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 La Moisson

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◭ SOS : 118
◭ Arrivée à Panem : 02/04/2012

MessageSujet: La Moisson   Dim 29 Avr - 22:02



LA MOISSON
DISTRICT ONZE



Le jour de la Moisson était finalement arrivé. Après des décennies d'absence, les Hunger Games reprenaient pour le malheur de tous. Vingt-quatre participants mais un seul survivant. Les pertes s'élevaient donc à vingt-trois personnes par année. Ce n'était absolument pas négligeable. Tout cela pour le bon plaisir du Capitole ; tout cela pour satisfaire les caprices d'un nouveau président. La tension était à son comble sur la place publique du district 11. Hommes, femmes et enfants étaient présents. Quelques murmures animaient l'endroit bondé mais aucun mot clairement prononcé. Désormais, les habitants des districts avaient trop peur de dire à voix haute ce qu'ils pensaient sincèrement de cette situation, de peur d'être entendus par des oreilles indiscrètes. Tous savaient que le gouvernement était impitoyable et que les têtes tombaient facilement maintenant que le dictateur régnait sur les foules enragées. Soudain, ce fut le silence sur la place publique. Une femme s'avança vers le micro. Cette personne représentait le district pour cette nouvelle édition des Jeux. Tout sourire ainsi que maquillée et habillée pour l'occasion, la femme semblait excitée. Il est vrai que les habitants du Capitole ne voyaient pas le retour des Hunger Games de la même façon. Pour eux, c'était un show télévisé et rien de plus.

« Tout le monde m'entend ? Parfait ! Bienvenue, bienvenue mes amis. Aujourd'hui est un jour spécial. Après une absence prolongée des Jeux de la Faim, nous voici dans une toute nouvelle ère réclamant le sacrifice de deux enfants de chaque district une fois encore. Mais vous savez tous pourquoi, n'est-ce pas ? »

Silence. Il est évident que tous savent. Les écrans géants s'allument et des images des deux anciennes guerres marquent les esprits. Oui, tout vient de là. La rébellion. Et afin de punir les habitants des districts de ces évènements funestes, un retour aux sources s'imposait. Les images cessent.

« Il est certain que ces séquences resteront à jamais gravées dans vos mémoires. Souvenez-vous des jours sombres, mes amis. Bien ! Nous allons maintenant choisir les deux candidats pour ce district. Honneur aux filles, ne perdons pas les bonnes habitudes. »

La femme se dirige vers la première boule de verre. Tant de noms inscrits sur des morceaux de papier. La représentante du district choisi enfin le papier qui semble lui plaire. Elle se dirige vers le micro, déplie le papier et annonce le nom de la personne sélectionnée. Choc. La concernée se dirige fièrement vers l'estrade, monte rejoindre la femme et attend. C'est au tour du garçon maintenant. Même scénario. La représentante pioche un second nom, se dirige à nouveau vers le micro et annonce le nom du garçon. Ce dernier monte les escaliers et se place aux côtés de la fille. C'est décidé. Ils seront les tributs. La femme a les larmes aux yeux.


PRENOM TRIBUT FILLE : Hécate D. Winslet
PRENOM TRIBUT GARCON : Sean Anderson





RAPPEL



◭ Les potentiels tributes doivent d'abord lancer les dés dans le sujet adéquat. Si vous êtes le seul mâle ou la seule femelle de votre district, vous serez directement moissonné(e).

◭ Vous pouvez maintenant poster à la suite vos réactions en RP. 8 lignes minimum sont demandées, on privilégie l'évolution et la rapidité. Mais rien ne vous empêche d'en faire plus tant que le sujet avance rapidement.

◭ Les citoyens du Capitole peuvent commenter ici puisque les moissons sont retransmises en direct. Les stylistes ont le choix de venir ou non dans le district dont ils sont responsables.

◭ Tenez compte dans vos RP, du premier moissonné et du volontariat. Si pour une raison x ou y vous êtes le seul et que dans votre rp vous voulez dire que vous vous êtes porté volontaire, libre à vous !

◭ Un autre sujet, plus court cette fois, pour les adieux de famille aura bientôt lieu.



