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 La Moisson

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◭ SOS : 118
◭ Arrivée à Panem : 02/04/2012

MessageSujet: La Moisson   Dim 29 Avr - 22:02



LA MOISSON
DISTRICT DOUZE



Le jour de la Moisson était finalement arrivé. Après des décennies d'absence, les Hunger Games reprenaient pour le malheur de tous. Vingt-quatre participants mais un seul survivant. Les pertes s'élevaient donc à vingt-trois personnes par année. Ce n'était absolument pas négligeable. Tout cela pour le bon plaisir du Capitole ; tout cela pour satisfaire les caprices d'un nouveau président. La tension était à son comble sur la place publique du district 12. Hommes, femmes et enfants étaient présents. Quelques murmures animaient l'endroit bondé mais aucun mot clairement prononcé. Désormais, les habitants des districts avaient trop peur de dire à voix haute ce qu'ils pensaient sincèrement de cette situation, de peur d'être entendus par des oreilles indiscrètes. Tous savaient que le gouvernement était impitoyable et que les têtes tombaient facilement maintenant que le dictateur régnait sur les foules enragées. Soudain, ce fut le silence sur la place publique. Un homme s'avança vers le micro. Cette personne représentait le district pour cette nouvelle édition des Jeux. Tout sourire ainsi que maquillé et habillé pour l'occasion, l'homme semblait excité. Il est vrai que les habitants du Capitole ne voyaient pas le retour des Hunger Games de la même façon. Pour eux, c'était un show télévisé et rien de plus.

« Tout le monde m'entend ? Parfait ! Bienvenue, bienvenue mes amis. Aujourd'hui est un jour spécial. Après une absence prolongée des Jeux de la Faim, nous voici dans une toute nouvelle ère réclamant le sacrifice de deux enfants de chaque district une fois encore. Mais vous savez tous pourquoi, n'est-ce pas ? »

Silence. Il est évident que tous savent. Les écrans géants s'allument et des images des deux anciennes guerres marquent les esprits. Oui, tout vient de là. La rébellion. Et afin de punir les habitants des districts de ces évènements funestes, un retour aux sources s'imposait. Les images cessent.

« Il est certain que ces séquences resteront à jamais gravées dans vos mémoires. Souvenez-vous des jours sombres, mes amis. Bien ! Nous allons maintenant choisir les deux candidats pour ce district. Honneur aux filles, ne perdons pas les bonnes habitudes. »

L'homme se dirige vers la première boule de verre. Tant de noms inscrits sur des morceaux de papier. Le représentant du district choisi enfin le papier qui semble lui plaire. Il se dirige vers le micro, déplie le papier et annonce le nom de la personne sélectionnée. Choc. La concernée se dirige fièrement vers l'estrade, monte rejoindre l'homme et attend. C'est au tour du garçon maintenant. Même scénario. Le représentante pioche un second nom, se dirige à nouveau vers le micro et annonce le nom du garçon. Ce dernier monte les escaliers et se place aux côtés de la fille. C'est décidé. Ils seront les tributs. L'homme a les larmes aux yeux.


PRENOM TRIBUT FILLE : Héloïse I. Sinsens
PRENOM TRIBUT GARCON : Jace Sloan





RAPPEL



◭ Les potentiels tributes doivent d'abord lancer les dés dans le sujet adéquat. Si vous êtes le seul mâle ou la seule femelle de votre district, vous serez directement moissonné(e).

◭ Vous pouvez maintenant poster à la suite vos réactions en RP. 8 lignes minimum sont demandées, on privilégie l'évolution et la rapidité. Mais rien ne vous empêche d'en faire plus tant que le sujet avance rapidement.

◭ Les citoyens du Capitole peuvent commenter ici puisque les moissons sont retransmises en direct. Les stylistes ont le choix de venir ou non dans le district dont ils sont responsables.

◭ Tenez compte dans vos RP, du premier moissonné et du volontariat. Si pour une raison x ou y vous êtes le seul et que dans votre rp vous voulez dire que vous vous êtes porté volontaire, libre à vous !

◭ Un autre sujet, plus court cette fois, pour les adieux de famille aura bientôt lieu.



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◭ SOS : 11
◭ Arrivée à Panem : 27/04/2012

MessageSujet: Re: La Moisson   Lun 30 Avr - 2:02

Ce jour là, je traînais dans mon lit. J'étais éveillée depuis que le soleil s'était levée, et j'avais entendue ma mère me préparer un petit déjeuner : Elle voulait tellement que j'aille aux Hunger Games pour être fière de sa fille qu'elle pensait qu'être gentille avec moi m'emmènerait à me porter volontaire. Même pas en rêve ! Je ne me porterais volontaire pour rien au monde ! Je ne veux pas faire comme tout ces carrières qui font vivre ce jeu barbare.

J'ai dormi très peu cette nuit. Mon esprit ne cessait d'imaginer Landra et Collin en face à face avec des armes à la main. C'était toujours moi qui tuait dans nos parties de chasse. Landra se détournait à chaque fois. Je savais que ça ne dérangeait pas Collin, mais tuer un humain était différent. En toute franchise, je m'en savais tout autant incapable qu'eux.

Lassée de voir le visage terrifié de Landra, je me levais et m'habillais. M'étant mes lunettes d'aviateur sur la tête, je me regardais dans mon miroir avec un petit sourire. Ma mère allait s'arracher les cheveux quand elle verrait ma tenue. Je savais qu'invariablement je serais obligée de m'être la robe qu'elle m'avait achetée je ne sais plus où au Capitol, mais en attendant, autant m'amuser. Je portais en fait ma tenue de chasse que je ne mettais qu'avec Collin et Landra. Elle était confortable et pratique. C'était un ensemble composé d'une veste et d'un pantalon en cuir qui me collait la peau. Les gens avait du district avait l'habitude de me voir ainsi. Ma mère en revanche...

Je sortis de ma chambre et l'installais devant le plateau que ma mère m'avait préparé. Elle avait le dos tourné quand j'entrais, et telle une ménagère modèle, elle faisait la vaisselle. Je m'asseyais et reniflais sans grande conviction le pain beurré devant moi avant de mordre dedans sans grande envie.

Je savais que cette attitude avait tendance à énerver ma mère. Mais j'en avais marre de ses façon de faire mielleuse. Je n'irais pas aux Hunger Games !

-Tu vas voir Landra et ce garç...


Elle s’interrompit avec un fracas de verre. Je me tournais vers elle et vis qu'elle avait la bouche ouverte.

-Hum ? M'enquis-je avec innocence.
-Euh... Non rien. Je... Hum, tu vas voir tes amis ?
-Oui sûrement, fis-je déçu du contrôle qu'elle avait d'elle-même.
-Bien. Pense à rentrer tôt pour te préparer à la moisson.

Je ne répondis même pas, laissant sur la table mon déjeuner à peine entamé, et je récupérais ma besace pour sortir. J'étais écœurée du plaisir évident de ma mère. Comment pouvait-elle être ainsi ?

Passant devant la boutique à mon père je lui fis signe. Il me répondit à peine. Il s'était éteint ces derniers temps. Mais je m'en fichais complètement. Mes pas me guidèrent directement chez Landra. Je toquais de coups à la porte et ce fut elle qui vint m'ouvrir. Quand elle vit ma tenue elle sourit et ouvrit la porte en grand pour que constate sa propre tenue de chasse. Il était pourtant tôt ce matin. Mais je savais qu'on avait grand besoin tout les trois de se défouler. Elle attrapa son propre sac et nous retrouvâmes Collin devant sa maison, qui nous attendait comme si le rendez-vous était prévu.

-Salut mes belles. Le sentinelle à eut une drôle de diarrhée ce matin. Et il s'est trouvé coincé dans les toilettes. La voix est libre.

Je riais et nous nous engageâmes dans un trou du grillage toujours pas réparé. Le grésillement familier ne nous inquiétait plus. Nous savions comment passer.

