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 I need help ! ■ Naït

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MessageSujet: I need help ! ■ Naït   Dim 29 Avr - 0:13



Eowyn & Naït
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Debout devant le plan de travail, armée de mon couteau de cuisine à la lame quelque peu émoussée, je découpe les quelques navets que j’ai réussi à trouver dans la forêt. Assise sur la table de la cuisine, Aerin joue avec une vieille poupée de chiffon qui m’appartenait il y a fort longtemps. Ce jouet est passé dans toutes les mains des filles de notre fratrie. Je me souviens encore lorsque maman me l’a faite, j’avais deux ans et j’étais folle de joie, imaginez un peu, mon premier jouet rien qu’à moi ! Je ne me rappelle plus du prénom que je lui avais donné car j’en changeais sans arrêt de toute façon. Cette poupée a appartenu à Maïlys, Clotilde, Gaëlle et maintenant Aerin, elle a bien vécu, il me faut la réparer assez régulièrement mais elle tient le coup. J’entends ma petite sœur chantonner de sa petite voix aigue, elle fait danser le jouet sur la table en bois abîmés par le temps. Elwing, elle, dort paisiblement dans le berceau placé dans la chambre des filles, une pièce pour six personnes, deux lits et un berceau. Dire qu’à une époque, très lointaine, la chambre me semblait immense, je l’occupais avec Théodred et Maïlys. Mais mes parents n’ont pas eu l’envie de n’avoir que trois enfants et si ma mère n’avait pas fait de nombreuses fausses couches ou mis au monde des enfants mort-nés, je n’ose imaginer comment nous aurions pu vivre ! Nous peinons tellement, ou plutôt, je peine à nourrir toute la famille qui compte neuf personnes, alors plus ! Aerin se lèvre, j’entends ses pas légers sur le parquet s’approcher de moi. Elle pose ses mains sur le bord du plan de travail à côté de moi et son menton sur ses mains, elle me regarde découper les navets. « On va encore manger des navets Eowyn ? » Je sens au ton de sa voix qu’elle est contrariée, oui les navets faisaient parti ces temps-ci de notre principale source de nourriture. Je mets les navets découpés en rondelles dans de l’eau et pose mon couteau puis me mets à genoux, à la hauteur de ma sœur. « Eh oui Aerin, si je pouvais te donner autre chose à manger je le ferai. Mais on va aller faire un tour au marché le temps que la soupe cuise ! Allé, va enfiler tes souliers ! » Un grand sourire éclaire le visage de ma petite sœur et elle part bien vite chercher ses souliers abîmés par le temps… Eux aussi je les mettais à une époque… Je frotte mes mains sur mon tablier puis le retire pour le poser sur une chaise. Je rentre dans la chambre où Elwing est assise dans son berceau à regarder ses mains, je m’approche d’elle et la prend dans mes bras, je ressors après avoir récupéré mon panier et des onguents ainsi que des baumes que je pourrai échanger contre de la nourriture, enfin autre chose que des navets. Aerin m’attend, impatiente, sur le pas de la porte. Je lui donne le panier et prend l’une de ses mains dans la mienne.

Nous traversons le quartier en parlant, ou plutôt Aerin me parle, ou parle tout court. Je n’ai pas besoin de répondre, elle fait la conversation toute seule. Au marché, je parviens à échanger des baumes contre quelques carottes qui font pâle figure. Mais ce sera mieux que seulement des navets. Je vois bien au regard déçue de ma sœur qu’elle aimerait manger autre chose, mais je n’ai rien à lui offrir d’autre, les temps sont durs pour tout le monde. En repartant pour la maison, nous croisons les plus grands qui rentrent de l’école. Clotilde et Nataël sont tous deux couverts de poussière, leurs vêtements sont déchirés. Je les sermonne, pourquoi faut-il qu’ils soient aussi belliqueux ? Je vais devoir rapiécer encore une fois leurs vêtements, Aerin m’imite en faisant les gros yeux, elle dispute également ses aînés pour faire comme moi. Mais cela fait pouffer de rire les jumeaux. Une fois à la maison, je dépose Elwing dans son berceau et rajoute les quelques carottes à la soupe. Heureusement, j’ai quelques plantes aromatiques bien cachées dans un pot et j’en rajoute dans l’eau pour que cela ait du goût. Ensuite, j’aide Nataël, Gaëlle et Clotilde pour leurs devoirs. « Tu sais, je pourrais arrêter l’école Eowyn, pour t’aider à la maison et à trouver de quoi manger ! » Je lève la tête pour regarder Maïlys debout en face de la table. « Il en est hors de question May, tu dois aller à l’école, je ne veux pas que tu travailles, aucun de vous d’ailleurs. » May soupire, ce n’est pas la première fois qu’elle dit ça, et même si cela me touche, je ne peux pas accepter ça. Non, je veux qu’ils soient tous à l’école, qu’ils trouvent peut-être un jour le moyen de s’émanciper grâce aux études, qu’en sais-je. Une fois les devoirs terminés, j’envoie les jumeaux chercher de l’eau pour qu’ils se lavent. Ils ne sont pas loin et remplissent vite le baquet d’eau. Ils se lavent un tour chacun, puis Maïlys et Gaëlle font de même. Pendant ce temps, je répare les vêtements déchirés des jumeaux, il faudrait que je trouve du tissu pour leur faire de nouveaux vêtements, mais cela coûte cher… Je soupire.