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MessageSujet: Re: La Moisson   Mer 2 Mai - 12:51





J'ai peur. Cette peur qui m'empêche de dormir, ce dégout qui fait naître en moi une sensation de detresse. Longtemps j'ai pensée qu'il me restait du temps, et pourtant cette nuit là j'ai comprit que ma vie ne tenait plus que sur un bout de papier dont l'encre avait calligraphier la propre ombre de mon prénom. Je crois qu'au fond je maudissait ce nom. Ce nom porté par la déesse lunaire d'un peuple disparut. Ce nom que je portais sans en connaître la teneur. Je priais pour ne pas que ce soit moi, cette forme d'égoiste tenaillant mon coeur sous ma température corporelle. J'avais chaud, je tremblais, écoutant les bruits extérieur, les pas des habitants qui dans la rue se réunissaient. J'avais ce mauvais préssentiment qui me laissait me meurtrir intèrieurement. Si je n'avais jamais cru en dieu, j'espérais en cet instant qu'il existe, qu'il soit de mon coté et que le destin ne décide pas de me punir de ces fautes accumulées. J'avais besoin de me sentir protégée, de me sentir assez bonne pour echapper à une vengeance du ciel pour mes vols, ma froideur et ma méprisance. J'étais stupide de croire qu'une forme d'espoir pouvait m'aider. Il y avait tant d'adolescentes dans ce jeu, que j'avais une certaine chance d'y échapper. J'avais luttée malgré ma haine contre ceux qui m'entouraient contre ce capitol qui au fond avait des hommes des districts ce qu'ils étaient. J'étais prête pour une raison que j'ignorais à protéger ce que je croyais injuste. Je ne luttais pas pour la justice mais contre l'injustice, me trouvant si misérable face à ceux qui étaient capables de sacrifier leurs vies. Mais au fond je savais que ce n'était pas seulement pour moi que je le faisais, mais par cette compassion que je cachais et qui au fond m'humanisait.

J'ai gardée la tête haute en me rassemblant sur la grande place, observant en silence les regards qui se baissaient vers le sol et ceux qui avec autant de curiosité et de peur, ancraient dans leur mémoire l'apparence de marbre des pacificateurs. Je paraissais si impénétrable, ne cherchant pas même du regard mon père qui s'était rabattut un peu plus loin avec elle qu'il aimait, ni Tyler dont je n'osais affronter le regard. Pour ne pas qu'il voit au fond la certaine appréhension qui me submergeait. J'oubliais peu à peu les autres, un silence de plomb s'installant dans ma tête alors que cette voix résonnait déjà dans tout le district.

« Tout le monde m'entend ?... »

Je gardais le silence, relevant les yeux vers cet écran qui nous déroulait le passé. Un retour sur ces évènements que tous croyaient pardonnés. Le temps presse, mon coeur perdant quelques battements dans la bataille. J'ai cessée de respirer, ne faisant qu'écouter, la femme si étrangère s'approchant de cette bulle en verre qui nous condamne tous. Les secondes sont des heures, et il paraît s'écouler une eternité en même temps qu'elle se rapproche du micro pour déclarer avec joie.

« Hécate Dana Winslet ! »

Je ne comprends pas, certains jetant leurs regards sur moi pendant que la plupart cherchent encore du regard le visage associable à ce nom. J'ai hésité oui, quelques instants, finissant par me diriger vers les deux hommes qui m'attendaient dans l'allée. La femme souriait, mon regard n'arborant aucune expression, cette fierté que j'aurais du ressentir ne restant qu'une vague illusion pour eux. A ce moment là on se dit que c'est la fin, on regrette... La seule que je regrettais au fond c'était de marcher vers elle telle une lâche, de ne pas ressentir de tristesse face à mon père que je ne reverrais sans doute plus et que j'aimais pourtant un peu au fond. La femme me détaillait, j'en faisais de même, laissant mes paroles s'éttoufer dans ma bouche pour ne pas dire de sottises. Je n'avais qu'à être cette poupée de cire, qu'à venir me positionner à sa gauche pour qu'elle puisse enfin continuer son show. Et je le fis, curieuse et appeurée, en colère et attristée. Pourtant elle ne remarqua rien, déclarant déjà le nom de celui qui m'accompagnerait sans que je n'y porte attention, déjà perdue dans mes pensées les plus lointaines, mon corps ne restant plus qu'un des décors de cette parodie qui ne faisait que commencer.
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MessageSujet: Re: La Moisson   Mer 2 Mai - 16:12