Se trouver de l'autre côté de la barrière nous donnait comme à chaque fois ce sentiment de liberté parfait. L'adrénaline montait en nous, et un regard nous suffit pour que la chasse commence. Je sortis un poignard, et le temps que Collin fasse le tour de ses pièges, Landra et moi commencions la traque. Tout mes sens en alerte, mes pensées, cessait enfin de tourner autour des jeux de la faim. Landra stoppa soudain tout mouvement. Je me calquais sur elle, allant même jusqu'à retenir ma respiration. Elle m'indiqua un buisson plus loin, et le contournant, je pus y apercevoir une famille de lapins. Ils étaient 7. Un seul suffirait. Prenant plus d'assurance sur mon poignard, je le lançais et fit mouche. Les autres partirent affolés, et je récupérais l'animal. J'avais visé le cou pour être sûre que la lame s'enfonce facilement. L'animal était mort rapidement. J'allais l'attraper et le déposais dans le sac que me tendis mon amie. Je relevais les yeux vers elle et vis que son visage était fermé. J'attrapais le sac où le lapin était et le posais par terre pour prendre Landra dans mes bras.

-J'ai si peur que toi où Collin partiez, souffla-t-elle d'une voix chevrotante.
-Ne t'inquiète pas. Nos noms n'y sont qu'une fois. De plus, tu sais très bien que...
-... Collin n'aimerait pas me voir dans cet état.

Elle se tut, et me serra contre elle. Je sentais ses larmes qui coulaient doucement sur mon épaule. J'enfouis mon nez dans son coup pour sentir sa rassurante odeur. Landra sentait nos souvenir d'enfance. C'était agréable que de l'avoir contre moi. J'avais l'impression que les jeux n'étaient qu'un mauvais rêve.

Collin nous rejoignis peu de temps après et nous serra contre lui de la même façon. Nous échangeâmes un regard entendue. Je ne pouvais pas la laisser y aller si elle était tirée au sort. D'un autre côté, elle ne me le pardonnerait pas. Et je savais que Collin préférerait me tuer plutôt que je me porte volontaire, même si c'était pour sauver Landra. Aussi, nous avions tout les trois décidés de ne pas nous porter volontaire. Nous n'étions pas des carrières.

Je soupirais et les lâchais tout deux avec regret. Je tendis à Collin le sac contenant le lapin et il me montra deux oiseaux qui s'était pris dans ses pièges. Une bonne chasse pour un simple début. Je soupirais.

-Que diriez-vous de se balader sans chasser ? Proposais-je alors.

Je vis les yeux de Landra s'allumer. Elle avait envie de s'amuser et non pas de tuer. Alors, malgré notre age, une partie de cache-cache géante commença. Évidement, Landra était très forte, et il était quasiment impossible pour Collin et moi de nous cacher, tout comme de la trouver. Le jeu dura jusqu'à ce que le soleil haut dans le ciel nous rappelle à l'ordre. Nous prîmes une légère pause en haletant légèrement, la dernière partie s'étant terminée en course poursuite.

Soupirant, nous nous relevâmes et prîment le chemin de retour au district. Collin récupéra la nourriture que nous avions récupéré, et nous fit un au revoir rapide. Landra et moi retraversâmes le district en silence. Aucun mots ne fut prononcé, pas même un au revoir lorsque je la laissais devant chez elle. L'horreur des jeux étaient parfaitement présente dans nos esprits.

Lorsque poussais la porte, ma mère me tira sans ménagement jusqu'à la salle de bain où un bain chaud m'attendait. Je m'y installais et me mis sous long aussi longtemps que me le permit ma respiration. J'aimais être sous l'eau, ne plus rien entendre, ne plus rien voir, se sentir flotter comme si on était dans un autre monde. Je sortais ma tête de l'eau et étirait doucement mes muscles. Nous avions fait bien plus d'effort que d'ordinaire avec le jeu, aussi, si je ne voulais pas avoir mal partout, il valait mieux que je m'étire, même si l'effort n'était quand même pas si intense que cela. J'entrepris alors de me laver correctement, et je sortis dès que j'eus finis de me rincer. Ce bain m'avait fait un bien fou ! Je m'entortillais dans une serviette, et laissais mes cheveux mouillés tremper le sol. J'allais manger ainsi, car si jamais je mettais ma robe pour la moisson, ma mère me tuerait de peur que je la taches, et j'avais la flemme de m'habiller pour me rechanger. Mon père était déjà à table, et il ne fit aucun commentaire sur ma tenue ouverte. Ma mère me jeta un regard désapprobateur mais ne dit rien, et me servie un plat qui avait vraiment l'air excellant ! Pour autant, j'avais la nausée, et je ne fis que picorer, surtout qu'avec Landra et Collin, nous mangions souvent des baies pendant nos chasses.

Vint enfin (pour ma mère) le moment de m'habiller. J'enfilais la robe qui était très belle soit, mais décidément pas à mon goût. Comme elle insista pour le maquiller et que je ne voulais pas de crise alors que j'étais sur les nerfs. Le visage de Landra maculé de sang était ce que je voyais à chaque fois que je fermais les yeux. La séance de torture pris fin, et je me regardais dans la glace.

Les jeux de la faim reprenaient. Pour l'occasion, ma mère s'était maquillée et superbement habillée. Je savais qu'elle m'aurait tué si je n'avais pas fait de même. Je savais qu'elle rêvait que mon nom sorte. Je serrais les dents, et posais ma main sur le poignard que m'avait offert Collin. J'espérais vivement que ni lui, ni Landra ne seraient tirés au sort.

Je sortie de ma maison avant que ma mère n'aie le temps de me faire un quelconque reproche de plus, et je pris le chemin pour rejoindre mes amis. Quand ils me virent, on échangea un sourire lugubre. Où était donc passé le temps où nous regardions les Hunger Games dans notre dos.

-Allons-y, soupira Collin.

Je serrais Landra dans mes bras et la senti crispée. Qui ne le serait pas. Collin fit claquer une bise sur nos joues, et nous nous dirigeâmes vers la grande place du village. Là, tout recommença comme des années auparavant. Je n'avais évidemment pas connu les Hunger Games, Mais je connaissais l'histoire. Je savais ce que ces jeux avaient engendré.

Me tirant de ma réflexion, Landra me tapota l'épaule et me montra ceux qui ont douze ans. Je me mordais la langue jusqu'au sang. Comment peut-on envoyer des enfant aussi jeune à l’abattoir ? Nous échangeâmes un long regard. Le discours commença. Collin posa une main secourable sur notre épaule. Puis nous écoutâmes avec attention.

-Tout le monde m'entend ? Parfait ! Bienvenue, bienvenue mes amis. Aujourd'hui est un jour spécial. Après une absence prolongée des Jeux de la Faim, nous voici dans une toute nouvelle ère réclamant le sacrifice de deux enfants de chaque district une fois encore. Mais vous savez tous pourquoi, n'est-ce pas ?

Ils montrent alors des images que j’empêche Landra de regarder. Ils sont horribles. Ils nous font croire ce qu'ils veulent. Je ne veux pas que cela continue. Qu'ils arrêtent ! Le silence est complet, pourtant, je sais que dans nos cœurs à tous gronde la colère.


-Il est certain que ces séquences resteront à jamais gravées dans vos mémoires. Souvenez-vous des jours sombres, mes amis. Bien ! Nous allons maintenant choisir les deux candidats pour ce district. Honneur aux filles, ne perdons pas les bonnes habitudes.


La main est plongée dans la boule en verre. Landra attrape ma main et la serre très fort. Je fais de même avec Collin. Nous ne nous regardons pas. Nous savons juste que nous sommes là tous les trois. Un papier est enfin sortie, et...

-Héloïse Isabelle Sinsens.

