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 La famille est un archipel ■ Eve

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MessageSujet: La famille est un archipel ■ Eve   Dim 29 Avr - 17:37



Eowyn & Evelyn
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Debout dans la pièce qui sert à la fois de débarras et de salle de bain, séparée de ma sœur Gaëlle qui range un peu les étagères grâce à un mince rideau. Je soulève lentement mon chemisier avec une extrême délicatesse pour regarder les dégâts. Mes côtes sont violettes, et très douloureuses. Il m’a certainement cassée une ou deux côtes, mon ventre est plein de bleu lui aussi, à cause de ses poings qu’il abat à chaque fois dans mon estomac pour s’amuser, se défouler, qu’en sais-je ? Posé sur un petit guéridon où repose une vasque avec de l’eau, j’attrape un des nombreux baumes que j’ai préparé la veille, même si une bonne partie a déjà été vendu ou échangé, je prends toujours la peine d’en garder pour moi au cas ou. Je dévisse le capuchon et plonge deux doigts dans la mixture blanchâtre puis l’étale sur mes côtes. Je retiens une grimace, la douleur me lance violemment mais je ne dois surtout pas craquer, je suis une grande fille j’ai l’habitude ! Avec délicatesse, je masse mon ventre et mes flancs pour faire pénétrer le baume afin de me soulager au moins quelques heures. Normalement, avec des côtes cassées, je devrais me reposer et éviter de soulever des choses un peu lourdes, il faudrait même que je reste alitée quelques jours, mais cela n’est pas envisageable. Je ne peux pas me reposer, je n’ai pas le temps, mes petites sœurs et frère ont besoin de moi ! Certes, il y a bien Maïlys qui a treize ans, mais elle doit aller à l’école, je refuse qu’elle loupe un jour de cours. « Eow’ ça va ? » La voix de ma petite sœur Gaëlle me parvient, je lève la tête pour regarder le rideau où j’aperçois la silhouette de la fillette. Je rince mes mains, referme mon baume et le range. Je remets mon chemisier en place dans ma jupe, puis tire le rideau avec un sourire. « Bien sûr que ça va Gaëlle ! Tu n’es toujours pas coiffée, tu vas être en retard pour l’école ! » « Je veux que tu me fasses une tresse, j’y arrive pas moi ! » J’attrape rapidement une brosse et un ruban, en deux petites minutes ma sœur est coiffée, prête pour aller à l’école ! Nous regagnons la pièce principale, où les plus grands sont déjà prêts. Alors que je me penche pour ramasser un cartable abandonné, je grimace légèrement sous la douleur, en me relevant je croise le regard de Maïlys et lui intime de se taire. « Allé partez ! Vous allez être en retard sinon ! Vous avez tous votre repas ? » Ils hochent la tête tous ensemble et partent rapidement pour rejoindre l’école. Je suis maintenant seule avec Elwing et Aerin qui dorment encore.

Je profite d’un moment de calme pour m’asseoir sur une chaise, appuyer ma tête contre la table et souffler un peu. J’écoute les bruits environnants, j’entends les voisins se disputer, des gamins rire et courir vers l’école… J’entends également du bruit dans la chambre des filles, je lève la tête pour voir la porte s’ouvrir et apparaître une petite Aerin les cheveux en batailles et les yeux encore gonflés par le sommeil. Elle s’avance vers moi pour grimper sur mes genoux, blottit sa tête contre ma poitrine et ferme ses paupières. J’embrasse ses cheveux blonds en souriant. « Tu as bien dormi Aerin ? Tu as loupé de peu les autres, ils viennent de partir à l’école ! » Ma sœur hoche de la tête puis baille à s’en décrocher la mâchoire, je ris doucement. Je me lève, pose la petite sur une chaise pour lui préparer de quoi manger, pas grand-chose hélas… Une tranche de pain avec une fine pellicule de beurre que j’ai réussi à avoir par je ne sais quel miracle, et une moitié de pomme. « Quand tu auras terminé tu iras t’habiller, on va aller ramasser des plantes pour que je puisse préparer des remèdes tout à l’heure. Et peut-être trouver de quoi manger. » Aerin hoche de la tête, termine son maigre déjeuner et se lève pour aller s’habiller. Pendant ce temps, j’entre doucement dans la chambre pour prendre Elwing qui est réveillée et me regarde avec ses grands yeux gris. Je la prends dans mes bras, lui fais boire un biberon puis l’attache dans mon dos pour pouvoir la porter sans avoir les mains prises. J’aide Aerin à coiffer ses boucles blondes, lui mets un vieux chapeau de paille sur la tête, attrape mon panier et nous partons toutes les trois vers la lisière de la forêt.

La récolte ne dure pas bien longtemps, et sur le retour nous passons au marché noir pour trouver un morceau de viande ou de gras à mettre dans la soupe, mais rien. Une fois à la maison, je pose Elwing dans son berceau que j’ai mis dans la pièce principale pour pouvoir la surveiller, Aerin joue au sol avec sa poupée. Je mets à tremper les plantes pour après les découper, les écraser, les faire infuser, bref. Je vais pour aller dans la réserve quand on frappe à la porte qui est grande ouverte. Je me retourne et un grand sourire apparaît sur mon visage. « Evelyn ! » Je me précipite vers elle pour la prendre dans mes bras. « Cela fait si longtemps ! » Aerin se lève pour embrasser notre cousine puis je fais entrer Evelyn. « Comment vas-tu ? Et tes frères ? Puis ton père ils vont bien ? »

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MessageSujet: Re: La famille est un archipel ■ Eve   Dim 29 Avr - 19:59

