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 Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.

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MessageSujet: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Lun 14 Mai - 18:36



Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Je n’avais même pas enlevé cette robe affreuse. Celle du jour fatidique. Celle qui puait les adieux, la tristesse, les pleurs. En rentrant, j’étais partie m’enfermer dans ma chambre. Je ne voulais pas affronter le regard de mes parents. Ils étaient incapables de comprendre la douleur qui affaiblissait mon corps et mon esprit. Ils n’étaient pas des monstres, pourtant. Bien qu’ils n’aient jamais aimé Milan, ils ne se réjouissaient pas de son départ. Comme moi, ils jugeaient les jeux inhumains. Mais comme moi, ils ne faisaient absolument rien pour les arrêter. J’avais été incapable de m’endormir. Toute la nuit, le visage de Milan m’apparaissait. Je le voyais me dire adieu, je le voyais ensuite dans une arène énorme, trop grande pour lui. Je le voyais se faire tuer sans pitié par un autre adolescent. Je n’avais pas pleuré, cependant. Je pense ne pas en être capable, ne pas vraiment réaliser. Je me sentais faible, presque mort. Sans lui, je me sentais inutile. Ma vie pourrait bien s’arrêter maintenant, en même temps que la sienne. Mais le problème était que je n’étais plus seule. Je ne pouvais plus ne penser qu’à moi. Je devais penser pour deux, désormais. Et ce, pour le reste de ma vie. Porter l’enfant de Milan était un don du ciel, mais qui n’était pas arrivé au bon moment. J’espérais simplement que mon amour aurait suffisamment de ressource pour pouvoir nous revenir, pour que mon enfant puisse avoir un père à ses côtés. J’aurais donné tout ce que j’avais pour pouvoir l’empêcher de partir. Le problème, c’est que je n’avais rien. Rien à leur donner pour qu’il me rende l’amour de ma vie. Je n’avais qu’un peu d’espoir. Mais l’espoir ne m’avait pas toujours apporté grand-chose. Je n’avais qu’une seule envie : me laisser couler. J’aurais aimé pleurer, aussi, un peu. Peut-être que cela m’aurait aidé à dormir. Je me lève, le lendemain, vers huit heures. Je ne prends pas la peine de me regarder dans un miroir. De toute façon, je ne m’attendais pas à y voir autre chose que des yeux cernés et tristes. Un teint blême. Des cheveux en bataille. En bas, mes parents et ma grand-mère sont tous assis à la table de notre petite cuisine. Ils me dévisagent en silence. Je soupire. Je ne veux pas de leur fausse pitié. Ma mère me désigne un bout de papier posé sur la table. « C’est pour toi, » déclare t-elle. Je m’avance, attrape le papier qu’elle me tend et le lit. C’est de la part d’Adrastée. Elle me donne rendez-vous, vers neuf heures. Je fronce les sourcils. Je ne connais pas la raison de ce rendez-vous improvisé. Cameron lui a peut-être dit ? Je ne pense pas. Même s’il l’avait fait, je m’en fichais, en réalité. J’avais d’autres soucis, plus grave que son problème d’égo. Peut-être voulait-elle me voir pour me parler de Milan ? En reposant la lettre sur la table, je me dirige vers la porte. Ma mère m’empêche de passer : « Tu ne vas pas sortir comme ça, tout de même ? » J’hausse les épaules. Elle se recule, avance une chaise vers moi. Je m’y assois, sans comprendre. Lentement, elle commence à brosser mes cheveux, d’un geste tendre. Ma mère ne s’est jamais comportée ainsi, avec moi. Pour la première fois depuis hier, je m’autorise à laisser couler les larmes sur mes joues.

Après une demi-heure de ce rituel étrange, et si peu habituel, je sors de la petite maison dans laquelle j’ai toujours vécue. Lentement, je me dirige vers le Marché Noir, là où Adrastée m’a indiqué qu’elle se trouverait vers neuf heures. Le ciel est gris, comme s’il pleurait, avec nous, la disparition future d’au moins l’un de nos enfants. Les deux, peut-être. Je chasse cette idée de mon esprit. Je ne veux pas me remettre à pleurer, maintenant. J’arrive, au bout de cinq minutes, au lieu de notre rendez-vous. Je n’y vois pas Adrastée. Je m’assois sur l’une des marches d’un escalier, menant à une petite épicerie, en attendant. En fouillant dans la poche de mon gilet, j’y trouve un papier. Une lettre. Celle de Léandre. Je l’avais presque oubliée. Je la déplie soigneusement et commence à la lire. Elle semble vraiment déterminée à me prouver que Milan m’aime et qu’elle fera tout pour me le ramener. Je n’avais pas besoin d’elle pour connaître la force de l’amour de mon petit-ami. Et je doutais qu’elle puisse, elle seule, de ses propres mains, sauver mon Milan. Elle était si jeune et fragile. Elle n’était pas certainement pas plus forte que moi. Et je savais que j’étais incapable de me battre. Au bout de quelques instants, j’entends des pas derrière moi. Je me retourne, aperçoit Adrastée. Je range rapidement la lettre, je n’ai pas l’intention de commencer à lui raconter mes histoires avec Milan et Léandre. Elle s’assoit à mes côtés. Je ne la regarde pas. J’ai peur de voir dans son regard une infime tristesse. Je ne veux surtout pas me mettre à pleurer avec elle. Pas maintenant. Il était trop tôt. Si Milan disparaissait, nous aurions tout le temps pour le faire.
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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Mar 15 Mai - 17:20

La souffrance, la tristesse. Mourir puis renaître. Cela faisait désormais une journée entière que l'annonce des Jeux avait été faite. Une journée que mon meilleur ami s'était retrouvé impliqué dans cette histoire des Hunger Games. Il allait sans doute mourir et faire partie de vingt-trois personnes qui ne reviendraient jamais. Alors oui, mon moral était au plus bas. J'avais perdu l'une des seules personnes en qui j'avais confiance. Je repensais à ces heures passées en sa compagnie. Comme les souvenirs étaient agréables. Tout était si facile autrefois. Inutile de craindre pour nos vies car même si nous n'avions pas beaucoup d'argent, nous avions le bonheur de connaître une vie agréable et remplie d'amour. C'était le plus important. Nous pouvions faire ce que bon nous semblait sans avoir peur des conséquences. Parler du Capitole ? Pourquoi pas ? Toute ces bonne époque était révolue. Le nouveau président avait rétabli les Jeux et les habitants de Panem n'avaient eu d'autre choix que de se plier à ses règles. Enfant égoïste et capricieux, le dictateur enlevait ce que Panem aimait le plus. Des enfants, des vies. Comme si cela n'avait pas la moindre importance. Mais il est vrai que ça n'en avait pas pour les gens qui vivaient dans la capitale. Des gens qui ne craignaient pas de mourir de faim, de manquer de nourriture du jour au lendemain. Des individus qui ne pleuraient pas la perte d'adolescents mais qui se réjouissaient au contraire du spectacle des Hunger Games. Des personnes sans coeur. Voilà ce que le Capitole nous prenait réellement : notre semblant de liberté. Même si la mienne semblait s'être envolée depuis quelques temps déjà. Mais avais-je déjà été libre une seule fois dans ma vie ? Avant tout cela, avant le retour des Jeux, je savais que j'étais condamnée. Dès mon plus jeune âge, mes parents m'avaient appris que plus tard, il me faudrait me marier avec un homme que je n'aimerais pas nécessairement. Pourquoi et surtout comment osaient-ils ? Ils étaient pauvres et avaient donc besoin de l'argent que la famille des époux pourrait apporter. Je ne pouvais pas leur en vouloir. Ils voulaient ce qu'il y avait de mieux pour mes soeurs et moi. Mais je ne pouvais pas accepter mon sort. Pas sans me battre. Mais mon combat n'avait servi à rien. Mes parents avaient rencontré ceux de Cameron. Et une semaine après, nous étions mari et femme. Malgré tout, je pensais pouvoir faire confiance à cet homme que j'avais épousé. Il m'avait juré fidélité et je me devais de le croire. Comme j'avais été bien idiote. Dès que j'avais eu le dos tourné, il m'avait trompé avec la seule personne que je ne considérais pas comme une rivale. Après tout, elle était sa meilleure amie. Mais je m'étais trompée. Il est vrai que j'étais responsable. Je m'étais enfuie les premiers temps et j'avais brisé le coeur de Cameron à plusieurs reprises. Puis finalement nous nous étions trouvés. Nous avions appris à nous connaître. Mais il avait choisi de me trahir à ce moment précis. Alors que je ne m'y attendais pas. Et c'était très douloureux.

Fort heureusement, il ne parlait plus avec Natalee depuis le drame. Il refusait même d'entendre parler d'elle. Mais il ne pouvait pas l'oublier en un claquement de doigts. Pas alors qu'elle avait fait partie intégrante de sa vie pendant si longtemps. Il l'aimait comme une soeur et même plus que cela et ce sentiment de haine ne pouvait durer bien longtemps. Même si j'aurais voulu que cela dure éternellement. Il fallait dire la vérité. Je ne pouvais plus voir la petite blonde en peinture. Parce qu'elle avait détruit mon monde alors que je n'avais rien demandé. J'aimais celui qu'elle appelait sien comme un frère et alors ? Comment osait-elle être jalouse alors que j'avais toujours autorisé cette amitié qu'elle partageait avec Cameron ? Natalee ne pensait qu'à elle. Lorsqu'elle était venue chez nous ce jour-là, c'est comme si je n'existais pas. Et je ne pouvais pas pardonner. J'avais passé la nuit à réfléchir à une solution. Que faire ? Je m'étais réconciliée avec mon mari et même si nous étions rentrés et avions dormi ensemble, je n'étais pas prête à lui faire confiance. Pas tout de suite. Et le voir détester cette fille était insupportable. J'avais donc pris les devants. Je m'étais levée alors que le jeune homme dormait encore comme un bébé. Il me fallait être rapide. Quelques mots griffonnés sur un papier, une robe enfilée en deux temps trois mouvements et j'étais dehors. Arrivée à la boîte aux lettres placée devant la maison de Natalee, je glissai le morceau de papier dans la fente. Je lui donnais rendez-vous dans quelques heures. Je retournai à la maison et pris place sur le canapé. Vers huit heures, Cameron ouvrit la porte de notre chambre. Il paraissait à peine réveillé. Il vînt prendre place à mes côtés. Il me fallait parler avant lui. Je me devais de lui mentir.

