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 MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.

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MessageSujet: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Jeu 19 Avr - 23:14

Oublier, ne serait-ce que l'espace d'un instant. Oui, j'avais du mal à m'en remettre. Je faisais bonne figure à la maison. Mais à l'intérieur, tout était brisé. L'annonce de la reprise des Hunger Games avait été le coup de massue qui m'a frappé en pleine tête. Nous pensions tous que cette époque ne reviendrait jamais nous hanter et pourtant, nous avions tout faux, sur toute la ligne. Cette année, c'est la seule année où je risque d'être sélectionnée. Les chances sont minimes, je le sais bien et pourtant, cela n'a de cesse de me hanter. La mère de Raphaël ne se fait pas trop de soucis pour moi. Elle est certaine que j'y échapperais. Quand je pense que c'est elle qui m'a élevée, qui s'est occupée de moi pendant toutes ces années. Comment ais-je le droit de douter de sa parole ? Je l'ignore, tout ce que je sais, c'est que mon côté pessimiste reprend le dessus et que j'ai du mal à m'en défaire. « Ca va bien se passer Anna ... Tu ne sera pas sélectionnée ... Je t'en donne ma parole ... » Les mots de mon meilleur ami ont bien plus d'impact sur moi que ceux de n'importe qui d'autre. Malheureusement, j'ai bien peur qu'il ne comprenne pas. C'est facile à dire pour lui, il a réussi sa vie, jamais il ne vivra l'enfer des Jeux. Moi, j'ai une chance d'y accéder. Malgré tous ses efforts, il ne comprend pas, il ne me comprend pas. J'ai besoin d'air, de respirer, de me retrouver. Même si j'ai beaucoup de mal à l'avouer, j'ai peur, extrêmement peur. Ce qui m'aide à tenir et à garder la tête haute : lui. Il est la seule personne capable de me comprendre. Depuis que nous traînons ensemble, je me sens revivre. Je n'ai pas besoin de mentir en sa compagnie et ça fait un bien fou. Bien évidement, je me mens à moi-même, je m'en doute. Je me cache la vérité de ce qu'il se passe et pourtant, je n'ai pas la force d'arrêter. J'ai besoin de lui, j'ai besoin de ce que nous partageons, c'est plus fort que moi.

« Où tu t'enfuis comme ça ? » Ses bras sont venus s'enrouler autour de ma taille et il a déposé un baiser sur le haut de mon crâne. Pourquoi était-ce toujours aussi compliqué de quitter cet espace rassurant, ce petit confort que m'offrait ses bras ? Je n'avais pas envie de partir, je voulais rester là, plantée en plein milieu du couloir. Je donnerais tout ce que j'ai pour rester comme ça, blottie contre lui. Je pourrais vivre ainsi que cela ne me dérangerais pas. Et pourtant, j'avais tellement besoin de mon bol d'air quotidien. « Je vais faire un tour, je ne rentrerais pas tard. » dis-je en me détachant délicatement de son étreinte. Un petit sourire sur mes lèvres, je lui déposais un léger baiser sur la joue avant de prendre la direction de la porte d'entrée. Ouai, pas très efficace mais c'était tout ce que j'avais trouvé à lui répondre. « Tu veux que je t'accompagne ? » Sa main était venue se nicher dans la mienne. Pourquoi cette torture ? C'était comme s'il jouait à un jeu et qu'il essayait de me faire craquer. Le pire dans cette histoire, c'est que cela aurait pu marcher. Seulement, j'avais d'autres projets en tête. « J'ai besoin de réfléchir Raph' ... Il ne m'arrivera rien ... » J'ai légèrement resserré l'étreinte de ma main avant de filer. Je ne voulais pas qu'il me retienne à nouveau, cela aurait été bien trop douloureux.

Dans ma précipitation, je n'avais pas pris de veste. Grossière erreur. M'arrêtant en plein milieu du chemin, j'hésitais à y retourner. Finalement, je me suis ravisée. Si je retournais à la maison, il m'accaparerait et mes plans tomberaient à l'eau. J'avais besoin de m'exiler, de me sentir seule. Je savais exactement où je devais aller. Je n'avais même pas besoin de réfléchir à quoi que ce soit. Mes pas me guidaient. Les champs. Je savais qu'à cette heure-ci, je serai tranquille là-bas. Je savais que je ne risquais rien. Je pourrais m'allonger et contempler le ciel. C'était mon occupation favorite depuis l'annonce. Je profitais de chaque minute de mes journées. Contempler le ciel et les nuages, c'était mon occupation favorite. Je savais qu'une fois dans l'arène, tout ne serait que spectacle et illusion. J'aurais au moins un bout de chez moi à emporter là-bas. J'ai retrouvé mon petit coin à moi. J'aime y passer des heures entières. Je n'ai pas attendu une seule seconde avant de m'allonger sur le sol. Sentir la terre sous mes doigts, il n'y avait que ça de vrai. Je faisais corps avec la nature, je faisais corps avec mon district pendant qu'il en était encore temps. Je me suis mise à fredonner un petit air que la mère de Raphaël me chantait pour m'endormir, quand j'étais encore enfant. Je ne connais pas son nom mais je me souviens qu'elle était très jolie et que c'était le seul moyen de m'endormir. Alors que je commençais à sombrer dans mes pensées, j'ai perçu du bruit, des mouvements. Quelqu'un approchait. Me redressant rapidement, j'ai poussé un long soupire. « Raph', je t'avais pourtant dit que - » Mais ce n'était pas mon meilleur ami. J'ai tout de suite pensé à lui parce que je sais qu'il est capable de ce genre de chose. Il est têtu comme une mule quand il s'y met et, depuis l'annonce, c'est encore pire. Mais ce n'était pas lui. J'ai penché la tête sur le côté et mes sourcils se sont légèrement froncés. Après quelques secondes, un sourire en coin est venu s'installer sur mon visage. « Milan ... »

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Ven 20 Avr - 1:31


Mes opales cannelles fixent le vide. Assis sur le perron de la maison vieillotte qui me sert de foyer, l'image de ma poupée blonde m'éclate en pleine face. Elle avait encore pris le soin de se tenir à distance aujourd'hui. Ne m'accordant plus un seul regard. Alors réussir à lui parler relevait du miracle. Je n'essayai même plus de toute façon. Lassé et détruit par sa froideur. Je devais me faire une raison. J'étais sorti de sa vie. Le nuage noir d'incompréhension qui accompagne chacune de mes pensées sur Natalee m'enveloppe à nouveau, me glaçant mon vieux palpitant brisé par les évènements récents. Finalement, elle n'est pas celle que je croyais qu'elle était. Celle que je considérais comme un véritable trésor ne m'aurait pas abandonné aussi lâchement, surtout pas dans une période comme celle-ci. Les coudes plaqués contre mes genoux osseux, les pouces collés sous mon menton, les mains contre mes lèvres, j'attends. J'espère. Je me berce d'illusions. Elle pourrait apparaître d'un moment à l'autre. Se jeter dans mes bras en criant qu'elle regrette. Que tout ça, ce n'était rien. Rien du tout. Juste un sombre souvenir lointain. Qu'elle m'aime et que le reste n'a aucune importance. Encore aujourd'hui, une petite grand-mère était venue me voir pour me faire remarquer qu'on ne me voyait plus aux côtés de Natalee. Ça l'inquiétait. Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre.

Les minutes s'écoulent. Ma poupée blonde ne montre pas sa frimousse rose. Ses mirettes anisées sont loin. Sa chevelure dorée doit briller ailleurs. Je me remet sur pieds, le cœur à la limite de l'arrêt, il veut lâcher prise. Je m'avance dans le quartier inondé d'une douce lumière orange de fin d'après-midi. Le décor que m'offre le district 9 ressemble presque à une carte postale. Les maisonnettes se confondent parfaitement avec lueur du ciel orangé. Les rendant presque moins modestes qu'elles le sont. Rendant l'atmosphère qui y règne presque chaleureuse. Mes pieds me mènent jusqu'aux champs. Le seul endroit tranquille ici passé une certaine heure. Les habitants ont quitté leur lieu de travail pour se reposer avant une nouvelle journée de labeur. Je devrais en faire parti aussi. Mes muscles crispés et douloureux ne demandent qu'à se détendre. Mon corps, courbé et maltraité toute la journée me supplie de m'allonger. Mais mon esprit et mon cœur ne serait pas capable de rester confiner à l'intérieur. J'avais encore le temps avant de devoir bercer mon petit ange et avant de devoir m'occuper de mon vieux père.