Les heures passent, une fois le repas terminé, je couche mes sœurs et mon frère après une dernière histoire. Doucement, je ferme les portes des chambres pour ensuite m’asseoir sur une chaise et reprendre mes ouvrages de coutures. Des robes et des pantalons déchirés m’attendent et ils sont nombreux ! Courbés à la lueur de quelques bougies, je me tue les yeux pour y voir quelque chose. Un bruit me fait soudainement sursauter. Je me retourne et trouve mon frère appuyé à la table, complètement ivre. « Qu’est qu'tu r’gardes petite sœur ? » Je dépose les vêtements et me lève de ma chaise, je dois vite aller dans ma chambre, là où il ne me suivra pas, mais il me rattrape par le poignet et me le tord. « Lâche-moi ! » Il me frappe une première fois au ventre, je me courbe sous la douleur, je tente de lui échapper, en vain. Il attrape une des chaises et la fracasse sur mon dos, je tombe au sol dans un gémissement de douleur. S’en suit des coups de pieds dans mon ventre, puis il me relève en me tenant par les cheveux, un poing s’abat sur mon visage, c’est la première fois qu’il prend le risque de frapper mon visage. Théodred me frappe pendant un long moment, j’ignore combien de temps exactement mais trop longtemps… Alors que je crois qu’il va finir par faire sa basse besogne, il tombe raide mort (de fatigue) sur le sol. Tremblante, le dos contre un mur, je le regarde. J’ai mal partout, je sens le goût du sang dans ma bouche, je tousse et recrache du liquide pourpre. Je me lève tant bien que de mal et m’approche de l’unique miroir de la maison. Mon œil droit est violet, ma lèvre inférieur tuméfiée et enflée. J’ai mal… Très mal… J’entends mon frère grogner, je prends peur et quitte la maison en courant apeurée.

Le jour commence à se lever, je ne veux plus rester là-bas, je veux être en sécurité loin de ce porc. De grosses larmes coulent le long de mes joues, mon souffle est saccadé, j’arrive devant le grand chêne et m’effondre au sol à bout de force.

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MessageSujet: Re: I need help ! ■ Naït   Dim 29 Avr - 20:56

Naït Ҩ Eowyn
« La vaste nuit allume toutes les étoiles. »