      La main moite de mon plus jeune frère écrasait la mienne depuis quelques minutes à présent. Nous étions sur la place, tous rangés, ordonnés. Je la sentais trembler à chaque fois qu’une seconde avançait. Ma mère était plus loin, le visage pâle et anxieux. Aujourd’hui je m’étais bien vêtu, j’avais troqué mes vêtements de forgeron pour un pantalon brun et un t-shirt blanc tirant sur les beiges. Mes frères étaient vêtus de la même manière que moi, les cheveux mieux brossés surement. Une femme s’avança sur la scène, elle était tellement euphorique dans son look extravagant qu’elle me faisait presque de la peine. Comme le veut la tradition, les dames d’abord. Je jetais un regard affolé sur Sarah, ma meilleure amie, l’élue de mon cœur, de peur que son nom sorte du lot. Mais lorsque ce fut Hécate qui fut appelée j’en fût profondément bouleversé, ahuri. Voilà une nouvelle à laquelle je ne m’attendais pas. J’aimais bien cette fille en plus.
      Je me mordis la lèvre inférieure, regardant l’automate monter sur scène, un pincement au cœur. J’avais mal pour elle ; elle qui détestait le Capitole se retrouvait condamnée aux Jeux. Je ferrais surement tout ce qui est en mon pouvoir pour récolter des fonds et l’aider au maximum dans le Jeux. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, la femme annonça que c’était le tour des garçons, Landz resserra ma main et Hunter recherchait le regard de notre mère. Mon rythme cardiaque s’accéléra. Et si un de mes frères était choisi, ou un ami à moi ? Tout se chamboulait dans ma tête, à tel point que je crus tomber dans les pommes.

      - Sean Anderson !


      Mon cœur s’arrêta de battre, mon frère lâcha ma main, les larmes aux yeux. Je crois que je ne réalisais pas ce qu’il m’arrivait. Tous les regards étaient posés sur moi. Je faisais mine de ne pas avoir peur, ni d’être particulièrement surpris, même si c’était la panique totale dans mon corps. J’embrassai le front de mon jeune frère, adressai un sourire à ma mère et à mes frères et quittai difficilement la foule sous les cris étouffés de Landz qui semblait mourir de chagrin. L’émotion montait en moi, je sentais les larmes monter mais je m’ordonnais de ne pas pleurer. Je montai sur la scène, sans aucunes expressions, mis à part un ennui profond comme si j’avais mieux à faire. Je sentais les caméras braquées sur moi, filmant mon corps de forgeron, me cataloguant surement comme un grand ennemi. Je m’approchais de Hécate et lui lançait un sourire amical ; j’avais déjà un plan. La folle en rose m’étudia longuement, si j’avais pu j’aurais éclaté sa tête de demeurée entre mes mains mais elle ne semblait pas trop méchante et surtout très insouciante.

      - Et voilà, nous avons nos magnifiques tributs, s’écria t-elle.

      Elle semblait ravie, tant mieux pour elle, car je pouvais voir dans le fond ma mère tomber de chagrin, soutenue par quelques femmes du district qui avaient déjà vécu cette déchirure atroce. Et me voilà debout devant eux, tel un point que l’on va balancer à la moindre occasion. Je ne pensais plus à rien, je fixai devant moi, peut être pour retenir mes larmes jusqu’à un jour prochain, pour ne pas montrer mon anxiété vis-à-vis de ma famille. Mais dans le fond, je n’ai pas peur des Jeux, j’ai peur pour mes proches…



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MessageSujet: Re: La Moisson   Jeu 17 Mai - 15:58