ADRASTEE : Si nous allions nous promener vers le marché noir tout à l'heure ?
CAMERON : Si tu veux mais tu ne préfèrerai pas rester ici et te reposer ?
ADRASTEE : Non. J'ai envie de prendre l'air.

Il me fallait y être pour neuf heures. Le temps de prendre un bon déjeuner en compagnie de mon époux et de m'éclipser ensuite lorsque ce dernier irait prendre une douche. C'est ce que je fis. Je laissai cependant un mot sur la table lui demandant de me retrouver dans quinze minutes au marché. Je me dépêchai donc de m'y rendre. J'étais stressée. Je priais pour que Natalee y soit déjà. Elle ne pouvait pas ne pas venir. J'aperçus sa silhouette et un sourire satisfait se dessina sur mes lèvres. Je m'assis à côté d'elle alors qu'elle prenait soin de ne pas me regarder. Je soupirai.

ADRASTEE : Inutile de faire semblant Natalee. Je ne suis pas là pour te parler de Milan.

Elle se tourna vers moi et au loin, je remarquai déjà Cameron? Nous avait-il vu ? Allait-il me pardonner ? Ce n'était pas le moment de jouer l'homme blessé. Il se devait s'assumer ses actes, comme Natalee. Et moi, je voulais simplement comprendre.

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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Mar 15 Mai - 18:40

De l’amour à la haine. Peut-être surprenant, mais pas tant que ça en fait. Avait-il une seule raison de pardonner à Natalee, malgré le fait qu’elle ait été son amie pendant dix ans ? Elle l’avait trahi, tout simplement. Elle avait abusé de la gentillesse qu’elle lui connaissait, de l’amour qu’elle avait et qu’elle ne devait plus conquérir, au contraire d’Adrastée. Elle l’avait tué, tout simplement. Aujourd’hui, Milan allait peut-être mourir ; elle pouvait être faible, manipuler les autres à cause de son besoin d’amour, de son insécurité constante qui la poussait à rechercher le regard des autres. Mais lorsqu’elle avait attiré Cameron dans ses bras, cette nuit-là, elle n’avait aucune excuse. Il l’avait trompée ; et alors ? D’autres femmes avaient souffert de ça. Adrastée en tête de liste, en fait. Il ne rejetait pas toute la faute sur son amie ; seulement, il était évident que sa part de responsabilité dans l’incident était énorme. Et il refusait de renouer avec une telle traîtresse, une telle garce. Il en était hors de question. Il ne la reverrait plus jamais. Enfin, c’était ce qu’il pensait. Mais ce matin là, Adrastée lui avait semblée étrange. Elle tenait absolument à faire un tour au Marché Noir ; pourquoi ? Ils n’y allaient jamais. L’endroit était déserté la plupart du temps, depuis que les gens vivaient dans la peur. Et puis Cameron arrivait toujours à se procurer des aliments par lui-même, soit en faisant des échanges avec les autres rebelles, soit en chassant, autant que possible. Il n’était pas très bon, mais ils n’avaient jamais manqué jusqu’à maintenant. Et puis, il faisait partie des riches familles. Il n’avait pas vraiment besoin de s’en sortir par ses propres moyens, puisqu’il avait la plupart des choses qu’il souhaitait. Néanmoins, il tenait à se débrouiller seul, autant que possible. Pomper sur le dos des autres n’avait jamais été son truc. Il aurait pu s’en moquer et vivre dans l’oisiveté, mais ça ne lui convenait pas. Dans tous les cas, il avait toujours été un rebelle, et n’allait pas se refaire aujourd’hui. Et son sens aigu des ennuis lui signalait que sa femme avait quelque chose derrière la tête.

Il promit de la rejoindre une fois qu’il se serait lavé. Alors qu’il faisait sa toilette, il songeait. N’était-ce pas trop dangereux pour elle de vivre ici, de vivre cette époque, alors qu’elle était également sous le choc de la nomination de son meilleur ami comme tribut ? N’allait-elle pas prendre trop de risques en tant que nouvelle rebelle ? Non, elle ne le pouvait pas. Elle lui avait promis. Comme lui avait promis de lui être fidèle… Il soupira. Le gant de toilette glissa sur son visage. Il avait l’air fatigué, éreinté. Récemment, il était passé à côté de plusieurs tentatives du Capitole pour étouffer la rébellion. Épuisé par les actions clandestines, il avait failli y passer plus d’une fois. Et il savait pertinemment qu’il s’affaiblissait de jour en jour. Toutefois, il ne voulait pas le dire à Adrastée. Ce n’était pas la peine de l’inquiéter pour rien. Elle pleurerait assez s’il venait à disparaître, et il préférait ne pas trop la préparer à cette éventualité. De toute façon, troquer un mari infidèle contre pas de mari du tout, c’était plutôt pas mal. Pas de quoi se plaindre. Combien de temps, pourtant, pourrait-il faire semblant que tout allait bien ? Qu’il était en pleine forme, qu’il n’était pas sur le point de chuter, à tout moment ? Il ne tenait quasiment plus sur ses jambes, tellement il était exténué. D’apparences, il dormait bien, paisiblement. Mais il se réveillait régulièrement à cause de terribles cauchemars. Dans tous, ou presque, il perdait la vie. Il perdait la vie, alors qu’Adrastée l’observait, contemplait sa mort, sans bouger. Il lui accordait toujours un dernier regard, et sombrait dans les limbes de la mort. Et puis, il se réveillait en sursautant, les dents serrées. Mais elle ne s’en rendait pas compte. Le retour de ces ignobles cauchemars coïncidait presque exactement avec le moment où il avait posé ses lèvres sur celles de Natalee ; il doutait que ce soit une simple coïncidence.

Une fois habillé, Cameron s’était pourtant dirigé vers le marché. Il savait pertinemment qu’il ne devrait pas, qu’il était certain qu’Adrastée lui cachait la véritable raison de cette balade improvisée. Mais s’il n’y allait pas, il ne saurait jamais pourquoi elle l’attirait ici. Et comme il doutait qu’elle bosse pour le Capitole et cherche à le tuer, il n’avait pas grand-chose à craindre.
Mais ce pourquoi elle l’avait convié ici était bien pire, en réalité. À peine arrivé à une vingtaine de mètres de là où son épouse s’était assise, Cameron remarqua une silhouette. Une qu’il n’avait pas envie de voir ; vraiment pas. Il déglutit. Elle osait lui faire ça. Après tout, c’était de bonne guerre. Elle voulait le confronter à ses erreurs, et il le méritait. Il méritait de revoir ce visage qu’il avait aimé plus qu’il n’aurait dû pendant quelques minutes. Quelques minutes seulement ; le laps de temps qu’il lui avait pris pour se rendre compte qu’il désirait Adrastée, pour l’apercevoir le temps d’un battement de cils. Il s’approcha lentement, livide. Son ancienne meilleure amie n’était pas morte, mais pourtant, on aurait dit qu’il avait vu un fantôme. Dans son esprit, elle revenait de l’au-delà. Ces deux femmes, côte à côte sur les marches de la petite épicerie qu’il fréquentait parfois, comme une image improbable et imaginaire, le regardaient désormais. Il n’arrivait pas à savoir ce qu’elles pensaient réellement. Le regard de Cameron s’attarda d’abord sur Natalee. Ses cheveux blonds flottaient autour de son visage cerné. Elle n’avait pas l’air d’aller bien. Mais ce n’était pas son problème, vraiment pas. Il s’en moquait. Elle pouvait être malade, être mourante, ça ne lui ferait rien. Presque rien.
Et puis, ses yeux dérivèrent vers Adrastée. Elle était froide et lointaine, comme si elle-même souhaitait être beaucoup plus loin à cet instant précis. Mais elle était à sa place. Il ne voulait pas qu’elle s’en aille pour les laisser ensemble, Natalee et lui. Il n’avait plus rien à dire à la jolie blonde. Rien du tout. Pas parce qu’il ne le voulait pas, mais parce que sa gorge se nouait quand il la voyait. C’était trop dur pour lui de tenter de reconstruire les bases de leur amitié évanouie. Trop dur, et probablement impossible. Comment reprendre un bon départ quand on avait tout gâché. Qui plus est, il allait peut-être mourir lui aussi. Elle pleurerait assez le départ de Milan, et au fond, en la détestant comme il le faisait, il lui épargnait de faire couler des rivières de larmes pour lui aussi. Car oui, il avait des risques de mourir. De gros risques. Mais après tout, à quoi bon rester en vie pour vivre cette vie ? Il ne cillait pas devant le regard d’Adrastée. Il dû se retenir pourtant de prendre ses jambes à son cou. Arrêté à une dizaine de mètre d’elles, il ne s’approcha pas plus, ne dit rien. Après tout, il n’y avait rien à dire. Le silence était son meilleur allié à ce moment-là.
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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Mer 16 Mai - 19:13



Un monde avait autrefois existé. Un monde dans lequel nous aurions tous pu être heureux ensemble. Un monde où, d’après ce que l’on nous en disait, les horreurs n’existaient pas ou presque pas. Je rêvais de me réveiller dans un monde pareil. Un beau matin, où tout aurait disparu. Le ciel serait brillant, le soleil réchaufferait nos corps. Milan serait à mes côtés, prêt à élever notre enfant. Cameron serait toujours mon meilleur ami, et heureusement marié avec Adrastée. Mes parents adoreraient Milan, m’aimeraient à ma juste valeur. La menace des jeux n’auraient jamais plané sur nous. Nous n’aurions jamais de problèmes pour nous nourrir ou nous soigner. Bref, ce serait un monde parfait. Un monde idéalisé. Un monde qui n’existera, sans doute, jamais. Adrastée se trouve à mes côtés, elle est la première à oser briser le lourd silence, entre nous. Je croise son regard. Ainsi, elle sait. Cameron lui a tout révélé ou, d’une manière ou d’une autre, elle l’a découvert par elle-même. Je penche plus pour la première solution, nous n’avions laissé aucune trace, aucun indice possible qui aurait pu la laisser penser que quelque chose s’était passé entre son mari et moi. Je ne blâmais pas Cameron, j’avais fait la même chose de mon côté. Je ne supportai pas de garder un tel secret. Je ne supportai pas de mentir à Milan. Il avait fallu que je parle, et même s’il avait eu du mal à avaler la nouvelle, il avait fini par me pardonner. Par m’aimer à nouveau. Cameron voulait certainement se montrer le plus honnête possible envers sa femme. Est-ce qu’elle m’en voudrait ? Je n’en savais strictement rien, je n’étais même pas sûre qu’elle soit amoureuse de lui. Qu’importe, une telle nouvelle doit blesser n’importe qui. En regardant Adrastée attentivement, je compris qu’elle n’acceptait pas cette infidélité avec facilité.