Eowyn Ҩ Evelyn


Chaque jour la rapprochait un peu plus du moment fatidique, celui dont elle n'avait jamais cru l'histoire et qui aujourd'hui la menaçait, elle et sa famille.. Elle n'avait pas su quoi faire, ni comment se comporter pendant les jours qui restaient alors, elle était restée la même. Souriante, joyeuse, optimiste, volontaire... mais plus le temps passait et moins elle ne voyait d'avenir heureux, quoiqu'elle fasse et quoiqu'elle pense, la conclusion était toujours la même: la fin du bonheur. Plus de liberté, de nouveaux jeux.. et sans doute une guerre silencieuse entre le gouvernement et les résistants. Une période qu'elle n'entendait plus que par la bouche de ses professeurs d'histoire, une période qu'elle n'aurait jamais pensé vivre un jour. Ni elle ni personne sans doute. Eve était heureuse avec sa petite vie tranquille, elle ne demandait rien à personne et rêvait seulement de grands horizons ! Elle se prenait juste une belle claque, car désormais elle serait limitée à son district et ne pourrait plus rendre visite à qui que ce soit.. Pourquoi diable tenait-elle à autant de personnes qui ne soient pas du cinq ? Et puis forcément elle pensait souvent à Eowyn et ses cousins qu'elle aimait par dessus tout et qu'elle n'aurait bientôt plus l'occasion de revoir.. Les tunnels ne menaient pas au douze et cela l'avait juste rendue, maussade. Et tous les jours elle avait une pensée pour elle, ne cessant jamais d'être inquiète, de se demander si elle allait bien.. ou si son aîné lui menait encore la vie dure. Oui Eve aimait vraiment tous ses cousins, à l'excepté de Theodred avec qui elle n'était pas en très bon terme. Il y avait tant de personnes qu'elle aimerait protéger.. si bien qu'elle arrivait à oublier qu'elle aussi avait besoin de soutien, de protection, d'amour. Et c'était l'amour d'une soeur qu'elle recherchait dans l'immédiat ou depuis des semaines..

Tous les matins Evelyn se levait assez tôt et préparait le petit-déjeuner, puis elle faisait un peu de ménage et de rangement avant de s'attaquer au déjeuner et enfin, elle consacrait l'après-midi pour son usage personnel. Elle sortait tout juste de l'école et ne travaillait pas encore, elle promit cependant que si la Moisson l'épargnait, elle rechercherait activement sa vocation.. Mais pour le moment, elle préférait veiller au bien de ses frères et de son père, leur rendre la vie plus facile et faire en sorte qu'ils aient des vêtements propres le matin et un repas chaud le soir, car eux se démenaient pour faire vivre la famille. Pourtant aujourd'hui Evelyn avait prévu de se rendre dans le douze, mais pas avant de s'être assurée que son absence ne gênait personne et connaissant ses frères, ils préfèreraient la savoir ailleurs à s'amuser qu'ici à broyer du noir toute seule.. et ils n'avaient pas torts, quand même bien elle s'efforçait de montrer un visage souriant à toute heure. Ce fut donc ainsi que la brune se retrouva sur les chemins après s'être préparée un sac pour le voyage. Une chance que ce ne soit pas à des kilomètres, sinon elle n'imaginait pas à quelle heure elle devrait partir ! Ici encore elle pouvait se permettre de partir en même temps que Tristan, son jeune frère qui allait toujours en cours. Elle veilla à ce qu'il ne manque de rien puis elle partit l'esprit tranquille... ou presque. Elle n'était jamais vraiment rassurée lorsqu'elle s'éloignait trop longtemps d'eux.

« Evelyn ! » Elle qui voulait lui faire une surprise avait à moitié réussi, car la porte avait été grande ouverte lorsqu'elle était arrivée. Au moins lui avait-elle adressée un grand sourire qui témoignait de toute la joie qu'elle pouvait ressentir à cet instant. Ce visage d'ange qui lui avait tant manqué, cette joie trop rare qu'elle perçut dans sa voix et la sentir entre ses bras lorsqu'elle vint l'accueillir ... c'était ça, aimer quelqu'un. C'était profiter de chaque détail et s'en réjouir bêtement, car oui Evelyn se réjouissait de tout et n'importe quoi avec Eowyn. « Comment vas-tu ? Et tes frères ? Puis ton père ils vont bien ? » Après avoir saluer le petit bout de chou, Evelyn fit un pas dans la pièce puis suivit machinalement ses cousines. « Je voulais te faire une surprise ! J'espère que je ne te dérange pas. » Elle marqua une pause puis, elle déposa son sac sur une table et reprit. « Je suis désolée de ne pas pouvoir venir plus souvent... » Leur rendez-vous se faisaient de plus en plus rare et Evelyn le regrettait beaucoup, surtout en sachant ce que vivait Eowyn au quotidien. Elle souriait ceci dit, car elle n'en perdait pas pour autant sa bonne humeur. « Mon père est fatigué ces temps-ci, je le sens.. avec la moisson qui approche, je crois qu'il n'ira pas mieux jusqu'à ce que ce soit passé.. Et mes frères sont des durs, tu les connais ils ne se plaindraient pas même s'ils sont à l'agonie ! » Elle rit de bon coeur et s'arrêta derrière la jolie blonde qu'elle saisit doucement par les épaules. « Et toi ? Tout va bien ici ? »
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MessageSujet: Re: La famille est un archipel ■ Eve   Dim 29 Avr - 20:54