LES ADIEUX



La tristesse, la haine, la douleur. Ou bien la fierté, les acclamations de joie, l'honneur. Tout dépendait des districts. Certains se voyaient déjà morts alors que d'autres imaginaient leur victoire. Vingt-quatre tributs choisis. Ils étaient enfin réunis. Malgré tous ces sentiments, il fallait avouer que l'émotion était à son comble. Les Hunger Games reprenaient et avec vingt-quatre visages désormais, les Jeux avaient un tout nouveau sens. Il était cependant difficile de le comprendre pour le moment. Les deux tributs se tenaient devant une foule en délire. Certains se connaissaient et s'appréciaient, d'autres se détestaient. Mais ils se comprenaient. Personne ne pouvait savoir ce que ça faisait d'être tiré au sort avant de le vivre. Tout était allé si vite. Mais il fallait faire face à la réalité. Dans la cohue, les voix des représentants des districts s'élevaient, pour calmer les ardeurs.

« Un peu de silence, je vous prie ! Maintenant que les deux tributs ont été choisis, tirés au sort ou même volontaires pour certains, nous vous donnons rendez-vous dans quelques jours pour le début des Jeux ! Puisse le sort vous être favorable ! »

Les deux tributs furent entraînés à l'intérieur du palais de Justice. Ils savaient très bien ce qui allait suivre maintenant. Ils avaient deux heures devant eux pour dire adieu à leurs familles. Seul le vainqueur aurait l'immense honneur de revenir dans son district. Pour les autres, c'était la fin. C'était sans aucun doute le moment le plus délicat. Comment trouver les mots ? Que dire ? Alors que les tributs étaient séparés et menés dans deux pièces différentes, la porte s'ouvrait déjà pour laisser entrer les premiers visiteurs. Place aux adieux.






RAPPEL



◭ 8 lignes minimum sont toujours demandées.

◭ Si plusieurs personnes sont conviées pour voir le même tribute, vous êtes priés de respecter l'ordre. Laissez parler le tribute en premier puis après, lancez-vous. Ceci afin de faciliter la compréhension. Vous pouvez également, si vous êtes seul(e) jouer vos adieux comme vous le souhaitez.

◭ Après ce sujet clos, les tributes pourront poster la suite de leurs aventures au Capitole. (train, préparation des stylistes, etc.) Vous pouvez continuer vos RP en cours, en faire d'autres ailleurs, mais il s'agira alors de flashbacks.

◭ Le prochain sujet commun sera la parade. Donc vous pouvez RP entre vous la suite à votre guise.




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MessageSujet: Re: La Moisson   Sam 26 Mai - 17:05

Pour un plaisir,
Mille douleurs.
François Villon.


« Et voilà, nous avons nos magnifiques tributs »

Etais-je si magnifique que ça dans ce rôle ? Je n’en étais pas moi-même sure. Au fond de moi j’avais peur, la surprise ayant laissé place à cette réalité assourdissante qui me mettait face à mon destin. Je ne parvenais pas à regarder Sean, jetant quelques regards furtifs vers lui comme pour chercher une once de compassion, un quelconque soutient. Peu importait le temps qu’il nous restait, peu importait ces regards tristes et soulagés. Seul celui de cette femme me torturait, si paisible, si heureux, comme si nous étions de ces animaux que l’on envoie à l’abattoir, de ces hommes souillés que l’on puni sans un regard. Je me demandais au fond ce que j’avais pu faire de mal. Mon seul crime résidant dans cet égoïsme qui m’animait et dans cette torture que je m’infligeais à moi-même. Si je n’ai jamais été tendre avec les autres, je n’ai jamais levé la main sur aucun d’eux. Pourtant cette haine envers mon destin me laissait peu à peu les haïr pour leur impuissance face à la scène, leurs regards innocents brisant d’un monotone les couleurs du capitole. Aucun d’eux ne se battait pour cette once de dignité. Ces hommes et ces femmes dont les visages me revenaient parfois, aussi bien pour le bien que pour le mal. Je leur en voulais de ne rien faire pour moi, et pourtant au fond de moi je savais que je n’aurais rien fait pour eux en cet instant. Mais je me serais battue pour cette liberté commune qui libérerait à jamais la mienne, et pour cette dignité qui me rangeait dans cette classe de faible. Seulement eux ne se battrons sans doute jamais pour ça, ce goût à la liberté qu’ils perdaient dans leur quotidien, dans cette terreur qu’ils étaient incapable de surmonter.

