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 Let it be ▬ Léandre

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MessageSujet: Let it be ▬ Léandre   Mar 22 Mai - 2:13




" All I gon' get is gone with your step ,,


Allongé, le dos contre le matelas, la pénombre pénètre à l'intérieur de mes rétines. Mes iris embuées, privées de lumière, contemplent le néant. Le décor n'est qu'une immense tâche sombre. Il m'entoure. M'encercle. M'oppresse. Mes phalanges jouent avec le collier de Natalee. Le métal froid roule sur ma peau moite. Ce bijou, ce symbole, devient mon seul contact avec la réalité. La macabre vérité. Lève le voile sur mon futur incertain. Sur ma mort prochaine. Loin de ma poupée blonde, je perd pieds. La motivation, l'envie de me battre, ce désir de revenir vainqueur m'a déjà quitté. Il était trop faible pour durer bien longtemps. Encore plus infime que mes chances de gagner. Plus médiocre. Plus ridicule. Cette sensation éphémère n'existait qu'à travers Natalee. A travers son amour. Sa présence. Mais elle n'est plus auprès de moi désormais. Elle ne le sera sans doute plus jamais. Sa voix douce et rassurante n'apaisera plus mon palpitant affolé. Son sourire n'éclipsera plus la noirceur de mon quotidien. Nos mains ne se retrouveront plus. Nos doigts ne s'entremêleront plus. Ses lèvres ne caresseront plus les miennes. La chaleur de son corps ne réchauffera plus ma silhouette d'adolescent. Son absence me vole toutes mes espérances. Extirpe de mon esprit troublé toute vitalité. Installe le vide autour de moi. En imprègne mon cœur. Toute cette histoire de bébé n'arrange rien. Je ne lui ai toujours pardonné pour Cameron. Je n'en ai pas la force. Si je reviens, j'ignore comment gérer tout ça. Comment pourrais-je élever un enfant en ayant vécu toutes les atrocités de l'arène. Alors que elle, se sera certainement fait consoler par ce con de rebelle. Notre bébé ferait mieux de ne pas m'avoir. Je ferai un mauvais père, rongé par la haine, détruit par la peine.

Je tourne la tête. Mes oreilles n'entendent pas la respiration de ma sœur. Son souffle ne me berce pas. Son maigre corps ne s'agite pas, bouleversé par un cauchemar. Mes phalanges ne caressent pas son crâne d'enfant. Mon être n'est pas tranquille de savoir mon petit trésor en vie. A mes côtés. Et pour cause, elle n'est pas là. Ma petite sœur est à des kilomètres de moi. Seule, dans son lit qu'elle avait l'habitude de me faire partager. Je prie pour qu'elle soit déjà endormie. Qu'elle n'ait pas eu trop de mal à se laisser aller dans les bras de Morphée. Qu'elle n'a pas trop pleuré. Pour une fois, j'aimerai que son innocence et sa naïveté prennent le dessus. La protègent. Ne lui fasse pas réaliser que l'absence de son frère risque de s'éterniser encore très longtemps. Notre père a certainement su trouver les mots pour la rassurer. Et il trouvera les paroles justes pour la réconforter quand ils assisteront, impuissant, à ma mort. Il lui dira certainement que j'ai rejoins maman. Que je suis partie vivre une autre vie avec elle. Une plus heureuse. Plus tranquille. Que je ne risque plus rien désormais.

Je me redresse. Le sommeil ne m'atteindra jamais si mon esprit ne se calme pas. Mes pas me guident jusqu'à l'extérieur de ma chambre. Heureusement, le reste du train n'est pas plongé dans la même pénombre que ma chambre. Les couloirs sont faiblement éclairer par de petites lumières. Le reflet blanchâtre de la lune inonde mes prunelles encore humides.

Arrivé à destination, j'hésite un instant. Ce que je m'apprête à faire est certainement indécent. Inapproprié. Abusif. Pourtant, j'en ai besoin. Vraiment. Tout mon être la réclame. La dernière source d'apaisement qui me reste. La stabilité rassurante d'autrefois. Je toque doucement contre la porte métallique. Ma paume s'écrase sur la clenche. Je pénètre timidement dans la pièce. « Léandre … » Je ne pourrais jamais oublié ce que nous avions vécu. Ce que j'ai pu ressentir pour elle. Je ne cherche plus cette confusion. Cet amour naissant. Même si je ne suis pas encore certain d'avoir dépassé tout ça. J'ai juste besoin d'elle. De cette sensation de sécurité. A laquelle je m'étais accroché. De toutes mes forces. Qui m'a fait vivre malgré la souffrance que me faisait subir mon quotidien. « Je ne peux pas dormir tout seul … » Je me sens débile, crétin, gamin de lui confier une telle chose. De lui dévoiler ma faiblesse. J'ai toujours étais honnête avec elle. J'imagine que certaines habitudes ne nous quitte jamais réellement.

