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 It is time, my love • FT CAMERON.

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ADMIN - Burn out

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MessageSujet: It is time, my love • FT CAMERON.   Mar 31 Juil - 22:43

6 heures du matin. Le soleil venait tout juste de filtrer à travers nos rideaux. Mais mes yeux étaient déjà ouverts, mon envie de dormir & profiter de ma nuit partie au loin. Les évènements récents me stressaient. Je me sentais mal et cela se ressentait. Incapable de me concentrer au travail, à la maison, en amour, en un mot, partout. Pourtant, il était rare de me voir si étrange. Je ne me laissais jamais abattre, toujours prête à dépasser les limites pour montrer ce que je valais. Mais depuis quelques temps, tout était inversé. Une fâcheuse tendance à me sentir submergée, à ne plus savoir comment relever la tête afin de ne pas me noyer. Il me fallait un peu d'air. Il me fallait me trouver une occupation qui pourrait me permettre de me dépenser, de penser à autre chose qu'aux Jeux. Je redoutais le coup de canon qui annoncerait le début des Hunger Games. Je refusais de regarder mon meilleur ami mourir, sans avoir pu bouger le petit doigt. Mais de l'autre côté, je ne pouvais pas demander à mon mari de sacrifier sa vie pour tenter une action contre le Capitole. Tout semblait perdu d'avance. Le gouvernement était trop fort. Nous ne pouvions gagner ; pas cette fois. Ou alors, il nous fallait un miracle. Mais peu importait en cette minute. Je devais avant toute chose penser à moi. Je ne pouvais pas laisser la déprime m'emporter. Pas maintenant. Incapable de rester au lit plus longtemps, je me levai sans bruit. Cameron dormait encore. Il était nu, un drap recouvrant la moitié de son corps. Mes doigts frôlèrent son dos. Des cicatrices, des traces de ses activités périlleuses. Voilà pourquoi mon mari avait un sommeil de plomb. Il était épuisé par son rôle de chef rebelle. Il avait besoin de repos. Quelques heures au moins. Mes lèvres se posèrent une première fois sur son épaule droite. Il frissonna. Puis, j'embrassai sa joue. Un sourire illumina son visage et pourtant, il n'ouvrit pas les yeux. Je me devais lui laisser encore un moment. Il était si beau, lorsqu'il dormait. Je me dirigeai vers la porte de la chambre, que j'ouvris en silence. Besoin de prendre une bonne douche. Froide, par contre. Nous n'avions pas les moyens de nous laver à l'eau chaude tous les jours. Pas si facilement du moins. Mais tant pis ; tant mieux même. Après m'être habillée, je pris un petit déjeuner rapide dans la cuisine encore sombre. Puis, je saisis une feuille et un crayon.

« Mon amour,
Retrouve-moi dans la forêt pour midi. Je sais que tu seras réveillé à cette heure. Je serai vers les limites du district. A tout à l'heure. Je t'aime.
»

Quelques mots, pas plus. Mais il comprendrait mes intentions. Une envie de me retrouver avec lui, dans un lieu autre que le salon ou la chambre. Je débutai ma marche jusqu'au lieu de rendez-vous. Il faut dire que cet endroit avait son histoire. Je retrouvais souvent Milan aux limites du district. Nous aimions y parler, nous détendre, être seuls. Tout cela était terminé maintenant. Je mis une heure à atteindre l'endroit désiré. Besoin de me retrouver, de me ressourcer, avant l'arrivée de Cameron. J'avais le temps, qui plus est. Quelques exercices de chasse et de méditation plus tard, le soleil tapait. Il devait être midi. Je vis une silhouette à l'horizon, reconnaissant cette démarche entre mille. Celle de mon cher & tendre. Il arriva enfin à mes côtés, déposant un baiser sur mes lèvres. Je lui souris. Je ne savais par où commencer. Mais il me fallait aller droit au but.

ADRASTÉE : Tu dois me montrer la voie, m'apprendre à me battre.