Je n’affrontais plus leurs regards,
sentant une main se poser sur mon épaule
alors que j’y répondais par un sursaut.
Ils devaient m’emmener maintenant…



Mon père pénétra dans la pièce, accompagné de cette femme aux traits si doux. Des traits qui me rassuraient et que pourtant je n’avais jamais appréciés. Elle semblait triste pour moi, quelques larmes s’échappant sur ses joues pendant qu’elle restait silencieusement à l’écart. Je crois au fond qu’elle avait compris que je ne l’accepterais pas. Je ne lui manquerais jamais de respect, mais je n’avais pas ma place dans cette idylle, et inconsciemment je lui en voulais d’avoir détruit ce lien qui m’unissait à mon père. Il avait changé depuis leur rencontre, un sourire quotidien s’affichant dans un rictus sur ses lèvres. Lui-même m’en voulait d’être aussi dur, aussi têtue, aussi semblable à ma mère, et même s’il continuait de m’aimer, j’avais compris qu’il ne verserait plus aucune larme pour moi.

« J’ai confiance en toi Hécate. »

Il paraissait si sincère, si impassible que je m’en trouvais déstabilisée. Ce fût les seuls mots qu’il me souffla, sa présence déjà disparaissant dans le couloir. Je détournais la tête, soufflant d’agacement en me laissant dos à la porte. Son adieu était apparût si cruel… Mais je savais qu’il en serait profondément atteint. Du moins je l’espérais.
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MessageSujet: Re: La Moisson   Lun 28 Mai - 0:42


Avery & Hécate


La moisson… Jour horrible pour tous. Ceux entre 12 et 18 ans risquaient de se voir envoyés directement vers la mort tandis que les autres voyaient éventuellement des amis ou des membres de la famille disparaître dans une arène mortelle. Qui pouvait apprécier ce jour ? Les carrières des premiers districts, bien sûr… Mais le district 11 n’avait pas de carrières ou bien, elles ne seraient pas aussi populaires que celles du district 1 ou 2, par exemple. Ce matin, Alice était venue se blottir contre elle en lui chuchotant de ne pas la laisser seule. Avery avait fermé les yeux en sachant que c’était effectivement possible que ça arrive malgré sa grossesse qui était déjà à sa moitié. Peu importe, elle serait une proie facile si elle était pigée. Elle s’était levée, tachant de ne pas penser à Naït qui avait aussi ses chances de partir à l’arène. Elle s’était promise de ne pas regarder la moisson du 12, de s’éviter de souffrir encore. Tranquillement malgré le stress qui la nouait, Avery prit soin de sa sœur. Un bon déjeuner, un bon bain, une belle robe et une magnifique coiffure de ses cheveux blonds. Elle-même s’étant fichée de son apparence. Elle avait enfilé un pantalon, un chandail, laissé ses cheveux tomber sur ses épaules. Toute la famille Asplin se dirigea vers la place publique. Tous rentraient en rang, se plaçaient à leurs places, soit les adultes et les enfants sur les côtés et les éventuels tributs au centre, hommes et femmes séparés. Elle tenait Alice contre elle, caressant ses cheveux, le cœur serré lorsque la femme s’approcha du micro. Cette femme qui avait en ses mains le destin d’une fille et d’un garçon… Et qui s’en fichait. Elle parla, parla… C’était si long qu’Avery pestait silencieusement d’impatience. Elle se sentait si mal ici. Finalement, la dame s’approcha de la boule qui contenait le nom des filles. Avery serra fortement Alice contre elle comme pour l’empêcher de la quitter et se tendit lorsqu’elle tira un papier. Alice, elle, quelqu’un qu’elle connaissait ? Qui sait pour le moment… Ce n’est que lorsqu’elle lut le papier que le silence tomba complètement.