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MessageSujet: Re: Let it be ▬ Léandre   Mer 23 Mai - 22:34

« Je t'aime Anna ... » Ses mains ont encerclé mon visage et ses lèvres se sont collés sur les miennes. Mes yeux se sont fermés et mes bras sont venus encercler sa maigre taille. J'ai prolongé ce baiser. J'en avais tellement besoin. Et pourtant, je savais que ce serait le premier et le dernier que je partagerais avec lui. « Ne lâche rien, n'abandonne pas, ne laisse pas tomber mon père ... Il aura besoin de toi ... » La porte s'est ouverte à la volée. Le pacificateur m'annonçait que c'était la fin, qu'il fallait que je le laisse partir. J'allais face à mon destin. J'allais mourir, c'était inévitable. J'ai attrapé ses lèvres à nouveau, c'était la dernière fois, je le jurais. Des perles salées roulaient le long de mes joues pâles. J'ai collé mon front au sien et mes lèvres se sont pincées. Sur la pointe des pieds, je ne voulais pas le quitter. « Promis ... » a-t-il soufflé avant de se reculer, de poser un rapide baiser sur mon front et de tourner les talons. « Raph' ... Je t'aime ... » Et la porte s'est refermée alors que je le voyais se retourner, l'envie de courir vers moi le brûlant de tous ses membres. Mes jambes ont lâché et je me suis écroulée au sol, un torrent de larmes dévalant mes joues.

Je me suis réveillée en sursaut et en sueur. La scène se déroulait en boucle dans ma tête. Je n'arrivais pas à retirer ce déchirement de mon esprit. Le doux ballotement du train n'arrangeait pas la situation. Depuis notre départ du district neuf, je n'arrive pas à trouver le sommeil. Enfin si, mais à chaque fois c'est la même chose. A dire vrai, je sais d'où vient ce sommeil agité. Je n'ai jamais dormi seule depuis que je vis chez Raphaël. Je n'arrive pas à dormir quand je suis toute seule. Rejoindre Milan ? Même pas en rêve. Après la visite surprise de Natalee et les remords que j'éprouve en ce qui concerne ce qui s'est passé, je ne pourrais pas me regarder en face après ça. Et puis, nous n'avons pas échangé un seul mot depuis que nous avons été sélectionné alors ce serait vraiment trop bizarre. Je ne suis pas certaine qu'il ait très envie de me voir de toute façon alors autant oublier l'idée. Je me suis redressée et j'ai ramené mes jambes à ma poitrine, les entourant de mes bras et posant ma tête dessus. Une fois de plus, je ne dormirais pas cette nuit.

J'ignore combien de temps s'est écoulé. Tout ce que je sais, c'est que la fatigue était pesante et que je n'arrivais cependant pas à trouver le sommeil. Et puis j'ai entendu que l'on frappait à la porte. J'ai fais la sourde oreille. Je ne voulais pas que l'on me voit dans cet état. Malheureusement, cela n'a pas dérangé mon élément perturbateur. « Léandre … » Je reconnaitrais cette voix entre mille. J'ai relevé la tête et j'ai pu voir sa silhouette. Milan. Que venait-il faire ici ? Des excuses ? Une envie de parler comme au bon vieux temps ? Je ne comprenais pas la raison de sa présence ici. Je ne voulais pas qu'il me voit comme ça. Je voulais qu'il me laisse à mon triste sort. « Je ne peux pas dormir tout seul … » Un léger sourire en coin s'est affiché sur mon visage. Je n'étais pas heureuse de sa condition, non, loin de là. Je constatais simplement l'étendu de notre lien. J'étais dans la même situation que lui après tout. Et puis, cette façon qu'il avait de ne pas tourner autour du pot, d'être sincère quoi qu'il arrive, peu importe la situation. J'ai poussé un léger soupir avant d'allumer la lumière. J'ai plissé les yeux. Je n'étais pas à mon avantage, je le reconnais. Les cheveux légèrement ébouriffés, les yeux bouffis par les larmes et la mine effroyable. J'étais pathétique, pitoyable à voir. Je me suis décalée, m'asseyant en tailleur sur le bord du lit. D'un geste frêle et léger, je lui ai intimé de venir me rejoindre. « Ouai ben comme ça on est deux ... » ai-je soupiré. La seule personne à laquelle j'avais pensé depuis notre départ était Raphaël. Et maintenant, tout était différent. Mon élément perturbateur avait refait surface. J'avais réussi à l'enfermer dans un coin de ma tête et maintenant, il m'explosait en pleine figure. Peut-être était-ce ce dont j'avais besoin après tout. Nous étions tous les deux embarqués dans cette galère alors autant ne pas faire la tête et laisser les choses se dérouler, tout simplement. « Désolée pour la mine affreuse ... » Un petit rire nerveux s'échappa entre mes lèvres. J'ai baissé la tête. Regarder mes mains. C'était tout ce que je savais faire en sa présence. Son visage me rappelait tellement de choses que j'avais tenté d'oublier. Ce n'était pas un souvenir désagréable, non, loin de là. C'est juste que c'était douloureux de se rappeler tout ça.