Arrivé à destination, je crois apercevoir une silhouette allongée au milieu du blé. Je m'approche, curieux. Je finis par la reconnaître. Cette fille qui était sortie de nul part, débarquant dans ma vie de but en blanc, du jour au lendemain. Faible et confus, je me suis laissé enrôler dans des sentiments dont j'ignore encore la nature. Ce bout de jeune femme ne me laisse pas indifférent. Et ça me dérange. Je n'ai connu qu'un seul amour, celui de Natalee. Pour moi, c'était la seule et l'unique. Personne ne pouvait la concurrencer. Absolument personne. Jusqu'à ce que je rencontre Léandre. Elle a su chambouler mes émotions aussi bien que ma poupée blonde. Je la regarde un moment. Allongée au milieu du champs, elle offre un tableau somptueux. Les rayons de l'astre solaire illumine ses cheveux auburn qui contrastent parfaitement avec la couleur du blé.

« Milan … » A l'évocation de mon prénom, mon cœur chavire. Peut-être un peu trop facilement. Sa voix douce enveloppe mon palpitant encore calciné. Un sourire se dessine sur mon visage, elle réussit à m'apporter un certain sentiment de sûreté en une fraction de seconde. Je me laisse tomber à côté d'elle. Je me sens honteux de ne m'être pas rendue compte plus tôt de l'existence de Léandre. Je l'avais déjà croisé une ou deux fois. Mais il ne m'était jamais venue à l'idée de lui adresser la parole. Peut-être que je fais plus attention à elle désormais. Depuis le jour où elle a fait irruption dans ma vie. Où elle ensoleilla le chantier que ma poupée blonde avait laissé derrière elle. Auprès de la jolie brune, Natalee n'est plus qu'un pâle souvenir. Elle existe toujours. Mais c'est différent … Je ne saurai l'expliquer. Léandre sème le trouble dans mon esprit, c'est dur d'y démêler la moindre clarification. « J'ai pensé à toi aujourd'hui ... » A travers tout le cafouillis concernant Natalee, je m'étais pris à m'imaginer avec Léandre. Cette vision avait quelque chose de réconfortant. Même si dans un certain sens ça m'effrayait de m'être accrochée à elle aussi rapidement.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Dim 22 Avr - 21:03

Jusqu'à présent, j'aurais aimé être seule. J'aurais voulu que rien ni personne ne me dérange. J'avais besoin de ce petit moment de solitude. Mais ça, c'était avant de voir son visage. C'est tellement étrange de voir que la présence d'un seul être peut tout changer. La solitude est mon seul et unique compagnon ces derniers temps. J'ai appris à l'apprécier à sa juste valeur et je constate qu'au final, on s'entend très bien. Elle est un peu ma meilleure amie passagère. J'aime beaucoup me confier à elle, elle m'écoute et me comprend en quelques sortes. Elle ne me répond pas cependant, et c'est la seule chose que je lui reproche. Malgré ce petit détail, la subjectivité de mon amie est tout de même de très bonne compagnie. Et puis, il est sorti de nul part. Lui et sa belle gueule. Il a tout bousculé en moi, me faisant parfois regretter ma solitude et mon ennui. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Je ne sais pas ce qu'il a fait, ce qu'il a dit pour que tout devienne trouble et que mes yeux ne voient que lui. Ce matin, je ne jurais que par Raphaël. Ce soir, je n'ai d'yeux que pour lui. Ce qui m'énerve le plus dans tout ça, c'est que je me retrouve impuissante face à la situation et cela me gêne profondément. Savoir qu'une autre est dans son coeur ne me rend pas les choses plus faciles et pourtant, je me laisse aller comme s'il n'y avait que lui et moi. Je ne sais pas ce que je fais, je ne sais pas ce qu'il va se passer. Tout ce que je suis capable de dire, c'est que je suis bien lorsqu'il est près de moi.

Son prénom s'échappe entre mes lèvres, comme si je ne contrôlais plus rien. Un petit sourire niais s'ajoute à cela. Comme si ce que je faisais n'était pas assez interdit. Voir ses lèvres s'étirer pour me le rendre ne me rend pas la tâche facile, mais cela me fait du bien. C'était comme si, au fond, les Jeux n'étaient revenus et que ce n'était qu'un autre garçon que je rencontrais et avec qui nous étions en train de sympathiser, de créer un nouveau lien qui nous rapprocherait l'un de l'autre. Il se laisser tomber près de moi et, comme une idiote, je me mets à jouer avec un brin de blé, le faisant glisser entre mes doigts fatigués. « J'ai pensé à toi aujourd'hui ... » Le brin de blé est tombé à terre, laissant mes mains vides de sens et mon coeur à l'envers. Mon esprit ne ressemblait plus à rien, semblable à un champ de bataille. Que devais-je comprendre dans ces mots ? Cette espèce de révélation n'était pas anodine, tout du moins était-ce ce que je ressentais. Que répondre à cela ? J'aimerais pouvoir lui dire qu'il n'aurait pas dû, que ses pensées n'auraient dû avoir que d'yeux pour celle qu'il aime. Mais les mots restaient bloqués au fond de ma gorge, incapable d'être prononcés, incapable de sortir, même en y pensant sincèrement. Cela ne rimait à rien, j'en avait bien conscience, mais je n'arrivais pas à me détacher de ce que nous avons conçu. Tout cela a tellement d'importance pour moi. Je sais bien que cela ne devrait pas et que le revers de la médaille ne tardera pas à pointer le bout de son nez. Je ne veux pas me retrouver à terre. Pas à cause de lui. Pas à cause de nous en quelques sortes. Et si jamais je le perdais, que se passerait-il ? Cette question resta en suspens dans mon cerveau. Je n'avais pas vraiment envie de découvrir la réponse. Elle pourrait me blesser à un point que je ne saurais imaginer.

« Intéressant ... » Ce n'était pas vraiment la réponse rêvée, je le conçois. C'est tout ce que j'ai pu dire cependant. Cela me flattait plus qu'autre chose. J'aurais dû lui dire que ce n'était pas bien mais je ne pouvais pas. Peut-être avais-je besoin de ça, d'un peu d'attention, de quelqu'un d'autre que Raphaël. Je me suis ensuite remise dans ma position initiale, allongée dans ce champ de blé. « Je te mentirais si je te disais que je n'avais pas pensé une seule seconde à toi dans cette journée ... » finis-je par ajouter, légèrement rougissante. Parce qu'après tout, c'était la vérité. J'avais pensé à lui. J'avais contemplé Raphaël alors qu'il dormait encore ce matin. C'est un fait, j'adore le regarder dormir. Il parait si paisible, loin de toute cette agitation, loin de tout soucis. Pendant l'espace de quelques minutes, ce n'était pas le visage de mon meilleur ami que j'avais sous les yeux. C'était celui de l'homme qui a bouleversé mon équilibre. Un petit sourire en coin s'est dessiné sur mon visage en repensant à cette scène.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Mer 25 Avr - 14:45


« Intéressant ... » Ouais .. ce serait intéressant de savoir pourquoi je songe à elle plutôt qu'à Natalee. C'est ma poupée blonde qui est censée occuper toutes mes pensées. Occuper toute la place dans mon mon palpitant blessé. Mais est-ce qu'on peut réellement me le reprocher ? Natalee m'évite, m'ignore, me fuit. M'abandonne. Notre rupture s'impose. Devient réelle. Elle est là, présente, face à moi, sans explication. Alors que Léandre est toujours à mes côtés. Ce petit brin de douceur au milieu du désarroi incrusté dans mon quotidien. La jolie brune me comprend, réussit à m'apaiser. Dans la même galère, elle et moi, on se soutient face à l'épreuve qui se mêle à nos destins. C'est uniquement auprès d'elle que je réussis à faire face à ma mort prochaine. La crainte pour Alannis est toujours présente, mais je pense enfin à mon sort. Parce que voyons la réalité en face, c'est cuit pour moi. Mes jours sont comptés. La faucheuse qui plane au dessus de mes frêles épaules s'approche de plus en plus, prête à m'envelopper et à m'emmener dans l'au-delà. Les chance sont maigres pour que je ne sois pas sélectionné, je dois être celui qui a pris le plus de tesserae au district 9. Quatre semble être un chiffre infirme, mais pourtant j'en ai pris autant que je pouvais me le permettre. Un chaque mois depuis l'annonce qui a enfermé notre district dans la pauvreté. Et les chances pour survivre dans l'arène sont quasiment inexistantes. Je ne suis pas un combattant, pas un sprinteur, pas quelqu'un qui a le sens de la débrouille, encore moins un tueur. Je ne suis que bon à travailler aux champs. Et encore, je n'y met pas beaucoup d'énergie. Me casser les os, me détruire les muscles pour une bande de paresseux incapable de comprendre le sens du mot ''responsabilités', ce n'est pas dans mes priorités. S'ils ont faim, ils n'ont qu'à faire comme nous. S'afférer au boulot. Se contenter du strict minimum.