J’entends des pas derrière nous. D’un même mouvement, Adrastée et moi nous tournons vers la provenance du bruit. Je lève les yeux lentement, sachant très bien à quoi m’attendre. Je reconnaissais sa démarche. Je la reconnaîtrai parmi des milliers. Cameron était certainement la personne que je connaissais le plus, celle qui n’avait aucun secret pour moi. Aucun. En apercevant sa mâchoire crispée, je compris surtout que sa colère n’avait pas disparu. Je détourne le regard. Je n’ai absolument rien à faire ici. J’aimerais m’enfuir, me relever, courir. Partir loin. Loin d’eux. Pourquoi m’avaient-ils amené ici ? Pour me faire parler, me torturer moralement ? Souhaitaient-ils me faire du mal ? Voulaient-ils, d’une même main, se venger ? Je me recroqueville, soudain effrayée par la perspective de ce rendez-vous organisé. Un long silence s’installe, au fur et à mesure que Cameron se rapproche plus de nous. Ses pas sont lents, comme s’il dédaignait avoir à s’approcher encore plus de moi. Je ne lui en veux pas, si j’étais lui, je fuirai aussi celle qui m’avait fait souffrir. Mais il me semblait que tout cela s’était passé, il y a bien des semaines, des années, peut-être. J’avais presque tout oublié. Oublié le goût de ses lèvres sur les miennes. Oubliée, même, la dispute. Je ne me souviens que d’une seule chose : son regard haineux. Il hantait mes cauchemars. Il me forçait à me rappeler que j’avais brisé notre amitié. Il me forçait à me rappeler que j’étais, maintenant, seule. Je me ressaisis, au bout d’un long, et pour la première fois depuis mon arrivée, je prends la parole. « Alors, le mari et la femme s’allient contre la petite Natalee ? » Mon ton n’est ni ironique, ni froid comme je l’aurais voulu. Ma voix exprimait surtout de la lassitude. J’étais tellement fatiguée. Je rêvais de pouvoir m’allonger dans mon lit, fermer les yeux et tout oublier, pendant au moins quelques heures. Histoire de ne pas m’écrouler. Histoire de tenir le coup jusqu’au retour de Milan. Parce qu’il allait revenir, c’était forcé. Je le sentais, au fond de moi. S’il mourrait, je mourrais aussi. Notre enfant mourra. Il n’avait pas d’autres choix que de se battre pour nous. Adrastée semblait aussi fatiguée que moi. Je l’avais vu sortir en pleurant de la salle des adieux, hier. Ce devait être dur pour elle aussi. Je savais que si c’était Cameron qui était parti dans l’arène, une immense tristesse m’aurait envahi. Même maintenant. Même après tout ce qui s’était passé. C’était horrible de s’attacher à des gens pour ensuite les voir partir, les voir mourir. Milan risquait sa vie, mais Cameron aussi, d’une autre manière. Je sais très bien que je ne suis plus rien pour lui, aujourd’hui – même si je n’ai pas bien eu le temps de vraiment réaliser – mais je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter pour lui. C’est un homme bon, et courageux. Il mérite de vivre. Et tant qu’il vivra, même si je ne peux ni le voir ni lui parler, je serai rassurée. Pas heureuse, bien sûr. Le bonheur sans mon meilleur ami n’existe pas. Il avait toujours fait partie de ma vie, d’aussi loin que je me souvienne. Ce que j’ai pu vivre avant, je m’en souviens à peine. Ma vie a vraiment commencé le jour où je lui ai adressé les paroles. Je me fichais de ce que l’on racontait sur lui. Moi, j’avais perçu, chez lui, la bonté et la maladresse. Il m’avait touché, c’est ce qui m’avait forcé à aller vers lui. Je ne l’avais jamais abandonné. Je m’étais montrée forte pour deux, quand il faiblissait. Il me protégeait et me consolait après chaque dispute routinière avec mes parents. Il était mon frère. Celui qui m’avait aidé à avancer. Je ne regrettai rien, je n’arrivais même pas à regretter nos baisers. De toute façon, c’était l’accomplissement nécessaire. Nous étions trop proches pour que cela n’arrive jamais. Je suppose qu’il valait mieux que ça se passe à ce moment-là que dans quelques années. Je repose mon regard sur Adrastée, attendant qu’elle prenne la parole, qu’elle m’insulte, si elle le souhaite. De toute façon, j’ai connu pire. J’ai connu la haine de la part d’une personne que j’aimais.


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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Sam 26 Mai - 11:05

Il est vrai que je me montrais cruelle aujourd'hui. Mais il le fallait. Tous les deux devaient comprendre leur erreur et même si je semblais pouvoir passer à autre chose, je ne pouvais pas accepter cette histoire si facilement. Cameron s'était excusé maintes fois hier soir et j'avais fini par accepter ses excuses. Il est vrai que je ne voulais pas le perdre. J'avais compris avec le temps que j'étais sincèrement amoureuse de lui et que je ne pouvais pas imaginer ma vie sans lui. Il était mien et le fait que Natalee ait tenté de me l'enlever me rendait folle. Il ne pouvait pas partir. Il ne pouvait pas m'abandonner parce qu'il l'avait promis. Et même si j'étais folle de rage suite à sa révélation, je me souvenais que j'étais en partie responsable. J'avais cherché la souffrance. Je m'étais éloignée de lui dès notre mariage et si j'avais tenté d'arranger cela, il était trop tard. Le mal était fait. Cameron était trop blessé pour me pardonner. Et alors que tout semblait nous éloigner, il s'était rapproché de Natalee. Une seule nuit. Une seule heure, même. Mais il avait commis l'irréparable. Lorsqu'il était venu s'expliquer hier soir, ma colère et ma haine avaient pris le dessus. Comment avait-il osé ! J'avais pleuré, j'avais crié, j'avais exprimé ma peine. Mais ça ne servait à rien. Parce qu'au final, je comprenais son geste. Un geste désespéré. Sa meilleure amie lui avait offert ce que j'avais été incapable de lui donner pendant tant de temps. Et c'était terriblement injuste. Parce que j'aurais voulu être la première. J'aurais voulu lui montrer à quel point que pouvais faire des efforts pour nous deux et de ce fait, refermer la blessure qui faisait saigner son coeur. Et c'était en cela que je lui en voulais. Il n'avait pas pris la peine d'attendre. Il s'était tourné vers la première personne capable de lui montrer un amour véritable sans prendre en compte mes sentiments. Alors pour le moment, je restais de marbre. Je me montrais distante et froide même si nous étions réconciliés car j'avais terriblement de mal à me montrer agréable. Je ne pouvais pas faire semblant. Quelque chose était arrivé. Nous étions tous responsables. Et il fallait en parler. Telle était mon idée. Voilà pourquoi je voulais donner rendez-vous à Natalee et Cameron. Mon but n'était pas de les faire souffrir mais de comprendre. Pourquoi ? Dans quel but ? A quoi cela avait-il servi ? Et nous allions être fixés rapidement. Et je dois dire que j'avais peur de la vérité.

Natalee avait très vite compris. Elle savait que j'étais au courant. Elle croisa mon regard et sembla ainsi en interpréter chaque battement de cil. La colère. La haine. La souffrance. Et au dessus de tout cela, l'incompréhension. Avait-elle pensé à moi lorsqu'elle avait embrassé mon époux ? Cela aurait été encore pire. Peut-être avait-elle simplement agi dans le feu de l'action. Mais j'en doutais fortement. Son geste était prémédité. Elle avait tout calculé. Parce que je la savais mauvaise et prête à tout pour m'atteindre. Enfin, c'était ce que je pensais à cet instant présent. Comment penser autrement ? Comment avait-elle réagi lorsqu'elle avait appris pour Milan et Léandre ? Je le savais. Elle se sentait trahie. Elle aurait voulu tuer la jeune brune de ses propres mains. Comme moi aujourd'hui. Parce que je ne pouvais pas tolérer un geste aussi insensé. Cameron était son meilleur ami ! Pas la personne avec laquelle elle devait finir. Je sais que pour ma part, j'aurais été bien incapable d'aller aussi loin avec Milan. Il était comme mon frère. Je ne pouvais pas imaginer poser mes lèvres sur les siennes. Jamais. Mais il faut croire que j'étais bien la seule à penser de telles choses. Et cela me chagrinait. Des bruits de pas derrière nous me sortirent de mes songes. Cameron. Il semblait ne pas comprendre. Peut-être un peu en colère aussi. Mais je m'en fichais. J'en avais besoin ; il pouvait faire cet effort pour moi. Natalee devait se sentir terriblement mal. Pensait-elle simplement qu'il s'agissait d'un piège ? Car cette idée me donnait envie de rire. Je n'étais pas ici pour lui faire la morale. Ou pour lui arracher les yeux. Non, j'étais ici pour agir telle l'adulte qui était en moi. Nous étions en temps de crise et je ne voulais pas que nous nous détruisions les uns les autres. Alors que je ne m'y attends pas, Natalee prend la parole.

NATALEE : Alors, le mari et la femme s'allient contre la petite Natalee ?
ADRASTEE : Décidément, tu ne comprends vraiment rien.

J'ai envie d'ajouter qu'elle est encore plus idiote que je ne le pensais mais je m'abstiens. Mais comment peut-elle croire une chose pareille ? Comme si Cameron était capable de lui faire autant de mal. Comme si c'était dans ma nature. Mais le pire dans cette histoire, c'est que la jeune femme n'est pas ironique. Elle semble exténuée. Elle attend juste le verdict. Comme si elle était condamnée de toute manière. Je soupire. Ma voix s'élève et brise le silence.