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MessageSujet: Re: Let it be ▬ Léandre   Mer 13 Juin - 14:48


Elle m'invite à la rejoindre. Soulagé de ne pas me faire rejeter, je m'approche doucement. M'installe au bord du lit. À ses côtés. « Ouais ben comme ça on est deux ... » Je me doute. Après tout, on est embarqué dans la même galère. Si ce n'est pas facile pour moi, ça ne l'est pas pour elle non plus. Je m'en veux instant d'avoir pensé l'a laissé seule face à ça. Perdue, coincée dans ce merdier dans lequel je me trouve aussi. D'avoir voulu me servir d'elle. D'avoir désiré sa mort. Mais elle vivante, elle reste un obstacle. Elle m'éloigne de Natalee. De ma sœur. De mon enfant. J'ai promis d'essayer de revenir. Ma poupée blonde et mon petit ange ont besoin de moi. Je veux pouvoir enterrer mon père. Apaiser sa douleur. Je ne souhaite pas que ma petite famille déjà fragilisée assiste à la mort de celui qui les faisait vivre. Ils ont déjà trop perdu. Trop souffert. Avec l'argent qu'engendrerait ma victoire, je pourrais leur apporter le confort et la sécurité que je n'ai jamais pu leur offrir jusque là. Pour y parvenir, Léandre doit y passer. Je ne serai sans doute pas celui qui la tuera. J'en suis incapable. Mais je sais aussi que je ne serai pas celui qui la sauvera. Je l'ai promis à Natalee. Je ne peux pas la trahir. Pas après ce que je lui ai déjà fais subir. « Désolée pour la mine affreuse ... »  Son rire glisse dans mes oreilles. Me fait revenir au moment présent. M'écarte un instant de l'avenir sombre qui plane au dessus de nous. Ce son narquois résonne lentement dans mon crâne d'enfant. Brouille mon esprit. Dérègle mon cœur fissuré. « Tu n'es pas ''affreuse''. » Loin de là. Son minois rose adoucira toujours le paysage. A mes yeux. Je me rend compte qu'il sera difficile de ne pas faire paraître ma peine si elle advenait à mourir avant moi. Malgré tout ce qui a pu se passer, je m'étais accroché à elle. Et je pense que je ne suis pas toujours parvenu à m'en défaire. Elle imprègne mon cœur. A sa façon. « Quand on sera là-bas … est-ce qu'on restera ensemble ? On traversera ça tous les deux … » On a certainement plus de chance de survivre à deux. Mais est-ce que c'est vraiment la bonne chose à faire ? « Je comprendrai si tu préfères rester seule, ou faire une alliance avec quelqu'un d'autre. » Je sais que si elle ne m'accompagnera pas dans l'arène, je serai livré à moi-même. Je ne ferai jamais confiances aux autres tributes. Avec la poupée brune, c'est différent. Même si au moins l'un de nous deux doit mourir, je sais que je peux avoir foi en elle. Mais j'aimerai éviter de devoir me retrouver coincé, obligé, contraint de la tuer. « J'ai peur de ce qu'on va devenir une fois lâché là-bas. Peur de changer … » Devenir un meurtrier ne m'enchante pas. Ça m'horripile. Me dégoute. Mais l'instinct de survie s'en mêlera. Et je deviendrai un assassin. Je commence à l'accepter. Ce qui m'angoisse, c'est de me perdre moi-même. De devenir un monstre. D'oublier qui je suis. Ce que j'ai vécu. Pour me concentrer uniquement sur la victoire. Sur mon retour auprès des miens. D'être bien loin du gamin suicidaire d'il y quelques temps. Auquel la vie lui importait peu. Qui aurait préféré mourir plutôt que d'arracher la vie d'un corps innocent.