Eowyn & Evelyn
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Je suis tellement heureuse de voir Evelyn, cela fait tellement longtemps que je n’ai pas pu la voir ! Avec le rétablissement des Hunger Games, la vie est devenue différente. Nous tremblons toutes les deux de notre côté à l’idée d’être tirée au sort, ou que l’un de ses frères ou ma sœur Maïlys se retrouvent dans cette maudite arène. Je ne pourrais supporter de me retrouver en face d’Eve avec l’idée que l’une de nous deux va devoir vivre et pas l’autre… Ou alors que nous mourions toutes les deux. « Je voulais te faire une surprise ! J'espère que je ne te dérange pas. » Je secoue la tête de droit à gauche. Evelyn me déranger ? C’était tout simplement impossible ! « Enfin Eve, tu sais parfaitement que tu ne déranges jamais ! Puis cela fait tellement de temps que nous n’avons pas pu nous voir… Tu m’as terriblement manqué ! » Pour peu je pouvais me mettre à pleurer ! Mais je souris, je ne veux pas verser de larmes alors que ma cousine est là et qu’elle vient considérablement éclairer ma journée ! Alors que ma cousine est entrée dans la maison, je referme la porte, je préfère éviter qu’on arrive à nous entendre, surtout si mon frère a l’excellente idée de passer par la maison pour je ne sais quelles raisons ! Je regarde Aerin retourner s’asseoir sur le parquet, près du vieux poêle qui bien sûr ne fonctionne pas en cette saison. Elle attrape la vieille poupée de chiffon qui me rappelle de vieux souvenirs, je l’utilisais lorsque je jouais avec Eve, il y a bien des années de cela. Je me demande si j’ai seulement eu une enfance normale. Maman était tout le temps malade, j’ai élevé toute la grande fratrie des Orodreth, sacrifiant bien des moments de mon enfance et mes études par la même occasion, tout cela pour leur laisser l’occasion d’être peut-être un jour libre à ma place. « Je suis désolée de ne pas pouvoir venir plus souvent... » Je fais un geste de la main pour lui signifier que ce n’est pas grave et cela ne l’est pas. Elle aussi doit veiller sur sa famille, nous avons toutes les deux de lourdes taches mais il est évident que nous n’avons pas vraiment la même vie. Le District Cinq est bien moins pauvre que le douzième, j’aurais aimé naître ailleurs, loin de toute cette misère qui sera mon pain quotidien jusqu’à la fin de mes jours hélas…

Je m’approche du baquet d’eau où baignent les plantes que j’ai ramassées un peu plus tôt. Je plonge mes mains dans l’eau et récupère plusieurs plantes pour pouvoir les poser sur un torchon et les tamponner doucement pour retirer l’excédent d’eau. Il ne faut pas qu’elles trempent trop longtemps au risque de rendre leurs vertus médicinales moins puissantes. « Mon père est fatigué ces temps-ci, je le sens.. avec la moisson qui approche, je crois qu'il n'ira pas mieux jusqu'à ce que ce soit passé.. Et mes frères sont des durs, tu les connais ils ne se plaindraient pas même s'ils sont à l'agonie ! » Je ris doucement en entendant ma cousine parler de ses frères. C’est vrai que ce sont de gros durs, je ne les ai jamais entendus se plaindre ! « Vivement que tout soit derrière nous en espérant ne pas y être… » Je pousse un long soupir puis laisse en plan les plantes pour ouvrir une des étagères de la cuisine pour fouiner à l’intérieur. J’en sors un petit pot bien fermé, je me retourne et le pose sur la table. « Pour ton père, cela devrait l’apaiser. Tu lui fais une infusion juste avant de dormir. Pas besoin de mettre beaucoup de poudre, deux pincées suffiront, dans de l’eau très chaude. » Puis alors que je me retourne, je sens les mains de ma cousine se poser sur mes épaules et me poser LA question fatidique… Je frissonne légèrement, mes épaules sont douloureuses comme le reste de mon corps. « Et toi ? Tout va bien ici ? » Je hausse doucement des épaules. « Personne n’est malade, certes on manque de vivres ces derniers temps mais j’arrive toujours à trouver une alternative et c’est le principal. Papa est égal à lui-même, nous ne le voyons jamais, il dépense son salaire dans de l’alcool et rentre tard le soir ivre mort. » Je me retourne pour regarder ma cousine, seule personne au courant des sévices que me fait subir mon frère aîné depuis quatre ans déjà et de la véritable « identité » d’Elwing.

En parlant d’elle, je l’entends qui commence à pleurnicher dans son berceau. Je me tourne pour aller la récupérer et la prendre dans le creux de mes bras pour la bercer afin qu’elle s’endorme. Mais elle gigote, donnant sans le vouloir des coups dans mes côtes qui sont extrêmement douloureuses. « Tu te souviens lorsque nous jouions avec cette poupée ? » Je désigne l’objet que tient Aerin entre ses mains et qu’elle fait danser au rythme d’une musique silencieuse. « J’ai l’impression que ça remonte à une éternité au moins ! » Je ris doucement mais je sens les larmes me monter aux yeux, à cette époque, je n’avais pas autant de problèmes, mon frère me laissait en paix. Je m’assois sur une chaise, me mordant les lèvres avec force. « Ca va de mal en pis avec Theodred Eve… Il est de plus en plus violent, plus… Inhumain… C’est lui qui va finir par me tuer. » J’essuie du plat de ma main une larme qui roule sur l’une de mes joues, je n’aime pas pleurer ainsi même si cela soulage…

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MessageSujet: Re: La famille est un archipel ■ Eve   Lun 30 Avr - 10:54

Eowyn Ҩ Evelyn


C'était si bon de la voir et même si elle savait que sa venue ne dérangeait pas, elle se sentait toujours le besoin de demander. « Enfin Eve, tu sais parfaitement que tu ne déranges jamais ! Puis cela fait tellement de temps que nous n’avons pas pu nous voir… Tu m’as terriblement manqué ! » Elle sourit et observa la petite Aerin quelques instants, le regard doux et serein, attendrie. Il y avait tellement à s'occuper ici que Eve se demandait parfois comment elle faisait, entre ses petits frères et soeurs et l'entretien de la maison.. elle l'admirait beaucoup tout en regrettant qu'elle doive vivre dans un tel endroit. Eve aussi aurait vécue dans le douze si sa mère n'avait pas suivi son mari, oh elle aurait sans doute adoré les bois et forêts qui entouraient le district ! Mais elle savait au fond d'elle que la vie au cinq était plus facile qu'ici, c'était pour cela qu'elle ne s'en était jamais plaint même si elle rencontrait elle aussi des hauts et des bas.