Un blanc. Un gros blanc. Landra à côté de moi qui répète « non, non, c'est impossible » inlassablement. Ma mère qui glapis de joie, se retenant d'applaudir. Collin qui me regarde effarée. Il sait qu'il n'a pas le droit de se proposer volontaire. Il sait qu'il faut qu'il veille sur Landra. Il sait que je vais mourir. Il me laisse partir alors que je dois faire lâcher Landra. J'avance vers l'estrade, la tête haute, le visage fermé. Une fois sur la scène, je vois le visage de tout ceux du district. La compassion, l'horreur, le soulagement aussi. Et je suis heureuse qu'il y en ait. C'est au tour du tribut mâle d'être choisit. Faîtes que ce ne soit pas Collin, Landra ne doit pas rester seule !

Un nouveau papier est choisi. Le nom va être prononcé. J'ai peur. Affreusement peur. Alors c'est ça les jeux de la faim ?
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MessageSujet: Re: La Moisson   Mar 1 Mai - 15:09



Eowyn
.
La Moisson



Le soleil est encore loin d’être levé et pourtant mes yeux sont grands ouverts, je fixe le plafond en bois sombres depuis des heures déjà. Habituellement, je devrais être dans la forêt en haut de notre grand chêne avec Naït mais pas aujourd’hui, nous nous sommes quittés plus tôt que d’ordinaire. Car nous savions tous les deux ce qui nous attendait le lendemain : l’annonce des tributs du district douze. Après plus d’un siècle sans ces maudits Hunger Games, ils étaient à nouveau remis en place. Mais pourquoi ? Pourquoi reprendre cette culture barbare et inhumaine ? Ce n’était rien d’autre que du pur sadisme, de quoi régaler le Capitole. Je me redresse dans mon lit prise soudainement d’une violente nausée. L’idée d’être tirée au sort me rend malade car je sais parfaitement que je ne ferais pas long feu dans l’arène, je mourrai dans les premières minutes ou alors dans les premières heures. Je n’ai pas d’endurance, je m’essouffle vite et surtout je ne cours vraiment pas vite, les jumeaux de onze ans arrivent à me rattraper facilement. Alors certes je sais tirer à l’arc et je connais les plantes mieux que quiconque ce n’est pas ça qui risque de me faire gagner car il suffirait d’un combat au corps à corps et je serais pliée. Je tourne la tête pour regarder Aerin qui dort en étoile de mer, le drap rejeté. Je m’assois sur le rebord du lit en retenant une grimace à cause de mes côtes cassées, voilà encore une raison pour ne pas aller aux Hunger Games, avec des côtes brisées c’est sûr que je suis condamnée. Je passe une main sur ma nuque moite, impossible de dormir. Je me lève doucement et sans un bruit je sors de la chambre en prenant soin de refermer la porte derrière moi. La pièce est vide, j’entends les ronflements de mon père qui dort dans sa chambre, Theodred doit être ivre mort dans un coin du district et c’est tant mieux ! Je m’approche du grand baril contenant de l’eau, j’y plonge mes mains et m’asperge le visage. Et si Maïlys était sélectionnée, ou un des jumeaux ? Voir les deux ! ? Ou encore Evelyn ? Et si Naït également ? Je sens mon cœur se serrer à m’en faire mal, si l’un d’eux venait à mourir… Ou pire s’ils mourraient tous trois, je ne pourrais tout simplement pas le supporter ! Je sens mes yeux qui se remplissent de larmes, je ne veux pas pleurer, pas encore rien n’est joué ! Ils seront peut-être sains et saufs mais pourquoi ai-je tant de mal à y croire ?

Je vais dans la réserve pour prendre un de mes baumes et m’en mettre sur mon œil gardant encore des stigmates des coups de mon frère. Heureusement que je connais les bons produits pour faire partir au plus vite un œil au beurre noir car sinon je ne pourrais pas mettre un pied dehors ! Tout en me massant l’arcade de mon œil je me regarde dans le miroir, qu’est-ce que je suis… Moche. Ma lèvre inférieure est encore légèrement tuméfiée, j’ai un teint pâle, aussi pâle que de la porcelaine et mon œil violacé fait un violent contraste. Je soupire et détourne mon regard. Je range le baume puis commence à préparer les affaires que nous porterons avec Maïlys, Clotilde et Nataël. Des jours que je prie en silence pour que ma sœur échappe à ces jeux, des jours que j’espère qu’elle ne sera pas impliquée mais je ne sais si mes prières seront entendues, elles ne l’ont jamais été… Alors pourquoi cela changerait aujourd’hui ? Peut-être parce que c’est maintenant que j’en ai le plus besoin. Si je pouvais avoir une bonne étoile pour une fois dans ma vie, je souhaiterais que ce soit maintenant. Mais hélas la reprise des Hunger Games veut aussi dire la reprise de cette peur qui hante chacun d’entre nous à l’idée de se retrouver dans cette arène ou de voir l’un de nos proches y aller… De toute façon, si l’une de mes sœurs venait à être tirée au sort, je me porterais volontaire sans même réfléchir. Je ne pourrais hélas rien faire pour Nataël, mais si je le pouvais je le ferais.

Je sors de la pièce, attrape mon châle et sors de la maison pour m’asseoir sur le petit banc en bois qui se trouve sous la fenêtre de la cuisine. Je regarde le ciel entièrement dégagé de tous nuages, il fera beau aujourd’hui… Je roule entre mes doigts mon pendentif que je ne quitte jamais ; c’est un morceau d’ambre que j’ai un jour trouvé dans la forêt. Il n’a pas de valeur matérielle mais je ne peux m’en séparer, je trouve ce morceau jaune orangé fascinant, surtout qu’il renferme en son sein une petite marguerite, piégée à tout jamais dans l’ambre. J’entends soudainement des pleurs, je tourne la tête pour regarder en direction de la fenêtre de ma chambre puis me lève pour m’y rendre rapidement. Gaëlle est redressée dans le lit, ses mains plaquées sur ses yeux, elle sanglote. Je la prends dans mes bras, sors rapidement pour ne pas réveiller les autres et retourne sur le banc. Je la garde contre moi, passant une main dans ses cheveux blonds tout en la berçant. « Là là, ne pleure plus Gaëlle, calme-toi… » Je dépose un baiser sur l’une de ses tempes et essuie ses larmes de mes pouces. « Pourquoi pleures-tu ? Tu as fait un cauchemar ? » Gaëlle renifle et hoche de la tête. « J’ai…J’ai rêvé que tu étais tirée au sort… Et que… Que tu mourrais… » Ma petite sœur éclate de nouveau en sanglots, je la serre plus fort contre moi, je déteste la voir ainsi. « Chut… Je ne serai pas tirée au sort, je ne participerai pas aux Hunger Games, je ne partirai pas, ne t’en fais pas… » Gaëlle lève la tête. « Comment peux-tu le savoir ? » Je baisse les yeux pour la regarder. « Je ne le sais pas Gaëlle… Je l’espère juste très fort… » Ma sœur pose sa tête sur mon épaule, je retire mon châle pour la couvrir et lui caresse le dos en douceur jusqu’à ce qu’elle se rendorme. Oui, je ne sais si je vais éviter les Hunger Games, je veux juste l’espérer et essayer d’y croire.

Je passe le restant de la nuit sur le banc, ma sœur dans mes bras. Les paupières fermées, c’est Maïlys qui vient doucement me secouer. J’ouvre les yeux, la regarde et esquisse un maigre sourire. Nous avons toutes les deux peur. Elle s’assoit sur le banc et vient se blottir contre moi, arrivent ensuite Nataël, Clotilde et Aerin, tous sont sur le banc avec moi, nous ne disons rien. « Quoi qu’il arrive il faut que nous restions forts d’accord ? Je ne veux pas voir de larmes ni de regards désespérés, même si je suis choisie. » Ils savent tous que si Maïlys ou Clotilde venaient à être tirées au sort, je me porterais volontaire à sa place. J’entends des reniflements qui sont des prémices aux larmes. « Tout ira bien si on y croit tous très très fort ! Allons, pour la peine, deux tartines de miel pour ce matin ! » Je vois des visages qui s’éclairent, j’esquisse un sourire. Nous nous levons tous et rentrons pour déjeuner et nous préparer. Je confis les plus jeunes à la voisine qui s’occupera de les surveiller le temps que nous serons avec les autres Maïlys, Nataël, Clotilde et moi. Nous partons vers la place publique en se tenant la main.