Elle s'allonge. Les jambes légèrement ramenées contre mon torse, les bras posés sur mes genoux, mes prunelles fixent le vide. Sa voix brise le néant qui s'était formé autour de moi. « Je te mentirais si je te disais que je n'avais pas pensé une seule seconde à toi dans cette journée ... » Mon cou se dévisse pour que mes iris puisse l'observer. Les joues rouges, un sourire se dessine sur sa frimousse enfantine, ses yeux émeraudes brillent à la lumière de l'astre solaire. Ses mèches auburn éparpillées gracieusement autour de son visage et sur le sol terreux forment un joli contraste avec le blé qui nous entoure. Elle est magnifique. Le souffle coupé, mon corps s'allonge près du sien. La tête tournée vers la poupée brune, mes opales la scrute presque indécemment, ne pouvant pas se décoller de ce charmant minois. Ma main retrouve la douceur de la sienne.

Et maintenant ? Je me suis épris de cette âme généreuse et attirante. Enfin … c'est ce qu'il me semble. Ce petit ange à tout bouleversé, à rendue confus mes sentiments. Ne devrions-nous pas nous en arrêter là ? Avant de commettre l'irréparable. Mon palpitant et mon esprit refuse de la laisser s'échapper pourtant. Avec la moisson qui approche, j'ai encore plus besoin d'elle. Elle réussit à stabiliser et calmer les sombres idées qui accompagnent ce jour fatidique. Et puis, sa présence est plus qu'agréable. Impossible de le nier. « Intéressant … » Je copie sa réponse, lui adresse un sourire. « Je ne veux pas me retrouver contre toi dans l'arène. Enfaite, je ne veux pas que t'y aille du tout. » Même si elle prendrait dans ce cas là, la place de ma petite sœur. Ce serait insupportable de la voir là bas, applaudie et jugée par le Capitole qui n'attend qu'une chose, qu'elle crève. « Je me suis trop accroché à toi pour accepter que ça puisse t'arriver. » Si je me retrouve face à Alannis, j'ai prévu de me suicider à la fin. Sa vie est bien plus importante que la mienne. Mais si c'est Léandre ? Je refuse de la tuer. Ou de la laisser sans défense face aux autres concurrents. Mais j'aurai mon vieux père et mon petit trésor qui espère mon retour à la maison. Si je ne survie pas à ça, j'ignore comme eux pourrait s'en sortir sans quelqu'un pour les aider.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Mer 25 Avr - 21:14

A ma réponse, il tourne la tête vers moi. Je me sens un peu honteuse qu'il me voit rougir. C'est idiot à dire et pourtant, c'est comme ça que je suis. Je n'aime pas lorsqu'on me voit dans un moment de faiblesse, comme celui-ci. Je n'aime pas l'idée que ses yeux puissent porter un quelconque jugement me concernant. Ce n'est peut-être pas le cas, je n'en sais rien, je ne suis pas dans sa tête. J'aurais voulu me cacher le visage pour qu'il n'ait pas à voir ma gêne mais ce geste aurait été bien trop suspect et peut-être même inapproprié. De toute façon, je ne sais pas trop pourquoi je me pose toutes ces questions, je devrais avoir confiance et savoir qu'il ne me jugera pas. Pas lui. Au fond, tout au fond, j'en étais convaincue. Je savais que si je devais avoir mal, cela ne viendrait pas de lui. Je n'ose pas le regarder. Je ne veux pas qu'il voit cette petite faiblesse en moi. Je ne veux pas qu'il voit qu'il a mis mon coeur en vrac. Je me contente de fixer le ciel qui perd peu à peu de son éclat. Le coucher de soleil n'a jamais été aussi beau que depuis l'annonce. Je savoure ces moments de réalité qui me sont encore permis. J'ai déjà deux tesseraes à mon compteur. J'ai cru que Raphaël allait me tuer quand je suis rentrée avec ces rations supplémentaires. Il est vrai que je gâche mes chances de rester ici, de ne pas être sélectionnée. Il est vrai aussi que j'ai peur et que, avec mes conneries, je risque de perdre Raphaël. Je crois que je ne me le pardonnerai jamais. Je sais que sans les vivres que j'ai rapporté, nous n'aurions pas pu continuer bien longtemps comme ça. Et puis, c'était aussi une sorte de les remercier pour tout ce qu'ils avaient fait pour moi depuis tant d'années. Je sais bien que cela parait égoïste, ça l'est peut-être d'ailleurs, mais à la base cela partait d'une bonne intention. Et puis j'ai compris que j'avais fait une connerie quand Raphaël m'a lancé un regard dont je n'avais encore jamais vu la couleur. Il semblait tellement blessé, j'aurais pu lui briser le coeur que ça aurait fait la même chose. J'étais tellement mal. Je ne pouvais malheureusement pas revenir en arrière. Le mal était fait. Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même à présent. Alors je me suis jurée de ne plus jamais recommencer. Deux tesseraes étaient déjà bien assez suffisant. Et puis, surtout, je ne voulais plus que mon meilleur ami me regarde comme ça. Non, ça, jamais.

Perdue dans ce souvenir peu agréable à mes yeux, j'en suis sortie lorsque la main de mon élément perturbateur est venu trouver la mienne, entremêlant nos doigts. Je n'ose pas poser les yeux sur le spectacle de nos mains. Et si ce n'était qu'une illusion de mon esprit. Non, c'était impossible. Ma raison me dicte de mettre un terme à ce petit manège qui ne mènerait à rien. Mon coeur et ma tête refuse d'aller dans ce sens. Et après ? Que va-t-il se passer ? Je ferme les yeux l'espace de quelques secondes. Il faut que je garde mon sang froid et que ma tête reste en place. Ce n'était pas le moment de divaguer. Il ne fallait pas que je cède à ces sentiments étranges qui m'envahissaient. Être moi-même, être Léandre. « Intéressant … » Je finis quand même par tourner la tête vers lui. Un sourire se dessine sur ses lèvres et je secoue légèrement la tête. « Je ne veux pas me retrouver contre toi dans l'arène. Enfaite, je ne veux pas que t'y aille du tout. » Le sujet de conversation le plus fréquent entre nous. Les Jeux. Cette phrase me tire un léger soupire et mes yeux se ferment lentement, juste quelques secondes. Je ne veux pas y aller, je ne veux pas qu'il y aille non plus. Je ne veux pas me retrouver contre lui. Je ne veux pas le perdre. « Je me suis trop accroché à toi pour accepter que ça puisse t'arriver. » Mes yeux se rouvrent aussitôt et mon index vient se poser contre ses lèvres. Même pas en rêve. Je ne veux pas qu'il en dise plus. Je ne veux pas. Mon regard se plonge dans le sien et j'y décèle tellement de sincérité et d'inquiétude. Mes lèvres se pincent et mon index retombe au sol. Je détache avec difficulté mes yeux de ses iris pour fixer à nouveau le ciel. Une main dans la sienne et l'autre sur mon ventre suivait le rythme de ma respiration. Les battements de mon coeur se sont fait plus rapide. Penser à tout ça ne m'aide en rien. Je ne veux pas de ces Jeux, je ne veux pas perdre ceux que j'aime, je ne veux pas que mes jours se terminent dans un bain de sang. « Si tu devais aller là-bas sans moi, qu'est-ce que je deviendrais ? » finis-je par dire de la voix la plus calme qui soit. « Je ne veux pas être forcée de te regarder mourir ... Je ne veux pas rester là à attendre, les bras croisés, que ta vie soit réduite à néant ... » Parce que oui, moi aussi je me suis terriblement attachée à lui. J'ai peur de ce qui pourrait arriver. Et pourtant je serais tellement plus tranquille et sereine si je devais y aller avec lui. J'ai prévu mon petit plan si nous devions nous retrouver ensemble dans l'arène. Je ne souhaite pas que cela se produise mais j'y pense, au cas où. « Je crois ... » J'ai pris une légère inspiration avant de reporter mon attention sur ce visage devenu si familier à mes yeux. « Je ne veux pas te perdre ... » J'ai baissé les yeux, ne fixant plus que le sol et nos mains liées l'une à l'autre. Ce petit ange tombé du ciel avait foutu la pagaille à l'intérieur de moi, maintenant, tout était foutu.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Jeu 26 Avr - 15:15