Pas d'autre manière de dire les choses. Cameron arqua les sourcils, ne comprenant pas très bien mes propos. Pourtant, il n'y avait rien à comprendre. Je haussai les épaules. Je voulais apprendre à me battre, tout simplement. Je n'étais pas assez forte. Il le savait. Je ne ferai pas long feu, face au Capitole. Je m'approchai de Cameron, plaçant mes deux bras autour de son cou.

ADRASTÉE : Je sais ce que tu vas dire. Pourquoi me battre alors que je risque de ne jamais aller au combat ? Mais il le faut. Je ne peux plus rester à la maison sans rien faire. Alors je veux au moins quelques exercices en ta compagnie, histoire de maîtriser quelques techniques de combat. On ne sait jamais ce qui peut se passer après tout. Cela me sera peut-être très utile dans un futur proche.

Je ne savais pas si Cameron me comprenait. Il est vrai que nous n'avions jamais réellement parlé de cela. Et puis, même si je me disais rebelle, je ne faisais rien pour aider. Les choses devaient changer. Je devais être préparée. Il le savait.

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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Jeu 2 Aoû - 9:21

Quand Adrastée avait un jour insinué qu’elle voulait m’aider dans la Rébellion, j’avais refusé. Si j’acceptais, cela montrait mon approbation face à son implication dans cette guerre. Or, je voulais qu’elle soit en sécurité. Qu’elle ne risque rien. Et puis, j’y avais beaucoup réfléchi. Je pouvais bien sûr lui interdire de prendre les armes pour cette cause qui n’était pas vraiment sienne. Mais en cas de problème, je savais alors pertinemment qu’elle ne pourrait pas se défendre. Était-ce ce que je voulais ? La laisser impuissante face à l’ennemi ? Moi-même, parfois, je ne croyais pas que se battre était la solution. J’aurais opté pour une approche plus subtile. Se révolter pacifiquement, en coupant simplement les vivres au Capitole, et demander des négociations. Ça n’aurait pas été une prise de pouvoir ferme, mais c’était mieux que rien. Ma parole ne comptait malheureusement que trop peu. J’avais beau être à la tête de la Rébellion dans mon district, je n’étais pas la personnalité la plus importante à Panem, dans le mouvement révolutionnaire. D’autres voulaient couper les têtes. Que le sang coule. Que les gens meurent. Cette seule idée remettait en cause toute ma foi. J’avais un moment hésité à partir définitivement, simplement pour ne pas me rendre complice d’un meurtre de masse. Et puis, je m’étais dit que non. J’aurais le temps de partir après avoir sauvé Milan. Juste lui. Je le détestais, mais sa vie était celle que je voulais. Si je n’essayais pas de le faire revenir vivant, je ne pourrais plus jamais regarder ma femme de la même manière. Ni Natalee. Il s’agissait donc d’une tentative ultime pour rester un héros aux yeux de tous. Je n’en étais pas un. Je n’étais qu’un rebelle sans valeur, qui tentait de faire changer les choses. Quand bien même ; le titre de héros est subjectif. Si je pouvais être celui d’Adrastée, ça me suffisait.
Cette nuit-là, j’avais dormi d’un sommeil de plomb. La révolution m’épuisait totalement, mais je peinais souvent à dormir, malgré ma fatigue. J’avais peur, en permanence. Pour moi, pour elle. Pour ma petite sœur aussi. Et puis, quand l’épuisement était tel que je peinais à tenir sur mes jambes, je sombrais réellement. Je ne me réveillais que tard dans la matinée, mais c’était comme si je ne m’étais pas reposé du tout. La fatigue morale prenait définitivement le pas. Ce matin, je m’étais donc levé tard, mais je ressentais la même chose que si j’avais dormi trois ou quatre heures. Lorsque j’ouvris les yeux, Adrastée n’était pas là. Je m’inquiétai un instant, pour me calmer finalement. Il n’y avait aucune raison qu’il lui soit arrivé quelque chose, après tout. Son petit mot laissé à mon attention confirmait également mes pensées. Elle m’attendait à la limite du district ? Je grimaçai. Mes souvenirs là-bas n’étaient pas les meilleurs. J’avais failli y mourir, il n’y a pas si longtemps. Mais elle avait sans doute quelque chose d’important à me dire, autrement, elle ne m’attendrait pas à cet endroit précis. Je m’habillai rapidement et la rejoignis.