ADRASTEE : Si tu n'avais pas perdu Milan hier, je peux t'assurer que je me serai arrangée pour te faire tomber plus bas que terre. Je t'aurais trainée dans la boue pour le simple fait de m'avoir fait ça à moi. Mais je ne le ferai pas. Ce qui est fait est fait. Seulement, je ne comprends pas comment vous avez pu en arriver là. Alors j'aimerais que vous m'expliquiez si ce n'est pas trop demander.

Cette fois, je m'adressais aux deux. Comprenaient-ils mon geste en cette matinée bien sombre ? Savaient-ils ô combien je souffrais de cette traîtrise ? Sans doute. Mais aucun mot ne pourrait jamais me réconforter. Je voulais du temps. Pour tenter de me reconstruire. Cela ne prendrait pas quelques jours. Oh non. Quelques mois, à mon avis. Mais je devais apprendre à refaire confiance. Au moins à Cameron. Pour Natalee, tout était fichu. Elle ne méritait même pas ma pitié. Elle se sentait mal ? Et alors ? J'avais perdu mon meilleur ami et mon mari. Le même jour. Si elle avait perdu Cameron également, elle l'avait cherché. Il avait compris à quel point cette demoiselle était manipulatrice. Désormais, elle était toute seule. Ses yeux pour pleurer et rien de plus. Mais je dois avouer que jamais je n'avais voulu qu'elle regarde Milan partir pour les Jeux. Même elle ne méritait pas une telle souffrance. Mais bon. La vie n'était pas toujours juste. Et on récoltait peut-être ce que l'on avait semé. Voici une leçon pour chacun de nous. A nous de comprendre. A nous de grandir maintenant.

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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Sam 26 Mai - 13:00

Cette confrontation était surréaliste. Tout d’abord, parce qu’elle les concernait tous les trois, alors qu’ils ne se fréquentaient d’habitude jamais ensemble, en même temps. Mais aussi parce que Cameron était suffisamment honteux, et n’avait pas envie de reparler de tout ça. Il s’était déjà confondu en excuses, espérant qu’Adrastée lui pardonnerait. Elle doutait. Elle n’avait plus confiance en lui. C’était bien normal… Non seulement, il l’avait trahie, mais en plus, il l’avait trahie avec sa meilleure amie, la fille qu’il connaissait depuis dix ans, sa confidente. C’était pire que tout. Ce n’était pas juste une trahison de passage. Il y avait une histoire derrière tout ça. Il y avait un passé, des individus avec des sentiments. De l’amitié, oui. Sans doute plus. Sinon, ils n’en seraient pas arrivés là. Cet instant avait réussi à tout remettre en question aux yeux de Cameron. Aimait-il vraiment Natalee d’amitié, ou un tout petit peu plus ? Ce petit peu qui pouvait lui donner du désir, lui provoquer une passion puissante qu’il n’avait pu réprimer ce soir-là ? Il déglutit difficilement. À quelques mètres à peine d’elles, il s’adossa à un mur. Ses mains glissèrent le long de ses cuisses, jusqu’à se poser sur ses genoux. Comme s’il reprenait son souffle, il baissa la tête et respira profondément. Il ne voulait pas les voir. Pas toutes les deux, pas ensemble, pas tout de suite. Son cœur n’arrivait pas à le supporter. C’était terriblement égoïste, mais il aurait aimé s’enfuir, courir, partir loin, pour ne jamais croiser de nouveau leurs deux regards braqués sur son corps. Il se sentait inhumain, sale, et incroyablement fautif. Même s’il avait voulu tout rejeter sur Natalee, il savait pertinemment qu’il était tout aussi responsable qu’elle. Elle avait peut-être commencé, mais c’était aussi elle qui les avait stoppés dans leur élan en craignant ce qu’ils étaient sur le point d’accomplir. En le craignant pour Milan. C’était lui, c’était Cameron, qui aurait dû dire qu’il ne pouvait pas faire ça, par rapport à Adrastée. Et là était son erreur, sa plus grande erreur. S’il avait effectivement pensé à sa femme alors que ses lèvres s’emparaient de celles de Natalee, il n’avait pourtant rien dit, rien fait pour ne pas en arriver là. Et ils se retrouvaient, une dizaine de jours plus tard, à devoir rendre des comptes pour une gaffe qu’ils regrettaient tous les deux. Il leva les yeux vers Natalee. Elle semblait avoir envie de pleurer, et fuyait son regard. Puis, il tourna la tête vers Adrastée. Malgré son port fier et son apparente assurance, elle semblait également prête à s’effondrer. Il le savait, le voyait. Malgré le peu de temps qu’ils avaient passé ensemble depuis leur mariage, il la connaissait. Et ce quasi imperceptible tremblement qui s’emparait d’elle ne pouvait signifier qu’une chose : elle avait peur de ce qui pourrait ressortir de cette confrontation, et de ce que leur couple allait devenir.

Natalee s’exprima la première. Lorsqu’il entendit ses mots, Cameron réprima un rire. Si elle savait. Si elle savait qu’il n’avait jamais souhaité en arriver là, qu’il préférerait être en pleine séance de torture du Capitole plutôt que de les affronter… Mais il ne dit rien. Après tout, à quoi cela servirait-il ? Elle ne le croirait pas, et Adrastée le prendrait mal. D’ailleurs, la jeune femme répliqua directement. Effectivement, elle n’avait rien compris. Elle ne savait pas que ce n’était pas un plan, une ruse d’eux deux pour la piéger. Cameron était la proie dans l’histoire, au même titre que la blondinette. Seulement, il était la proie qui affronte son prédateur. Celle qui ne s’aplatit pas dans un coin en couinant. Il ne voulait pas être celle-là. Il comprenait que sa femme ait des reproches à leur faire, et il allait répondre de ses actes, même s’il l’avait déjà fait la veille. Natalee n’avait pas à le faire. L’air de rien, la protéger semblait principal à cet instant. Il n’avait pas envie qu’elle se batte verbalement avec Adrastée. C’était inutile et ce serait plus douloureux qu’autre chose. « J'aimerais que vous m'expliquiez si ce n'est pas trop demander ». Un dernier regard à Natalee. Elle comprenait. Elle comprenait qu’Adrastée était au courant, qu’elle savait ce qu’il s’était passé. Elle ne les lâcherait pas, pas jusqu’à la dernière confession, jusqu’à la dernière larme. Cameron soupira et s’adressa à sa femme.

- Natalee est venue me voir. Après que Milan lui ait dit qu’il l’avait… trompée.

« Et j’ai fait pareil », pensa-t-il. Il dû ravaler sa rage pour continuer à parler.

- Elle était dévastée… Et trempée… Il pleuvait à torrents. Je l’ai faite entrer dans la maison. Elle m’a embrassé.

Dans sa tête, le film de ce souvenir était désormais enclenché. Il la revoyait, dégoulinante de pluie, lui demander s’il était seul. Il se revoyait lui répondre d’un simple hochement de tête. Puis, elle avait bondi à son cou et avait attrapé ses lèvres. Ses dents avaient mordillé sa bouche, avant de l’embrasser à nouveau. Frémissant, il l’avait attirée contre lui.

- Je… Je lui ai rendu ses baisers…

Sa main glissant sur la cuisse de la jeune femme, puis la soulevant pour l’appuyer contre la porte. Son autre main sur son sein glacé. Le teint de Cameron s’était désormais fardé d’un rouge presque indiscernable, mais tout de même visible. Adrastée le regarda, puis secoua lentement la tête. Ce n’était pas ce qu’elle voulait entendre ; après tout, elle savait déjà tout ça. Il lui dirait qu’il était désolé, mais elle le savait. Elle voulait savoir pourquoi ils en étaient arrivés là.

- Je crois qu’avant ça, je n’avais pas pris conscience de beaucoup de choses… Je n’avais pas réalisé que je t’avais… L’espace d’une seconde, je me suis senti désiré… Et même s’il s’agissait d’une illusion, j’ai refusé de croire que c’était faux… Et que ce n’était pas toi.

Il se racla la gorge et baissa les yeux. C’était difficile de dire tout cela, mais aussi incroyablement dur de mettre un mot sur ce qui était arrivé ce jour-là. Devait-il parler de ses sentiments pour Natalee, ceux qu’ils avaient eus depuis toujours ? Elle était sa meilleure amie. Bien sûr qu’il l’aimait. Mais pas comme une sœur. Elle avait toujours été un peu plus. Il avait toujours pensé qu’elle était un ange, parce qu’elle l’avait sauvé. Elle avait été là pour lui dans les heures les plus noires de sa vie, et il ne pouvait l’oublier. Une sœur n’aurait jamais été à sa hauteur. Elle ne l’aurait jamais protégé aussi bien qu’elle. Et puis, elle était désirable. Mais ça, c’était ce qu’il avait ressenti l’espace d’un instant seulement. Juste le temps de l’embrasser. Quelques secondes. Juste le temps de l’emmener dans la chambre. Quelques minutes. Et puis, s’ils avaient fait l’amour, combien de temps cela aurait-il duré ? Seulement l’espace d’une heure, ou toute une vie ? Sans vouloir le dire, il la remerciait presque de s’être arrêtée à temps. Parce que sinon, cette tromperie, cette fumisterie à laquelle il avait sciemment participé, l’aurait poursuivi pour le restant de ses jours.
Relevant les yeux, il posa alors son regard sur Natalee. Pour la première fois depuis cet incident, il lui adressa la parole. Mais ce qu’il allait dire était empli de haine, de tristesse, et d’incompréhension. Sa voix cassée brisa alors le silence, pour balancer à la figure de la belle blonde :

- Pourquoi as-tu fait ça ?
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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Ven 1 Juin - 9:13

Mon regard est baissé, fixé sur le sol. Je suis incapable de croiser leur regard, de les regarder. Surtout le sien. Mon meilleur ami. Il fut ma principale raison de vivre pendant près de dix ans. Comment peut-on arriver, un jour, à perdre celui que l’on avait aimé ? Comment pouvait-il autant me détester alors que je continuais à l’aimer de toutes mes forces ? Nous nous étions sauvés mutuellement puis nous nous étions détruits mutuellement. Je regrettai tout de cette journée. L’aveu de Milan. Les baisers échangés avec Cameron. Pourtant, j’avais aimé ce moment. Comme s’il était le final de notre amitié. Le point culminant. Peut-être la plus belle chose qui nous soit arrivée. Et la pire. Tout était tellement contradictoire. Cameron, quant à lui, avait certainement détesté ce moment. Comme il me détestait, maintenant. « Décidément, tu ne comprends vraiment rien. » J’hausse les épaules. Et eux, comprennent-ils que je suis loin d’avoir envie de parler de cela maintenant ? Que pour moi, une quelconque explication serait inutile puisqu’il n’y a rien à expliquer. Que mon amour, le père de l’enfant que je porte, vient de partir pour mourir ? Ne comprennent-ils pas que j’ai envie de le rejoindre et qu’ils peuvent m’assassiner de leurs mots, de leurs mains, que je ne ressentirais rien ? Absolument rien. Le monde et la peine me semblent tellement dérisoires, maintenant. Je savais que j’entendrais à peine leurs critiques, leurs leçons de morales. Peu importe ce qu’ils pourraient bien me raconter, j’étais au-dessus de tout ça. Je préférais les laisser dans leur monde de rancune. Moi, j’avais autre chose à penser.