Eowyn était guérisseuse et son métier avait toujours fasciné la jeune brune, elle ne connaissait vraiment rien aux plantes et ne saurait dire laquelle pouvait soigner et laquelle n'était qu'une plante verte quelconque.. Ainsi elle s'approcha un peu et observa sa cousine tout en lui parlant de sa famille. Alors Eowyn fit une remarque comme quoi elle espérait ne pas aller aux jeux et Evelyn lui répondit d'un même soupir. Elle avait comme une boule au ventre à chaque fois qu'elle pensait à la moisson et pas seulement pour elle, mais aussi pour Tristan, Eowyn et même des amis d'autres districts.. elle s'inquiétait pour tellement de monde qu'elle ne reverrait peut-être plus avant très longtemps, à cause du gouvernement, qu'elle ne savait plus où donner de la tête. Un petit bruit la ramena sur Terre et elle vit alors un pot sur la table, elle leva les yeux vers Eowyn. « Pour ton père, cela devrait l’apaiser. Tu lui fais une infusion juste avant de dormir. Pas besoin de mettre beaucoup de poudre, deux pincées suffiront, dans de l’eau très chaude. » Evelyn prit le petit pot entre ses mains et l'ouvrit, elle l'inspectait comme si elle n'en avait jamais vu, et en quelque sorte c'était vrai. « Oh Eowyn.. tu n'étais pas obligée. Merci. » Elle reposa l'objet sur la table et vint près d'elle. « Personne n’est malade, certes on manque de vivres ces derniers temps mais j’arrive toujours à trouver une alternative et c’est le principal. Papa est égal à lui-même, nous ne le voyons jamais, il dépense son salaire dans de l’alcool et rentre tard le soir ivre mort. » Evelyn commença à lui masser tendrement les épaules, la sentant un peu tendue et puis c'était une manière à elle de lui montrer qu'elle était là pour elle, même si elle ne pouvait pas faire grand-chose. Son père était vraiment irresponsable.. quand à son frère... les hommes de cette maison n'avait rien en commun avec les siens. Ce sentiment d'impuissance la mettait plus en colère qu'autre chose et tout ce qu'elle pouvait faire, c'était la soutenir. Elle aurait préféré pouvoir l'aider.

Des pleurs retentirent et Evelyn lâcha son amie et en profita pour aller ranger le pot dans son sac. En revenant près du berceau, elle assista à une scène plutôt comique où Elwing se débattait dans les bras de sa grande soeur.. et finalement, elle perdit son sourire quand elle vit cette dernière grimacer sous un énième coup de sa ..petite soeur. « Viens, je vais la prendre. » Elle s'avança et souleva la petite en râlant gentiment, plaisantant sur son soit-disant poids lorsqu'elle la prit dans ses bras. Elle plaça une main autour d'elle et l'autre derrière sa petite tête fragile, puis elle commença à la bercer doucement. « Tu te souviens lorsque nous jouions avec cette poupée ? J’ai l’impression que ça remonte à une éternité au moins ! » La brune regarda dans la direction indiquée et sourit de plus bel. « Et quand on se disputait sur le choix de son nom ? Bon sang.. que de bons souvenirs ! C'était le bon temps. » Elle avait dit cela sans réellement réaliser et elle regretta aussitôt, car oui à cette époque il n'y avait aucun problèmes.. Leurs mères étaient en vie et Theodred n'était pas l'homme qu'il était aujourd'hui. Eowyn s'effondra sur une chaise et craqua, Evelyn s'était doutée que ça n'allait pas tout à l'heure, lorsqu'elle lui avait demandé si tout allait bien, mais elle n'avait pas voulu insister. « Eowyn.. il t'a encore fait du mal ? J'ai senti que ça n'allait pas tout à l'heure, mais je n'ai pas insisté. Tu veux en parler ? » Eve tira une chaise et s'assit près d'Eowyn tout en gardant la miss contre elle. Peut-être devrait-elle la remettre dans son berceau ? Ou la rendre à sa maman ? « Elle a grandi ! Et elle est belle ma p'tite cousine, comme ses soeurs. » Evelyn essayait tout de même de ne pas rendre l'atmosphère trop lourde, mais elle serait à l'écoute de sa cousine si elle voulait parler.. sinon, elle n'insisterait pas comme énoncé plus haut. Elle était ici pour profiter de sa présence avant les jeux, car elle savait qu'elle ne pourra plus revenir avant la moisson..

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MessageSujet: Re: La famille est un archipel ■ Eve   Lun 30 Avr - 12:18



Eowyn & Evelyn
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C’est un véritable avantage d’être guérisseuse, je m’en rends clairement compte tous les jours. Lorsqu’on vient chez moi pour me demander tel ou tel remède et que les personnes peinent à les payer ou à trouver quelque chose pouvant faire un bon échange, cela me serre vraiment le cœur. En général, j’accepte de faire crédit, je ne cours peut-être pas sur l’argent mais je ne tiens pas à mettre des gens dans l’embarras, qu’ils soient forcés de choisir entre se nourrir et se soigner. Ce n’est pas une chose normale, tout le monde devrait avoir accès aux médicaments, pas seulement ceux qui ont le plus d’argent. Alors je préfère donner, travailler gratuitement car ici on se souvient de tout. Les familles que j’aide me rendront un jour la pareille, ils n’oublieront pas ce que j’ai fait. « Oh Eowyn.. tu n'étais pas obligée. Merci. » Non, je n’étais pas obligée de donner le petit pot à ma cousine. Si je faisais ça pour les autres du district, il était normal que je le fasse pour ma famille ! « C’est tout à fait normal voyons, il faut bien que mon statut de guérisseuse serve à ma famille non ? » Je souris à ma cousine. De toute façon, j’ai encore de la réserve, je prépare toujours beaucoup de remèdes en même temps afin de ne jamais me retrouver sans rien. Mais je prends garde de les cacher au cas où Theodred aurait dans l’idée de les détruire par pur sadisme et ensuite me frapper parce que je ne parviens pas à trouver de quoi nous nourrir convenablement, c’est un comble n’est-ce pas ? C’est mon frère. J’envie énormément Evelyn d’avoir un père comme le sien, qui s’inquiète pour elle, pour ses enfants… Et sa mère, ma tante était une femme exceptionnelle… Je n’ai pas eu sa chance, un père alcoolique qui ne s’est jamais soucié de ses enfants et une mère tout le temps malade incapable de s’occuper de nous. Je me dis souvent qu’il est peut-être mieux qu’elle soit morte, elle souffrait beaucoup et franchement… A la fin elle devenait un véritable fardeau. Oui, je suis sûrement cruelle de dire cela, mais j’avais déjà tant à m’occuper avec la maison, mes frères et sœurs, mon statut de guérisseuse qu’avoir en plus une mourante sur les bras n’arrange pas les choses.