Enfin une nuit paisible, une nuit où je me sens parfaitement en sécurité. Mes parents sont partis cet après-midi direction le Capitole.
Brrrr quelle horreur. Enfin, même s’ils se jetaient dans les bras de ces monstres avec envie et que cela me dégoute, je ne dis vraiment pas non à quelques jours de répit. Ne voulant pas les accompagner j’ai dû trouver une excuse, et avec la Moisson qui approche, ce fut vraiment un jeu d’enfant. Bien sûre je ne dois pas partir, sinon mon entrainement serait mis entre parenthèse et pourrait être fatal lors des jeux… C’est le cas de le dire…
Rien qu’en parlant de Moisson, de Hunger Games et du fait que je vais peut-être devenir tribut, je vois les yeux de mon père briller d’une sorte de nouvelle fierté. Il devrait avoir honte, au lieu de cela, mon excuse semble l’enchanter, tellement qu’il ne se rend pas compte que je lui mens de façon lamentable.
C’est ainsi que dans l’après-midi, mes parents ont finient leurs valises et s’apprêtent à partir :
- Ne néglige pas ton entrainement, tu sais parfaitement que lorsque je rentrerais du Capitole, je verrais très rapidement si tu t’es laissé aller.
- Bien sûre, c’est bien pour cela que je reste je te rappelle.
Il me sourit, comme il le fait que très rarement et part sans se retourner.
Je ne me détends que lorsque la voiture est loin. En fait, je me détends vraiment que lorsque je sais que le train est partit et que je ne les vois pas revenir.
J’ai passé la fin de l’après-midi à manger plus que d’accoutume, à regarder la télé et à vomir sur les reportages qu’ils passaient sur la beauté du Capitole et surtout, sur les anciens jeux. Dire que bientôt cette horreur fera son grand retour. Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait cela. Plus d’un siècle sans les jeux, et soudainement, ils décident de remettre cela en place. Pourquoi ? La rébellion ferait-elle son grand retour ? Plutôt que d’attendre de nouveaux jours sombres comme ceux qui ont engendrés les premiers Hunger Games, mieux vaut prévenir que guérir comme on dit si bien non ? Le Capitole doit vraiment se sentir en danger pour instaurer ce climat de peur.
Il a vraiment dû se passer quelque chose, on n’instaure pas la terreur par plaisir, on l’instaure car il y a un problème, un danger potentiel pour le Capitole.
Je médite sur cette question tout l’après-midi.
Lorsque le soleil se couche, j’éteins la télé, et me prépare pour sortir.
Ce soir je dois retrouver Eowyn, ma petite Eo dans notre coin à nous. Je prends mes boots, enfile ma veste en cuir, prend mon carnet, la corde et commence à partir.
- Zut !
Je fais vite demi-tour afin de récupérer le fromage de chèvre que j’avais prévu de donner à Eo. Mes parents ne verront rien, et de toute façon je leurs dirais que c’est moi qui l’ai mangé. Cette disparition passera vraiment inaperçus et je compte bien profiter de leurs absence pour en faire profiter des personnes telles qu’Eowyn qui se bat tous les jours pour sa grande famille.
Personnellement, j’aurais adoré avoir un petit frère ou une petite sœur, mais mon cœur sait parfaitement que c’est mieux ainsi. Cela aurait été égoïste de vouloir faire subir à quelqu’un que j’aime ce que je subis tous les jours. Je n’aurais pas supporté cela, mais au moins, je me serais battu pour la bonne cause. En étant fils unique je ne fais rien. Je me laisse faire lamentablement et je sais parfaitement que je ne peux rien contre cet homme. Je me demande d’ailleurs pourquoi le fait d’être fils unique m’affecte autant au final. C’est étrange de se dire qu’on serait totalement différent, plus fort, plus audacieux et courageux pour une seule et unique personne… Je dois avouer que je n’ai pas encore trouvé quelqu’un pour qui je voudrais me battre ainsi.
Eo, peut être que je me battrais pour elle. Non, c’est sûr que je me battrais pour elle s’il lui arrivait quelque chose. Elle m’a beaucoup de fois sauvé la vie, elle est ma meilleure amie et je ne me battrais pour elle.
Une fois le fromage emballé, c’est presque en courant que je me dirige vers la Veine, puis le grillage.
J’écoute attentivement un petit moment. Aucun bruit suspect.
Je passe le grillage sans aucun problème et me dirige en trottinant dans notre coin. Je grimpe dans l’arbre sans trop de difficulté et accroche la corde afin de lui lancer lorsqu’elle arrivera. Je regarde le soleil terminé sa course, il est vrai que je suis venu un peu plus tôt que d’habitude, mais j’ai tellement hâte de la voir et de lui dire que mes parents sont enfin partis, de lui parler de ce que je pense du retour des Hunger Games, j’ai bien envie de connaitre son avis sur la question. Mais j’ai surtout hâte de voir son visage lorsque je vais lui donner le fromage de chèvre.
La nuit tombe, je sais qu’elle ne va pas tarder à arriver. Moi pendant ce temps, je sors mon carnet et commence à dessiner puis à écrire un peu ce que j’ai sur le cœur, mes appréhensions, mes hantises en quelque sorte. C’est étrange, même lorsque mon père n’est pas là, je suis hanté par son démon. Cet homme m’a vraiment détruit.
J’écris un long moment avant de me rendre compte qu’Eowyn est en retard… Etrange.
J’attends.
Les minutes se transforment en heures.
J’attends toujours.
Je regarde les étoiles, offre mon visage à la lune et je ne souhaite pas rentrée.
La lune suit sa course tranquillement, et moi qui était si heureux me retrouve à paniquer.
Où peut-elle bien être ? Que lui ait-il arrivé ?
Soudain, j’ai peur qu’elle se soit fait prendre par des Pacificateurs. Bien évidemment, nous n’avions pas le droit de nous trouver dans la forêt, si on se fait prendre, c’est une punition publique, en général, coup de fouet.
Je me crispe sur mon arbre en imaginant le corps d’Eowyn ravagé par les coups, son dos ensanglanté, les traces de fouets… Elle ne résisterait pas longtemps.
Le soleil commence à se lever, et moi je ne bouge pas. Alors que je commence à perdre totalement espoir, un bruit en bas attire mon attention.
C’est elle. Je commence à prendre la corde afin de lui envoyer, je souris en lui lançant et en hurlant :
- Alors là j’ai carrément cru que tu me posais un lapin.
Lorsque je la vois littéralement s’effondrer, je n’hésite pas une seconde. J’attrape la corde et me laisse tomber dans le vide.
Je me réceptionne tant bien que mal, mes mains me brûlent avec le frottement de la corde mais je m’en moque.
Je m’avance auprès d’elle et un cri d’horreur m’échappe. Finalement j’avais peut être raison. Elle était dans un état horrible. Ça ne pouvait pas être les Pacificateurs, j’aurais entendu quelque chose, une annonce… A moins qu’il y ait eu abus de pouvoir, aucune annonce officiel, aucun témoins, aucune punition publique…
Je prends délicatement son visage entre mes mains et le fait tourner afin de voir l’ampleur des dégâts. Je ne l’avais jamais vu dans un tel état.
- Qui a osé te faire ça ?
Me voila en colère, très en colère. Je serre les poings tout en la regardant. Cela me fait tellement mal au cœur de la voir dans cet état.
Je retire ma veste afin de lui mettre autour des épaules afin qu’elle ne prenne pas froid, j’arrache une de mes manches de T-Shirt et commence à nettoyer ses blessures. Chaque gouttes de sang, chaque trainé que je fais en tentant de la nettoyer et telle un coup de poignard dans mon cœur.
- Eo… Que s’est-il passé ? Qui t’as fait ça ? Les Pacificateurs ? Eo répond moi… dis-je, désespéré et totalement abattu, anéantis.

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MessageSujet: Re: I need help ! ■ Naït   Dim 29 Avr - 21:52



Eowyn & Naït
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Je n’ai pas tenu, je me suis lamentablement effondrée sur l’herbe verte de la forêt juste en bas du grand chêne où se trouve Naït. Il m’a attendue toute la nuit, là-haut perché sur sa branche il ne lui est pas venu à l’idée de rentrer chez lui en voyant que je ne venais pas. Non il avait pris le risque de se faire attraper par des pacificateurs pour moi. Mais je n’avais pas pu le rejoindre, mon frère m’en avait empêchée. Et je suis là, allongée dans l’herbe, souffrant le martyr à cause de mes côtes fracassées, pourquoi faut-il que j’ai un frère pareil ? Pourquoi est-ce un monstre qui ne pense qu’à me frapper et à me violer ? Qu’ai-je donc fait au Ciel pour mériter cela ? Rien c’est bien simple, je n’ai rien fait. Je suis juste mal tombée, le Destin m’a dotée d’un frère immonde et d’un père ivrogne incapable d’aider sa famille. J’ai parfois l’impression d’être la seule adulte à la maison, et que la survie de ma famille repose uniquement sur mes frêles épaules… Et c’est le cas, si je n’étais pas là, Theodred et papa laisseraient mourir de faim les plus jeunes, ils ne s’en soucieraient guère. Comme j’aimerais que mon frère ait l’âge de participer aux Hunger Games, qu’il soit tiré au sort et qu’il meurt dans cette arène ! Pour sûr je serais incapable de le pleurer, je crois même qu’un lourd poids s’ôterait de mes épaules, je serais enfin libre. Je suis peut-être un monstre de dire cela, mais c’est la vérité, il ne fait rien pour notre famille, son salaire il le dépense dans des choses inutiles. Il ne cause que des problèmes, il faut le faire cesser mais j’en suis incapable, je suis trop faible face à lui, il me brise trop facilement. L’odeur de l’herbe me rassure, je serais capable de m’endormir malgré la douleur, de me laisser sombrer dans la quiétude, vers la douceur, loin d’ici… Oh oui, si je pouvais être égoïste, ne penser qu’à moi et uniquement à moi, je mourrais. C’est horrible de dire cela mais je pourrais vraiment mettre fin à ma vie pour enfin ne plus souffrir. Mais je ne suis pas égoïste et trop de personnes ont besoin de moi sur terre pour que je mette ainsi lâchement fin à mes jours. Pour mes sœurs, mon petit frère, Naït je ne peux tout simplement pas lâcher prise et couler tel un navire lors d’un naufrage.