Son doigt se colle à mes lèvres froides. Je me tais, tel un gamin obéissant, captivé par la poupée brune. Mes prunelles ne se détachent pas de Léandre, prisonnières de l'éblouissement de la jeune femme. Je me perd une fois de plus au milieu du brouillard de confusion qui m'enveloppe, capturé par son charme, certainement épris de la jolie brune. Ma raison me crie d'arrêter ça. C'est malsain. Vraiment. Je devrais m'enfuir, prendre mes jambes à mon cou avant de réellement tomber amoureux. De ne plus être capable de m'éloigner devant les mirettes émeraudes de Léandre. Je devrais me concentrer sur les sentiments que j'éprouve pour Natalee. La seule et l'unique. Tout n'est peut-être pas perdu. Il faut que je crois en notre histoire. Il faut que j'espère. Que je me batte pour elle. Mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas. Je ne veux pas. « Si tu devais aller là-bas sans moi, qu'est-ce que je deviendrais ? » Je reste silencieux. Je n'ai pas de réponse à sa question. Elle serait épargnée des Jeux de la Faim. Elle serait entière et en vie. Ça me convient très bien. Je n'aurai plus à m'inquiéter pour elle, son quotidien reprendrait une certaine sérénité. C'est tout ce que je lui souhaite. Elle mènerait une vie à peu près normale, continuerait à travailler, trouverait quelqu'un à aimer. Son meilleur ami sans doute. Ou bien quelqu'un d'autre. Ce petit bout de femme est un véritable rayon de soleil, elle n'aura aucun mal à avoir un homme qui lui convient. Un grognement intérieur s'élève, se transforme en jalousie. J'espère être mort avant de devoir assister à ça. Mon palpitant hurle, désire que Léandre soit la sienne. Et à personne d'autre. Il ridicule ma raison, l'humilie, lui gronde dessus. Je mérite de faire ce que me dicte mon cœur. « Je ne veux pas être forcée de te regarder mourir .. » Mon palpitant en proie à une crise de jalousie, s'enflamme. Se brise, touché par ses paroles. « Je ne veux pas rester là à attendre, les bras croisés, que ta vie soit réduite à néant ... » Toujours muet, mes opales cannelles la dévisage. Je la laisse parler. Encore une fois, elle ressent la même chose que moi. Je serai anéanti, détruit si sa vie s'extirpait de son maigre corps devant mes prunelles impuissantes. « Je crois ... Je ne veux pas te perdre ... » Quelque chose se casse. Au plus profond de mon être. La vérité éclate. Il est trop tard. Je réalise que c'est foutu. Ce que je redoutais charge sur moi avec force. Je suis incapable de refouler plus longtemps les sentiments que j'ai pour elle. Incapable de m'écarter de la poupée brune. Ma raison se tait, désarmée, faible, vaincue. « Léandre … » Je me retourne complètement vers elle. Mes doigts glissent de sa main pour venir caresser sa joue rose. Sa peau satinée brille à la lumière du soleil. Mon cœur détone. Explose. « On trouvera une solution. Il se peut qu'aucun de nous n'y aille. » Ça relèverait du miracle. J'en suis conscient. Mais ce n'est pas impossible. Je m'accroche à ce maigre espoir. De toutes mes forces. « Sinon … Je me battrai dans cette foutue arène … pour toi. » Mes phalanges s'éloignent de sa frimousse pour plonger dans sa chevelure caramel. Je m'égare une nouvelle fois dans la contemplation de la jeune femme. Ce petit ange a vraiment tout foutu en l'air, elle, qui pourtant devient mon équilibre au mileu de l'ampleur de ce merdier. Elle me réduit à un pauvre petit garçon perdu au milieu des émotions qu'elle réussit à provoquer. « Et je reviendrai .. et on pourra vivre normalement, tous les deux. » Mes muscles se crispent. Mes poumons m'oppressent. Mon esprit se brouille. Mon palpitant hurle. Mes lèvres se collent aux siennes.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Jeu 26 Avr - 21:20

« Léandre … » Sa voix qui prononce mon prénom. J'en ai des frissons. Je n'aime pas me sentir impuissante. J'ai l'impression d'être une gamine qui a fait une bêtise et qui va se faire gronder. Je suis faible en cet instant et je n'aime pas ça. Je suis désarmée, totalement à sa merci. Il pourrait faire tout ce qu'il voulait de moi que je ne résisterais pas. Dans d'autres circonstances, j'aurais été plus raisonnable, j'aurais tout fait pour mettre fin à cette mascarade. Mais là, un bout de moi refuse. Je me laisse tenter, je joue avec le feu alors que je ne devrais pas. Le contrôle de la situation m'échappait totalement. Je devrais le repousser, me relever et partir sans me retourner. Je ne devrais même pas dire ces mots qui étaient restés enfouis en moi jusqu'à ces quelques secondes de trop. Je ne devrais pas accepter ce qui se passait. Je ne devrais pas et pourtant, tout se déroule comme bon lui semble. Je ne contrôle rien, je perds pied, comme à chaque fois que je suis près de lui. Ma main se sent vide de la sienne. J'ai envie de chercher son contact. Je ne veux pas qu'il me lâche. Je ne veux pas qu'il m'abandonne à mon sort. Je ne veux pas qu'il me laisse là, comme un pauvre déchet, un jouet cassé qui a cessé de fonctionné dès les premiers instants passés entre ses mains. Je sors de ma torpeur au contact de ses doigts sur mon visage. Ses iris captent mon attention. Je ne peux plus m'en défaire. Elles m'attirent à lui, elles ne me lâchent plus. Je n'arrive pas à me détacher de ses yeux. Un aimant invisible se tient entre nos visages, m'empêchant tout mouvement pour me détourner de lui. Finalement, je ne veux pas me défaire de cette image. Que ma raison aille au diable, mon coeur s'emballe. « On trouvera une solution. Il se peut qu'aucun de nous n'y aille. » Je bois ses paroles comme s'il était devenu le messie, porteur de la parole divine qui me sauvera de ce cauchemar sans nom. Au fond, je sais que ce rêve ne pourra jamais se réaliser. Je sais que tout cet espoir est vain. Mais quand c'est lui qui prononce ces mots, j'ai envie d'y croire. J'ai envie de penser que cela pourrait être possible. Que l'on échappe tous les deux à cet enfer, que l'on reste et que l'on continue notre vie, sauvés, sains et saufs. Et alors je commence à comprendre que, si c'était le cas, nos chemins se sépareront, qu'au final, tout ça était en train d'arriver juste à cause des Jeux. Je réalisais peu à peu que ce que je ressentais, ce n'était qu'une illusion, un plaisir éphémère qui me quitterait au moment venu. « Sinon … Je me battrai dans cette foutue arène … pour toi. » Mon coeur se serre. Les battements de mon coeur s'accélère. Il n'était pas encore tant de briser ce rêve. Je n'arrivais pas à arrêter cette scène, mettre pause et prendre le temps de réfléchir. Ses doigts plongent dans mes cheveux, mes yeux se ferment le temps d'une seconde. En les rouvrant, je suis toujours happée par ses prunelles couleur cannelle. « Milan ... » Je voulais lui dire, je voulais qu'il arrête, je voulais qu'il me rende ma liberté. Ma voix, aussi douce que la légère brise qui caressait mon visage, se perdit dans le vide. Malgré tout mes efforts, j'étais incapable d'enrailler cette machine infernale. « Et je reviendrai .. et on pourra vivre normalement, tous les deux. » Je ravale ma salive. La proximité de nos visages, la sincérité de ses paroles. Mes yeux jouaient avec les siens. Et puis ses lèvres se sont posées sur les miennes. Le contact de nos lèvres froides me brûlaient. J'ai fermé les yeux une seconde et puis mon coeur a fait un loupé. C'est parti tout seul. Je l'ai giflé. J'avais été prise par surprise. Le contact s'est rompu. Il m'avait trompé, il m'avait eu en traitre. Je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas de ce baiser et pourtant. Je me suis mordue la lèvre inférieure. Je refusais de le regarder en face. Après mon geste, je n'y arriverais pas. Je me sens mal. Comment ais-je pu faire une chose pareille. Raphaël me tuerait. Un instant de folie m'envahit. La curiosité prend le dessus et mes prunelles trouvent les siennes. Je suis terriblement gênée. A nouveau, je me mords la lèvre inférieur. Et puis merde. Au diable la réalité, au diable les Jeux, au diable le reste du monde. Ma main frêle se pose sur sa joue. Mon pouce joue sur sa peau rosie par le coup. Je m'en veux. Je croise à nouveau son regard. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Petit ange sortit de nul part a mit mon coeur en vrac. Tout s'est brisé en moi. Va au diable. Mes doigts plongent le long de sa nuque, je l'attire à moi, attrapant ses lèvres de mon plein gré. Ce sera la dernière fois, il le fallait.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Ven 27 Avr - 13:53