« Hécate Dana Winslet ! »


Une fois le soulagement tombé, une autre sorte d’inquiétude envahit son cœur. Hécate… Elle connaissait une Hécate depuis son enfance mais elle ne saurait dire si c’était vraiment elle ou s’il y avait une autre Hécate. Son regard chercha la personne dont le nom était associé et comme elle pensait, appréhendait, elle vit Hécate. Son ancienne amie avait l’air consternée, abasourdie et ne savait pas si c’était vraiment son nom qui venait d’être pigé. Toutefois, elle finit par se diriger vers la scène. Le soulagement qui avait envahi Avery lorsque le nom était tombé n’avait été que superficiel, ce n’avait pas été elle ou sa sœur. Le nouveau sentiment qui l’animait était différent. C’était une douleur, oui, pas aussi forte que si sa sœur avait été pigée mais elle ne la laissait pas indifférente. Elle vit Hécate monter sur la scène, dévisager la dame qui avait de fausses larmes aux yeux puis se perdre dans ses pensées. Avery n’écouta pas le garçon nommé, perdue elle aussi dans ses pensées, dans ses souvenirs. Elle s’était éloignée d’Hécate qui avait été une des seules amies qu’elle avait eue. Voyant le garçon monter sur la scène à son tour, elle ne ressentit qu’un bref soulagement en voyant que ce n’était pas son frère. Avery avait hâte que les adieux débutent, elle pourrait aller souhaiter personnellement bonne chance à Hécate parce que, bizarrement, ce nom clamé haut et fort avait réveillé un sentiment d’amitié enfoui. Encore une fois, la dame parla et Avery était impatiente. Quand elle annonça les adieux, Avery savait qu’elle avait un peu de temps avant de pouvoir passer. La famille d’Hécate irait sûrement avant tout le monde. Avery partit au pas de course de la place publique, bien qu’elle ne puisse pas tellement courir avec son ventre gonflé de 4 mois de grossesse. Elle rentra chez elle et alla fouiller dans sa commode, cherchant une montre à gousset. C’était un des symboles de leur amitié, elle espérait qu’elle s’en souviendrait. Elle finit par la trouver, souffla dessus pour en enlever la poussière puis repartit vers l’hôtel de justice où se trouvaient les adieux. En chemin, elle tourna et retourna la montre entre ses doigts, souriant au « H & A » gravé maladroitement dessus. Elles n’étaient que des gamines mais pourtant, elles avaient réussies à faire bien des mauvais coups, voler cette montre avait été l’un des premiers. Elle entra dans l’hôtel de justice puis on la dirigea vers la pièce d’Hécate lorsque la famille de cette dernière était partie. Elle n’était pas stupide et savait qu’elle n’avait que très peu de temps à accorder à son amie. Elle entra dans la pièce, un petit sourire aux lèvres, plus amusé qu’autre chose.

« Je me suis dit que ça pourrait te porter chance dans l’arène… »

Elle sortit la fameuse montre et la lui tendit, refermant ses doigts dessus pour qu’elle ne la lui rende pas avant de s’espacer un peu, regardant Hécate en ayant perdu son sourire. Elle savait quoi dire mais elle ne savait pas comment le dire. Elle ne savait pas comment exprimer ce sentiment qui l’avait traversée quand elle avait entendu le nom d’une amie pourtant si loin mais qui avait été si importante pour elle. Sa seule amie… C’était étrange à dire mais ça avait été vrai. Peut-être n’avait-elle pas été l’amie que son père aurait souhaitée mais elle, elle avait été là pour elle.

« Je… Je ne crois pas qu’on aurait du s’éloigner tant que ça. Ça m’a fait étrange d’entendre ton nom tout à l’heure … »
Elle la regarda dans les yeux, pressée par le temps bien qu’elle en avait tant à dire à son amie. Elle baissa les yeux sur la montre une dernière fois puis s’avança vers Hécate et la serra dans ses bras avant de lui souffler un « Bonne chance » à l’oreille parce que, oui, elle en aurait besoin. Qui n’en avait pas besoin ou n’en souhaitait pas dans l’arène où tout risquait de t’arracher la vie d’une seconde à l’autre ? Elle se détacha, inspirant grandement avant de se diriger vers la porte. Elle l’ouvrit mais se stoppa dans son mouvement, se retournant vers elle, un petit sourire mal à l’aise aux lèvres.