Lorsque j’arrivai sur le lieu de rendez-vous, elle était là. Tout en elle semblait normal, et j’en fus soulagé, mais elle avait tout de même l’air anxieux, comme si elle craignait ma réaction. Elle me sourit un peu, puis lâcha les paroles que j’attendais sans les espérer. Elle voulait apprendre à combattre. J’arquai les sourcils. Au fond de moi, j’avais toujours craint qu’elle veuille vraiment me rejoindre. Être rebelle. J’espérais qu’elle n’aurait jamais à se servir de ses poings ou d’armes ; mais je devais admettre que si d’aventure, elle avait besoin de se protéger, je préférais qu’elle puisse le faire seule, sans compter forcément sur moi. Après tout, je ne serai peut-être plus là. Elle avait raison, elle avait besoin de moi. Alors, je la formerais, je lui apprendrais à se battre, à tuer peut-être. Mon père me l’avait appris. Il n’était pas un rebelle belliqueux, plutôt du genre à se cacher et à se faufiler discrètement, mais il savait sans aucun doute manier des armes. D’abord, des rudimentaires. La lance – qui était devenu ma spécialité -, et les couteaux. Il m’avait appris à en fabriquer moi-même, avec ce que je pouvais trouver dans la nature. On ne savait jamais quand on aurait besoin de se défendre, et il fallait souvent improviser. Même une pierre pouvait constituer une arme redoutable en cas d’attaque inattendue. Et puis, bien sûr, il m’avait aussi appris à manier l’arc, et les armes à feu. Mais je n’étais pas vraiment doué pour ça, et je trouvais que la discrétion était tellement importante que je ne pouvais pas me permettre de tirer dans le tas et de rameuter tout le Capitole. Je me contentais donc de tout ce qui était silencieux. Je regardai Adrastée. Alors qu’elle m’exposait toutes les raisons pour lesquelles il était sage d’apprendre à se battre, je l’interrompis.

- D’accord. Tu as raison.

Elle eut presque l’air étonné, et je ne pus m’empêcher de rire un peu.

- Pour tout te dire, je me demandais si tu allais manifester ton envie d’apprendre à te battre. Depuis que je te connais, je suis persuadé que tu as une guerrière enfouie au fond de toi.

Je me tournai, me dégageant de son étreinte, et regardai autour de moi. Nous avions besoin de pratique, pas de théorie. Je n’allais pas lui parler des potentielles parades, lui faire des schémas pour qu’elle sache comment se positionner face à l’ennemi. J’allais l’affronter. C’était le seul moyen pour qu’elle sache réellement se défendre en peu de temps. J’attrapai une branche et la brisait. Elle était grande, et assez robuste. J’en enlevai les feuilles, et sortis ma dague de ma poche. Méthodiquement, j’en taillai le bout, de sorte à ce qu’il soit finalement pointu.

- Je me sers souvent de lances. Je vais te montrer comment parer les coups, avant tout. Après, tu pourras choisir ton arme. Mais la défense est la partie la plus importante. Il faut que tu sois vraiment concentrée sur l’arme, et sur la personne qui la tient. Si un seul détail t’échappe, tu peux te retrouver empalée.

Je souris en voyant son air déconfit à l’annonce de cette nouvelle.

- Je ne vais pas viser tes organes vitaux, Adrastée. Pas de panique.

Je me redressai et lui fis face. Je saisis ma lance des deux mains, et porta un premier coup vers son épaule gauche, qu’elle para d’un mouvement de l’avant-bras. Elle évita également la deuxième attaque sur sa cuisse. Mais elle ne vit pas mon dernier assaut, près de ses côtes. J’arrêtai la pointe à quelques centimètres de sa peau, et profitant de son étonnement, je la poussai contre un arbre, la lance bloquée en travers de sa poitrine. Elle tenta de se débattre, mais aucun mouvement n’était possible. Je souris.