Quand nous arrivons il y a déjà la foule et il règne un calme presque lourd. Les visages sont fermés, inquiets, je lâche la main de mes sœurs pour qu’elles rejoignent les filles de son âge, et Nataël les garçons. Je ne rejoins pas encore mes rangs, je cherche du regard Naït, où est-il ? Je sens une main prendre la mienne, je sursaute doucement puis me retourne. Il est là. Nous avons tous deux le même regard terrifié, angoissé… Nous avons peur l’un pour l’autre, je baisse la tête. « Mademoiselle, en ce jour d’horreur, vous en êtes pas moins magnifique... » Un léger rire m’échappe malgré moi. « Vous n’êtes pas mal non plus. » Je tends ma main libre pour arranger une petite boucle brune de ses cheveux. « Je ne peux pas te promettre que tu ne crains rien, ce serait un mensonge affreux… Mais je sens que ça ira bien pour toi, je te jure, je le sens au plus profond de moi. » J’esquisse un vague sourire, si seulement il pouvait avoir raison… Non, je ne dois pas perdre espoir, j’ai dit à mes frères et sœurs d’être courageux et forts, je devais l’être également. « J’espère que tu as raison… Mais il n’y a pas que pour moi que j’ai peur… » Je pense à lui et à mes soeurs et mon frère, j'ai une énorme boule dans l’estomac à l’idée que leur nom pourrait être tiré au sort… « Et je sais ce que tu feras si son nom est tiré oui » Pour seule réponse, je serre sa main puis nous devons nous quitter, rejoindre nos rangs. J’ai du mal à lui lâcher la main mais malgré moi, je me place avec les filles de mon âge. Il est l’heure.

Tout ce qu’il se passe ensuite, j’ai l’impression d’être dans un mauvais rêve. J’écoute à peine le discours de la personne qui se réjouit de ce jour, cela se voit bien que sa vie n’est pas mise en jeu. Le seul moment où je me concentre c’est lorsque les noms sont tirés au sort. Je serre mes poings de toutes mes forces, si bien que mes ongles égratignent ma peau. Alors que le nom du tribut féminin va être lu, je retiens mon souffle. « Héloise Isabelle Sinsens » Je lève la tête pour regarder la fille de mon âge se diriger vers l’estrade. Je ressens un profond soulagement, mais il reste encore les garçons. « Nataël Orodreth » Mon cœur s’arrête soudainement de battre. Non, cela n’est pas possible, pas lui… Il a à peine douze ans, il ne peut pas être pris aux Hunger Games… Je ne reste pas sur place, je bouscule les gens devant moi pour me rapprocher de mon petit frère qui du haut de ses douze printemps marche la tête haute, prêt à affronter son destin, sa mort. On me jette des regards froids, je m’en fiche si je dois me faire frapper, je ne peux pas laisser mon petit frère partir. Puis je le vois, Naït, s’approcher, repousser des Pacificateurs pour parler à mon petit frère. Je ne parviens pas à les entendre, mais Nataël finit par se retourner et courir vers moi. Je tombe à genou devant lui en ouvrant mes bras pour le serrer de toutes mes forces contre moi. Je sens ses larmes couler sur mes joues, je caresse son dos quand la voix de Naït s’élève dans les airs : « Je suis volontaire ! » Je lève la tête pour le regarder, la secoue de gauche à droite et bouge les lèvres dans une supplique muette. Je sens mon cœur se briser en mille morceaux, les larmes me montent aux yeux. Il se sacrifie pour Nataël, pour mon petit frère, pour moi en quelque sorte. Je le regarde monter sur l’estrade les yeux embués par les larmes, pourquoi la vie doit-elle s’acharner hein ? Je vais devoir voir l’une des personnes que j’aime le plus au monde mourir sous mes yeux… J’entends le père de mon meilleur ami applaudir, heureux de voir son fils unique aller se faire massacrer. Je sens une haine incommensurable monter en moi, cet homme est bien comme ces gens du Capitole, assoiffé de sang. Mon meilleur ami s’approche du micro et parle, c’est tout juste si je l’entends, je n’ai pas envie de voir ça alors je cache mon visage dans les cheveux châtains de mon petit frère qui ne me lâche toujours pas. « Je fais cela pour sauver un petit garçon qui compte plus que tout pour sa sœur. Ma vie ne vaut rien comparé à la sienne, voilà pourquoi je suis volontaire, parce que ma perte ne couteras rien... » Je retiens un sanglot, pourquoi dit-il cela ? Sa vie compte, il compte ! J’aimerais courir sur cette scène et tirer Naït par le bras en le suppliant de ne pas partir, de rester ici avec moi, mais ce serait sacrifier mon frère. Me voilà face au pire dilemme de toute ma vie… Les gens applaudissent, je n’en fais rien, je continue de regarder mon meilleur ami tandis que des larmes coulent sur mes joues pâles, je ne me joins pas à eux, certainement pas. Je les vois disparaître dans l’hôtel de ville, je me relève en essuyant mes joues du revers de ma main. « Va rejoindre les filles. » Nataël secoue la tête et s’accroche à moi. « Je veux venir avec toi lui dire au revoir… » Je hoche de la tête, Maïlys prend en charge Clotilde. Je prends la main de mon petit frère, il va me falloir faire la chose la plus douloureuse possible : dire adieu à mon meilleur ami.

code par toxic heart


Dernière édition par Eowyn I. Orodreth le Jeu 17 Mai - 17:03, édité 1 fois
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◭ SOS : 248
◭ District : District 12 - Le charbon
◭ Arrivée à Panem : 26/04/2012
◭ Double compte : Loucian Caldin
◭ Localisation : Quelque part au Capitole