Ses doigts s'écrasent sur ma joue dans un claquement sourd. Je m'écarte légèrement, sonné, mes prunelles fuient son joli minois, elles se réfugient au loin. Là où la gifle de Léandre n'a jamais existé. Là où je ne l'aurai pas embrassé aussi stupidement. Qu'est ce qui m'avait pris ? Je me suis laissé emporter par des sentiments encore jeunes, laissé envelopper dans ce brouillard de doutes. Laissé débordé par une bouffée incontrôlable et dévastatrice. Tel un gamin ridicule et impulsif. Mes iris décontenancées croisent les siennes pour se dérober à nouveau. Mon palpitant cède place à une déchirure profonde et empoisonnée. Mon esprit embrouillé ne se calme pas, il fait tanguer le décor. Ma raison gémit, se moque, me gronde. J'aurai du rester tranquille. Attendre et espérer encore le retour de Natalee. Bien sagement. Continuer à l'aimer comme je l'avais toujours fait. Sans faille. Sans doute. Loin de la poupée brune qui rend mon cœur confus et honteux. Sa paume de pose sur ma joue froide et rose. Comme pour constater les dégâts. Mes opales cannelles et déconcertées plongent une nouvelle fois dans ses mirettes émeraudes. Peiné, je reste impassible. J'ignore quoi faire. Prendre mes jambes à mon cou ? Me fondre en excuse ? Insister et l'embrasser à nouveau ? Perdu au milieu d'émotions que je ne contrôle plus, je reste paralysé, immobile, sur la défensive. Elle aussi à décider de m'achever finalement. Elle rejoint le petit groupe qui s'est formé pour me détruire chaque jour un peu plus. Pour m'entraîner vers une dépression certaine. Dans les bras osseux de la mort.

Ses lèvres satinées retrouvent les miennes, déclenchant un grognement intérieur imprévu. La sensation d'être pris pour un con fond sur moi violemment. Encore plus brutalement que sa claque inattendue. La rage fait revivre mon palpitant camé. La fureur accélère sa cadence. Une tempête gronde dans mon esprit. La colère file dans mes veines à toute vitesse. Mes phalanges s'agrippent à ses maigres épaules. L'écartent doucement et rompent ce baiser incompréhensible. « Tu te fous de moi ? » Mes sourcils se froncent, mon regard se durcit. Mon cœur explose sous l'ampleur de la crise qui m'assaille. Ma conscience me susurre avec mépris que j'aurai du rester auprès de Natalee. Que je n'aurai pas du m'aventurer aussi près de cette zone dangereusement attirante. Que je n'aurai pas du me laisser charmer par ses yeux doux et funeste à la fois. Quel crétin. Je suis tombé dans le piège. Dans les griffes de l'élégance fatale de la jeune brune. Je me remet sur mes pieds, guidé par la rage. M'éloigne de la silhouette parfaite de Léandre. « Joue pas avec moi, d'accord ? » Ma voix et les traits crispés de mon visage trahissent ma colère. Mais je m'en fou. Elle n'a qu'à réaliser la dimension du mal qu'elle me fait. Elle n'a qu'à se rendre compte du bordel qu'elle fout. Que je regrette de m'être autant attachée à elle. « J'aurai pas du … N'en rajoute pas. » Mon souffle est saccadé. Je deviens fou. Fou de désespoir. « Pourquoi tu met tant d'acharnement à vouloir m'ébranler comme ça ? » A me ravager. A me détruire. Je ne comprend pas. Il faut que je bouge de là. Que je mette le plus de distance possible entre elle et moi. Je n'en peux plus. Je ne suis même pas certain de vouloir une réponse. Finalement, ne pas avoir d'explication serait sans doute la meilleure solution. Ses paroles risquent d'amplifier ma fureur, d'agrandir la déchirure de mon palpitant blessé, d'épaissir ce brouillard d'incertitude. « Valait mieux qu'on arrête de toute façon. J'étais incapable de le faire jusqu'ici. Merci d'avoir remis certaines choses à leur place. » La frimousse de Natalee m'éclate au pleine face, me brûle le cœur. Elle est la seule qui compte. Je l'avais honteusement oublier avec cette histoire. Je dois me reconcentrer sur elle. La récupérer. Sauver notre amour. Et ne plus me laisser distraire par cette poupée brune. Me laisser me morfondre pour la jeune femme aux allures d'ange. Plus jamais.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Ven 27 Avr - 15:11

« Tu te fous de moi ? » Je m'en voulais tellement. Qu'est-ce que j'avais fait ? Qu'est-ce qui m'avait pris de faire une chose pareille ? J'étais perdue, totalement à l'ouest, loin du champ, loin de cette soirée qui virait à un n'importe quoi intersidéral et incompréhensible. Tout était de ma faute. Tout du moins était-ce ce que je pensais. Au plus profond de mes entrailles, une déchirure s'était faite, une blessure ouverte, profonde. Je ne comprenais pas. J'avais perdu la notion du temps, j'avais tout perdu au final. Ma dignité avait pris ses jambes à son cou, mon coeur l'avait suivit sans plus attendre. Quant à ma raison, elle se foutait ouvertement de ma gueule, un rire abominable. Je ferme les yeux avec force pour éloigner cette moquerie, la renfermer à l'intérieur, la mettre en sourdine. Il a bousillé mon coeur, m'a rendue complètement soumise. « Milan ... » soufflais-je en rouvrant les yeux. Je le vis se relever et commencer à s'éloigner. A l'intérieur, tout était en miette et ma raison cachait la colle pour que je recolle les morceaux. Saleté. Je me redresse et tente de comprendre ce qui s'est passé. Pourquoi suis-je si aveuglée par tout ça ? Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à revoir le visage si tendre de Raphaël ? Bon sang que j'aimerais qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me dise que tout ira bien, qu'il est là pour moi et qu'il ne me lâchera pas. Finalement, je voudrais qu'il soit là, que je trouve le refuge de ses bras et que j'y reste à jamais. Parce qu'après tout, il est tout ce que j'ai, il est ma raison, ma vérité, mon monde, ma réalité. Pourquoi avais-je tant misé sur une illusion. Je suis bien idiote et tellement naïve d'avoir pu croire un seul instant à quelque chose qui était voué à l'échec et qui s'envolerait en fumée tôt ou tard. « Joue pas avec moi, d'accord ? » Jouer. Mais qui a parlé de jouer ? Un nouveau bruit sourd retenti à l'intérieur, ma raison se moque, elle profite de ma faiblesse pour se réintroduire en moi. Elle coule dans mes veines et son rire moqueur palpite dans mes oreilles. « Arrête ... » Je perçois une colère, une rage immense en lui. Je ne veux pas que cela se finisse comme ça. Mes lèvres tremblent, se pincent. Mes mains deviennent moites. Il faut que je bouge, que je retrouve un peu d'air, que je respire à nouveau. Je me mets sur mes pieds et fais les cents pas. Mon cerveau est à l'envers mais je réfléchi vite.« Je n'ai jamais joué ... Je ne jouerais jamais ... » Ma voix se brise, ma tête se tourne vers lui. Je le dévisage. Comment peut-il penser une chose pareille ? Jouer. Je n'aime pas ce mot. Je n'aime pas la manière dont il l'emploie. J'ai envie de partir en courant, de tout abandonner, de rendre les armes mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas m'en aller et le laisser comme ça. Je ne veux pas le quitter dans cet état, pas comme ça. Et si je partais, je ne serais pas mieux. Je ne pourrais me regarder en face une fois rentrée. Et Raphaël, que lui dirais-je ? Non, il était hors de question que je parte. Pas comme ça. Pas maintenant. « J'aurai pas du … N'en rajoute pas. » Je m'arrête, mes yeux ne le quitte plus. Sa colère est immense, je le sens. En rajouter. Pourquoi est-ce qu'il me fait aussi mal. Sa respiration saccadée ne m'aide en rien. « Pourquoi tu met tant d'acharnement à vouloir m'ébranler comme ça ? » Ma bouche s'entrouvre. Mon coeur se sert. J'ai envie de crier. J'ai envie de pleurer. J'ai envie de lui en coller une autre. Je n'ai jamais voulu ça. Il a tout brisé en moi, m'a rendue folle, docile, aveugle, naïve. « Comment peux-tu dire une chose pareille ? » Mes lèvres se pincent. Je cherche mes mots. Je passe une main tremblante dans mes cheveux, je fais un tour sur moi-même mais je ne trouve rien. « Je n'ai jamais voulu ça ... Tu m'entends ? Jamais ! » Je cherche le contact de ses prunelles. Je veux qu'il voit, je veux qu'il me voit. Je veux qu'il comprenne, qu'il sache que je suis sincère. « T'as tout bousillé à l'intérieur ... Ca ne ressemble plus à rien ... » Une perle salée dégringole le long de ma joue rosie par l'effort et la blessure. « Je suis foutue, bonne pour la casse, périmée ... » Je reprends mon souffle. Pourquoi autant de mal, autant de haine dans ses yeux. « Mais ça tu t'en fous ... Il n'y a que toi ... » dis-je en un souffle, ma voix se brisant dans ce silence froid et alarmant. Je me mords avec force la lèvre inférieure. Tant pis si je saigne, à l'intérieur, c'est déjà le cas. Un peu plus, un peu moins, peut m'importe à présent. « Valait mieux qu'on arrête de toute façon. J'étais incapable de le faire jusqu'ici. Merci d'avoir remis certaines choses à leur place. » Je secoue la tête. Alors c'était donc ça. Je n'avais été qu'un instrument dans son histoire sombre. Je n'avais été qu'un pion. Superbe tactique que d'être tombé sur un être fragile et en proie à une confusion de stade déjà bien avancé. « Tu m'as dit de ne pas jouer avec toi ... » soufflais-je, les mains posées sur mes maigres hanches. « Alors pourquoi as-tu joué avec moi ? » Je laissais pas question en suspens. Parce que je me sentais sale. Être prise pour le dindon de la farce, le jouet dont on se sépare une dois que l'on en a plus besoin. A nouveau, je passais ma main fragile dans la jungle de mes cheveux. Il n'y avait finalement plus rien qui me retenait ici. J'étais tombée au plus profond de l'abysse de ma vie, je n'avais plus rien à faire ici. Un pied devant l'autre, lentement, je m'avançais vers lui. « Ne me laisse pas comme ça ... » Ma voix se perdit dans le néant. Une brise légère fit virevolter mes cheveux. Je ne pouvais pas le laisser partir, pas comme ça. Cela devait se finir, c'était certain. Mais pas de cette manière, je ne pourrais pas l'accepter, je ne pourrais pas me relever.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Sam 28 Avr - 14:12