- C’est bien. Tu as paré deux coups.
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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Dim 5 Aoû - 12:55

God knows what is hiding in this world of little consequence
Behind the tears, inside the lies
A thousand slowly dying sunsets
God knows what is hiding in those weak and drunken hearts
I guess the loneliness came knocking
No one needs to be alone, oh save me


La forte envie d'aller plus loin, d'en apprendre davantage de cette discipline encore inconnue. Maîtriser les coups, les combats et surtout les adversaires. Je savais que tout cela était essentiel. Je me devais de connaître cet art que mon mari semblait contrôler à merveille. Dans ce monde qui était désormais le nôtre, je n'avais malheureusement pas d'autre choix. Il me fallait être une guerrière. Je me devais de devenir forte et être ainsi capable d'encaisser les chocs. Combien d'épreuves m'attendaient encore ? De nombreuses, je le savais. Telle était la vie à Panem. Nous ne pouvions que nous contenter de vivre au jour le jour. Impossible de penser à un avenir lointain quand beaucoup étaient condamnés. Pourtant, nos grands-parents et parents avaient vécu un temps de paix. Quelques décennies. Mais notre pays avait changé, récemment. Et la guerre était à nouveau déclarée. Pauvres de nous. Forcés de laisser nos enfants chéris se tuer. Combien d'années encore allions-nous supporter cela ? La rébellion faisait rage pourtant mais le gouvernement avait pensé à tout. La victoire était pratiquement impossible. Impensable. Tristesse. Colère. Désespoir. Les habitants de Panem avaient perdu la foi ; moi aussi. Mais Cameron ne cessait de répéter que nous ne devions pas perdre espoir. Nous avions nos chances, nous pouvions encore espérer la liberté. Mon mari était la personne à qui je faisais le plus confiance. Alors je me devais de me battre. Une dernière fois. A ses côtés. Telle était la raison de notre rencontre en cette matinée. Je voulais avant tout qu'il m'enseigne ses techniques de combat mais également qu'il me montre comment reprendre le dessus. Je devais croire en moi, croire en nous, croire en Panem. Alors, lorsque le jeune homme prononça ses quelques mots : « D'accord. Tu as raison », mon coeur sembla reprendre un rythme normal. Il voulait également me voir combattre. Il ne trouvait pas cette demande idiote. Il rit et continua son discours. Ses paroles me dirent sourire.

ADRASTÉE : Une guerrière, vraiment ?

Il se dégagea de mon étreinte, scrutant les horizons. Il cherchait sans aucun doute à nous fabriquer des armes avec les bois. Je savais que parler ne servirait à rien de toute manière. Il me fallait pratiquer. Je me devais d'essayer. Je n'avais pas peur, oh non. Je savais que tel était mon avenir. J'avais vu juste, Cameron brisa une branche. Avec sa dague, il tailla le bout après avoir enlevé les feuilles. Il éleva à nouveau la voie. « Je me sers souvent de lances ». Telle était donc sa spécialité. Il préférait tirer de loin, avoir le dessus sur ses adversaires de cette manière. Soit. Mais moi ? Etait-ce mon arme de prédilection ? Pour le moment, je ne savais pas vraiment. « Je vais te montrer comment parer les coups, avant tout ». J'acquiesçai d'un mouvement de tête. « Après, tu pourras choisir ton arme ». Je souris, pensant déjà à ce qui pourrait être ma spécialité. Le tir à l'arc ? Les pieux ? Les lames ? Les lances, comme mon époux ? « Mais la défense est la partie la plus importante ». Nouveau mouvement de tête de ma part. Il avait raison. Se battre était une chose mais se défendre en était une autre. « Il faut que tu sois vraiment concentrée sur l'arme, et sur la personne qui la tient ». Je déglutis. Evidemment, il le fallait. Sinon, la mort était assurée. « Si un seul détail t'échappe, tu peux te retrouver empalée ». Plus vraiment le goût à présent. Mon air découragé fit sourire Cameron.