MessageSujet: Re: La Moisson   Mar 1 Mai - 15:11

La moisson.
L’un des jours les plus horribles est arrivé.
Je me demande comment on a pu en arriver là. Après plus de cent ans de paix… Enfin, ce n’étais pas encore totalement la paix, on ne pouvait toujours pas se déplacer comme on le voulait, les Pacificateurs étaient toujours aussi impitoyables quant aux punitions publiques, mais franchement, comparé à ce qui est en train de nous tomber dessus, c’était la paix.
J’avais vu Eowyn et nous nous étions en quelque sorte rassurés, mais on sait tous les deux qu’avec ces Jeux remis en place, le sort ne nous ait pas du tout favorable, pour personne de toute façon. Nous avions dû nous quitter plus tôt afin de nous reposer…
Nous reposer, tu parles… Je n’ai pas dormis de la nuit, comment j’aurais pu. Alors que s’il le faut, c’est ma dernière nuit de tranquillité, la dernière nuit où je suis seul, chez moi, sur le rebord de ma fenêtre.
Je profite de cet hypothétique dernier instant de liberté pour écrire dans mon journal. J’écris aussi une lettre à Eowyn, si jamais je dois être choisis, je lui donnerais tout cela. Je ne lui fais pas vraiment des adieux dans cette lettre, je lui écrits plutôt ce que j’ai sur le cœur afin qu’elle est quelque chose à quoi se raccrocher. Je prie quand même pour ne pas être choisis mais on ne sait jamais.
J’observe ainsi le soleil se lever et je ne descends de ma tour, afin de retrouver mon père, qu’aux environs de onze heures.
Lorsque je le vois, il est plus prêt que jamais en ce jour de fête.
Pfff, plus ça va plus il me dégoute.
Il est habillé comme pour un grand mariage du Capitole et, chose qu’il ne fait jamais, il me prend dans ces bras. Je le repousse, pas trop violemment non plus, je ne souhaite pas en recevoir une alors que pour une fois, il baisse sa garde.
- Aujourd’hui est un grand jour mon fils, et je suis sûr que tu feras honneur aux Delano.
Je le regarde sans rien dire. Ce n’est pas sûr que je sois tribut et voilà qu’il m’envoie déjà à la mort… Il croit que je vais peut-être me porter volontaire, et bien il peut toujours attendre.
Nous avons rendez-vous à deux heures sur la place du district, et pour la première fois de ma vie, je vois les secondes, les minutes et les heures défiler à une allure folle.
Je m’habille d’une chemise noire car c’est un jour de deuil pour moi. Je ne cherche même pas à me rendre présentable, je ne me coiffe même pas, je ne veux pas plaire au Capitole, je ne leurs ferais pas cet "honneur".
L’horloge sonne, plus que trente minutes.
Mon père me lance un dernier regard, il me rejoindra sur la place plus tard et souhaite que je parte seul, comme un adulte.
Je ne m’en plains pas, non que je veuille jouer au grand, mais cela me permettra de parler à Eowyn.
A peine arrivé sur la place, je me rends compte du nombre de personne que l’on est. Nous sommes plus nombreux que ce que je pensais. Je rentre dans cette foule de jeunes gens tous aussi effrayés les uns que les autres, je vois les parents un peu plus reculés qui appréhendent le grand moment, et enfin, je trouve Eowyn qui me tourne le dos. Elle porte une robe verte pâle, qui ne fait que ressortir la rousseur de ses cheveux.
Je lui prends la main pour qu’elle se retourne.
- Mademoiselle, en ce jour d’horreur, vous en êtes pas moins magnifique.
Je réussis à la faire rire pour mon plus grand bonheur, elle tend sa main libre et me recoiffe délicatement.
- Vous n’êtes pas mal non plus.
Je souris et la regarde droit dans les yeux. Je vois bien qu’elle a peur, si sa sœur est sélectionnée, je sais qu’elle se portera volontaire, et si son nom est pioché, personne ne viendras la sauver en prenant sa pace… J’ai bien plus peur pour son sort que le mien. Moi je n’ai rien, fils unique, un père invivable, être choisit serais certainement mieux, une perte minime comparée aux réels personnes ici.
- Je ne peux pas te promettre que tu ne crains rien, ce serait un mensonge affreux… Mais je sens que ça iras bien pour toi, je te jure, je le sens au plus profond de moi.
Je lui serre la main pour la rassurer encore plus.
- J'espère que tu as raison... Mais il n'y a pas que pour moi que j'ai peur
- Et je sais ce que tu feras si jamais son nom est tiré oui…
Je détourne le regard, triste et j’ai de nouveau peur pour elle.
Nous n’avons pas le temps de converser plus car l’horloge sonne deux heures. Je la quitte et me dirige vers les garçons de mon âge.
Le jour de la Moisson était finalement arrivé. Après des décennies d'absence, les Hunger Games reprenaient pour le malheur de tous. Vingt-quatre participants mais un seul survivant. Les pertes s'élevaient donc à vingt-trois personnes par année. Ce n'était absolument pas négligeable. Tout cela pour le bon plaisir du Capitole ; tout cela pour satisfaire les caprices d'un nouveau président. La tension était à son comble sur la place publique du district 12. Hommes, femmes et enfants étaient présents. Quelques murmures animaient l'endroit bondé mais aucun mot clairement prononcé. Désormais, les habitants des districts avaient trop peur de dire à voix haute ce qu'ils pensaient sincèrement de cette situation, de peur d'être entendus par des oreilles indiscrètes. Tous savaient que le gouvernement était impitoyable et que les têtes tombaient facilement maintenant que le dictateur régnait sur les foules enragées. Soudain, ce fut le silence sur la place publique. Un homme s'avança vers le micro. Cette personne représentait le district pour cette nouvelle édition des Jeux. Tout sourire ainsi que maquillé et habillé pour l'occasion, l'homme semblait excité. Il est vrai que les habitants du Capitole ne voyaient pas le retour des Hunger Games de la même façon. Pour eux, c'était un show télévisé et rien de plus.
- Tout le monde m'entend ? Parfait ! Bienvenue, bienvenue mes amis. Aujourd'hui est un jour spécial. Après une absence prolongée des Jeux de la Faim, nous voici dans une toute nouvelle ère réclamant le sacrifice de deux enfants de chaque district une fois encore. Mais vous savez tous pourquoi, n'est-ce pas ?
Silence. Il est évident que tous savent. Les écrans géants s'allument et des images des deux anciennes guerres marquent les esprits. Oui, tout vient de là. La rébellion. Et afin de punir les habitants des districts de ces évènements funestes, un retour aux sources s'imposait. Les images cessent.
- Il est certain que ces séquences resteront à jamais gravées dans vos mémoires. Souvenez-vous des jours sombres, mes amis. Bien ! Nous allons maintenant choisir les deux candidats pour ce district. Honneur aux filles, ne perdons pas les bonnes habitudes.
L'homme se dirige vers la première boule de verre. Tant de noms inscrits sur des morceaux de papier. Le représentant du district choisi enfin le papier qui semble lui plaire. Il se dirige vers le micro, déplie le papier et annonce le nom de la personne sélectionnée.
- Héloise Isabelle Sinsens .
Choc. La concernée se dirige fièrement vers l'estrade, monte rejoindre l'homme et attend.
Je ne la connais pas, mais je suis tellement soulagé que ce ne soit pas Eowyn ou sa sœur. Je cherche son regard et lui sourit, soulagé.
C'est au tour du garçon maintenant. Même scénario. Le représentante pioche un second nom, se dirige à nouveau vers le micro et annonce le nom du garçon.
- Nataël Orodreth !
Un silence de mort s’abat sur la place tandis que tous les enfants s’écartent de Nataël. Mon regard se porte d’abord sur Eowyn, qui est horrifié par la scène qui est en train de se dérouler sous ces yeux.
C’est le mouvement de foule qui s’écarte qui me ramène à la réalité…
Non… Il mourra… Sa vie vaut tellement plus… Tellement plus que la mienne… Moi je peux peut-être m’en sortir… J’ai été entrainé pour cela…
Eowyn semble plus paniqué que jamais alors que le petite homme avance, la tête haute.
Je commence à m’agiter à mon tours, pousse les personnes assez violement de telle sorte qu’il se mette à me regarder d’un mauvais œil, il me hurle même dessus mais je m’en moque.
C’est en courant que je me place devant Nataël. Les pacificateurs tentent de m’empêcher de rester ici, je repousse le premier tandis que l’autre reçoit mon poing. Je me moque de ce qu’il peut m’arriver maintenant.
Je me baisse pour être à la même hauteur que Nataël et le regarde droit dans les yeux :
- Va retrouver ta sœur…
- Mais je ne pe…
- Va la retrouver. Elle t’attends là. Tout de suite…
Il me regarde, et dois sûrement voir que je ne lui demande pas son avis. Il me touche la joue, comme pour me dire au revoir et cours dans les bras de sa sœur.
Tout le monde me regarde mais pas de la même manière, et c’est même avec plus de respect qu’il me fixe lorsque je clame haut et fort, sans que ma voix ne flanche :
- Je suis volontaire !
Je peux sentir la fierté de mon père alors qu’il me regarde… Mais je ne fais pas cela pour lui ô ca non. Je fais ça pour ma meilleure amie, pour celle qui me tient tant à cœur.
Je crispe les poings et m’avance vers l’estrade. Je tente de me montrer fort, mais une boule me noue l’estomac alors que je vois le district 12 pour peut-être la dernière fois.
Je monte les escaliers, sûr de moi, mais je ne prête aucune attention à ce Capitolicien. Je me contente de regarder la foule, d’abord mon père qui me souris tout en applaudissant, Eowyn, qui tient son frère comme le plus précieux des trésors, ma maison sur la colline là-bas, et la forêt…
La forêt qui m’a tant apporter, qui m’a protéger des tous les problèmes et qui va me manquer plus que jamais.
Je sens ma vision se troubler mais je ne flancherais pas, non.
- Comment t’appelles-tu jeune homme ?
C’est en serrant les poings que je réponds :
- Je m’appelle Naït Delano.
- Pourquoi t’es-tu porté volontaire. Avoue que tu voulais être le premier tribut du district 12 pour le grand retour des Jeux.
Je le regarde avec colère, puis répond dans le micro.
- Certainement pas, je n’ai pas fait ça pour la gloire, ni pour toi papa.
Je le regarde droit dans les yeux, et je vois bien son sourire se faner. Il me regarde avec haine, mais je pense que de toute façon il ne pourra plus me faire de mal.
- Je fais cela pour sauver un petit garçon qui compte plus que tout pour sa sœur. Ma vie ne vaut rien comparé à la sienne, voilà pourquoi je suis volontaire, parce que ma perte ne couteras rien...
Encore les larmes aux yeux, mes poings qui se serre tellement que du sang coule de mes mains.
L’homme du Capitole semble choqué, et bien tant mieux. Tout le monde me fixe, mais pas avec de la colère ou de l’envie, mais plutôt avec respect. Alors que mon père n’applaudis plus, tout le monde frappe dans ces mains afin de marquer leur approbation, pour montrer qu’ils me soutiennent, du moins, c’est comme cela que je l’interprète, et je suis touché par leur geste.
L’hymne retentit alors que l’on me retourne afin que je puisse serrer la main d’Héloïse, qui semble aussi perdue et triste que moi.
Alors que les Pacificateurs me poussent afin que j’entre dans l’hôtel de justice, je me tords le cou afin de regarder une dernière fois ce paysage, car après tout, nous serons vingt-quatre, et un seul survivras à cette horreur, a cette déshumanisation… Aux Hunger Games.
Que la première édition du grand retour des Hunger Games commence…


