre mes doigts comme une vraie magicienne pour le faire languir d'impatience. J'étais loin d'être magicienne, et ça me faisait sourire de le voir ainsi y croire. J'avais seulement la faculté de faire ces tours de passe-passe qui en rendait fou plus d'un. La cleptomanie était sans doute un de mes plus grands défauts. J'aurais surement pu la faire disparaitre discrètement si j'y avais mis un peu de volonté. Mais c'était en agissant dans l'ombre et sans une attention aussi aiguisée concentrée sur moi que je pouvais agir. De toute façon je n'avais pas l'intention de lui faire un de ces tours de méprisance, ma main laissait s'échapper la pièce furtivement dans les airs avant que je ne la rattrape et la glisse ouvertement dans ma poche avec tout d'abord l'once d'un sourire sur mes lèvres. Sans doute une des preuves de ma concentration absolue sur une futur réaction de sa part. Rien qu'à en juger par sa tenue et sa présence, je savais que la perte de cette malheureuse pièce lui laisserait au moins un pincement au cœur.

« Tadam ! »

J'avais un visage radieux au soleil, ma posture se muant dans une pose presque théâtrale alors que je le regardais avec autant de malice que d'amusement. Il était vrai qu'on aurait pu croire que je me foutais vraiment de lui, et d'un côté j'étais persuadée que je le faisais. Seulement ça m'amusait, aussi puérile et cruel soit-il. J'avais tout de même une certaine confiance en lui qui m'obligeait à me laisser croire que je pouvais rire de ça. Je ne le connaissais pas et je restais aveugle sur beaucoup de choses, pourtant je restais là face à lui, reculée de deux pas comme pour ne pas être emprisonnée dans le magnétisme de la présence humaine, comme pour pouvoir fuir ou prémédité un agissement suspect de sa part. Ce n'était que trop d'insouciance, et déjà cet air presque enjoué qui avait clôturé ma scène c'était évanouis dans un simple sourire et une expression aussi impatiente qu'amusée.

« On ne t'a jamais dit qu'il ne fallait pas faire confiance aux inconnus ? »

Après tout je n'étais personne pour lui... Juste une fille qui prétendait prendre part à la même cause que lui. Et oui j'y prenais part, mais j'avais cet inlassable besoin d'apparaitre comme celle que je n'étais pas. Lentement je m'approchais de lui, gardant une distance assez éloignée au cas où il me sauterait dessus. Ca paraissait peut-être stupide de penser me retrouver écraser entre le sol et lui, mais je n'étais pas vraiment certaine de vouloir faire plus ample connaissance avec cette sueur de travailleur qu'arborait glorieusement son corps.
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Sam 2 Juin - 13:15



      Elle n’avait même pas commencé son tour de magie que déjà je préparais un plan dans ma tête, quelle personne censée ferait un tour de magie avec une pièce de monnaie et me la rendrait ? Personne, pas même moi, l’appât du gain en ces périodes de famine est plus fort de la raison et le code de la bonne conduite. Elle fit tournoyer la pièce entre ses doigts et je m’apprêtais déjà à lui bondir dessus. Elle m’adressa un sourire malicieux et rangea la pièce dans sa poche et pris une position théâtrale pour m’annoncer la fin de son numéro. Si je devais entrer dans son jeu, autant y entrer complètement. Elle devait surement s’imaginer que j’étais un pauvre campagnard qui trainait dans les rues. J’applaudi lentement sa pièce et attendit qu’elle me fît rappeler qu’il ne faut pas confiance aux inconnus. C’est bien la première règle que m’a enseigné ma mère, et je ne fais pas confiance aux inconnus. Mais étrangement Hécate semble être une exception, et puis de toute manière je cours beaucoup plus vite qu’elle donc je n’aurai aucun mal à la rattraper si jamais elle voulait se faire la male avec ma pièce. Elle s’approcha lentement de moi et pour l’instant je ne bougeai pas, ce n’était pas l’heure de jouer les Roméo, en tout cas pas dans cette tenue. Elle attendait certainement une réaction de ma part alors je m’approchai lentement d’elle et glissai doucement ma main dans sa poche en soutenant son regard avec le même sourire espiègle qu’elle avait pu m’adresser tout à l’heure.

      - On ne t’a jamais dit qu’il ne fallait pas voler ?

      Je glissai ma pièce dans ma poche arrière de pantalon, là où je sais qu’elle saurait bien en sécurité. Je ne reculai pas d’un pas, fixant ses prunelles azurs. Ma nuque commençait à me faire mal, ma tête étant penchée vers l’avant, mais j’avais hâte de savoir ce que la jeune fille allait bien faire. Cela pourrait paraître fou mais je crois que je commence à l’apprécier, elle n’est pas comme les autres idiotes du village, elle a un petit côté rebelle. Je mis mes mains dans mes poches, estimant qu’elles s’étaient trop attardées dehors et attendait une réaction d’Hécate.