« Je me suis promis de ne pas regarder la moisson du 12… Mais si Naït se retrouve tribut, tu peux lui dire que nous l’aimons ? »

Elle baissa les yeux vers son ventre. Oui, ils étaient deux à aimer Naït et bientôt, le deuxième pourrait le prouver en serrant son père dans ses bras et en l’embrassant. Mais s’il était tribut… C’était sois son amie ou lui qui revenait. Elle ne pourrait pas avoir les deux, elle savait. Et même, aucun des deux ne pourrait survivre alors… Elle n’aurait plus personne sauf sa sœur et son fils. En quittant la pièce, elle s’en voulait de ne pas avoir agi assez tôt, d’avoir dû attendre ce nom pigé pour agir et retrouver son amie…
code by biscotte


Dernière édition par Avery Asplin le Dim 3 Juin - 15:57, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: La Moisson   Sam 2 Juin - 19:43




      Etonnement mon esprit était vide de pensés. Je savais pertinemment que ma vie s’écroulait brutalement ainsi que celle de ma famille, mais je ne voulais pas me permettre de penser à quoi que se soit. Je regardais au loin, le regard vitreux, les bras ballants de long de mon corps encore chaud par l’émotion. Quelqu’un m’emmena, je tournai mon regard de la foule, adressant un dernier sourire au district onze avant de disparaître dans l’oubli et la mort.
      On me mit dans une petite pièce mal décorée, m’indiquant que mes proches viendraient me faire leurs adieux. Je ne voulais voir personne, je ne voulais pas pleurer, je refuse d’être faible, piégé par le Capitol. Tout se chamboulait dans mon esprit, plus rien n’avait de sens. La porte de la pièce s’ouvrit et mon plus jeune frère Landz passa sa tête par la porte. Le contour de ses yeux était rouge et boursoufflé. Il se précipita sur moi en gémissant des phrases incompréhensibles derrière son sanglot. Je passai ma main dans ses cheveux brossés et fixai le mur, luttant pour éviter le déluge de larmes. Je sentais ses mains emprisonner mon t-shirt et son corps trembler comme une feuille, il était déjà dans cet état là alors que rien n’était encore joué. J’embrassai une dernière fois son jeune front sans lui adresser la moindre parole, trop ému pour parler et mon frère disparu derrière la porte pour laisser place aux jumeaux Hunter et Sacha. Ils étaient tous les deux devant moi, tel des statues de marbres. Je m’approchai d’eux pour les prendre dans mes bras et je vidai honteusement mes sentiments sur leurs épaules, les larmes coulaient de mes yeux comme la pluie tombe du ciel.

      - Promettez-moi de protéger maman… Hunter tu reprendras la forge et toi Sacha tu nourriras la famille. Promettez-moi de vous mariez, d’avoir des enfants, de ne pas m’oubliez. Je ne veux pas vous mentir en vous promettant de revenir, mais je peux vous promettre que votre futur changera et que le Capitol sera décliné.

      Ils ne me répondirent rien, seulement des regards remplient de tristesses masquant ainsi leurs magnifiques yeux clairs. Je leur donnai une tape dans le dos et un sourire joueur, celui que je leur adressai tout les jours, celui des petits complots, des petites idées foireuses. Ils me le rendirent et s’en allèrent. J’imagine que ma mère n’aura pas la force de dire adieu. Je parti m’asseoir sur une méridienne et la porte s’ouvrit lentement. Pendant une demi-seconde j’eus espérer que cela fut mon père. Mais c’était trop demandé. Une femme entra la pièce, les cheveux grisonnant attachés maladroitement, le peu de maquillage qu’elle avait pu porter avait pratiquement disparu, mais le fait qu’elle soit complètement affolée elle demeurait magnifique et brillait comme un soleil. C’était ma mère. Elle vint s’asseoir à mes côtés, prit ma main et respirait doucement comme pour essayer de se calmer.