Dernière édition par Naït Delano le Jeu 17 Mai - 16:06, édité 4 fois
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◭ SOS : 12
◭ District : Capitole - styliste du 12
◭ Arrivée à Panem : 29/04/2012
◭ Double compte : Neo A. White

MessageSujet: Re: La Moisson   Dim 13 Mai - 13:01

    Sa tenue était parfaite. Après tout, c’était son métier, c’était logique. Un chandail vert carbone luisant au décolleté échancré en forme de pique pointant vers le bas, qui couvrait négligemment les épaules volumineuses et livides, et qui tombait jusque sous ses fesses, avec une culotte blanche à motifs suggestifs pour seul bas. Ses pieds étaient chaussés de talons compensés en verre transparent parsemé de petites taches de peintures multicolores. Le maquillage de la grosse dame était outrancier bien sûr, mais unique. Ses paupières supérieures étaient peintes du même vert que son haut, formant un triangle qui empiété sur ses sourcils rasés pour l’occasion. Les lèvres de Kefka étaient blanches, presqu’invisible, comme fondu dans son visage, si bien qu’en la regardant, même de près, on avait l’impression qu’elle n’avait que ses yeux qui se démarquaient. Son crâne rasé neigeux ne faisait qu’amplifier cette impression, et en s’admirant dans ses ongles peint en miroirs, la styliste de tous les scandales ne put retenir un sourire satisfait et approbateur. Oui, elle était parfaite, et au vue des paysages qui commençaient à défiler par la fenêtre du wagon, ça n’était pas trop tôt ! Kefka était monté nue dans le train, afin de tester les préparateurs qu’on lui avait attaché. Ils avaient suivi ses directives à la perfection, et étaient ainsi la perfection elle-même, en partie Grâce à eux. Damra était spécialisé dans le maquillage et la coiffure, un garçon filiforme au visage creusé et au nez inapparent. Cette opération avait en effet était à la mode à un moment, mais Kefka adorait son nez alors elle n’avait pas suivi le mouvement. La seconde préparatrice non plus visiblement. Claz était clairement plus porté sur les vêtements, la couture, et Kefka lui avait même découvert un don pour les massages de pied pendant que Damra s’occupait de lui peinturluré le visage. Cette jeune femme, à la poitrine disproportionné, avait un goût très sûre, elle était intégralement vêtue de la marque de la grosse dame, ou peut-être était-elle en train d’essayer du lui lécher les bottes… sûrement en fait, et le pire c’est que ça fonctionnait.

    Un petit bruit d’ascenseur retentit dans le wagon alors que les images commençaient à ralentir leur fuite. Le train venait de se stopper, et une porte s’ouvrit sur la gare triste de ce District des plus pauvres. Kefka sortit, suivit de ces deux nouveaux larbins, et fut conduite à la place publique. La grosse dame garda le visage clôt tout le long du trajet. Le maire semblait lui parler au début, mais il dut se décourager à force. La grosse dame trouvait le District 12 très laid. Aucune couleur, que des gens frêle, personne d’aussi bien portant qu’elle. Elle se sentait encore plus unique ici qu’au Capitole, et c’était la seule chose qu’elle parvenait à apprécier dans ce paysage charbonneux et sinistre.

    Ils arrivèrent à destination assez vite et prirent tous place sur l’estrade. Il y avait beaucoup de monde, Kefka était aussi excité que curieuse. Curieuse de voir qui elle aurait à rendre beau. Une chose était sûre, elle aurait du boulot, les potentielles tributs avaient tous des têtes plus sauvageonnes les unes que les autres, et les garçons, mon dieu, pour rien au monde elle n’aurait couché avec l’un d’eux. Tous des gamins fragiles à a mine triste et malade.

    L’hôtesse fit son petit discours, et le premier nom fut donné. Héloïse machin chose. Kefka la jaugea rapidement, ça n’était pas la pire, au contraire même, elle avait du potentiel. Quelque chose de ténébreux, de sinistre et de violent criait en elle. Oui… Kefka prit note dans un recoin de son cerveau de travailler ce côté-là de la demoiselle, ça serait parfait… La grosse dame laissa échapper un petit rire mi-sadique mi-ambitieux, avant de se reprendre en attendant l’annonce du garçon cette fois-ci…
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◭ SOS : 118
◭ Arrivée à Panem : 02/04/2012

MessageSujet: Re: La Moisson   Jeu 17 Mai - 15:57



LES ADIEUX



La tristesse, la haine, la douleur. Ou bien la fierté, les acclamations de joie, l'honneur. Tout dépendait des districts. Certains se voyaient déjà morts alors que d'autres imaginaient leur victoire. Vingt-quatre tributs choisis. Ils étaient enfin réunis. Malgré tous ces sentiments, il fallait avouer que l'émotion était à son comble. Les Hunger Games reprenaient et avec vingt-quatre visages désormais, les Jeux avaient un tout nouveau sens. Il était cependant difficile de le comprendre pour le moment. Les deux tributs se tenaient devant une foule en délire. Certains se connaissaient et s'appréciaient, d'autres se détestaient. Mais ils se comprenaient. Personne ne pouvait savoir ce que ça faisait d'être tiré au sort avant de le vivre. Tout était allé si vite. Mais il fallait faire face à la réalité. Dans la cohue, les voix des représentants des districts s'élevaient, pour calmer les ardeurs.

« Un peu de silence, je vous prie ! Maintenant que les deux tributs ont été choisis, tirés au sort ou même volontaires pour certains, nous vous donnons rendez-vous dans quelques jours pour le début des Jeux ! Puisse le sort vous être favorable ! »

Les deux tributs furent entraînés à l'intérieur du palais de Justice. Ils savaient très bien ce qui allait suivre maintenant. Ils avaient deux heures devant eux pour dire adieu à leurs familles. Seul le vainqueur aurait l'immense honneur de revenir dans son district. Pour les autres, c'était la fin. C'était sans aucun doute le moment le plus délicat. Comment trouver les mots ? Que dire ? Alors que les tributs étaient séparés et menés dans deux pièces différentes, la porte s'ouvrait déjà pour laisser entrer les premiers visiteurs. Place aux adieux.