J’entends les pieds de Naït toucher le sol, se serait-il jeté dans le vide le fou ? Et s’il se blessait ? Juste avant les Hunger Games cela pouvait être risqué s’il était sélectionné ! Et ses parents verraient bien qu’il est blessé, son père le lui ferait payer. Ce n’est pas raisonnable Naït, pas raisonnable du tout. Mais je ne suis pas d’humeur, ni même en état de le sermonner comme je l’aurais fait pour mes petites sœurs et mon frère. Son exclamation de stupeur me parvient, je me mords l’intérieur des joues, j’ai une tête épouvantable, je le sais. Ai-je bien fait de venir le retrouver ? Je ne veux pas qu’il sache ce qu’il se passe à la maison, je ne veux pas le mêler à ça car je ne le connais que trop et je suis parfaitement qu’il serait capable d’aller trouver mon frère pour lui foutre une raclée. Mais cela ne ferait qu’empirer la situation, mon frère ne supporterait pas qu’on vienne lui dire quoi faire ou ne pas faire. Et surtout, il me le ferait lourdement payer, quitte à me tuer… Oh, il ferait passer mon décès pour une mort accidentelle, puis qui viendrait lui chercher des problèmes si l’on savait qu’il était le responsable de mon trépas ? Personne, les gens du district sont trop occupés à survivre pour se mêler d’une mort. Mon corps sera balancé dans une tombe près de celle de ma mère et ma pauvre Maïlys sera obligée de reprendre le flambeau et de servir de nouvelle victime à Theodred. Penser à ça me fait terriblement mal, je ne supporte pas qu’on puisse faire du mal à mes frères et sœurs, qu’on touche à un seul de leur cheveu. Pour eux je pourrais être capable de tuer alors qu’avoir du sang sur les mains me répugne, je remuerais terre et ciel pour leur bonheur et mon trépas ne leur causerait que douleur et souffrance.

Je sens deux mains chaudes se poser sur mon visage, j’arrive à peine à ouvrir mes paupières. Je sais qu’il s’agit de Naït, qui cela pourrait-il être sinon ? Il fait délicatement tourner mon visage, sûrement pour regarder l’étendu des dégâts. J’aimerais le repousser, lui dire de ne pas regarder mais je n’en ai pas la force ni même le courage. « Qui a osé te faire ça ? » Je ne réponds pas, je ne peux pas le dire. Je dois mentir, trouver une excuse. Pourquoi pas un pacificateur ivre abusant de ses pouvoirs ? Non, Naït irait chercher les problèmes, quoi que je dise, il ne restera pas là les bras croisés et cela me désespère. J’aurais dû rester à la maison, lui glisser un mot dans l’arbre pour lui dire que j’étais malade et le laisser en dehors de tout ça, je m’en mords les doigts d’être venue le retrouver. Je n’ouvre pas les paupières, il faut que je trouve la force de le faire mais je n’y parviens pas. Je sens qu’il dépose sa veste sur mes épaules. Le bruit d’un déchirement, il tente de nettoyer mes blessures. De grosses larmes coulent sur mes joues, j’ignore si elles sont juste les témoins de ma douleur physique ou autre, mais elles sont bien là. « Eo… Que s’est-il passé ? Qui t’as fait ça ? Les Pacificateurs ? Eo répond moi… » J’arrive à secouer doucement la tête. « J’peux pas… J’peux pas… » Une violente quinte de toux me secoue et un goût ferreur envahit mon palais. Je me redresse légèrement et me penche du côté opposé à Naït pour cracher du sang. Vient-il de mes poumons ? Une maudite côté aurait-elle perforé l’un des poumons ? J’espère que non. Je gémis presque de douleur en bougeant, ce n’est pas la première fois que j’ai mal, mais jamais à ce point. Mon dos me fait aussi souffrir, quelle idée de me frapper avec une chaise. Je retombe sur le sol, accablée par la douleur. « Je t’en supplie, je t’en prie ne dis rien de tout cela… Oublie ça même sinon… Sinon Theodred va me tuer, il n’aura pas de mal à le faire… » Je plaque ma main sur ma bouche, je me rends compte que j’ai dénoncé mon frère sans le vouloir. Mais quelle idiote je peux être des fois. Mes yeux grands ouverts, je regarde Naït suppliante. « S’il te plaît… Ne fais rien d’idiot… »

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MessageSujet: Re: I need help ! ■ Naït   Mar 1 Mai - 21:41

Naït Ҩ Eowyn
« La vaste nuit allume toutes les étoiles. »