      - Tu gagneras Sean. Tu sais pourquoi je le sais ? … Parce que j’ai confiance en toi et tu as ça dans le sang, mon frère avait lui-même gagné les jeux, toi tu es beaucoup plus fort que lui, plus malin.

      - Moi aussi j’y crois maman, je gagnerais pour toi.


      Elle se leva d’un bond, lâcha ma main, déposa un baiser sur ma joue encore humide et partie sans un mot. Elle ne ferma pas la porte, je pouvais encore voir sa silhouette dansante s’effacer dans l’ombre du couloir, sa robe épouser les mouvements de ses jambes. Je soupirai et passai ma main dans mes cheveux. Quelque chose en tomba et s’écrasa au sol dans un petit bruit cristallin. Je ramassai délicatement l’objet et l’étudiai, c’était une chaîne argentée avec comme pendentif le symbole de notre famille, le symbole de la forge, c’était un cheval à la crinière embrassée, mon père l’idolâtrait, il disait qu’il avait un pouvoir, je n’y ai jamais cru mais il n’est jamais trop tard pour croire aux rêves.




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MessageSujet: Re: La Moisson   Dim 3 Juin - 13:08

Les visages disparaissent,
réapparaissent comme les armes du destin.
Si on les oublis, ils semblent ne pas avoir oubliés,
cachés dans l’ombre pour ressurgir de nulle part.

Des tremblements parcouraient furtivement mon corps. Des tremblements aux allures de frissons, déchirant ma peau dans cette sensation de faiblesse, animant une colère masquée envers moi-même. La porte était close, me laissant seule face à ce vide qui me faisait souffrir. L’absence d’un tout qui aurait dû faire de moi quelqu’un d’autre. Pourquoi ne ressentir cette peur d’être seule alors qu’au fond de moi je n’avais envie de personne ? Peut-être qu’au fond j’aimais souffrir et me sentir désemparée par ce que j’étais. Peut-être même que les autres n’étaient qu’une image de ces figurines que l’on voit peintes sur les étagères, façonnées à l’infini dans cette position de fragilité. N’était-ce pas qu’un besoin… De voir à jamais ternir cette image que je pouvais avoir de moi-même ?

La porte et son grincement retentit, me laissant expier un dernier soupire sans que je ne puisse me retourner. Je laissais s’écouler quelques secondes, oubliant un instant le reste avant qu’une main vienne prendre la mienne. Je restais neutre face à ce rapprochement, observant la montre et ses initiales en fronçant les sourcils. Je savais que c’était elle, avant même de croiser son regard, mes yeux se plongeant alors dans les siens avant qu’ils ne dérivent sur son ventre. Le temps semblait vouloir me rattraper, étouffant mon cœur dans cette sensation de douleur. Elle n’était plus qu’une image du passé, une image que j’avais délaissée et qui aujourd’hui revenait me hanter. Que restait-il réellement ? Des souvenirs lointains qui au fil des jours n’étaient devenus que les restes d’une enfance insouciante.

« Je… Je ne crois pas qu’on aurait dû s’éloigner tant que ça. Ça m’a fait étrange d’entendre ton nom tout à l’heure … »

Je lui en voulais tellement… Incapable de m’en vouloir à moi-même, ma haine pour celle que j’étais me suffisant à me détruire. Je me revoyais encore l’entraîner par la main, la petite fille que j’étais croyant que tout lui appartenait. Si tout ce qui était fait resterait à jamais fait, j’avais encore cet espoir de voir le temps changer, de me voir un jour accepter ce que je pensais rater. Mais c’était cette jalousie qui prenait le dessus. La jalousie de croire qu’elle avait sans doute mieux réussis sa vie que moi, celle de voir à jamais son ombre hanter comme un poison mon enfance.

« Je me suis promis de ne pas regarder la moisson du 12… Mais si Naït se retrouve tribut, tu peux lui dire que nous l’aimons ?
- Il doit sans doute déjà le savoir… »

Je me redressais, affrontant son regard avec une pointe de tristesse, cherchant en vain à atténuer cette colère qui m’animait.

« S’il te plait va-t’en. Il est trop tard pour que tu reviennes. »
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La Moisson

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