RAPPEL



◭ 8 lignes minimum sont toujours demandées.

◭ Si plusieurs personnes sont conviées pour voir le même tribute, vous êtes priés de respecter l'ordre. Laissez parler le tribute en premier puis après, lancez-vous. Ceci afin de faciliter la compréhension. Vous pouvez également, si vous êtes seul(e) jouer vos adieux comme vous le souhaitez.

◭ Après ce sujet clos, les tributes pourront poster la suite de leurs aventures au Capitole. (train, préparation des stylistes, etc.) Vous pouvez continuer vos RP en cours, en faire d'autres ailleurs, mais il s'agira alors de flashbacks.

◭ Le prochain sujet commun sera la parade. Donc vous pouvez RP entre vous la suite à votre guise.




___________________________________________________________


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◭ SOS : 248
◭ District : District 12 - Le charbon
◭ Arrivée à Panem : 26/04/2012
◭ Double compte : Loucian Caldin
◭ Localisation : Quelque part au Capitole

MessageSujet: Re: La Moisson   Jeu 17 Mai - 21:26

On me pousse violement et on m’enferme dans une salle… Une chambre ?
Je regarde autour de moi.
Presque aussi luxueux que chez moi, peut-être un peu plus poussiéreux. Moins d’étalage de luxe que dans ma maison, mais cela ressemble presque à ma chambre. Soudainement, je deviens nostalgique de cet endroit si cher à mon cœur où j’ai passé je ne sais combien de nuit sur le rebord de ma fenêtre à écrire mon journal et à regarder les étoiles.
Je touche la matière duveteuse du canapé, je ne m’assois même pas alors que franchement, j’aimerai m’effondrer. Je me suis toujours montré fort, et je me rends compte au final que je suis faible et que j’aimerai me laisser aller. Mais je ne peux pas. Je n’offrirai pas ce spectacle à mon père, ni à Eowyn qui, je l’espère, viendras me dire au revoir.
Un petit rire jaune m’échappe lorsque je me dis que peut être je reviendrais. Après tout, j’ai mes chances non ? Enfin, je n’ai pas encore vu la tête des futurs jeunes qui deviendront peut être mes victimes, ou alors mes bourreaux.
J’attends un peu trop longtemps à mon goût. Je me dis au final que personne ne va venir, et mon cœur se serre en se disant que cette nuit j’aurais dû rester plus longtemps avec Eowyn. Je le savais que ça allait peut être l’une de nos dernière nuit avant un moment… Si je reviens… Mais il est vrai qu’on a du mal à se mettre réellement en situation tant qu’on ne le vit pas. Le prénom de Nataël ne serait pas tombé, mon prénom n’aurait pas été pioché, je serais rentré chez moi, sûrement punis pour mon affront, pour ne pas mettre au moins porté volontaire.
J’ai à peine le temps de me dire que je ferais mieux de mourir que mon père entre dans la pièce. Je n’ai pas le temps de dire ouf qu’il fonce sur moi et je reçois un poing en pleine joue.
La douleur ne se fait pas attendre et le gout de sang commence déjà à se disperser dans ma bouche. Je relève la tête rapidement, et lui fait face, mais alors il m'attrape la main et serre violemment :
- Comment as-tu osé me faire ça, en public !
Il serre encore plus fort et moi je lâche un petit cri de douleur avant de répondre sans flancher.
- Je suis fier de ce que j’ai dit. Je n’ai pas fait ça pour ta fierté ou quoi que ce soit. D’ailleurs je préférais mourir que de devoir te rendre plus puissant au Capitole.
Il sert encore plus et j’ai l’impression que je vais flancher, mais je tiens bon.
Une dernière fois, tient lui face… Dit lui que… :
- Je ne t’appartiens pas ! Je ne t’appartiens plus et j’espère que grâce à moi et à mon discours, ta réputation à chuté comme jamais au Capitole.
Nouveau coup de poing, même joue… Le sang coule cette fois et je sens qu’il m’a ouvert avec sa bague. Je tiens bon, et c’est avec un soulagement que je cache au maximum, que le Pacificateur entre et dit à mon père que c’est fini.
Mais alors qu'il part je me rend compte d'une chose... Une chose qui est en train de me déchirer le coeur parce qu'au final, je connais la réponse.
- Maman ne viendra pas, je lui demande, soudainement effrayé de me dire qu’elle ne viendra pas.
- Non, tu lui as fait trop honte.
Je peux lire dans ces yeux qu’il ment, que c’est lui qui ne veux pas qu’elle vienne me dire au revoir… Adieu…
- Tu n’as pas le droit, je hurle.
Alors que le Pacificateur pousse mon père dehors, la porte se referme et je frappe dedans plus fort que jamais.
- TU N’AS PAS LE DROIT !
Je me recule, me plaque contre le mur et me laisse tomber par terre. S’en ait fait, le seul au revoir auquel j’aurais droit vienne de mon horrible géniteur. De se salaud qui, comme si je n’allais pas avoir assez mal comme ça me blesse le poing et que ma joue saigne. Oh ce n’est pas si grave au final, ils arriveront bien à me rafistoler au Capitole.
J’attends encore un petit peu lorsque la porte s’ouvre. Je regarde étonné de voir ce petit homme passé la porte. Tenant la main d’une personne qui compte à mes yeux.
Je me relève rapidement et sans réfléchir, je traverse la pièce et la prend dans mes bras.
Ensuite, je me penche pour prendre Nataël dans mes bras.
- Soit fort bonhomme. Ne pleure pas, et prends soin de ta grande sœur pendant mon absence.
Après quelque mot et un calin, il a dû mal à sortir mais pourtant, il le fait, nous laissant seuls avec Eowyn.
- Ne me fais pas de leçon par pitié, je sais que c’est ce que j'ai fait et je devais le faire. Prend soin de ton frère, prends soin de ta famille et surtout fait tout pour ne pas prendre de tesserae je t’en prie.
Je sais que c’est facile à dire, mais j’ai préparé cette situation. Je sors mon journal ainsi que la lettre, mais dans cette lettre, j’y ai mis la moitié de l’argent que j’ai économisé pour ma futur vie, avec ma femme… Avec Avery et surtout notre futur enfant que je ne verrais peut être jamais…L'autre moitié est pour elle, bien sûre. J’ai mis une lettre pour elle aussi, et j’espère qu'Eowyn lui enverra.…
- Tiens, c’est pour toi, l'un de mes journaux, je parle de toi dedans bien sûr, enfin je parle de beaucoup de chose et… Je sais pas pourquoi mais je sens que tu as besoin de cela pour tenir… Ce n’est pas de la vantardise loin de là, mais c’est rassurant de penser qu’une part de moi à besoin de rester ici, au district 12.
Je lui tends un autre journal :
- Celui ci est pour Avery... Si jamais je meurs... Enfin... Tu lui enverras seulement si je meurs... Tu le feras s'il te plait ?
Je la serre un peu plus dans mes bras, fronce du nez sous la douleur mais je m’en moque, cela me prouve que je suis encore en vie, que je peux encore me battre.
- Ce n’est pas un adieu hein, je lui souffle à l’oreille. Je me battrais, je vais me battre…

uc.