Theodred va me tuer...
Theodred… Non.
Je la regarde, impuissant, me rendant compte de ma stupidité, de mon manque d’action, de mon manque de jugement, de mon manque de présence, de tout…
Ca tourbillonne dans ma tête, ça me brûle, ça me ronge…
Eowyn a toujours été là pour moi, elle me soigne depuis près six ans. Elle ne me soigne pas seulement physiquement, mais aussi mentalement. Elle m’aide à rester calme, à me contrôler, à refouler cette colère que je porte au monde, à mon père mais surtout envers moi-même. Lorsque je suis avec elle, j’arrive à voir une part de générosité et de gentillesse en moi, seul, mes démons reviennent aux galops, plus fort que jamais, et moi seul, je ne peux rien face à eux.
Voilà que tout se rapporte à moi… Encore et toujours moi… Je suis vraiment un monstre.
Et pendant qu’elle était là, qu’elle me soignait, qu’elle m’apaisait, moi je n’ai rien vu.
Tout se déroulait sous mes yeux de façon évidente et je n’ai rien vu.
Je suis souvent avec elle le soir, je la vois souvent dans le district, mais au final, non je ne la vois pas réellement.
Je serre les poings et les larmes commencent à me monter aux yeux.
Durant tout ce temps, je souffrais à la maison, mais elle, qui sait ce qu’elle a subit, et depuis combien de temps.
Qu’on s’en prenne à moi, pas de problème, vraiment rien comparé à cela.
Je regarde Eowyn de façon tendre, tachant de cacher la colère qui me brûle les veines.
Lorsque je pose mes mains sur son visage, lorsque je lui nettoie délicatement le visage, elle ouvre les yeux difficilements et je lui souris, comme pour la rassurer même si cela ne sers vraiment à rien. Malgré cela, son manque de réponse me tue. J’ai l’impression qu’elle a limite peur de moi maintenant, de ce que je pourrais faire, et elle a bien raison. Regretterait-elle d’être venue me voir ?
Elle referme les paupières et je profite de ce moment où elle ne me voit pas pour crisper ma mâchoire. Mais le pire est de la voir pleurer. J’espère ne pas lui faire mal. Même si ce n’est pas moi qui lui ait infligé ces blessures, je me sens tellement coupable de ne pas avoir agis avant, de ne pas avoir vu.
Qui pouvait bien lui dire cela ?
- J’peux pas… J’peux pas…
Rien que cette phrase m’effraies au plus haut point. Si elle ne veut pas me répondre, à moi, c’est que cela doit être pire que ce que j’imaginais… Je ne me rendais vraiment pas compte que j’avais raison.
Elle se met à tousser, se détourne et crache du sang dans l’herbe, et soudain j’ai peur et j’aimerai savoir ce qui lui ait arrivé, je pourrais surement l’aider, lui dire si elle à des os cassé. Même si c’est elle la guérisseuse, elle n’est pas vraiment en état de faire un diagnostic. Pour cracher du sang comme cela, celui ou ceux qui lui ont fait cela n’y sont pas allée de main morte. Comment peut-on faire ça à une fille, une femme aussi douce qu’elle. C’est le genre de personne qui en plus, je suis sûre, viennent la voir lorsqu’ils ont besoin de potions. Quelle horreur…
S’en prendre à une femme… Soudain j’ai peur… J’ai peur qu’il y ait eu plus que des blessures, que des coups mais qu’il y ait eu aussi…
Je touche son épaule délicatement, et lui demande doucement tellement mon cœur se serre :
- Ils ne t’ont rien fait de plus. Dis-moi qu’il ne-t-on pas touché… Ils n’ont pas osé…
Une larme coule sur ma joue alors que la scène se déroule sous mes yeux. Je détourne le regard, ayant trop peur de la réponse…
- Je t’en supplie, je t’en prie ne dis rien de tout cela… Oublie ça même…
Oublier, elle se moque de moi. Je ne pourrais jamais oublier et elle le sait parfaitement !
-…Sinon Theodred va me tuer…
Voilà la phrase qui m’a achevé et que je n’oublierais, graver au fer rouge dans mon cœur, mon âme et ma peine.
-… Il n’aura pas de mal à le faire…
Elle plaque sa main sur sa bouche et l’horreur m’apparait.
- Tu plaisantes… ma voix vibre de colère. Tu rigoles Eowyn… Il ne t’as pas fait ça ! Pourquoi !
Cette fois, ce sont des larmes de colère qui me traversent les joues. Elle ouvre grand ces yeux et me regarde paniqué…
Il ose la toucher, la frapper et qui sait s’il fait plus…
Non, je crois que je vais vomir…
- S’il te plait… Ne fais rien d’idiot…
- Rien… RIEN D’IDIOT TU TE MOQUES DE MOI EO…
Je me relève et hurle plus que jamais, j’ai besoin d’évacuer ma rage. Je fais les cents pas…
- Comment peut tu me demander cela Eowyn… Il ose te toucher, te faire du mal… Depuis combien de temps tu subis cela ? Y a-t-il eu plus que des claques et des coups de poing…
Je doute qu’il ait touché à sa sœur, mais il ose bien la frapper alors on ne sait jamais.
- Bon sang…
J’attrape mes cheveux et tire dessus…
- C’est pas vrai c’est pas possible Eo… Et moi… Je n’ai rien vu, rien du tout…
De colère je m’approche d’un arbre, hurle un bon coup et mon poing se fracasse dans le tronc.
Ça fait mal et du sang commence à couler de mon poing mais franchement, rien a voir avec la douleur dans mon cœur.
Je me rapproche à nouveau d’Eowyn.
- Tu souhaites vraiment que je ne fasse rien à ce salaud… Si tu me le demande vraiment, je ne ferais rien...
Du moins je ne ferais rien sans qu’elle le sache. Je ne laisserais pas son frère la retoucher, je m’occuperais de lui, mais elle n’en sera rien si tel est son désir.
- Je ferais tout pour te protéger, j’ai failli jusqu’alors et je m’en veut terriblement. Je suis tellement désolé de n’avoir pas été là finalement pour toi.
Je pose ma main sur sa joue et commence à essuyer les larmes qui coulent sur sa joue.
- Tout iras mieux maintenant, tu m’entends… Mais depuis combien de temps, pourquoi… Et ne me dis pas que…
La scène se déroule une nouvelle fois sur mes yeux et je préfère me taire, attendant la réponse avec peur…