Tenant ma sœur dans mes bras, je me retiens de grimacer à cause de ses coups qui ne sont pourtant pas bien forts. Je ne parviens pas à dire ma « fille » lorsque je parle d’Elwing, j’en suis incapable car… Car je n’arrive pas à l’aimer comme telle, comment le pourrais-je ? Elle est le résultat d’un des nombreux viols de mon aîné, comment aimer un enfant qui est le fruit de la souffrance et rien d’autre ? Evelyn est la seule –à l’exception de mes frères et sœurs- à être au courant de la véritable identité du bébé. J’ai caché ma grossesse en aplatissant le plus possible mon ventre, en mettant des vêtements amples et j’ai continué ma vie comme si de rien n’était, personne ne s’en est rendu compte. La mort de maman juste avant ma délivrance a été une bonne excuse pour faire passer Elwing pour sa fille, après tout, durant l’année précédant sa mort, elle ne sortait plus de son lit et ne voyait personne, qui aurait pu remettre en doute sa maternité ? Evelyn vit que la petite me faisait mal, elle s’approche pour la prendre dans ses bras, je ne l’en empêche pas. Elle plaisante sur son poids et j’arrive à esquisser un sourire. « Et quand on se disputait sur le choix de son nom ? Bon sang.. que de bons souvenirs ! C'était le bon temps. » Je ris en repensant à ça et je hoche de la tête. « Ah oui ! Nous ne sommes jamais parvenues à se mettre d’accord sur un prénom ! Si cela peut te rassurer, cette poupée qui est passée dans les mains de toutes mes sœurs n’a toujours pas un nom fixe. Cela change tout le temps. Regarde. » Je me tourne vers Aerin. « Aerin, comment s’appelle ta poupée ? » Ma sœur lève les yeux du jouet pour me regarder. « Euh… Paola… Mais hier c’était Béatrix. Je sais pas, Gaëlle dit que c’est mieux Vixy mais j’aime pas. » Je ris et regarde ma cousine. « Tu vois, tout le monde se dispute pour son prénom ! » Je souris. Evelyn ne doit pas regretter d’avoir dit que c’était le bon temps, c’était la pure vérité. A l’époque où nous jouions avec ce jouet la vie était plus simple, plus belle. « J’aimerais pouvoir y retourner, à cette époque, tout était tellement plus facile… Gaëlle a les billes avec lesquelles nous nous amusions aussi. Je me souviens qu’on les utilisait un peu plus loin, près de la grande place. On se faisait les parcours de billes les plus fous ! » Oui, c’était le bon vieux temps, le moment innocent et simple de l’enfance, un moment que j’aimerais bien retrouver…

Assise sur la chaise, je craque. Des larmes coulent le long de mes joues. Je ne laisse que très rarement mes émotions prendre le dessus, je ne veux pas craquer devant mes sœurs et mon frère, je veux leur épargner au possible ce que je vis. « Eowyn.. il t'a encore fait du mal ? J'ai senti que ça n'allait pas tout à l'heure, mais je n'ai pas insisté. Tu veux en parler ? » Je hausse des épaules. « Il n’arrête jamais tu sais, j’ai le droit à des représailles tous les soirs, cela ne s’arrêtera jamais… » Je me redresse légèrement et je profite qu’Aerin soit allée dans la chambre pour retirer le bas de mon chemisier de ma jupe et le remonte pour dévoiler mes côtes violettes. « Je dois en avoir une ou deux de cassées… Son œuvre d’hier soir. » Je remets mon chemisier en place ne grimaçant légèrement sous la douleur. « Heureusement que je sais quelle plate peut me soulager hein. » J’efface une dernière larme puis regarde Elwing qui est toujours dans les bras de ma cousine. « Elle a grandi ! Et elle est belle ma p'tite cousine, comme ses soeurs. » Je hoche de la tête, c’est vrai qu’elle est tout de même jolie, elle ne me ressemble pas et c’est tant mieux. « Tu sais à son âge ça change vite ! Bientôt elle marchera à quatre pattes et il faudra la suivre partout ! » Ce qui me donnera d’autant plus de travail et moins de repos, je devrais constamment lui courir après pour éviter qu’elle ne fasse une bêtise. « C’est dommage que les autres soient à l’école, ils auraient été contents de te voir ! Quand était-ce la dernière fois que tu les as vus ? Je ne m’en souviens même plus ! » Je souris et me lève pour mettre de l’eau à bouillir afin de faire infuser des plantes. « Les jumeaux me donnent pas mal de soucis, ils sont de plus en plus bagarreurs et ils rentrent presque tous les jours avec leurs vêtements déchirés. Bientôt ils n’auront plus rien à se mettre sur le dos ! » Un rire m’échappe, Nataël et Clotilde ne peuvent pas s’empêcher de se battre, j’ignore d’où leur vient cette méchante habitude. « Regarde ce que j’ai réussi à récupérer il ya peu ! » J’ouvre un placard et grimpe sur une chaise pour chercher tout au fond avant de sortir un pot emballé dans du tissu. Je descends de ma chaise, déballe le pot : du miel. « C’est un ami qui me l’a donné, je le cache pour que Theodred ne le trouve pas ! Les enfants sont contents d’avoir une tartine de miel après l’école surtout que le repas du soir est en général bien maigre. »