Elle me traite d'égoïste. Alors que je m'évertue pourtant à faire passer tout le monde avant ma petite personne si insignifiante. Je pense d'abord à ma sœur. A mon père. Aux lois imposées par le nouveau gouvernement. A Natalee. A ma meilleure amie. Et à elle. Leurs souhaits personnels, leurs survies, c'est tout ce qui compte. Alors me traiter d'égoïste ... C'est hors propos. Vraiment. Léandre ne sait pas de quoi elle parle. Mes oreilles bourdonnent. La rage fait gonfler mes veines. J'ai envie de hurler. De lui crier qu'elle est injuste. Qu'elle se trompe. Je ne comprend pas pourquoi elle se dit brisée. Elle devrait être ravie qu'on arrive enfin au terme de cette histoire rythmée par les doutes. « Tu m'as dit de ne pas jouer avec toi ... Alors pourquoi as-tu joué avec moi ? » Mes prunelles virent sur son visage enfantin. Mon regard transpercent sa peau satinée. Ma colère ne s'apaise pas. Elle s'amplifie au son des paroles de la jeune femme. Alors c'est moi le méchant de l'histoire ? Le monstre qui brise les cœurs ? C'est ça ? Évidemment. C'est bien moi qui flirte délibérément avec la jolie poupée brune, alors que mon cœur ne devrait battre uniquement pour Natalee. C'est moi qui m'écarte du droit chemin. Qui se perd dans des sentiments nouveaux. Qui frôle l'infidélité. Je ne joue pas avec elle. Mais avec le feu. « Moi, jouer ? Bordel, Léandre. N'inverse pas les rôles. Ce n'est pas moi qui souffle le chaud et le froid. » Mes iris dévient. Fuient les opales foudroyantes de Léandre. Je n'ai jamais voulu en arriver là. Je devrais être en train de couler des jours paisibles avec le maigre corps de Natalee dans les bras. Ne jamais m'être amouraché de la jolie brune. Attendre mon heure bien sagement loin de tout ce bordel. « J'ai tout le temps été sincère avec toi. » C'est ça le problème. Comment j'ai pu en arriver là ? Léandre a su bouleversé mon pauvre quotidien cadencé par la perte de ma copine. Un ébranlement à l'ampleur considérable. Démesurée. Ça n'aurait jamais du arriver.« Ne me laisse pas comme ça ... » Mes mirettes cannelles se posent sur son délicat minois. Mon palpitant chavire une fois de plus devant sa frimousse si craquante. Je m'en veux d'être tombé sous son charme. Mais c'est trop tard maintenant. Je suis épris. Je ne peux plus fuir devant cette brutale réalité. Mes pas franchissent la distance qui nous sépare. Mes doigts glissent une fois de plus sur sa joue rose. Je ne veux pas qu'on me l'enlève. Qu'on me l'arrache. Qu'elle m'abandonne. Elle réussit si bien à me calmer. Elle m'apaise comme seules peut le faire ma petite sœur. Ou Natalee, il y a encore quelques mois. Elle est devenue mon équilibre au milieu de la bataille qui fait rage. « Je ne te laisserai pas. » Le décor tangue. Je me suis encore égaré. J'ignore ce que je dois faire. Ce que je veux faire. Oublier Natalee et charger sur l'occasion qui se présente à moi. Ou m'écarter de Léandre et enfuir les sentiments naissants qui m'assaillent. Il n'existe pas de solution meilleure et plus juste. Aucune n'est vraie ou fausse. « J'en suis incapable … » Incapable de choisir. La vérité est là. Présente et oppressante. Elle pèse, m'étouffe. Me réduit à petit garçon indécis ayant besoin que quelqu'un prenne la décision pour lui. Un gamin pitoyable. Lamentable. Détestable. Mes mains s'enfouissent dans sa chevelure de bronze et amène le petit ange contre moi. « Je suis désolé. » Pour m'être emporté. Pour m'être embrouillé dans cette masse de sentiments. D'avoir songé à la laisser. D'être désarmé face à ses opales émeraudes. D'être impuissant face au choix qui s'impose. D'avoir semé le chaos entre nous. Désolé pour tout.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Lun 30 Avr - 12:52