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MessageSujet: Re: I need help ! ■ Naït   Mar 1 Mai - 23:41



Eowyn & Naït
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Comment aurait-il pu le voir ? Hein, comment Naït aurait-il pu se rendre compte de quoi que ce soit ? Mon frère ne m’a jamais frappé au visage, oh non jamais, pas même une gifle. Même lorsqu’il est ivre, il garde quand même un peu lucidité, il ne veut pas que tout le monde sache qu’il me frappe. Pourquoi ? Je l’ignore, peut-être qu’il a peur des représailles de certaines personnes qui n’acceptent pas une telle violence, même sous le toit d’un autre. Oh, il ne peut craindre Naït vu qu’il ne le connait même pas, nous faisons tout pour garder notre amitié secrète et cela depuis des années maintenant. Il est arrivé qu’en me serrant la gorge, Theodred laisse des marques, mais un cou est plus facile à cacher qu’un visage, une écharpe, un pull, un châle et personne n’y voit que du feu. Quatre ans que je passe tous les soirs sous les poings et autre de mon aîné, quatre que je me tais, que je souffre en silence et je tiens bon. J’ai l’impression d’être devenue la reine de la dissimulation, j’ai beau voir Naït tous les soirs je n’ai jamais grimacé lorsque mes côtes me faisaient souffrir. J’ai même eu un bras cassé il y a deux ans, il n’a rien vu. J’avais fortement attaché une attelle que je camouflais sous un épais pull (nous étions en hiver et heureusement), je grimpais tout de même à l’arbre, en utilisant surtout mon autre bras et mes jambes, je donnais le change à la perfection. Personne n’a vu ma grossesse, pas même mon père qui est de toute façon trop ivre pour se rendre compte de quoi que ce soit. Pendant des mois j’ai caché mon ventre en l’aplatissant avec ce que je pouvais, en mettant des vêtements amples au possible. Je faisais tout comme n’importe qui, ne cherchant pas à me ménager malgré mon état. Je me souviens quelques heures précédant l’accouchement, je m’étais rendue à mon rendez-vous habituel avec Naït, que j’avais grimpé ce grand chêne alors que les contractions étaient douloureuses. Mais je ne pouvais pas ne pas retrouver Naït, il se serait inquiété ce que je ne voulais pas. Alors oui, ma santé passait bien après les apparences et les autres. Toujours faire bonne-figure, voilà ce que mon calvaire m’a appris, qu’il faut toujours garder la tête haute, même lorsque l’on voudrait s’effondrer. Puis… Je sais que si je refuse, que je me débats, que j’empêche Theodred de faire ce qu’il veut de moi, il s’en prendra à Maïlys et ça, je ne peux tout simplement pas le tolérer, je préfère endurer mille maux plutôt que de voir ma petite sœur souffrir. Ca jamais…

Je viens de faire une gaffe monumentale, j’ai avoué alors que je ne le devrais pas. Ma main est plaquée sur ma bouche, j’ai envie de me frapper, sincèrement je mériterais une bonne gifle pour avoir si lâchement cédé. Si je le pouvais, je remonterais dans le temps et déciderais de ne pas aller voir Naït, je l’aurais retrouvé le lendemain et je me serais excusée, inventant une excuse bidon par exemple que l’une de mes sœurs était malade et que je devais m’en occuper. Mais je ne peux pas remonter le temps, je suis là, allongée dans l’herbe en plein milieu de la forêt à lui demander, non à le supplier de ne rien faire d’idiot. En gros, je veux qu’il se taise, qu’il oublie ce qu’il a vu et entendu. Hélas, je connais Naït et il s’emporte. « Rien… RIEN D’IDIOT TU TE MOQUES DE MOI EO… » Je me mords l’intérieur des joues et le regarde se lever. Il est vraiment très très en colère. Mais qui ne l’aurait pas été ? Je le suis moi-même lorsque je vois ce que son père lui fait subir, lorsque je soigne ses blessures je sens mon sang bouillir de colère et si je le pouvais je tuerais cet homme. « Comment peux tu me demander cela Eowyn… Il ose te toucher, te faire du mal… Depuis combien de temps tu subis cela ? Y a-t-il eu plus que des claques et des coups de poing… » Doucement, tout doucement je me redresse. La douleur est vraiment insoutenable tant dans mon dos que dans mes côtes, mais je le fais sans un rictus de douleur, seuls mes yeux doivent me trahir. Je suis persuadée que je dois déjà avec des gros hématomes dans le dos et sur mes côtés, on peut dire qu’il ne m’a pas loupé. « Ce serait pourtant mieux, que tu ne fasses rien … » Je ne veux pas m’étaler, je ne vais pas lui en dire plus car il sera d’autant plus en colère et je ne veux pas l’énerver même si c’est trop tard.