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Dernière édition par Eowyn I. Orodreth le Lun 7 Mai - 10:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La famille est un archipel ■ Eve   Jeu 3 Mai - 20:45

Eowyn Ҩ Evelyn


La famille, c'était vraiment les seules personnes sur qui Evelyn pouvait réellement compter. A y réfléchir, elle n'avait aucune véritable amie à qui elle confiait ses soucis ou avec qui elle partageait tant que Eowyn. Elle était sa meilleure amie. Sa moitié. Son tout. Elle n'imaginait pas ce qu'elle ressentirait en apprenant son départ pour le Capitole, ou ce qu'elle ferait en la sachant condamnée.. vraiment, ça lui était inconcevable ! « C’est tout à fait normal voyons, il faut bien que mon statut de guérisseuse serve à ma famille non ? » La brune sourit et en s'approchant de sa cousine elle lui déposa un baiser furtif sur la joue. Puis leur conversation reprit et elles revinrent quelques années en arrière en évoquant une certaine poupée de chiffon, de vieux souvenirs qui ne quitteraient jamais l'esprit d'Evelyn.. un temps où elles étaient encore deux petites filles innocentes, où la famille entière de la brune se déplaçait et où des repas de familles étaient organisés... le bon temps, c'était le cas de le dire oui. Maintenant elles avaient grandi, elles seraient bientôt considérées comme des adultes bien que depuis le décès de leurs mères, elles l'étaient sans doute devenues depuis longtemps.. Oui aujourd'hui les choses étaient différentes, chacune était responsable de son foyer de manière différente, mais elles trouvaient tout de même le temps de se retrouver et de rire à nouveau de choses et d'autres, seule ombre au tableau: les hommes de la famille d'Eowyn. Ils étaient pourtant l'oncle et le cousin d'Eve, mais elle ne leur vouait aucune sympathie. Ils étaient irresponsables et sadique pour l'un d'entre eux et ni elle ni Eowyn n'y pouvait grand chose. Evelyn aurait depuis longtemps averti les autorités si sa moitié ne l'en avait pas dissuadée, elle ne comprenait pas comment il pouvait être aussi méchant avec sa propre soeur. « Ah oui ! Nous ne sommes jamais parvenues à se mettre d’accord sur un prénom ! Si cela peut te rassurer, cette poupée qui est passée dans les mains de toutes mes sœurs n’a toujours pas un nom fixe. Cela change tout le temps. Regarde. » Evelyn assista alors à un échange adorable avec la petite Aerin pour savoir quel était le nom de la poupée et effectivement, elle en avait plusieurs et Eve éclata de rire en repensant à elles deux. Alors elle ajouta avec un petit sourire: « Et bien moi, après plus de dix ans, je maintiens que Léonore était un nom parfait. » Dit-elle en tirant la langue à sa petite cousine qui fit aussitôt une grimace qui voulait tout dire. « C'est pas mignon ? » La petite secoua la tête et Eve fit semblant de se vexer et de bouder en ignorant Aerin qui, après quelques secondes, revint sur sa décision avec un: "c'est un peu joli quand même." Ce que les enfants pouvaient être rigolos parfois, la brune sourit et reporta son attention vers Eowyn. « J’aimerais pouvoir y retourner, à cette époque, tout était tellement plus facile… Gaëlle a les billes avec lesquelles nous nous amusions aussi. Je me souviens qu’on les utilisait un peu plus loin, près de la grande place. On se faisait les parcours de billes les plus fous ! » « Et oui.. ça ne nous rajeunit pas tout ça. Et pourtant on est encore toute jeune ! » Fit-elle en riant à nouveau. Mais très vite elle s'aperçut que sa cousine avait un peu plus de mal à rire et finalement, elle craqua.

« Il n’arrête jamais tu sais, j’ai le droit à des représailles tous les soirs, cela ne s’arrêtera jamais… » Aerin quitta la pièce peu après et Eowyn en profita alors pour soulever son chemisier. Eve se retint de crier et se mordit seulement les lèvres en imaginant ce qu'elle devait ressentir à chaque fois.. elle ne savait pas si elle pourrait le supporter, Eowyn était très forte mais.. mais il fallait que cela s'arrête. Il la détruisait un peu plus chaque jour et Eve avait parfois des envies de meurtre, ce n'était tout simplement pas possible. « Il faut que ça s'arrête.. Eowyn, il n'a pas le droit de continuer. De te traiter comme ça. Je ne peux plus te regarder souffrir... je ne supporte pas de te voir comme ça. Si je pouvais, je t'emmènerai avec moi au cinq ! Crois-moi, c'est ce que j'aurais fait mais.. il y a les petits. » Par chance Theodred n'avait jamais osé touché à sa petite cousine, mais elle était à peu près sûre que la raison était toute simple: ses grands frères. Eux n'hésiteraient pas à cogner leur cousin au moindre faux pas. Pour Eowyn c'était différent, si Theodred venait à apprendre qu'elle parlait de ça autour d'elle, il lui ferait sans doute deux fois plus de mal, d'où son silence. Mais était-ce mieux ainsi ? Evelyn rebondit sur l'état d'Elwing et le silence fut comblé à nouveau. Bientôt elle deviendrait une petite fille, il faudrait lui apprendre à marcher et on s'émerveillerait à chaque fois qu'elle prononcerait un mot.. Parce que c'était ainsi avec les enfants, on était heureux pour un rien. Elles en vinrent finalement à parler des autres petits, ceux qui étaient à l'école en ce moment même. « Ils me manquent terriblement ! Maïlys est une jeune fille maintenant et elle arrive à me surprendre à chaque fois qu'on se voit ! Gaëlle est adorable et les jumeaux .. oh oui, je te crois ! Ils ont dû bien grandir eux aussi ! Ils sont à l'école à chaque fois que je décide de venir, mais ce sont les seuls moment où je peux me permettre de m'absenter .... ça doit remonter à six mois la dernière fois. Je regrette de ne pas les voir. J'ai l'impression de vous avoir abandonné depuis ...depuis ... » Depuis quatre ans. Depuis qu'elle avait perdu sa mère et dû tenir la maison et tout le reste.. Alors elle avait réduit ses visites et ne voyait plus ses cousins très souvent, à l'exception d'Eowyn qui était beaucoup plus disponible. Cette dernière était dans la cuisine et Eve la suivait des yeux tandis qu'elle continuait à bercer Elwing. « Ça changera bientôt, c'est sûr, je vous le promets. » Finalement elle se redressa et déposa la petite dans son berceau, endormie.