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MessageSujet: Re: Let it be ▬ Léandre   Mer 20 Juin - 14:05

« Tu n'es pas ''affreuse''. » Un petit sourire en coin s'installe sur le bout de mes lèvres. Je joue avec mes mains, c'est tout ce que je suis capable de faire. Je refuse de le regarder, de faire face au passé, de retomber dans ce cercle vicieux qui avait déréglé mon coeur. Repenser au passer me fait mal et je ne veux pas revivre tout ça. Les moments que nous avions passés tous les deux étaient fabuleux et je ne veux pas les oublier, j'en serais juste incapable. Tout ce que je sais, c'est que je ne veux pas les revivre. J'ai Raphaël à présent. Il est mon tout et je me refuse à le trahir. Et puis, j'ai promis à Natalee de me tenir à l'écart et de le ramener à elle. Il était donc hors de question que je retombe dans le piège d'autrefois. « Quand on sera là-bas … est-ce qu'on restera ensemble ? On traversera ça tous les deux … » Je me suis figée. Je sais bien que l'on est embarqués dans la même galère tous les deux. Cependant, rester ensemble ne ferait qu'augmenter la tentation. J'ai peur de ce qui va se passer là-bas, j'ai peur de ce que l'on adviendra mais il est hors de question que je revienne et pas lui. Je me suis promise de le ramener, je l'ai promis à Natalee. Cependant, en m'éloignant de lui, je ne pourrais pas le protéger, à moins de faire ça de manière discrète, en cachette. Je suis rusée et discrète, mais je serais incapable de faire ça sans qu'il me voit. Quelque part, je ressens le besoin qu'il sache que je veille sur lui, que rien ni personne ne l'atteindra tant que je serais en vie. « Je ... » Je n'ai pas trouvé ce que je pourrais lui dire. Moi-même je ne savais pas ce que j'allais faire. Je savais juste que je le protègerais jusqu'au bout parce qu'il devait retourner au district neuf, il devait retrouver son petit ange et sa dulcinée. Il devait rentrer et pas moi. C'est peut-être égoïste mais c'est ce que j'éprouve. Je sais que la peine de Raphaël sera immense. Je sais que l'idée de ne plus jamais le revoir me donne la nausée mais je n'avais pas le choix. Il devait revenir et pas moi. « Je comprendrai si tu préfères rester seule, ou faire une alliance avec quelqu'un d'autre. » J'ai légèrement secoué la tête. Je ne savais pas si je me débrouillerai mieux seule, j'ignorais si faire une alliance avec quelqu'un me serait bénéfique. Tout ce que je sais, c'est que là-bas, tout sera différent et cela m'effraye. « La question n'est pas là Milan ... » soufflais-je d'une voix douce en me remettant à jouer avec mes mains, toujours sans oser le regarder. « Je ne sais pas ce qui se passera là-bas et, très franchement, je ne veux pas le savoir ... » continuais-je en poussant un soupire. J'avais la peur de ma courte vie. J'avais dix-huit ans et j'étais destinée à mourir dans l'arène alors pourquoi compliquer les choses en jouant stratégie. « J'ai peur de ce qu'on va devenir une fois lâché là-bas. Peur de changer … » Pour la première fois depuis son entrée dans la pièce, je lève les yeux vers son visage. Changer. Les Jeux nous changeront tous, c'est certains. Obligés de s'entretuer pour continuer à vivre. C'est du grand n'importe quoi. Pas impulsivité, je glisse ma main dans la sienne. « Tu ne changeras pas, pas toi. Tu te battras pour rentrer mais tu ne changeras pas. Le Milan que je connais ne changerait pour rien au monde ... » Ce ne serait pas mon cas. Je l'avait accepté après avoir posé mon pied dans le train. Je deviendrais une véritable bête sanguinaire pour le protéger, pour le sauver, pour le ramener à la maison. Je le savais, je m'étais fait une raison. Pas besoin de me faire un dessin. J'ai baissé les yeux et j'ai aperçu nos mains entrelacées. Rapidement et avec une délicatesse qui m'était propre, je l'ai retiré, me rendant compte que je retombais dans le passé, chose que je m'étais interdite.