« Si tu n'avais pas perdu Milan hier, je peux t'assurer que je me serai arrangée pour te faire tomber plus bas que terre. Je t'aurais trainée dans la boue pour le simple fait de m'avoir fait ça à moi. Mais je ne le ferai pas. » Un léger sourire imperceptible se dessine sur mes lèvres. Que veut-elle ? Que je la remercie d’être si tolérante envers moi ? En réalité, tout ce qu’elle pourrait essayer de faire contre moi ne me toucherait pas. Elle ne me connait certainement pas assez pour savoir ce qui me ferait du mal. Et me menacer ne me fait absolument pas peur. Et puis, j’avais le sentiment qu’elle pensait que j’avais fait cela contre elle. Cela m’aurait fait doucement rire dans une autre situation. Je n’avais bien évidemment pas fait ça pour lui faire du mal. A vrai dire, j’avais à peine pensé à elle. J’avais encore du mal à m’imaginer qu’elle faisait partie de la vie de mon meilleur ami. Donc, non, vraiment, je n’avais pas monté un plan contre elle. Mais si cela lui faisait plaisir de s’imaginer que je la détestais tant que j’en étais capable de lui faire ça, je la laisserais faire. Je me fichais de son avis. « Alors j'aimerais que vous m'expliquiez si ce n'est pas trop demander. » Je ne réponds pas. Je n’ai rien à expliquer. De toute façon, Cameron prend déjà la parole. J’écoute à peine ce qu’il raconte. Le voilà qu’il s’excuse lamentablement à son épouse. Puis, il m’adressa la parole. Pour la première fois depuis des semaines. Lui aussi veut des explications. Je relève le visage, croise son regard. Je me montre froide, autant que lui. Je ne le laisserai pas lire en moi. Je sens le regard d’Adrastée poser sur mon visage. Je me lève et marche un peu, m’arrête à quelques mètres d’eux. Lentement, je me retourne pour leur faire face. « Je n’en sais rien. De toute façon, à quoi cela vous servirait-il de le savoir ? » C’est vrai, je n’ai aucune explication. Je ne comprends pas mes faits et gestes. Tout cela s’était passé sans que j’aie eu, ne serait-ce qu’une seconde, le temps de réfléchir. D’une voix basse, je reprends : « De savoir que si Milan n’avait pas existé, que si toi, Adrastée, tu n’étais pas là, je serais certainement à ta place. De savoir que cela aurait bien dû se passer un jour et qu’il vaut mieux que ça se soit fait hier plutôt que dans quelques années, quand nous serons tous mariés et que nous aurons des enfants. » Instinctivement, je pose la main sur mon ventre puis, réalisant mon geste et de peur qu’ils ne l’aperçoivent, repose mon poing sur ma hanche. « De savoir que si, Adrastée, tu avais aimé ne serait-ce qu’un peu ton mari, cela ne serait jamais arrivé. » Je ne la blâme pas. De toute façon, mon ton est loin d’être accusateur. C’est simplement ce que je pense. Et je suis certaine que Cameron partage mon avis. S’ils avaient, tous deux, été amoureux depuis le début, il n’aurait jamais accepté que je l’embrasse. « Ca s’est passé, simplement. Et je… J’en suis désolée. » Je soupire. Je n’avais jamais songé à m’excuser, mais mon apologie était sincère. Je regarde à nouveau Cameron. « Je ne voulais pas te blesser. Tu sais que je ne suis pas comme ça. » J’arque un sourcil parce qu’en réalité, je suis certaine qu’il s’est mis en tête que je n’étais qu’une garce manipulatrice. Je ne regarde plus Adrastée, je ne m’adresse plus à elle. Je n’ai pas envie de lui parler. Je ne saurais pas quoi lui dire. Moi, je pensais surtout que celui qui était le plus blessé dans cet histoire, c’était Milan. Et il était le seul à m’avoir pardonné. Au nom de notre enfant, peut-être. Sûrement. Je m’adosse contre le mur d’une vieille bâtisse et ferme les yeux. J’aimerais être à des années d’ici. J’aimerais que Milan revienne vivant de cet enfer, et qu’il puisse voir son enfant grandir. J’aimerais effacer toutes mes erreurs, et retrouver le soutien de mon meilleur ami. Mais je ne préfère pas avouer tout cela. Je rouvre les yeux, les regarde tour à tour et attends. J’attends qu’ils me détruisent, s’ils en ont envie. Plus rien ne me fait peur, à vrai dire. Surtout pas eux.
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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Dim 3 Juin - 16:18

Il est vrai que cette confrontation n'avait rien de naturelle. Cameron et Natalee. Natalee et Cameron. Puis moi. Tous les trois. Non. Impossible. Et pourtant. Il semblait tout à fait normal que Cameron et moi partagions des moments tous les deux. Nous étions mariés. Nous étions un couple. Nous habitions sous le même toit. Quant à Natalee et moi, nos discussions étaient rares. Elle me détestait depuis le début alors que je n'avais jamais eu la réelle occasion de me présenter à elle. Mais elle avait décidé que tout en moi ne valait pas le coup. Je lui volais meilleur ami et petit ami. Mais qui était-elle pour s'approprier les gens ? Nous pouvions « partager » même si cela lui semblait insensé. Tant pis pour elle. Je n'avais jamais désapprouvé son amitié avec Cameron. Ils avaient le droit de se voir, de se parler, de sortir. Mais les temps avaient changé. Tout cela faisait partie du passé. Si nous étions tous trois ici, en cette seconde, c'était pour comprendre. Pour nous expliquer. Pour tenter d'avancer aussi. Je savais que tout cela était très difficile et je me savais responsable de ce mal être et de ce silence. J'avais tout manigancé. J'avais cherché à les voir tous les deux. Mais je ne le regrettais pas. Il le fallait. Cameron fut le premier à parler. Natalee semblait à des milliers de kilomètres. Bien loin de ce district, bien loin de nous. Auprès de Milan sans doute ? Milan … J'aurais tellement aimé qu'il soit là lui aussi. Aurait-il pardonné si facilement ? N'aurait-il pas cherché à s'expliquer ? N'aurait-il pas voulu régler son compte à Cameron ? Alors la jolie blonde ne pouvait pas me reprocher d'en faire autant. Elle me devait des explications. Sans rechigner. La voix de mon époux s'éleva alors pour commencer l'histoire. Cette histoire bien sombre qui avait mis terme à tant de choses. A une amitié, à la confiance que je pouvais lui accorder, à des rêves. Mais je voulais comprendre. Il me fallait donc passer par là. Même si cela devait me faire souffrir. « Natalee est venue me voir. Après que Milan lui ait dit qu'il l'avait … trompée ». Pauvre petite créature. Elle avait été trompée par cet homme qu'elle aimait. Mais n'avait-elle pas cherché à s'en séparer ? N'avait-elle pas déclenché ce désir qui hantait Léandre et Milan ? Un peu. Mais je ne pouvais pas le dire. Cameron aurait cherché à la protéger. Il continua. « Elle était dévastée … Et trempée … Il pleuvait à torrents. Je l'ai faite entrer dans la maison. Elle m'a embrassé ». Si la jeune femme avait été réellement triste, aurait-elle osé embrasser son meilleur ami de la sorte ? Une fois encore, je ne pouvais pas lui couper la parole. Mes propos auraient été accusateurs. Je me serais laissée aller. Et je ne voulais pas. Je n'en avais pas envie. A quoi bon, n'est-ce pas ? Le mal était fait. Je ne pouvais pas changer cette histoire. Simplement écouter sans rien dire. Pleurer. Souffrir. Cameron s'arrêta quelques secondes. Je comprenais que le jeune homme était en train de rejouer cette soirée. Je déglutis. « Je … Je lui ai rendu ses baisers … ». Très bien. Comptait-il encore m'humilier ? Je ne pouvais pas en écouter davantage. Je ne voulais pas réellement écouter cette histoire une fois encore. Juste comprendre ce qui l'avait poussé à répondre aux baisers de Natalee. Je secouai la tête lentement. Il comprenait. Il était allé trop loin. « Je crois qu'avant ça, je n'avais pas pris conscience de beaucoup de choses … Je n'avais pas réalisé que je t'avais … L'espace d'une seconde, je me suis senti désiré … Et même s'il s'agissait d'une illusion, j'ai refusé de croire que c'était faux … Et que ce n'était pas toi ». Je levai les yeux au ciel. Il avait commis une erreur et s'en rendait compte mais il était un peu tard.

ADRASTÉE : C'est bien dommage. Je sais que je suis en partie responsable mais je suis revenue vers toi pourtant. Tu avais toutes les cartes en main. Tu pouvais me choisir, moi. Tu ne l'as pas fait.