Elle rejoignit la jolie blonde et s'adossa à l'un des plans de travail. « Regarde ce que j’ai réussi à récupérer il y a peu ! » La brune la suivit à nouveau des yeux, curieuse de voir ce qui la mettait de si bonne humeur. Eowyn ouvrit le placard et sortit un pot fermé, différent de celui qu'elle lui avait donné un peu plus tôt alors elle quitta son appui et s'approcha de la table. Qu'est-ce que c'est ? De la confiture peut-être ? Non, elle aurait employé un autre mot que "trouvé" ! Qu'avait-elle pu trouver de si précieux alors ? A peine ouvrit-elle le pot que la réaction d'Eve se fit immédiate. « Du miel ! » « C’est un ami qui me l’a donné, je le cache pour que Theodred ne le trouve pas ! Les enfants sont contents d’avoir une tartine de miel après l’école surtout que le repas du soir est en général bien maigre. » Evelyn se pencha un instant et huma l'odeur sucrée qui se dégageait du pot, elle ferma les yeux et sourit à s'en décrocher la mâchoire avant de reculer. « Ça doit vraiment être un bon ami alors, parce que du miel.. je n'ai moi-même que rarement eu l'occasion d'en manger. Garde-le précieusement surtout, hein ! » Eowyn devait toujours tout cacher à son aîné, il était vraiment irrécupérable.. puis alors la brune croisa les bras et revint sur ses paroles en songeant à quelque chose. « Mais au fait, je le connais cet ami ? » Fit-elle sur un ton un peu taquin, depuis le temps qu'elle venait dans le district douze, peut-être était-ce quelqu'un qu'elle connaissait ? Ou pas. Dans tous les cas, cela marquait le début des confidences. Après tout, elles se disaient tout n'est-ce pas ? Et depuis la dernière fois qu'elles s'étaient vues, elles avaient sans doute de nouvelles choses à se dire ?


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MessageSujet: Re: La famille est un archipel ■ Eve   Lun 7 Mai - 10:11



Eowyn & Evelyn
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Je vois bien lorsque je soulève mon chemisier, le regard presque horrifié d’Eve. Elle retient un cri de stupeur, elle se mord la lèvre et je baisse la tête. Je me sens horriblement mal à l’aise lorsqu’on regarde mes blessures « de guerre », même quand c’est Maïlys qui m’aide à les nettoyer, je ne supporte pas son regard plein de tristesse et de peur. Les autres sont trop jeunes pour comprendre ce qu’il se passe une fois qu’ils sont endormis, plus Lys. Cela arrive qu’une fois notre frère couché, elle se lève pour me retrouver dans la salle de bain, tentant de réparer le plus possible les dégâts causés par Theodred. Lorsque mon dos est touché, c’est elle qui se charge de le nettoyer et d’appliquer un baume en suivant mes instructions. Contrairement à moi, Maïlys a une sainte horreur du sang et elle fait ça uniquement par amour pour moi sinon elle tournerait de l’œil ! Heureusement que je ne possède pas cette répulsion pour le sang, car en tant que guérisseuse je serais plutôt mal barrée. « Il faut que ça s'arrête.. Eowyn, il n'a pas le droit de continuer. De te traiter comme ça. Je ne peux plus te regarder souffrir... je ne supporte pas de te voir comme ça. Si je pouvais, je t'emmènerai avec moi au cinq ! Crois-moi, c'est ce que j'aurais fait mais.. il y a les petits. » Que ça s’arrête… Cette phrase me laisse presque rêveuse… Car je sais que cela ne cessera jamais, mon frère ne s’arrêtera pas pris de remords, il n’a pas de cœur, pas d’âme. Je ne suis qu’un objet entre ses mains et personne ne peut rien y faire surtout pas moi. La seule façon de faire cesser tout cela, eh bien… Ce serait que Theodred ne soit plus de ce monde, là et seulement là je serai en paix et libre de son joug. « Je ne peux rien faire Evelyn… Personne ne peut rien pour l’arrêter pas même les Pacificateurs… Je ne suis qu’une vulgaire poupée de chiffon entre ses mains… » Je prends la poupée qu’Aerin a posée sur la table avant d’aller dans notre chambre. Je la regarde, caresse du bout des doigts les cheveux de laines qui à une époque étaient jaunes mais le temps, les lavages, les ont fait devenir gris. « C’est triste et horrible à dire mais tant qu’il vivra je ne serai jamais libre… C’est ainsi je me suis faite une raison. Je ne cherche plus le pourquoi du comment, cela ne sert à rien de savoir pourquoi il fait ça puisqu’au final que je le sache ou pas il continuera. Il faut… Faire avec et se résigner. » Il m’est déjà arrivé de me demander si tout cela n’était pas de ma faute, ce que font bien des personnes battues. Au tout début que mon frère a commencé à lever la main sur moi, je culpabilisais, je me disais que j’avais forcément fait quelque chose de mal pour qu’il puisse en venir ainsi aux mains puis… Au reste. Cela m’a pris peut-être deux ans pour comprendre que ce n’est pas moi le problème, mais lui. Et je ne crois pas que même sans les frères d’Eve, Theodred l’aurait touchée, de toute façon tout cela a commencé après la morte de notre tante, de ce fait nous ne voyions plus nos cousins puisque notre père et celui d’Eve n’ont jamais réussi à s’entendre. Eve est aujourd’hui trop loin puis… Puis c’est Theodred, il ne faut pas chercher à le comprendre.