Il me fusille du regard et j'ai l'impression de retomber en enfance. C'était comme si je me retrouvais à nouveau face à mon père et à sa fureur. Il m'en a toujours voulu, il ne m'a jamais aimé. Voir ma mère mourir sous ses yeux en me mettant au monde, il n'a pas supporter. J'avais beau être son petit bijou avant ça, je n'étais plus que de la merde à ses yeux. Pourtant, la mère de Raphaël m'avait parlé de son comportement antérieur à tout ça. J'étais attendue comme le messie. Il était l'homme le plus heureux du monde. Et, au final, je n'étais plus rien qu'une étrangère dans son monde. C'est ce que je pouvais lire dans les yeux de Milan. Mon coeur se serait, mes lèvres se pinçaient et une nouvelle perle salée roula le long de ma joue. J'avais déjà du mal à garder mon sang froid lorsque les yeux de mon père se posaient sur moi. Là, c'était encore pire. Je ne pouvais pas supporter que mon élément perturbateur me considère ainsi. C'était beaucoup trop. Il n'avait pas le droit, pas lui. « Moi, jouer ? Bordel, Léandre. N'inverse pas les rôles. Ce n'est pas moi qui souffle le chaud et le froid. » Alors c'était moi. Je ne voyais personne d'autre autour de nous. Si tout partait en cacahuète, c'était de ma faute. Non, c'était beaucoup trop facile. Après tout, c'était lui qui m'avait embrassé, lui qui avait tout déclenché. Pourquoi serait-ce de ma faute après ça ? Je refusais de le laisser m'enterrer comme ça, c'était injuste. « Je ne souffle pas le chaud et le froid ... Je n'aime pas les surprises, je n'aime pas être surprise et toi ... » Tu n'as fait que de la merde. « Tu m'as prise par surprise ... » Foutue retenue. Je ne pouvais pas lui dire ça de toute façon. Je ne voulais pas m'attirer de nouveau ses foudres, cela m'était trop insupportable. Ses yeux me fuient. J'ai perdu le contact de ses iris. Je les cherche en vain. Pourquoi tant de haine ? Monde cruel. Je n'arrivais toujours pas à comprendre pourquoi je ne pouvais pas vivre loin de tous soucis. J'ai ce don de me fourrer dans les embrouilles les plus problématiques qu'il puisse exister. Aujourd'hui encore, je ne fais pas exception à la règle. Je me suis mise dans une sacrée situation avec Milan et je m'en veux. Maintenant que mes yeux ne sont plus embués par cette histoire, je peux voir dans quel merdier je me suis encore fourrée. Je peux voir le mal que j'ai pu faire. Mais même avec tout ça, je refuse de le laisser partir, je refuse qu'il m'échappe. « J'ai tout le temps été sincère avec toi. » Un faible sourire en coin s'est immiscé sur mon pâle visage. La sincérité, c'était tout ce qu'il y avait de plus important à mes yeux. Et pourtant, je ne respecte même pas cette règle de base qui est la mienne. Je mens. Je me mens à moi-même, je mens à Raphaël, je mens à Natalee, je mens à Adrastée. J'en suis arrivée à un point où je me demande si je ne mens pas aussi à Milan. Au fond de moi, je sais que non, je suis persuadée d'avoir toujours été sincère avec lui. Je ne lui mentirais jamais, j'en serais incapable. Je m'approche de lui et lui demande de ne pas m'abandonner, de ne pas me laisser comme ça, dans cet état. J'attire enfin son regard et je me sens soulagée. Le contact de ses doigts sur ma peau me fait frissonner. Maintenant je sais que je ne lui ais jamais menti, que tout ce qui s'est passé était réel. « Je ne te laisserai pas. » Le son de sa voix me rassure. Plus de colère, plus de haine. Rien que nous deux dans ce champ qui vire au noir. « J'en suis incapable … » Mes yeux se ferme, la terre tourne sous les pieds. Je rouvre les yeux. Ce n'était donc pas qu'un simple rêve. Je n'arrive plus à quitter son visage des yeux. Je ressemble à une petite fille en admiration. Mes pupilles brillent. Mon coeur est en miettes mais ma raison a accepté de me rendre la colle. Les morceaux se reconstruisent peu à peu mais il reste encore beaucoup de travail. Il m'attire à lui et je me sens revivre. « Je suis désolé. » Mes bras se referme autour de sa taille. S'il savait à quel point je m'en veux. Je voudrais courir, m'enfuir loin, très loin. Je voudrais aller me cacher quelque part et ne jamais revenir. Et pourtant je n'y arriverais pas. Il me retient. Il a déjà bien trop d'emprise sur moi. Je ne peux rien faire. Mon coeur rate un battement et je me sens coupable de ce qu'il vient de se passer. « Si tu savais à quel point je m'en veux ... » soufflais-je, incapable de le regarder.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Mer 2 Mai - 21:01


Sa tête collée sous mon menton, les bras enroulés autour de ses maigres épaules, un apaisement fond sur ma silhouette d'adolescent. La tempête est passée. On est toujours debout. On est plus solides que je le pensais. Ce n'est donc pas qu'une simple petite amourette confuse. C'est plus que ça. Bien plus que ça. Sinon nous serions tous les deux à terre. A déposer les armes. A laisser tomber. A abandonner ce que nous étions entrain de construire à deux. Mais ce n'est pas le cas. On s'accroche de toute nos forces à l'autre. Incapable de laisser partir l'autre. De renoncer à notre seule source de quiétude au milieu de ce bordel. On a certainement tord de s'attacher de la sorte. Je suis condamné. Elle l'est certainement aussi. La faucheuse cavale vers nous. La perdre céderait à une déchirure profonde et inguérissable à la place de mon palpitant camé. Mais comment peut-on laisser partir notre unique dose de calme ? Laisser fuir notre seul réconfort ? Notre inégalable base de soutien ? C'est impossible. Je dépend presque de la poupée brune désormais. Elle est devenue mon équilibre.« Si tu savais à quel point je m'en veux ... » « Ce n'est rien Léandre ... » Mes mots glissent dans son oreille avec douceur. On passera au dessus de ça. On a trop besoin de l'autre maintenant pour s'arrêter sur une embrouille aussi infime. Aussi futile. Mes phalanges passent sous son menton pour relever son minois rose vers moi. Nos souffles s'entremêlent. Mon cœur s'enflamme. La vague de doutes l'immerge à nouveau. Perdu, confus, réduit à un pauvre indécis, je me laisse porter par le flot. L'impulsivité, l'envie du moment présent, la détermination de vouloir garder ce petit ange près de moi, m'enveloppent sèchement. Mes lèvres retrouvent les siennes une nouvelle fois. L'échange est plus passionné que les précédents. La fouge dirige mes doigts sous son t-shirt. Ils effleurent sa peau satinée, filent le long de son dos. Je ne veux pas la laisser partir. Jamais. L'ardeur prend le dessus. Le baisé devient de plus en plus intense. La ferveur ravage mon esprit embrouillé.

Quelque chose éclate dans mon cœur incendié. Le souvenir de Natalee s'impose. Douloureusement. Mais il est présent. Oppressant. Étouffant. Je n'arrive pas à le dégager de là. Il est trop incrusté. Au milieu de toutes ses indécisions. Dans ma chair. Dans mon esprit. Mon palpitant un peu fou en est imprégné. Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas laisser s'envoler la seule qui a su faire battre mon cœur correctement durant toutes ses années. Je l'aime encore. Mes sentiments pour ma poupée blonde n'ont jamais faillis. Ils sont ancrés au fond de mon être. Je n'arrive pas à l'oublier. C'est elle que je veux. Je dois la récupérer. Je me suis égaré. Il faut que je revienne sur le droit chemin désormais. Ça a toujours été Natalee. Ça le sera toujours. Je stoppe le baisé enflammé. Mes mains abandonnent. Mes doigts s'éloignent du corps frêle de la jolie brune. « Léandre .. je suis désolé. Je … je peux pas. » Pourtant j'aimerai lui crier de ne pas me laisser partir. De me retenir. Un dernier geste, un dernier mot de sa part et je suis prêt à rester. Parce qu'avec Natalee s'est foutue. Parce que c'est voué à l'échec d'avance. C'est peine perdu. Tout le monde s'accorde à le dire. Mais je suis prêt à essayer encore une fois. Uniquement si Léandre me repousse pour de bon. « Il faut que je sois sûr … » Sûr de quoi au juste ? Que m'accrocher à Léandre n'est pas malsain ? Que la meilleure solution est de laisser choisir ce petit trésor ? Que la brune vaut mieux que la blonde ? Suis-je devenu aussi crétin ? Aussi imbécile, aussi abruti pour me déclarer inapte à prendre une décision qui normalement me revient ? Je me hais à cet instant présent. J'en suis réduit à ça. Un gamin esseulé et irresponsable. Elles mériteraient de me jeter toutes les deux.