« C’est pas vrai c’est pas possible Eo… Et moi… Je n’ai rien vu, rien du tout… » Je secoue la tête, non il ne doit pas s’en vouloir je n’en ai pas envie. « Personne n’a jamais rien vu Naït, personne ne peut se douter de quoi que ce soit » Piètres paroles qui ne changeront rien. Il s’éloigne de moi pour écraser son poing contre un arbre. J’ai mal pour lui, il n’y est pas allé de main morte. Il revient à nouveau vers moi, se met à ma hauteur, j’évite son regard de peur d’y voir sa colère. «Je ferais tout pour te protéger, j’ai failli jusqu’alors et je m’en veux terriblement. Je suis tellement désolé de n’avoir pas été là finalement pour toi. » Je lève les yeux tandis qu’il essuie les larmes qui coulent encore sur mes joues, je ne me suis même pas rendue compte que je pleure encore. « Ne t’en veux pas Naït, j’ai… J’ai tout fait pour que personne n’en sache rien, surtout pas toi… Ne t’excuse pas, je t’en supplie… » Je ne supporte pas qu’il s’en veuille, parce que rien n’est de sa faute, rien du tout. « Tout ira mieux maintenant, tu m’entends… Mais depuis combien de temps, pourquoi… Et ne me dis pas que… » Je secoue la tête, je sais à quoi il pense et ça par contre je refuse qu’il le sache. Jamais, cela doit resté un secret pour tout le monde, même pour lui. « Non, cela n’ira pas mieux, tu ne dois pas t’en mêler Naït, cela risque d’empirer s’il sait que tu es au courant, si tu tentes quelque chose. Si ce n’est pas moi qu’il frappe ce sera Maïlys, et je préfère qu’il me tue plutôt qu’il s’en prenne à elle. Ca va faire quatre ans que ça dur. Et non, il ne va pas jusque là. »

Je regarde sa main ensanglantée, je la prends doucement après avoir tiré un mouchoir propre de ma poche. Je tamponne le sang pour pouvoir le soigner mais il retire brusquement sa main et s’éloigne. Je lève les yeux pour pouvoir le regarder. « Naït… » Je me tais, je sais à quoi il pense et je ne peux rien dire… Je regarde le ciel qui a pris une teinte rosée, le jour se lève et ce n’est pas prudent de rester là. « Je dois rentrer avant que tout le monde ne se lève.. » Doucement, mais sûrement je me lève. Je pose une main sur le dos de Naït qui me fait face, puis me retourne. La douleur lorsque je marche est épouvantable, mais je peux tenir. Je fais cinq pas maximum quand là, j’ai l’impression qu’on me transperce avec un poignard. Je tombe sur le sol à genoux crachant du sang qui s’écrase sur l’herbe vert de la forêt. Je ne peux faire un mouvement sans que du liquide pourpre ne s’échappe de mes bronches. Je veux me relever, des petits points noirs apparaissent devant mes yeux, j’ai mal, je peine à respire… Puis un voile noir s’abat sur mes yeux, je tombe sur le côté, inconsciente, un filet de sang coulant le long de la commissure de mes lèvres…


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MessageSujet: Re: I need help ! ■ Naït   Ven 4 Mai - 21:58

Naït Ҩ Eowyn
« La vaste nuit allume toutes les étoiles. »