Nous passons à un sujet plus léger, mes frères et sœurs. Je sais bien que depuis la mort de sa mère, Evelyn a largement moins de temps pour venir nous rendre visite et je ne lui en veux absolument pas. Après tout, elle aussi doit s’occuper de sa famille et de la maison tout comme moi. D’accord, elle n’a pas autant de monde à gérer que moi et franchement c’est bien mieux pour elle ! Car s’occuper d’une famille de neuf personnes à dix-sept ans ce n’est pas facile, cela peut même être un fardeau par moment, on sent tous les jours le lourd poids qui pèse sur nos épaules. Impossible de penser à soi, ce que pourtant devrait faire un enfant et un adolescent, penser à grandir et rien d’autre. Hélas dans le D12 peu sont les adolescents qui ont le droit d’avoir du temps pour rêver, ceux qui ont de l’argent oui mais pas les autres. « Ah ça, Lys devient de jour en jour une jeune fille ! Et elle s’embellit, elle en fait déjà tourner des têtes ! Ce n’est plus une petite fille et j’ai du mal à y croire… » J’esquisse un sourire en pensant à Maïlys, c’est vrai que le temps passe vite… Il y a quelques mois elle avait eu ses premières règles, toute une histoire ! Mais heureusement pour elle, je suis là quand elle en a besoin. Lors de mes premières menstruations je n’ai eu personne pour m’expliquer ce que je devais faire, ma mère était trop malade pour se préoccuper de ça. J’aurais préféré qu’elle m’explique et qu’elle le fasse avec Lys puis les autres. Mais c’était aujourd’hui mon rôle, je dois être le père, la mère et la grande sœur en même temps. « Gaëlle aura bientôt neuf ans ! Et j’ai presque terminé son cadeau, je vais te montrer ! » Je m’éclipse quelques secondes pour récupérer dans la réserve une boîte en carton que je pose sur la table, je l’ouvre et déplie une robe au tissu blanc avec des fleurs de toutes les couleurs, elle est presque terminée. « Le tissu était loin d’être donné, mais ça en valait la peine. A chaque fois qu’on passe devant la petite boutique Gaëlle s’arrête pour regarder ce tissu… » Oh oui, le tissu m’a coûté cher, mais je me suis arrangée. J’ai la chance d’avoir de très beaux cheveux, il y a quelques mois ils m’arrivaient au milieu du dos, je les ai coupé jusqu’aux épaules pour les vendre, j’en ai même tiré un bon prix. Cela en vaut vraiment la peine. Je laisse ma cousine regarder la robe puis je la plie soigneusement et la range dans son carton. « Ils grandissent tous à une vitesse folle… Et les prénoms des jumeaux seront inscrits pour la prochaine Moisson… J’aimerais pouvoir les empêcher de grandir tous, pour échapper à ça.» Je pousse un soupir, autant pour mes sœurs je me porterais volontaire mais hélas pour mon frère je ne pourrais rien y faire… « Ne t’en fais pas, tu as toi aussi beaucoup de choses à faire à la maison. C’est ainsi. » Je tourne la tête pour regarder ma cousine mettre le bébé dans son berceau puisqu’il vient de se rendormir.

Alors que je montre le miel à ma cousine, Aerin réapparaît et court vers la table pour se mettre à genoux sur l’une des chaises afin de regarder le liquide doré se trouvant dans le pot avec beaucoup d’envie. Je ris doucement. « Aerin aime beaucoup le miel hein ma puce ? » Elle hoche de la tête en regardant Eve puis à nouveau le miel. J’attrape une cuillère, la plonge dans le liquide doré puis la tend à Aerin qui a soudainement les yeux qui se mettent à pétiller. « Merci Eowyn ! » Ma petite sœur prend la cuillère et commence à laper le miel comme un chaton aurait lapé son lait, tout doucement pour savourer. « Ça doit vraiment être un bon ami alors, parce que du miel.. je n'ai moi-même que rarement eu l'occasion d'en manger. Garde-le précieusement surtout, hein ! » Je hoche de la tête, oui c’est un très bon ami, le plus précieux même ! « Oh, il est très bien caché ! Les enfants sont les seuls à avoir le droit d’en manger !» Oui, pas même moi j’en mange, je laisse tous à mes frères et sœurs, je n’ai pas besoin de ça. Je regarde toujours Aerin qui savoure son miel très lentement et cela me fait sourire. « Mais au fait, je le connais cet ami ? » Le ton qu’emploie ma cousine me met un peu mal à l’aise, je sais ce qu’elle sous entend et je me surprends à rougir jusqu’aux oreilles. Pour cacher cela je me retourne afin de retirer les plantes qui infusent depuis un moment déjà dans l’eau chaude et les poser dans mon mortier. « Bien sûr que tu le connais, c’est Naït. » Je lui ai si souvent parlé de lui, c’est mon meilleur ami après tout, mais elle ne l’a jamais vu, elle est d’ailleurs la seule au courant de cette amitié. En fait, je ne cache rien à Eve, j’en suis bien incapable. « Tu sais qu’avant-hier j’ai retiré ma première appendice ! » Je me retourne avec un sourire jusqu’aux oreilles. Eh oui, la première crise d’appendicite que j’arrivais à soigner, enfin à opérer. « D’ici quelques jours mon patient sera sur pied. J’ai l’impression de prendre ma revanche sur le sort ! Je n’ai pas eu la chance de faire médecine mais je serai bientôt aussi efficace qu’un diplômé ! Enfin tout ça c’est grâce à Naït aussi, il me fournit tous les ouvrages de médecine dont j’ai besoin ! »




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La famille est un archipel ■ Eve

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