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MessageSujet: Re: Let it be ▬ Léandre   Sam 14 Juil - 13:00


« La question n'est pas là Milan ... » Pourtant, si. Il s'agit bien de ça. De ce qu'elle souhaite. Ce qu'elle prévoit. Je m'en remet à sa décision. Je ne peux pas faire autrement. Je ne peux pas l'obliger à rester avec moi dans cette arène. Ni la forcer à rester seule. Ni à choisir pour elle un allié.  « Je ne sais pas ce qui se passera là-bas et, très franchement, je ne veux pas le savoir ... »  Moi non plus. Mais si on pouvait si on pouvait au moins s'y préparer .. Pour avoir le moins de mauvaises surprises. Pour limiter la casse. Pour éviter de se retrouver le plus possible perdu, paralysé, impuissant au milieu de tout ça. « J'ai peur de ce qu'on va devenir une fois lâché là-bas. Peur de changer … » Elle relève enfin ses mirettes. Mes prunelles reprennent contact avec les siennes. Il y a longtemps qu'elles n'ont pas eu le courage ou l'occasion de le faire. Pas avec une telle intensité. Une telle volonté de ne pas rompre ce lien. Un tel désir de prolonger ce moment. Sa main retrouve la mienne. Surpris, je ne me défile pas pour autant. Mes doigts entrelacent les siens. La chaleur de sa paume réussit à m'apaiser. Une nouvelle fois, je me sens pris au piège par la douceur de Léandre. Capturé par cette poupée brune. « Tu ne changeras pas, pas toi. Tu te battras pour rentrer mais tu ne changeras pas. Le Milan que je connais ne changerait pour rien au monde ... » Bien sûr que si. Je changerais. Pour pouvoir rentrer. Pour pouvoir retourner dans mon district. Chez moi. Auprès de ma petite famille. De ma meilleure amie. De Natalee. Le ventre rond, prête à accueillir notre enfant. Je suis obligé de changer. De renier certaines de mes valeurs. Je vais devoir tuer des innocents. Être encore plus égoïste que je ne l'ai jamais été. Participer aux jeux du Capitole. Accepter leurs règles. Les approuver même. Alors qu'à l'intérieur, ma colère se consume contre le gouvernement. Je n'ai jamais adhérer aux idées des rebelles. J'ai toujours considéré que c'était encore plus dangereux que les lois du Capitole. Là au moins, il n'y aura que quelques morts. Alors que si les opinions des rebelles prennent de l'ampleur, des milliers d'autres morts s'ajouteront à la liste.

Elle retire sa main de la mienne. Je ne la retiens pas. Je ne peux pas. La forcer. La faire replonger dans ce passé dont j'essaye encore moi-même de m'extirper. Je refuse de faire ça à Natalee. Même si elle ne sera sans doute jamais au courant de ce qui peut se passer ici. Je ne pourrais pas supporter qu'elle ait le moindre contact physique avec Cameron. Ou un autre homme. Alors pas question de principe et par amour pour ma poupée blonde, je laisse le geste réconfortant de Léandre s'éteindre. Avec regret et amertume. « Je changerai aussi. Même si je préférai éviter. Je crois que le gouvernement ne nous laisse pas le choix. » Il s'amuse avec nous. Avec tout Panem entier. Ils se fichent de détruire des familles. D'être le pire cauchemar des enfants. Des parents. « Des fois, je me demande s'il ne serait pas mieux de se laisser mourir. Tu sais, pour épargner des vies. Pour ne pas devenir des assassins. Pourquoi notre vie aurait plus de valeur que celles de nos adversaires ? Je sais bien que l'instinct de survie prendra le dessus de toute manière. Mais plus on reste longtemps dans cette arène, plus longtemps nos familles s'accrocheront à un maigre espoir. Ils tomberont de plus haut encore. Ils sont déjà assez détruits comme ça, je suppose que c'est inutile d'en rajouter. Et je serai incapable de revenir au district neuf en sachant que je t'ai perdu. Devoir faire face à ta famille alors que ça devrait être toi à ma place … » Je sais bien que ça ne risque pas d'arriver. Mes chances de victoire sont beaucoup trop faibles. Alors pourquoi ne pas simplement se laisser tuer tout de suite ? Dès l'entrée dans l'arène ? Se suicider même ?