Je n'attendais pas forcément une réponse. Je me savais brisée à jamais. Mais j'étais certaine que tout irait mieux dans quelques temps. Il me fallait simplement encaisser ; apprendre à vivre avec. Cameron se tourna ensuite vers Natalee. Il lui demande ensuite pourquoi. Au tour de la jolie blonde maintenant. Il fallait qu'elle s'explique aussi. Mais je redoutais déjà ses propos. « Je n'en sais rien. De toute façon, à quoi cela vous servirait-il de le savoir ? ». Je hausse les épaules. Cela me servirait à comprendre ses intentions. J'aurais aimé lui répondre mais elle ne m'en laisse pas le temps. « De savoir que si Milan n'avait pas existé, que si toi, Adrastée, tu n'étais pas là, je serais certainement à ta place ». Oh. Nous y voilà. J'ai envie de faire claquer ma main contre sa joue. Comment ose-t-elle ! Milan étant parti et moi étant trahie, je crois qu'elle a en partie gagné. Elle peut être fière. Je ne réponds rien pour le moment. « De savoir que cela aurait bien dû se passer un jour et qu'il vaut mieux que ça se soit fait hier plutôt que dans quelques années, quand nous serons tous mariés et que nous aurons des enfants ». Elle a raison. Mais pas sur tout. Car elle est à l'origine de notre souffrance. Elle a préféré succomber à la tentation plutôt que de rester bien sagement à sa place. Mais si seulement Cameron et elle avaient été seuls. Mais elle ne se rend pas compte que deux autres personnes sont blessées aujourd'hui. Milan et moi. Milan est parti aux Jeux le coeur serré. Quant à moi, je vivrais avec cela toute ma vie. Merci. Vraiment. Mais encore une fois, je me tais. « De savoir que si, Adrastée, tu avais aimé ne serait-ce qu'un peu ton mari, cela ne serait jamais arrivé ». La goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je m'imagine déjà lui écraser son petit minois contre le sol dur du marché. Elle n'a pas le droit de se servir de ça contre moi. J'ai ma part de responsabilité certes mais je ne la crois pas. Elle l'aurait fait malgré tout. Elle n'est pas la gentille créature qu'elle prétend être.

ADRASTÉE : Tu ne sais rien de moi, Natalee, rien ! Tu n'aurais pas arrêté ton geste même si tu avais su que nous nous aimions. Et tu as le bon rôle, n'est-ce pas ? La bonne parole. Mais si tu avais aimé Milan aussi fort que tu le prétends, tu n'aurais pas cherché à te venger. Tu n'aurais pas été la première à vouloir t'éloigner.

Mes mains tremblent. Mais je n'ai pas à me plaindre. Je l'ai cherché. Je déglutis. Cameron me regarde mais je préfère ne pas chercher à croiser son regard. Il sait que j'ai également raison. Il sait qu'il a été un pion dans son jeu. Et il s'en mord les doigts. Natalee ajoute quelques mots qui ont l'effet recherché. « Ca s'est passé, simplement. Et je … J'en suis désolée ». Je me calme instantanément. Après cela, elle ne me calcule plus. Elle s'adresse à Cameron. Mais je n'ai plus envie de l'écouter. Je n'ai plus envie de la croire. J'ai juste envie de l'oublier. De la rayer de ma vie.

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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Dim 3 Juin - 20:47

Alors qu’Adrastée lui assenait toutes ces paroles, Cameron ne l’écoutait presque plus. Après tout, à quoi bon ? Elle comptait lui reprocher ça toute sa vie ? Il lui avait annoncé la veille ; il savait donc que la pilule serait dure à avaler. Mais elle n’avait pas le droit. Elle ne pouvait pas le juger sur ça, cette immense erreur qui n’était au final pas si grave. Pas si grave, parce que ça ne voulait rien dire. Natalee et Cameron, c’était une histoire qui n’aurait jamais pu voir le jour. Et cela pour de nombreuses raisons, la principale étant l’égocentrisme de la jeune blonde. Ce qu’elle ressentait, ce qu’elle voulait, cela passait avant tout ; mais les doutes de Cameron, ses envies, elle n’en avait jamais tenu compte. Et même s’il lui avait clairement expliqué le désir, le besoin d’être vraiment avec elle, elle l’aurait ignoré, comme elle l’avait toujours fait. C’était la raison pour laquelle Adrastée ne pouvait pas garder cette rancune. Ça ne servait à rien. Et ses derniers mots furent d’ailleurs les plus meurtriers pour Cameron. « Tu pouvais me choisir, moi. Tu ne l'as pas fait ». Il avança de quelques pas.

- On choisit lorsque l’on a un choix à faire, Adrastée. Tu es revenue, oui. Mais tout le temps où tu m’as laissé, elle était là. Pourquoi ne suis-je pas parti, à ton avis ? Ce n’est pas par pure clémence ! C’est parce que mon choix est fait depuis notre première minute ensemble. Il n’y a pas de choix, il y a la réalité.

Non, l’épouser n’avait pas été une obligation. Enfin, le mariage en lui-même, si ; mais leur vie conjugale, non, jamais.

- La réalité, c’est que c’est toi que je veux ! C’est toi que je veux depuis le début ! Et que je refuse que tu me juges sur cette unique faiblesse que j’ai eue pour quelqu’un qui me désirait, l’espace d’une seconde. J’ai passé dix années de ma vie avec Natalee. Ces quelques minutes sont impardonnables, je le sais, mais elles sont compréhensibles.

Il avait balancé tous ses mots de manière impulsive, et le regrettait presque. Mais c’était la vérité.

Lorsque Natalee expliqua sa version des choses, Cameron baissa les yeux. Oui, il l’écoutait ; mais il ne pouvait s’empêcher de la maudire profondément. Ils s’aimaient plus que d’amitié et l’avouaient désormais. Mais dire à Adrastée que si elle n’avait pas été là, ils se seraient mariés, c’était la goutte d’eau. Elle n’avait pas le droit, tout autant qu’Adrastée n’avait pas le droit de l’accabler de la sorte. Elle ne pouvait pas pousser sa femme à douter davantage, alors qu’elle lui en voulait déjà assez. Ce n’était pas une question d’Adrastée ou de Milan. Bien avant que Cameron se marie, Natalee avait fait un choix. Elle était avec un autre. Elle l’avait voulu. Et désormais, elle lui disait que ça aurait pu être différent ? Elle se moquait complètement de lui, à cet instant. Combien de fois avait-il essayé de lui faire comprendre qu’il pourrait y avoir quelque chose entre eux ? Combien de fois avait-il pensé que leur amitié cachait peut-être quelque chose, sans qu’elle s’en aperçoive ? Même sans Milan, ni Adrastée, ils n’auraient jamais fini ensemble. Tout simplement parce que Natalee n’avait jamais eu le même ressenti que Cameron à propos de nombreuses choses. Leur façon de se regarder, de se toucher, de s’enlacer. Il n’y avait qu’elle pour ne pas voir qu’ils n’étaient pas de simples amis. Qu’elle pour se voiler la face. Alors, non, elle n’avait pas le droit de brandir l’argument choc du « et si ». Et si Adrastée n’avait pas été là, Natalee serait toujours bien loin de son cœur. Il n’avait pas besoin de refaire l’histoire pour savoir ça : c’était clair et net. Ses poings se serrèrent. « Je ne voulais pas te blesser. Tu sais que je ne suis pas comme ça ». Il leva les yeux et secoua la tête.

- Vraiment, Natalee ?

Il ramena ses cheveux en arrière et souffla longuement avant de reprendre la parole.

- Tu es exactement comme ça. Tu ne t’es pas dit que je souffrirais, parce qu’on était comme « frère et sœur », hein ? Mais une sœur qui couche avec son frère, ça reste un inceste… Et si s’embrasser diffère de l’acte sexuel, il n’implique pas moins la présence de sentiments.

Il haussa les épaules et secoua la tête, presque ironiquement.

- Ce n’était pas grave, en fait. Mais notre vie est assez compliquée comme ça. On doit déjà essayer de survivre, chaque jour, chaque minute. Ton propre petit-ami va risquer sa vie. Tu n’avais pas besoin de rajouter cette histoire. Vraiment pas.

Il tourna la tête vers Adrastée. Elle tremblait. Et d’ailleurs, dans ce qu’elle avait dit à Natalee juste avant, il y avait une grosse part de vrai. Elle n’aurait sans doute pas changé de comportement si elle avait su qu’ils s’aimaient. D’ailleurs, à l’époque, étaient-ils vraiment amoureux ? Cameron avait l’impression qu’un siècle s’était écoulé. Il avait totalement oublié ses sentiments de l’époque, ses ressentis. Ne restaient que les images de cette brève infidélité. Il regrettait tellement. Mais il ne savait pas, à ce moment-là, qu’Adrastée prendrait une si grande place dans son cœur. Elle le soignait, jour après jour. Elle le guérissait de sa hantise des autres. Elle l’aidait à avancer. Ce que Natalee n’avait jamais fait… Elle avait passé toutes ces années à ses côtés, mais ne l’avait jamais rendu meilleur. Ce qui était une évidence aujourd’hui n’en était pas une à ce moment-là. Mais il aurait tant aimé savoir. Savoir qu’elle était la seule et l’unique, alors que Natalee l’embrassait et le serrait contre son cœur. Il ne voulait pas d’elle. Il parcourut alors les quelques pas qui le séparaient encore de sa femme, s’accroupit près d’elle et lui saisit les mains. Il ne voulait pas choisir entre son amie et sa femme… Mais désormais, il n’avait plus d’amie. Dégageant une mèche du visage d’Adrastée, il murmura :

- C’est toi, Adrastée.
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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Lun 4 Juin - 10:11