CAMERON : Je ne vais pas viser tes organes vitaux, Adrastée. Pas de panique.
ADRASTÉE : Oh, hum.

Je savais que lui ne le ferait pas. Mais les autres ? Tout ces ennemis ? Mon mari se redressa et saisit sa lance. Son arme fendit l'air ; un mouvement rapide et vif. Premier coup porté vers mon épaule gauche. Heureusement pour moi, je réussis à parer son attaque. Deuxième coup. De même. La chance était pour le moment de mon côté. Pourtant, le troisième coup manqua de briser mes côtes. Cameron s'était arrêté à quelques centimètres mais dans un véritable combat, la brave petite Adrastée aurait souffert. Je soupirai. Le jeune homme en profita pour me plaquer contre un arbre. Je ne supportais pas la défaite. C'est pour cette raison que je me débattis. Cameron sourit.

CAMERON : C'est bien. Tu as paré deux coups.
ADRASTÉE : La chance du débutant.

Je roulais les yeux. Mon coeur battait la chamade. Je n'étais pas fatiguée, pas du tout même. J'avais tout simplement la rage ; cette rage de vivre. Cameron baissa enfin son arme. Je fis un pas en avant. Le jeune homme tenta de me voler un baiser pour me féliciter mais je me baissai, ce qui sembla le surprendre. Il sourit enfin, comprenant mon geste. Place au combat. Je ne voulais pas de sa gentillesse.

ADRASTÉE : Encore.

People help the people
And if you're homesick, give me your hand and I'll hold it
People help the people
Nothing will drag you down
Oh and if I had the brain, Oh and if I had the brain
I'd be cold as a stone and rich as the fool
That turned, all those good hearts away

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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Lun 6 Aoû - 16:28

L’angoisse des premiers temps était passée. Adrastée se faisait à la vie de Rebelle. Mieux encore, elle voulait participer. Je ne pouvais cacher une certaine réticence, mais j’étais pourtant tellement rassuré qu’elle ait les armes en main, et la possibilité de se défendre réellement. Elle para presque toutes mes attaques, avec une efficacité redoutable. Elle avait l’œil, ne laissait rien lui échapper. J’étais persuadé qu’elle y arriverait, qu’elle s’en sortirait dans le cas extrême où elle aurait besoin de se servir de ses poings, ou d’armes. Je lui faisais confiance, entièrement confiance. Comme depuis le début de notre histoire. Je savais qu’elle ne me décevrait pas, qu’elle serait là ; plus que tout, je savais qu’elle ferait en sorte de ne pas mourir. Pour moi.
Alors, c’est vrai, je n’aurais pas pu rêver meilleure élève. Adrastée apprenait très vite, et plus que tout, était désireuse de s’améliorer. J’aimais chez elle cette force de caractère, ce côté combattif, plus que tout. J’avais été bien bête de vouloir la préserver de la Rébellion. Il se pourrait qu’elle soit mon meilleur allié, une fois dans le feu de l’action. Certes, je ne pouvais m’empêcher d’avoir peur pour elle : elle était mon épouse, la personne la plus importante de ma vie, et je ne m’imaginais pas survivre si elle succombait au combat. Mais je lui faisais confiance ; plus que cela, je croyais en ses capacités, en son courage, en son talent. Alors que je me penchais pour lui voler un baiser, elle se baissa. Je souris. Elle commençait enfin à savoir se débrouiller ; à anticiper les mouvements de l’assaillant. Je jetai ma lance au sol, à côté de nous, et reculai.

- Tu es dure avec moi, chérie.

Je ne lui avais jamais donné de surnom, d’aussi loin que je me rappelais. Le côté comique de notre apprentissage m’incitait pourtant à user de mots doux, comme pour contrebalancer la violence de nos actes. Je serrai soudain les poings, et me positionnai comme pour combattre. À mains nues. Avant qu’elle ait pu comprendre ce que j’avais derrière la tête, je lui fonçai dessus. Elle esquiva mon premier coup au ventre en se déplaçant sur le côté, puis le second à la tête en se baissant. Je ne vis même pas son pied balayer le sol d’un geste vif. La seconde d’après, je me trouvais à terre. Elle s’accroupit et s’assit sur moi, en bloquant mes jambes. Elle avait eu le temps de saisir la lance et la pointait désormais sur mon torse. Dans un vrai combat, je serais déjà mort. Un sourire illumina mon visage.