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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Mer 6 Juin - 20:06

L’ombre d’un rêve,
L’ombre d’une réalité.


Sa patience m’impressionnait, au même titre qu’elle m’exaspérait pour tout avouer… A croire que j’essayais en vain de le faire sortir de son calme apparent. Peut-être qu’il s’en fichait après tout. Au moins mon petit tour de magie l’aurait fait un peu réagir. Si j’eus la réaction de me raidir en le voyant récupéré sa pièce, je restais immobile, levant docilement les bras comme pour me résigner. Pourtant je gardais encore ce sourire sur mes lèvres. Ce sourire faible sans doute le reflet de ma faiblesse, de cette appréhension à l’idée de le voir aussi près de moi. Je me disais qu’en gardant mon regard ancré dans le sien je parviendrai à l’avance à voir s’il avait de mauvaises intentions. Mais inconsciemment ce n’était pas cette lueur de perversité que je cherchais, mais bel et bien une once de sympathie de sa part. Il fallait dire qu’il n’avait pas vraiment l’air de me prendre au sérieux, glissant sans gêne sa main dans ma poche avec un soupçon de fierté.

« On ne t’a jamais dit qu’il ne fallait pas voler ? »

Je fis mine de réfléchir, me reculant d’un pas. Rebel et honnête avec ça… Je le voyais bien se tuer à la tâche pour aider les autres. Les autres… Des individus qui ne seront pourtant jamais là pour l’aider à se relever lorsqu’il tombera. J’étais au fond qu’une de ces aigries pessimistes, cherchant sans cesse à contredire le reste du monde comme dans un espoir de le voir différemment. Ça me plaisait sans doute d’être sans relâche seule contre tous, d’être si négative face à ce qui m’entourait que j’en parvenais à oublier les peurs les plus futiles. Voler ce n’était qu’un mal pour les victimes, le jeu du prédateur et de la victime. L’impression de pouvoir tout atteindre, tout obtenir, d’être au-dessus du reste, de ces gens. Après tout ils ne m’avaient jamais regardé que comme une enfant. Une enfant que j’avais toujours souhaité oublier. Un de ces rêves futiles que l’on a tous lorsque l’on est enfant. Vouloir enfin devenir comme ces grandes personnes qui nous impressionnent, chercher en vain à ressembler aux grandes femmes si gracieuses. J’ai fini par vite oublier ce rêve, par enfin me rendre compte que l’enfance n’était que notre protection face au monde, et que malgré moi je l’avais détruite.

« Si tu crois qu’aller fouiller dans tes poches arrières va m’arrêter tu te trompes… »

J’observais son pantalon en me gardant de sourire, liant mes mains dans mon dos pour observer ailleurs. Observer la nuit qui tombait sur le district, les premières lumières révélant leur lumière dans la nuit. Peu à peu la terre s’endormait, éclairant mon regard des premières luminosités nocturnes comme si la journée venait seulement de débuter. Les jours se ressemblaient tellement… Tout comme ces nuits que je passais seule, arpentant sans but le district en cherchant quelque chose à faire.

« Tu comptes passer la nuit ici à me regarder ? »

Je glissais à mon tour mes mains dans mes poches en pivotant vers lui avec un regard interrogateur. Je ne savais pas pourquoi je restais moi-même là à le regarder. Ca paraissait si insensé que j’en venais une nouvelle fois à détourner les yeux avant de m’approcher d’un air neutre jusqu’à lui, attrapant fermement une de ses bretelles pour le tirer doucement et l’inviter à me suivre dans une ruelle tout en baissant les yeux sur lui.

« Tu n’es pas très riche non ? »

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Sam 23 Juin - 17:29




    « Si tu crois qu’aller fouiller dans tes poches arrières va m’arrêter tu te trompes… »

    Je lui répondis par un simple sourire, je savais très bien que si elle voulait me voler de nouveau elle ne se gênerait pour aller chercher cette pièce, J’imagine que je l’aurai laissé faire, que j’aurai récupéré mon argent à la fin de la soirée et que je serai rentré tard chez moi pour me doucher et me préparer à la Moisson de demain. Je ne restai pas serein, cela se voyait. Hécate me demanda si comptait rester planté là à la regarder toute la nuit et je lui répondis tout simplement que oui, et que ça ne me dérangerais pas. Elle semblait me fuir de regard, observant les pavés et les maisons qui nous entouraient bien que caché à cause de des ombres. Hécate m’attrapa brusquement une bretelle de mon vêtement de travail et commença à marcher à mes côtés Au début elle resta muette puis après me demanda carrément si j’étais riche ou pas. Je sentais le coup à plein nez, du genre si je suis pauvre elle va se casser et si je suis riche elle va me coller. Après j’ai peut-être tord, je l’espère. Je lui répondis franchement en regardant le bout de la rue vaguement éclairée.