    "Si je t’écris cette lettre c’est donc que le sors ne m’as pas été favorable, enfin on s’y attendait n’est-ce pas.
    Je t’en prie, ne pleure pas. Je ne suis pas une grande perte au final, et je ne t’ai apporté que des problèmes.
    Tu vas me manquer, énormément… Et je sais qu’à chaque fois que je verrais un arbre (s’il y en au moins un évidemment), que je regarderais les étoiles , ou une belle fleur, je te verrais. Tu seras auprès de moi.
    Ne pleure pas, tu es plus forte que ce qu’ils croient tous. Tu l’as toujours été.
    C’est étrange mais je n’aurais jamais cru qu’un jour je t’écrirais cela. J'aurais préféré te le dire de vive voix, jour après jours, je n'en ai jamais vraiment eu le courage... J’ai l’impression de pleurnicher, encore et je m’en excuse, mais j’espère au moins que tu sais que sans toi je serais mort il y a longtemps, ne serait-ce que lorsque mon père m’a tiré dessus.
    Mais cessons de parler du passé, cela n’a plus d’importance.
    Je ne t’écris pas vraiment cette lettre pour te dire adieu, mais en espérant que cela t’aideras, que tu ais quelque chose à quoi te raccrocher.
    Pardonne-moi de t’abandonner, mais au final je serais toujours avec toi, enfin, tu sais que j’ai toujours cru au chose un peu surnaturel, au fantôme entre autre, et je me dis que c’est une bonne chose car je garde espoir de te revoir, de te surveiller, d’être ton ange gardien qui sais.
    Je veux aussi que tu n’oublies pas que je t’aime, que tu as été la famille la plus précieuse à mes yeux, ma meilleure amie qui m’a donné la force de survivre chaque jour, qui m’a montré ce qu’était d’être fort jours après jours.
    Tu es un modèle Eo, ne l’oublie jamais.
    Ne leur appartient pas Eo, je ne supporterais pas que le Capitole t’ait. Bats-toi et rappelle-toi de tout ce qu’on se disait dans notre arbre, lors de nos rendez-vous. Cela va me manquer aussi…
    Mes chances de revenir sont minime, je le sais mais… Je vais me battre et peut être revenir… Je vais essayer…
    Juste au cas où, je t’ai mis de l’argent dans cette lettre afin que tu n’ais pas besoin de prendre de tesserae, cela doit facilement couvrir deux années où tu pourras manger à ta faim toi et ta famille.
    C’est dure de te dire au revoir, mais il faut bien arrêter à un moment, même si cela sonne un peu comme la fin et que ça me déchire.
    Je te souhaite une belle vie, j’aurais aimé la partager avec toi, te voir encore grandir en âge et en beauté. J’aurais adoré voir tes frères et sœur grandir, notamment Nat… j’aurais tellement voulu lui apprendre certaines chose que tu ne peux lui apprendre car tu es une fille…
    J’aurais aimé aussi rencontrer ton futur époux, le cuisiner afin de savoir s’il te mérite ou non, et tes enfants. Tu feras une mère formidable, en un sens tu le fais déjà.
    Je te souhaite une belle vie, en espérant te croiser, si ce n’est dans notre arbre ou dans notre district, dans l’autre monde."
    fiche par century sex.






      "Mon amour, ma douce Avery,
      Si tu lis cette lettre c’est donc que je ne suis plus. J’aurais tellement préféré rentrer, brûler cette lettre et t’embrasser pour fêter mon retour, mais tout cela semble compromis.
      Il y a de l’argent dans cette lettre que j’ai économisé pour ma futur vie, avec toi, ma femme, et pour notre enfant.
      Notre fils. Ne me demande pas pourquoi, je suis persuadé que ce seras un petit Lukyan.
      Cela me déchire de penser que je ne le verrais pas grandir, je n’entendrais jamais le son mélodieux de sa voix. Mais toi tu vas avoir la chance de vivre tout ça.
      Tu vas faire une mère formidable, je le sais. Tu es la personne la plus douce, la plus aimante, et la plus forte que je connaisse.
      Ce petit monstre va devenir un sacré bonhomme. J’espère qu’il me ressemblera un peu, que tu ne me perdes pas totalement.
      Je t’aime. En un sens je crois que je t’ai aimé dès le premier regard lorsque tu es descendu dans cette robe verte.
      Je me souviens encore de notre première danse et de la façon dont tu me haïssais, mais quoi de plus normal.
      On a fait beaucoup de chemin depuis. Notre premier baiser, nos premières caresses, notre première nuit, endormis l’un contre l’autre.
      C’est étrange mais alors que tous ces moments passés avec toi me réchauffe le cœur, le fait de t’écrire cette lettre me refroidis plus que jamais.
      Je ne supporte pas de me dire que je ne te reverrais plus. Je ne verrais plus ton sourire lorsque tu me vois, je ne sentirais plus tes doigts entre les miens, ta bouche contre la mienne, nos corps plus proche que jamais.
      Je ne te verrais plus t’épanouir, ton ventre grossir car tu vas donner la vie…
      Je te revois encore, lorsque je t’ai demandé de m’épouser, lorsque nous nous sommes mariés.
      Le plus beau jour de ma vie. Tu n’as jamais été aussi belle que ce jour avec cette robe blanche, et je me souviens lorsque tu as dit "oui", ce simple mot scella notre amour devant Dieu, on se promettait tout l’un l’autre. Je me souviens aussi de ce que je t’ai dis, de ce poème, t’en souviens-tu ?

      "L’amour est toujours passion et désintéressé.
      Il n’est jamais jaloux.
      L’amour n’est ni prétentieux, ni orgueilleux.
      Il n’est jamais grossier, ni égoïste.
      Il n’est pas colérique.
      Et il n’est pas rancunier.
      L’amour ne se réjouit pas de tous les péchés d’autrui.
      Mais trouve sa joie dans l’infinité.
      Il excuse tout.
      Il croit tout.
      Il espère tout.
      Et endure tout.
      Voilà ce qu’est l’amour."
      Oui, voila comment je t’aime. Tout est si naturel avec toi, tout est si beau et si net.
      Mais j’ai faillis… J’ai rompus les promesses que je t’ai faite, et je m’en excuse…
      Je devrais être là, jusqu’à ce que la mort nous sépare…
      Mais je ne suis pas d’accord avec cela, ce n’est pas parce que je suis mort que je cesse de t’aimer. Cela m’est impossible.
      Je t’aime Avery. Je t’aime et je t’aimerais toujours, tu le sais. Ce n’est pas la mort qui m’effraie, c’est de savoir que je ne serais plus auprès de toi.
      Cependant, même si cela me brise le cœur de t’imaginer avec un autre, je veux que tu sois heureuse. Si tu tombes amoureuse, si tu refais ta vie avec quelqu’un, je ne t’en voudrais pas, je veux même que tu ailles de l’avant. Tu es encore jeune et oui, j’aurais aimé vieillir à tes côtés, mais le Capitole nous a tout retiré, même notre futur ensemble.
      Je veux que tu sois comblé et l’homme qui partagera ta future vie sera le plus chanceux du monde. Je le jalouse déjà…
      Te rencontrer fut la plus belle chance de toute ma vie, et je suis tellement fier de t'avoir connu, tellement fier de t'avoir pour femme, tellement fier de t'aimer.
      Mon cœur est à toi, il l’a toujours été et le seras toujours.
      Je dois finir cette lettre, il faut bien qu’il y ait une fin.
      On m’a souvent dit que, lorsque l’on veut finir, a quoi cela sert de vouloir créer une phrase mémorable, quelqu’un l’auras dite avant toi, je terminerais donc sur cette citation :

      "Dans la nuit qui m'environne, Dans les ténèbres qui m'enserrent
      Je loue les dieux qui me donnent une âme a la fois noble et fière
      Prisonnier de ma situation, Je ne veux pas me rebeller
      Meurtri par les tribulations, Je suis debout, bien que blessé.
      En ce lieu d'opprobre et de pleurs, je ne vois qu'horreur et ombres
      les années s'annoncent sombres mais je ne connaitrai pas la peur.
      Aussi étroit que soit le chemin, Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme:
      Je suis le maître de mon destin. Je suis le capitaine de mon âme"
      Je t'aime."

      fiche par century sex.
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