Alors que je ne pensais pas pouvoir me haïr plus que je ne me hais en ce moment même, je me rends compte qu’il n’y avait rien de plus faux. Je pouvais me haïr encore plus, et cela se jouait en ce moment même.
Bien sûre elle ne souhaite pas cela pour moi, mais il me serait arrivé la même chose, les situations serait inversé, je suis sûre qu’elle s’en voudrait. Si elle avait su qu’elle avait de quoi me soigné, de quoi me guérir non seulement le corps, mais l’âme, elle se serait haït elle aussi de n’avoir rien vu venir, de n’avoir rien pu faire.
J’ai tout pour la soigné chez moi, ou même si je n’avais pas eu, je me serais blesser pour m’en procurer au Capitole, j’aurais tout fais pour la soigner. Pourquoi ne m’a-t-elle rien dit ? Pourquoi avoir caché un tel secret, à moi ?
Non pas qu’elle me doit quelque chose, non, mais je pensais qu’on ne se cachait rien tous les deux. Et moi qui pensais être quelqu’un de fort pour subir la maltraitance de mon père tous les jours, je me rends compte que je ne suis qu’un pleurnichard, égoïste et sans cœur.
Lorsqu’elle se relève pour me répondre, faisant tout pour me faire croire qu’elle ne souffre pas, ces yeux montrent la douleur qu’elle subit, qu’elle ressent et ça me brise le cœur. S’en est ainsi. La voir souffrir m’est insupportable.
- Ce serait pourtant mieux, que tu ne fasses rien…
- Mieux pour qui ? Pour toi, pour qu’il te batte encore ? Pour moi, alors que ce que je viens d’apprendre me ronge déjà ?
Non, ca ne serais pas mieux, pas plus juste, cela serait une énorme erreur !
Ma colère ne se calme pas, au contraire, elle s’accroit de minutes en minutes.
- Personne n’a jamais rien vu Naït, personne ne peut se douter de quoi que ce soit…
- Et tu crois que cela me rassure… Tu penses vraiment que me rendre compte que je n’ai rien vu venir, que je n’ai même pas su prendre soin de toi… Enfin je n’ai même pas essayé parce que je n’ai rien vu… RIEN DU TOUT !
Même le poing dans l’arbre n’arrive pas à me calmer. Non, et j’ai même envie de recommencer, encore, et encore, et encore… Mais je ne souhaite pas l’effrayer.
- Ne t’en veux pas Naït, j’ai… J’ai tout fait pour que personne n’en sache rien, surtout pas toi… Ne t’excuse pas, je t’en supplie…
- Si je m’en veux… Plus que jamais… Mais alors pourquoi ne rien avoir dit à personne… Je sais que tu ne veux pas que l’on s’occupe de toi, te pourtant tu es l’une de celle, si ce n’est celle, qui la mérite.
Oui, elle est celle qui le mérite le plus à mon sens...
- Tout iras mieux maintenant…
- Non, cela n’ira pas mieux, tu ne dois pas t’en mêler Naït, cela risque d’empirer s’il sait que tu es au courant, si tu tentes quelque chose. Si ce n’est pas moi qu’il frappe ce sera Maïlys, et je préfère qu’il me tue plutôt qu’il s’en prenne à elle. Ca va faire quatre ans que ça dur. Et non, il ne va pas jusque là.
Je suis tellement rassuré d’apprendre quand même qu’il n’y a rien de plus que des coups, mais c’est une bien piètre victoire. Une trop petite victoire, et ce n’est même pas une victoire…
Empirer... Comment cela peut-il être pire... Je ne me vois pas rester là, à regarder tranquillement cette pourriture tuer à petit feu Eowyn...
Elle regarde ma main, tire un mouchoir de sa poche, me prend la main et commence à vouloir me soigner.
Non mais c’est une blague… Elle se moque de moi !
Je la retire violement et m’éloigne d’elle. Non, je mérite de souffrir. Alors qu’elle crache du sang, qu’elle souffre de blessures plus grave, elle pense encore à autrui avant elle-même…
Non, je ne mérite vraiment pas cela. Je ne mérite même pas de l’avoir comme amie et pourtant, elle me fait confiance pour une raison inconnue, je lui fais confiance car elle le mérite amplement et que je mettrais ma vie entre ces mains sans hésitation.
- Naït…
Sa voix est faible, petite et un clair appel…
Je me retourne pour la regarder…
- Je dois rentrer avant que tout le monde ne se lève…
Je l’entends se lever, et moi je reste là, immobile, impuissant…
Je serre les poings, je ne ressens même pas de douleur mais le sang continue de couler.
Elle pose une main sur mon dos, geste rassurant et protecteur à la fois.
Elle s’éloigne, et je vois encore plus à quel point elle souffre, c’est pire que ce que j’avais imaginé. Elle fait cinq pas, s’immobilise et je la vois tomber sur le sol, du sang sortant de sa bouche. Elle tombe sur le côté et sombre dans l’inconscience. Je me jette sur elle.
- Eo… EO !!!!
Elle ne réagit pas, mais je vois qu’elle respire. Elle semble presque apaisée dans son inconscience, et je sais qu’elle a besoin de dormir, au moins elle ne souffre pas. J’essuie le sang de son visage puis la prend dans mes bras. Je place sa tête de façon à ce qu’elle crache son sang sur mon bras plutôt qu’elle ne s’étouffe avec.
Le jour commence à se lever trop dangereusement. Je presse le pas, pour atteindre le grillage. Je le passe, et me mets à courir afin que personne ne puisse nous voir. Courir avec elle dans les bras n’est pas vraiment handicapant. Qui eut crus que l’entrainement de mon père me serait utile un jour. Qui eut crus que je me dirais un jour que j’ai bien fait de subir cet entrainement.
J’arrive enfin chez moi, et me dit qu’en un sens, c’est un jour de chance qu’elle fut blessé ce jour-là… En fait, le mieux aurait été qu’elle ne soit pas blessée…
Je monte dans ma chambre et la place délicatement dans mon lit. Je la recouvre d’un drap, essuie de nouveaux les traces de sang de son visage, le lave avec un linge mouillé, et je la regarde dormir un moment.
Durant la course, elle avait craché un peu, mes vêtements était tachés et poussiéreux, mais je n’en avait que faire.
J’avais promis quelque chose à Eowyn, et je suis sûre qu’elle le sait aussi bien que moi, je ne tiendrais pas cette promesse.
- Je reviens, je chuchote avant de lui embrasser le front.
Je dépose le chèvre que je lui avais gardé sur la table de nuit, au cas où elle se réveille et qu’elle ait faim.
Je sors de la maison et cours deux fois plus vite qu’avec Eowyn dans les bras. Je cours plus vite afin de terminer cela, et afin de retourner m’occuper d’elle.
J’arrive devant une maison, et entre sans ménagement. Un homme se trouve là, plus saoul que jamais, et me regarde sans comprendre…
- Mais que… qui…
Je fonce sur lui, l’attrape par le col, le plaque sur le mur et le soulève du sol.
- Ecoute moi bien salopard, si tu touches encore une fois à Eowyn, je le saurais, je le saurais et crois-moi, tu le sentiras passer.
Il est en train de suffoquer mais je m’en moque.
- Ne la touche plus jamais… PLUS JAMAIS TU M’ENTENDS !!!
Je lis de la peur dans ses yeux, mais surtout de l’incompréhension. Je le lâche et il retombe lamentablement sur le sol.
Je me penche vers lui.
- Tu m’as bien entendu, je dis, ma voix vibrant de colère.
Je n’ai droit qu’à un seul hochement de tête, positif. Ma main semble soudainement m’échapper, et viens se fracasser sur sa joue. Il tombe, couché totalement sur le sol. Je me relève et lui donne un coup de pied dans le ventre avant de partir sans me retourner.
De retour dans ma chambre, je suis heureux de voir qu’aucun sang ne coule de sa bouche. Je ferme les volets, voulant ainsi créer l’obscurité, je me place sur le rebord de la fenêtre et la regarde dormir.
Des larmes coulent sur mes joues tellement je m’en veux pour ma stupidité, pour mon regard si aveugle, pour avoir été si égoïste, tellement j’ai eu peur, tellement j’ai peur pour elle…
Je m’endors ainsi, pleurant sur ma fenêtre tandis qu’Eowyn se reposait et, je l’espère, guériras un peu de ces blessures…

The End

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I need help ! ■ Naït

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