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MessageSujet: Re: Let it be ▬ Léandre   Mer 25 Juil - 11:17

« Je changerai aussi. Même si je préférerai éviter. Je crois que le gouvernement ne nous laisse pas le choix. » Le gouvernement est une abomination de la vie. Comment était-ce possible de retomber dans la terreur d’antan ? Comment pouvait-on revenir en arrière avec tout ce que le peuple de Panem avait subit ? La rébellion et la grande Katniss n'avaient donc pas suffit à calmer les ardeurs ? Secrètement, j'espérais que les gens se révolteraient, qu'ils prendraient leur courage à deux mains et qu'ils viendraient nous sortir de là. Cependant, ce n'était pas vraiment comme ça que ça se passerait. J'en étais persuadée, nous allions finir par entrer dans l'arène sous le regard de nos proches impuissants et nous allons mourir toujours sous le regard de nos proches toujours aussi impuissants et maintenant déchirés. Bizarrement, je me demandais si mon père réagirait à ma mort. Cet homme qui était mon géniteur et qui n'avait jamais fait attention à moi parce que ma mère avait succombé pendant ma naissance. Je me demandais si ça lui ferait quelque chose de me voir jetée en pâture de cette manière. J'ai secoué légèrement la tête. « Le gouvernement ... » murmurais-je. Je pousse un soupire. « J'veux pas. » lâchais-je en secouant la tête. « J'ai pas envie d'être son jouet, j'veux pas y aller, j'veux pas savoir ce que seront les Jeux, j'veux pas y aller ... Pas ... » Je marque une pose, baisse la tête. « Pas avec toi ... » Je ferme les yeux, mes lèvres se pincent. Je ne veux pas être ici avec lui, c'est trop difficile à encaisser. Je ne veux pas qu'il pense que je ne veux pas de lui dans ma vie. C'est juste que j'aurais préféré qu'il reste à la maison, qu'il s'occupe de Natalee et qu'il continue à vivre sa vie, comme elle aurait dû l'être. La vérité, c'est que je ne veux pas le perdre, pas comme ça, pas là-bas. Si j'avais été sélectionnée et pas lui, je l'aurais perdu mais au moins, il aurait pu être entouré, il aurait pu m'oublier et ne pas regarder les Jeux. Il s'en serait foutu complètement. De mon côté, j'aurais pensé à Raphaël, je me serais débrouillée pour rentrer, pour lui et au final, j'aurais tout perdu parce que je ne pourrais jamais rentrer, pas avec des tributs aussi imperturbables que ceux que je devrais affronter. Je ne voulais pas le perdre, je ne voulais pas être ici avec lui, je ne voulais pas mourir en sachant qu'il serait dans le coin. J'ai pas envie de tout ça.

« Des fois, je me demande s'il ne serait pas mieux de se laisser mourir. Tu sais, pour épargner des vies. Pour ne pas devenir des assassins. Pourquoi notre vie aurait plus de valeur que celles de nos adversaires ? Je sais bien que l'instinct de survie prendra le dessus de toute manière. Mais plus on reste longtemps dans cette arène, plus longtemps nos familles s'accrocheront à un maigre espoir. Ils tomberont de plus haut encore. Ils sont déjà assez détruits comme ça, je suppose que c'est inutile d'en rajouter. Et je serai incapable de revenir au district neuf en sachant que je t'ai perdu. Devoir faire face à ta famille alors que ça devrait être toi à ma place … » Je refusais de penser à un suicide possible. Je ne voulais pas le voir mourir sous mes yeux. Je voulais mourir avant lui. Je ne devais pas rentrer au district, j'en avais fait la promesse. Je savais bien que Raphaël serait blessé mais je devais le faire. « Ne dis pas ça ... » J'ai relevé la tête, rouvert les yeux et une flamme d'espoir brillait sur mes pupilles. « Je ne rentrerais pas, j'pourrais pas ... Tu crois que ce sera facile pour moi d'affronter Natalee si je rentre ?! J'peux pas rentrer Milan ... » J'ai secoué la tête. Parler de Natalee, je n'aurais peut-être pas dû. Mais c'était ce qui m'était venu à l'esprit instinctivement. De toute façon et quoi qu'il arrive, je ne rentrerais pas, même s'il me le demandait. En revanche, je ferais tout pour le ramener. Et si j'échouais ? J'aurais au moins essayé.

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