« C'est bien dommage. Je sais que je suis en partie responsable mais je suis revenue vers toi pourtant. Tu avais toutes les cartes en main. Tu pouvais me choisir, moi. Tu ne l'as pas fait. » J’hausse les sourcils mais je préfère ne pas me mêler de leur conversation. En réalité, Cameron l’avait choisi depuis le début. Il l’avait aimé immédiatement. Je le sais, il m’en avait parlé. Et puis, je le connaissais tellement que je n’avais pas besoin qu’il mette des mots sur ses sentiments. J’étais heureuse pour lui, mais inquiète en même temps. Je savais que le mariage était arrangé et je songeais à cette fille, forcée d’épouser un homme qu’elle connaissait à peine. J’avais toujours refusé de me soumettre à un tel arrangement et j’étais certaine que si j’avais été dans ce cas, j’aurais détesté mon mari. Mais je ne voulais pas qu’elle déteste Cameron. D’ailleurs, j’avais du mal à comprendre comment elle aurait pu. Il était la gentillesse et la douceur incarnée. Un ange, presque. Mon petit ange. Alors, oui, Cameron l’avait certainement aimé dès le premier jour. Mais pas elle. Et il avait cherché du réconfort, là où il avait pu. Ce n’était peut-être pas de la meilleure manière, mais il avait eu besoin d’être rassuré sur lui-même. On ne pouvait pas le blâmer pour cela. Elle pouvait le blâmer d’avoir, pendant un court instant, envisagé de faire l’amour à une autre personne. Mais pas de s’être senti seul. Je laisse Cameron s’expliquer d’une voix douce à Adrastée, son épouse, la femme qu’il aime. J’ai l’impression d’être de trop. Ces moments d’intimité ne me regardent pas. Ils ont besoin d’être seuls, de se retrouver pour mieux se pardonner. Je soupire. Milan me manque déjà énormément. Je me demande où il est, à cet instant. Ce qu’il fait. Mais je suis heureuse qu’il ne soit pas là, avec nous. Il aurait certainement songé à frapper Cameron, et je ne voulais pas que les choses dégénèrent de cette façon. Personne ne méritait d’être blessé. Même pas nous, les deux coupables. Je lève les yeux vers Cameron et je souris légèrement. J’ai toujours rêvé de le voir heureux, vraiment heureux. Et je comprends qu’il le sera avec Adrastée. Cela me soulage. Au moins, je sais que même loin de moi, il se portera bien. Adrastée me sort de mes pensées. « Tu ne sais rien de moi, Natalee, rien ! Tu n'aurais pas arrêté ton geste même si tu avais su que nous nous aimions. Et tu as le bon rôle, n'est-ce pas ? La bonne parole. Mais si tu avais aimé Milan aussi fort que tu le prétends, tu n'aurais pas cherché à te venger. Tu n'aurais pas été la première à vouloir t'éloigner. » Je serre les poings. J’explose. « Vous ne comprenez rien. Je n’ai jamais cherché à me venger de qui que ce soit. Vous croyez quoi ? Que je suis allée chez mon meilleur ami dans le seul but de briser mon amitié et son mariage ? Que je suis tellement égoïste que je ne pense qu’à moi et que les circonstances de mes actes m’importent peu ? La réalité, c’est qu’aucun de vous ne me connait et vous n’avez aucun droit de me juger. C’est facile, vraiment facile de le faire, mais je suis de loin la seule responsable. Alors, arrêtez, fermez-la et partez. Loin, loin. Vous n’avez pas besoin de moi, je n’ai pas besoin de vous. Et puis, je t’en prie, Adrastée, ne juge pas l’amour que je porte à Milan. Tu ne pourrais pas comprendre. » Je tremble légèrement, de colère comme de honte. De tristesse comme de haine. Puis, je me radoucis. « Sais-tu au moins pourquoi je me suis éloignée ? Ce n’est certainement pas par envie. J’avais simplement l’impression que si je m’éloignais, il m’oublierait, et il serait ainsi plus fort face à l’arène. Sans avoir à penser à moi, il se battrait mieux. Ne me juge pas pour ça. Tu ne peux pas comprendre combien je l’aime. Ce que je pourrais faire pour lui. Tu ne peux pas… »

Au tour de Cameron de m’attaquer. Je croise son regard, reconnaît à peine mon meilleur ami. La personne si fragile qu’il avait été a disparu. La personne que j’avais, un jour, sauvée n’existe plus. Par ma faute ? Peut-être. Pas totalement. « Bien sûr que non, je n’ai jamais songé une seconde que tu souffrirais. Je suis tellement égoïste et manipulatrice. D’ailleurs, toute ma vie, je me suis servie de toi. Jamais, pas une seule seconde, je ne t’ai aimé. C’est ce que tu veux entendre, pas vrai ? » Je me montre ironique, peut-être pour me protéger. Contre lui. Ne pas lui montrer mes faiblesses. « Tu n’avais pas besoin de rajouter cette histoire. » J’arque un sourcil. « Tu » . Toujours cette accusation. Comme si j’étais la seule dans cette histoire. La seule à l’avoir embrassé. Mais bon dieu, jamais, jamais je ne l’ai forcé. Je ne l’ai pas supplié de poser ses mains sur mon corps froid. Je ne lui ai pas demandé de m’emmener dans sa chambre maritale. Mais je ne dis rien, m’enfonce dans un silence froid. Je ne veux plus lui parler. Je voudrais partir. Le soleil commence à chauffer sur mon corps, et je sens que les nausées pourraient ne pas tarder à revenir. Mais ce n’est pas le moment. Je pose ma main sur mon front, brûlant. Les yeux mi-clos, je regarde Cameron s’approcher d’Adrastée. « C’est toi » lui murmure t-il. Encore une fois, je me sens de trop mais cette fois, je reste à les contempler, en espérant qu’enfin, elle lui accorde son pardon. Ne comprends-t-elle pas la force de son amour ? Je meurs d’envie de lui souligner qu’il est grand temps de pardonner. Mais je ne me mêle pas de leur conversation. Je risquerais encore de me faire incendier. Non merci.
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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Mer 6 Juin - 21:33

Je regrettais déjà mes propos à l'égard de Cameron. Surtout que nous nous étions expliqués la veille. Mais sans doute cette histoire était-elle trop récente. Peut-être était-ce trop difficile encore pour moi de pardonner. Mais il le fallait. Et j'avais organisé cette réunion pour cela également. Leur parler une bonne fois pour toutes et passer à autre chose. Avancer. Continuer. Pas comme si rien de tout cela n'avait eu lieu, non mais comme si nous étions trois adultes près à aller de l'avant. Et j'étais persuadée que nous le pouvions. Toutefois, je m'étais montrée bien cruelle quelques secondes plus tôt. Cameron avait du mal à digérer mes mots et je pouvais lire la colère dans ses yeux. Mais il savait malgré tout se contrôler. « On choisit lorsque l'on a un choix à faire, Adrastée ». Certes. La vie était ainsi. Parsemée d'embuches et nous étions tous obligés de choisir un chemin. Toujours. « Tu es revenue, oui. Mais tout le temps où tu m'as laissé, elle était là ». Je déglutis. Je méritais tout ça. Je ne pouvais le blâmer. Et je ne pouvais que remercier Natalee pour tout ce qu'elle avait fait en mon absence. Mais quand même ; il était assez douloureux d'entendre de telles révélations. Parce que j'aurais aimé que notre histoire se déroule autrement. J'aurais souhaité être cette fille moins bornée, plus attachée. Mais la vérité était toute autre. « Pourquoi ne suis-je pas parti, à ton avis ? ». Je me l'étais toujours demandée. Il était resté, jour après jour. Il n'avait pas bougé. « Ce n'est pas par pure clémence ! C'est parce que mon choix est fait depuis notre première minute ensemble [ … ] ». Je baissai la tête. J'aurais dû le savoir. J'aurais pu le comprendre. Mais j'avais été aveugle. Je ne le rejetais pas intentionnellement mais le résultat était le même. Cameron avait souffert pendant tout ce temps. Et lorsque sa meilleure amie était venue frapper à notre porte et lui avait ouvert son coeur, il avait sauté sur l'occasion. Persuadé que personne d'autre ne pouvait lui donner tant d'amour. Et pourtant. Après une courte pause, Cameron repris. « La réalité, c'est que c'est toi que je veux ! C'est toi que je veux depuis le début ! ». Je soupirai, sentant les larmes me piquer les yeux. Oh non. Ce n'était pas le moment. Je refusais de me laisser aller ici. Je ne voulais pas que Natalee prenne part à cet instant qui nous appartenait. Premièrement parce qu'elle ne le méritait pas. Ensuite, parce qu'elle venait de perdre l'homme qu'elle aimait et que je ne voulais pas lui imposer une telle chose. J'avais beau ne pas l'apprécier ces derniers temps, ce n'était pas une raison pour me montrer violente envers elle. Je ne voulais pas la narguer. Lui cracher mon bonheur au visage. Je tournai à nouveau mon visage vers Cameron afin de l'écouter. « Je refuses que tu me juges sur cette unique faiblesse que j'ai eue pour quelqu'un qui me désirait, l'espace d'une seconde ». Facile à dire. Pardonné ou non, je ne pouvais pas faire comme si rien n'était arrivé. Je ne pouvais pas modifier mon jugement du jour au lendemain. Pas alors que je vivais cela très mal. Pas alors que je me sentais trahie. « J'ai passé dix années de ma vie avec Natalee. Ces quelques minutes sont impardonnables, je le sais, mais elles sont compréhensibles ». Le coup de grâce. Compréhensibles … Parce que j'avais été absente trop longtemps. Parce que j'avais été idiote. Comme si je ne le savais pas déjà.