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Sam 5 Mai - 19:15

« Ce n'est rien Léandre ... » Le son de sa voix m'apaisait. J'avais besoin de ça. J'avais besoin de savoir que ce n'était rien, que ce petit écart ne représentait rien de grave à ses yeux. J'avais besoin de savoir qu'il sera toujours près de moi. Là, blottie dans ses bras, son menton posé délicatement sur le haut de mon crâne, j'étais certainement la fille la plus heureuse du monde. Je ne veux pas que ce moment privilégié en sa compagnie ne cesse. J'ai besoin de ça pour avancer. J'ai besoin de lui pour tenir et rester forte. Même si ce semblant d'histoire devait être éphémère, j'ai besoin de savoir que tout ce qui compte en cet instant, c'est nous. Ses doigts passent sous mon menton et nos regards se croisent à nouveau, nos souffles s'entremêlent et ne font plus qu'un. Je suis comme une gamine de cinq ans. Je ne sais pas quoi faire. Mon coeur s'emballe et rêve de choses immensément intouchables. Raphaël n'est plus qu'une ombre dans mon paysage. Lui qui était mon meilleur ami et que je pensais aimer éperdument, en silence, en secret. Mon élément perturbateur l'avait éclipsé, effacé du tableau. Nos lèvres se rejoignent. Plus de surprise, plus de coup de sang. C'était ce que je voulais finalement. Rien que ce sentiment d'apaisement, de tranquillité. Un baiser sincère et passionné. Mes mains se délient et glissement le long de son torse, pour aller se nicher dans ses cheveux. Je ne veux pas que l'instant s'arrête. Je ne veux pas qu'il me laisse, qu'il me tourne le dos. Le contact de ses mains sur ma peau me fait frissonner. L'intensité de cet échange me dépasse, je ne suis plus qu'un pion sur un échiquier. Je me laisser aller, je m'abandonne à lui. Qu'il fasse ce qu'il veut de moi, cela m'est égal.

Plus rien d'autre ne compte à présent. Il n'y a que nous et cela met mon coeur dans un état indescriptible. Je sais que je ne devrais pas pourtant. Ma raison n'est plus qu'un faible bruit enfermé au plus profond de mon être. Mais ce moment n'était qu'éphémère. Au fond, je me doutais bien que toute cette mascarade ne durerait pas. J'aurais, une fois de plus, dû écouter ma raison. Elle se fout de ma gueule encore, me nargue, me juge, m'enfonce plus bas que terre. Il rompt le baiser et s'éloigne de moi. Je ne ressemble plus à rien. Prendre ses rêves pour la réalité fini toujours par me retomber sur le coin du nez. J'aurais aimé que tout cela ne se produise jamais. J'aurais aimé ne jamais le rencontrer, ne jamais avoir discuté, ne jamais avoir eu à tomber amoureuse de lui. Enfin, c'était ce qu'il me semblait. Je ne voyais pas autre chose, cela ne pouvait pas être autre chose. « Léandre .. je suis désolé. Je … je peux pas. » Et là, la réalité m'explose en plein visage. Comment avais-je pu être aussi naïve ? Comment avais-je pu le laisser entrer dans ma vie comme ça ? Comment avais-je pu mettre de côté la seule personne qui me tenait en vie : mon meilleur ami ? Il était tout pour moi et je l'avais écarté, je l'avais empêché de refaire surface et de me mettre en garde. J'avais claqué la porte au nez de ma raison. Elle qui avait pourtant toujours été bienveillante avec moi, elle qui m'avait été d'un secours intouchable. Raphaël. Je me dégoutais. Je n'étais plus moi-même. Je n'étais pas celle que j'avais toujours été. Je ne comprenais pas comment il avait fait pour me rendre aussi vulnérable. Même une gamine de cinq ans aurait repéré le piège. Mais pas moi. J'avais été bien trop aveuglé par sa belle gueule et ses belles paroles. « Il faut que je sois sûr … » Et pourtant, j'étais incapable de me défaire de lui. Je n'arrivais pas à le laisser partir, je n'arrivais pas à le virer du décors. Il m'était si précieux. Je devrais pourtant penser à Raphaël avant tout. C'était lui, mon seul et unique. Et pourtant je n'avais que Milan à l'esprit. Pourquoi ? Ce monde est si cruel. Pourquoi tant de haine ? J'ai pris ma tête entre mes mains et j'ai soufflé. J'avais une envie irrésistible de hurler et pourtant, je savais que j'en étais incapable. « Milan ... » J'ai baissé la tête un instant. Je ne voulais pas le faire mais avais-je réellement le choix ? Je me suis rapprochée de lui et mes mains se sont glissées dans les siennes. « Et si ce n'était qu'un mensonge ? Et si ce n'était voué qu'à l'échec ? » Ma voix s'étrangla. J'avais du mal à prononcer ces mots et je pense qu'il était capable de voir l'angoisse sur mon visage. « J'aimerais ... Je voudrais faire cesser l'incendie qui s'est propagé en moi ... Mais je n'y arrive pas ... Je voudrais hurler, m'enfuir, partir loin de toi, mais je ne peux pas ... » J'avais du mal à parler, à trouver mes mots. Ma raison avait retrouvé la colle et me l'avait arraché des mains. Tout était en miettes et la colle avait disparu à nouveau. J'ai baissé la tête. Affronter son regard m'était impossible. « Je refuse de te perdre Milan, tu m'entends, je refuse ... » Une nouvelle fois, ma voix s'étrangla. Je ne pouvais pas poursuivre, c'était trop dur, trop douloureux. Je n'en n'avais pas la force. Advienne que pourra ...

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MessageSujet: Re: MILAN Ҩ You're the wiser one, this sky is hungry, and i'm just a child who longs on her knees.   Dim 13 Mai - 2:12


« Milan ... » La peur se propage dans mes veines. La crainte coule, file dans mes artères. Pas celle de mourir. Mais celle de la perdre. De devoir me séparer d'elle. « Et si ce n'était qu'un mensonge ? Et si ce n'était voué qu'à l'échec ? » L'angoisse éclate. Déchire mes entrailles. Engloutit mon palpitant. Elle le noie. Le maltraite. Cherche à l'achever. Ses battements ralentissent, pompent mon sang péniblement, forment de nouveaux déchirements. Mon cœur balafré s'affaiblit. Il s'éteint. Pourra-t-il survivre sans elle ? N'était-ce pas seulement des doutes ? Des sentiments pour la poupée brune d'une nature inconnue ? Si vraiment j'hésite, pourquoi diable je continue de m'accrocher à ce petit ange de la sorte ? « J'aimerais ... Je voudrais faire cesser l'incendie qui s'est propagé en moi ... Mais je n'y arrive pas ... Je voudrais hurler, m'enfuir, partir loin de toi, mais je ne peux pas ... Je refuse de te perdre Milan, tu m'entends, je refuse ... » Une fois de plus, on est sur la même longueur d'onde. On se comprend. On s'accorde. On se complète. Chacun ressent la même chose que l'autre. Au même moment. Une parfaite synchronisation. Une parfaite harmonie. Comme si nos âmes avaient toujours été destinées à être liées ensemble. Venues sur terre pour s'unir. Je regrette presque de ne pas l'avoir rencontré plus tôt. Avant Natalee. Avant l'annonce. Avant tout ce foutoir. La situation aurait certainement été différente. Peut-être plus facile. Plus simple a assimiler. Les doutes nous auraient laissé en paix. La culpabilité aussi. On n'aurait pas été oppressés par cette histoire. Par cet amour naissant. On serait peut-être ensemble. Elle et moi, à passer nos journées à se soutenir l'un l'autre. Sans avoir honte. Sans incompréhension. Juste elle et moi. A prier pour ne pas être sélectionnés. Pour survivre à ça tous les deux.

Mes doigts glissent sous son menton. Relèvent son joli minois. Mes opales cannelles scrutent sa frimousse d'enfant. La dévisagent presque. Ne se lassent pas de la douceur de son visage. Elles s'accrochent à son image. « Si on ne veut pas se perdre, alors, arrêtons de nous compliquer la vie. » J'aimerais croire que ça soit si simple à faire. Mais vouloir faciliter les choses est déjà un bon départ. Peut-être même la solution. Le reste suivra. J'espère. Je le désire de toutes mes forces. « Si on est bien ensemble … Arrêtons de se torturer. » On se fait du mal pour rien. Pourquoi ne pourrions-nous pas être heureux ? Ensemble ? Si c'est ce qu'on souhaite ? Personne n'a le droit de nous interdire d'au moins nous laisser essayer. « On profite de l'autre. Et on balance le reste. Que pour une fois, on soit maître de notre propre vie. Ce sont les derniers instants où l'on peut encore décider pour nous. Il faut saisir cette chance. Le nouveau dirigeant, Natalee, Adrastée … ils ont déjà tous pris mes choix à ma place. Ils ne m'ont jamais rien demandé, alors que je suis pourtant toujours plus ou moins concerné. Je ne suis pas d'accord avec leurs décisions. Je ne l'ai jamais été. Et je ne le serais jamais. Maintenant, si je veux Léandre, c'est mon choix, mon souhait, mon désir. Ma propre volonté. Je fais comme eux. Je ne concerte personne. Tant pis si ça ne plait pas à eux. Aux autres. Au reste du monde. Je fais ce dont j'ai envie. Et j'ai envie de garder ma poupée brune auprès de moi.

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