    - Bah ça dépend des jours en fait. Parfois à la forge je gagne beaucoup, parfois pas du tout. Ca dépend du Capitol en fait. Là je suis en train de fabriquer toute les armes de l’arène. Et toi t’es quoi ?

    Un vent chaud caressa mon visage, finalement je n’avais pas envie de rentrer chez moi …

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MessageSujet: Re: Le cri des fantômes [Pv Sean]   Sam 23 Juin - 21:30

EXISTER
Être en réalité.

Je ne comprenais rien à ce qu’il me disait. Comme si je m’intéressais à sa réponse… Mais d’un côté j’étais consciente de la stupidité de ma question. Je me rassurais de comprendre qu’il ne me faisait pas partie de cette « bourgeoisie » que j’aimais tromper et dépouiller. Chose étrange, je ne m’intéressais que très rarement à leurs objets de valeurs, me contentant de m’emparer des seuls biens capables de faire briller cette lueur en moi. Pourtant ces maisons me terrorisaient, si grandes que je les enviais, une atmosphère étrangement pesante m’étouffant sans cesse. Pourquoi est-ce que je l’emmenais là-bas ? J’essayais en vain de me débarrasser de cette envie, mais je voulais le mettre au défi. Lentement je desserrais mes doigts de sa bretelle, plongeant mes mains dans mes poches tout en avançant silencieusement dans les rues déjà couvertes par la pénombre.

« Je te demandais pas si tu étais riche pour ça. »

Je me mis à sourire, prenant soin de le surveiller du coin de l’œil pour ne pas qu’il disparaisse sans crier gare. Mais je savais au fond de moi que sa curiosité devait être bien trop grande pour qu’il ne me quitte ici. A moins qu’il ne soit simplement qu’insouciant. Quoi qu’il en soit je n’étais pas prête de le laisser filer maintenant, trop impatiente de l’entraîner dans ma prochaine folie.

« C’était pour être sûre que tu me taperais pas sur les doigts.»

Mon corps s’immobilisa devant un mur de pierre semblant déchirer la ville. Les bourgeois étaient peu nombreux dans le district, et seules quelques maisons entouraient l’activité de la ville. La plupart étaient protégées par des grands murs de pierres, leurs habitants ayant bien trop peur de se mélanger avec le reste du district et se protégeant des regards indiscrets. Si celle du maire restait la plus imposante et la plus luxueuse de toutes, ce n’était pas elle qui m’intéressait ce soir-là, mais plutôt celle de son cher voisin. Elle était certes plus petite, mais elle gardait cachée en elle la seule chose pour quoi je me serais damnée. J’avais pris l’habitude d’y venir régulièrement, n’emportant avec moi que quelques provisions et m’imaginant vivre là-bas. J’en connaissais pratiquement chaque recoins, chaque secrets, jusqu’à la disposition des clefs principales.

D’un regard pensif je me tournais vers Sean. La nuit m’empêchait de distinguer parfaitement les expressions de son visage, des nuages vagabonds venant cacher les premières lueurs de la lune. Au fond je ne préférais pas voir sa tête. Je me contentais de glisser mon doigt sur mes lèvres pour qu’il ne pose pas de questions tandis que je m’approchais du petit portail pour l’ouvrir et me glisser à l’intérieur de la cours. Tournant la tête vers lui je lui déclarais alors machinalement.

« Suis-moi. Je vais te montrer quelque chose. »

Mais c’est sans même attendre une réponse de sa part que je disparaissais derrière le mur de pierre, prenant soin de laisser le portillon ouvert pour qu’il me suive. La maison restait vide les mêmes soirs de la semaine, la plupart du temps car la famille était invitée chez le maire. Mais je m’amusais peu d’eux, enviant au fond de moi le seul sourire de la petite fille qui vivait là. Je n’avais plus aucun remord à les priver de leur intimité, attrapant la clef par habitude dans le creux derrière le petit arbuste pour la glisser dans la serrure et déverrouiller la porte sans aucune gêne. J’aimais l’odeur qui régnait à l’intérieur et s’évadait du grand couloir lorsque j’ouvrais la porte. C’était un mélange de vanille et de jasmin qui emplissait chaque pièce de la maison et me rassurait face à l’obscurité intérieure. Je me détournais pourtant vite de la maison, m’échappant de mes pensées pour chercher Sean du regard une lueur d’espoir dans mes prunelles.
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