Je n'avais pas envie de parler. Pas envie d'écouter. Alors je les regardai s'expliquer. Les explications n'étaient pas faciles et même si Cameron ne perdait pas son sang froid, je le sentais à deux doigts de perdre la raison. Qu'avais-je fait ? Etait-ce une bonne idée ? N'allais-je pas regretter par la suite ? Non. Ce n'était pas le moment de perdre pied. Parler était toujours la meilleure des solutions. Au moins, tout était dit. A nous de l'interpréter ensuite. Je les écoutais sans comprendre. Je n'en avais pas les moyens. Je me sentais vide. Mon corps tremblait. Mais peu importait. J'avais le droit à mes faiblesses aussi. Cameron tourna la tête vers moi dès son tour passé. Il parcourut les quelques mètres qui nous séparaient et s'accroupit à mes côtés. Il saisit mes mains. L'incompréhension totale. Que faisait-il ? Puis, il murmura après avoir replacé une mèche de cheveux derrière mon oreille : « C'est toi, Adrastée ». Un sourire confus et gêné se dessina sur mes lèvres. Je caressai le visage du jeune homme et me tournai vers Natalee. Il était temps de l'affronter à nouveau. Elle avait été dure avec moi et moi avec elle. Je ne voulais pas que cela continue. D'ailleurs, je fus surprise qu'elle le prenne de cette manière. Aussi bien, si nous pouvons dire les choses ainsi. « Vous ne comprenez rien. Je n'ai jamais cherché à me venger de qui que ce soit. Vous croyez quoi ? Que je suis allée chez mon meilleur ami dans le seul but de briser mon amitié et son mariage ? ». J'étais certaine qu'elle disait la vérité. Malgré tout, elle avait tout balayé d'un geste de la main au moment où elle avait embrassé Cameron. Elle avait oublié leur amitié, son mariage, son petit-ami. Tout. « Que je suis tellement égoïste que je ne pense qu'à moi et que les circonstances de mes actes m'importent peu ? ». Peut-être. Je ne savais que répondre. Elle n'avait jamais cherché à se faire pardonner. Elle n'avait pas voulu parler à Cameron. Alors si la situation la dérangeait, elle cachait très bien son jeu. Jusque là, elle semblait à des kilomètres de cette histoire. « La réalité, c'est qu'aucun de vous ne me connait et vous n'avez aucun droit de me juger. C'est facile, vraiment facile de le faire, mais je suis de loin la seule responsable ». Je ne voulais pas qu'elle se prétende coupable. Ce n'est pas ce que j'attendais de cette confrontation. Je soupirai. [ … ] « Et puis, je t'en prie, Adrastée, ne juge pas l'amour que je porte à Milan. Tu ne pourrais pas comprendre ». J'arquai un sourcil. Etait-ce une plaisanterie ? Natalee se permettait de me juger et je n'avais pas le droit d'en faire de même ? Je ne pouvais pas comprendre ? Vraiment ? Mais son ton se radoucit. Elle m'expliqua la situation plus calmement. Lorsqu'elle termina, je pris la parole à mon tour. Ma voix semblait plus calme & plus posée désormais.

ADRASTÉE : Lorsque les choses sont expliquées de cette façon, nous évitons les interprétations, n'est-ce pas ? Sache que je ne voulais pas te juger. Je sais que tu aimes Milan et que c'est très difficile pour toi maintenant. Mais pour moi aussi. Hier, j'ai non seulement perdu mon meilleur ami mais également mon mari. La révélation a été très dure à encaisser. Je sais que tout rentrera dans l'ordre rapidement mais lorsque je t'entends me dire que tout est de ma faute car si je l'avais aimé ne serait-ce qu'un peu, rien de tout cela ne serait arrivé, c'en est trop. Tu ne peux pas me juger et me demander de ne pas en faire autant la seconde qui suit.

Les choses sont clarifiées, je peux maintenant me taire et attendre mon tour. Je comprends la gène de Natalee car depuis le début, elle est celle qui est la plus incendiée. Je m'en veux un peu de lui en faire subir autant alors qu'elle a perdu un être cher hier mais il le fallait. Pour nous trois.

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MessageSujet: Re: Sometimes, it hurts instead. ▬ ADRASTEE & CAMERON.   Jeu 14 Juin - 21:29

« J’ai non seulement perdu mon meilleur ami mais également mon mari ». Perdu. Elle l’avait donc perdu. Voyait-elle seulement qu’il n’avait pas bougé, qu’il était toujours là ? Tout était différent, oui, mais sa trahison ne datait pas d’hier. Pour lui, il s’agissait déjà d’une vieille histoire. Pas pour Adrastée, c’était évident. Ce qui comptait, c’est qu’elle l’avait appris la veille. Et c’était comme s’il venait tout juste de la tromper. Cameron lâcha les mains de sa femme. Pourquoi continuer de les tenir, pourquoi être agenouillé à ses côtés, si elle pensait de telles choses ? Elle avait caressé sa joue, certes, et montré qu’elle ne serait pas éternellement en colère, d’une certaine façon… Pourtant, il souffrait à cet instant. Elle ne lui pardonnerait jamais vraiment. Il devrait toujours se racheter. Avant même d’avoir véritablement débuté, leur histoire était condamnée par leur manque d’indulgence. Ce n’était vraiment pas grave, au fond. Ils s’étaient embrassés. Et si l’on calculait le pourcentage d’honnêteté contenu dans ces baisers, il était persuadé que l’on ne monterait pas bien haut. Mais elle ne voulait pas les croire. Le pouvait-elle seulement ? Elle avait développé des sentiments pour lui, et à cause de cela, il s’en voulait terriblement. Il l’avait trahie alors qu’elle commençait à croire en eux. En leur couple. Cette histoire qui n’était pas censée perdurer semblait plus profonde qu’ils ne le pensaient. La veille, il lui avait dit qu’il l’aimait. Et il le pensait. Adrastée était si importante à ses yeux. Pour autant, aurait-elle supporté de savoir qu’il l’avait déjà dit à Natalee, auparavant ? Qu’il était à elle depuis des années avant d’appartenir à une autre ? Adrastée aurait-elle alors cherché à comprendre Natalee comme elle semblait le faire ? Et si elles parlaient toutes les deux de Milan, Cameron était certain qu’au fond, il s’agissait d’un moyen comme un autre de détourner l’attention de la douloureuse vérité : son amie avait raison lorsqu’elle disait qu’ils auraient dû finir ensemble. C’était simplement ça. Il aurait très bien pu vivre avec elle, juste avec elle, jusqu’à la fin de ses jours. Et d’ailleurs, maintenant que son tendre amour d’Adamson était parti à l’abattoir, ils pouvaient être ensemble. Ils en avaient la possibilité. Bien sûr, en admettant que Natalee le veuille ; mais Cameron savait qu’avec un ultimatum, il pouvait l’avoir. Rien que pour lui. Seulement, quelque chose l’en empêchait. Il ne pouvait pas partir vers elle. Pas maintenant. Ses yeux se posèrent de nouveau sur Adrastée. Si elle ne voyait pas qu’il l’aimait, elle était aveugle. Autrement, comment pourrait-elle ne pas déduire que, s’il ne partait pas avec Natalee, c’était parce qu’il avait quelqu’un d’autre dans sa vie ? C’était elle. Et il n’y avait pas de doute possible.

Et puis, il était fatigué de les voir discuter de tout cela. Était-ce vraiment utile ? Milan, Cameron, quelle importance ? À cet instant, il donnerait tout pour être en mission quelque part en forêt. Certes, il pourrait mourir, mais rien n’était pire que cet instant précis. Affronter deux personnes que l’on aime et qui, de toute évidence, se détestent. Il n’avait rien connu de plus tiraillant. Il ne pouvait décidément pas choisir de tourner les talons, mais il aurait pu leur dire qu’il ne voulait pas, qu’il ne voulait plus choisir entre elles. Il finissait par penser qu’il aurait été plus facile de partir et de laisser les deux jeunes femmes. Malheureusement, il savait pertinemment qu’il ne pourrait pas vivre sans Adrastée, et que s’il la quittait, il prendrait tous les risques pour quitter ce monde le plus rapidement possible. Comme quoi, le destin était parfois cruel ; il lui avait amené ce qu’il souhaitait le plus, en lui prenant celle qui lui était la plus chère. Soit. Mais désormais, il refuserait qu’on le prive des gens qu’il aimait. Après Natalee, il ne pourrait supporter une nouvelle séparation.
Il tourna la tête vers son ancienne amie. Sa peau brillait légèrement au soleil. Elle avait l’air d’avoir très chaud. Il la vit porter une main à son front, puis vaciller légèrement.

- Natalee ?

Même s’il ne le voulait pas, son ton dissimulait très mal son inquiétude. À bien y réfléchir, il ne l’avait jamais vue aussi pâle. Peut-être était-ce à cause de la nomination de Milan comme tribut ? Ou alors était-elle simplement fatiguée ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Elle n’avait jamais été dans cet état-là, pas face à lui, pas même lorsque Milan et elle n’étaient plus ensemble et qu’elle se sentait affreusement mal. Là, il s’agissait de toute évidence d’une douleur physique. Elle était malade. S’en moquait-il vraiment, désormais ? Son pouls s’accéléra et il l’appela plus fort, alors que ses yeux continuaient à se fermer. Il accourut à ses côtés et lui soutint le dos… presque à la dernière minute. Elle tomba inconsciente.

- Natalee !

Sa main tremblante glissa sur le front de la jeune femme : elle était brûlante. Il l’allongea sur les dalles fraîches. Une idée peut-être stupide, mais la panique ne lui permettait pas de penser normalement. À cet instant, Adrastée n’existait plus. Seule présente : sa Natalee, qui gisait désormais sur les marches de l’épicerie. Cameron était penché au-dessus d’elle, guettant le moindre signe d’éveil. Sa main tapotait doucement sa joue si blême. Et puis, sans s’en rendre compte, il se mit à lui parler, sans parvenir à dissimuler sa voix tremblante.

- Natalee… Ouvre les yeux…

À cette sommation, ses paupières se rouvrirent sur ses iris gris. Cameron déglutit, puis souffla doucement. Pouvait-il réellement rester éloigné d’elle ? Il avait le sentiment, de plus en plus, que ça lui était impossible. Il l’aimait. Il avait peur pour elle, surtout lorsqu’il n’était pas là pour la protéger. Sans Milan, s’en sortirait-elle vraiment ? Sans doute, car elle était forte. Au début, du moins. Et puis, elle dépérirait. Il ne pouvait pas laisser faire ça. Pas alors qu’elle venait de s’évanouir dans ses bras. Alors qu’elle plongeait son regard dans le sien, un léger sourire éclaira le visage du jeune homme. Elle était de nouveau consciente, là, avec eux. Elle ne partirait pas. Et il se sentait bien pour la première fois depuis qu’ils avaient failli faire l’amour dans sa chambre maritale.

- Ça va aller.

Il avait eu tellement peur que son rythme cardiaque devait être audible à plusieurs mètres. Doucement, essuya la sueur qui perlait sur les tempes de son amie. Et lorsqu’elle murmura « Je suis enceinte » pour toute réponse à ce geste amical, le premier depuis si longtemps, sa joie disparut presque instantanément. Son sourire s’effaça, sa mâchoire se crispa. Il voulait lui dire qu’elle se moquait de lui. Que ça devait être une mauvaise blague. Qu’elle ne pouvait décemment pas porter en elle le rejeton d’Adamson. Mais à la place de ça, il ne dit rien. Il laissa juste s’installer le silence, qui n’avait jamais été aussi pesant.
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