- Et sexy, lâchai-je dans un souffle chaud.

Je parvins tout de même à lui arracher la lance des mains, et je la jetai alors à quelques mètres de nous. Puis j’attirai ma femme contre moi et l’embrassai tendrement. Cet exercice nous redonnait foi. En nous, en l’avenir. En nos enfants. En notre vie, une fois que nous serions libres. Ce fut elle qui interrompit notre baiser. Elle avait raison, nous devions nous remettre au travail. Je me levai. Le soleil commençait à taper, et je transpirais déjà. J’ôtai mon t-shirt. Mes cicatrices luisaient au soleil. Celles sur mon dos et sur mes bras, dues aux journées passées à tendre des pièges, à m’aventurer dans les tunnels, à parcourir les bois. De longues griffures, plus ou moins profondes, tantôt rosées, tantôt blanches, selon leur ancienneté. Et puis, une cicatrice nettement plus visible, tant elle avait creusé ma peau : celle qui se trouvait juste sous mon cœur, celle qu’Adrastée avait soignée tant bien que mal. Je n’étais vraiment pas dans un bel état. Mon corps était la preuve-même de mon épuisement et de ma lassitude. Il ne pourrait pas en supporter tellement plus. Le seul moyen pour lui d’être plus esquinté, serait que je perde un membre, ou plusieurs. Et j’espérais bien que ça ne m’arriverait pas. J’avais déjà failli perdre mon bras à cause d’un coup de poignard. La blessure, profonde, était encore nette, et pour cause : elle m’avait transpercé la peau jusqu’à l’os. Je jetai mon t-shirt près de la lance, puis m’adressai à ma femme.

- Attaque-moi.

Je pliai légèrement les jambes et lui fis signe de s’approcher. Elle était hésitante. Je voyais bien qu’elle craignait de m’infliger davantage de blessures.

- Allez !

Je la toisai presque, un léger sourire aux lèvres. J’étais heureux de lui montrer toutes ces choses. De lui faire partager mon univers, ma vie, dans toutes ses difficultés, dans tous ses obstacles. Elle fondit sur moi. J’esquivai ses coups avec agilité, et elle parvenait également à parer les miens. Les yeux plissés, je pouvais repérer chacun de ses mouvements. En regardant son visage, j’arrivais à savoir quelles étaient ses intentions, où elle comptait frapper au coup suivant. Au bout de quelques instants, j’attrapai son poignet et le fis pivoter pour le ramener dans son dos et la bloquer totalement. Puis je la poussai contre un arbre, face contre l’écorce. Je saisis son autre poignet le ramenai également dans son dos. Je me serrai contre elle et glissai à son oreille :

- Que fais-tu, maintenant ? Comment te sortir de cette situation ? Comment empêcher l’ennemi de te tuer une fois qu’il t’a mise dans cette position ?

Je tins ses deux poignets dans ma seule main gauche, et plongeai l’autre dans ma poche pour en sortir mon arme. Je levai le bras, et fis glisser la lame le long de son cou. Je collai mes lèvres à son lobe.

- Si l’ennemi est sadique, il joue avec toi, il ne te tue pas tout de suite. Alors, tu as plus de temps pour réfléchir. S’il ne l’est pas, tu es morte dans deux secondes.
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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Lun 6 Aoû - 18:03

Il faut dire que cet entraînement me faisait le plus grand bien. Depuis combien de temps n'avais-je pas fait de sport, sincèrement ? En y réfléchissant, des années. Certes, travailler aux champs n'était pas de tout repos mais la fatigue n'était pas la même. Le dos courbé, les mains abîmées, telles étaient mes fins de journées. En cette matinée cependant, juste après mes exercices avec Cameron, des crampes et des courbatures s'empareraient de moi. Mais cela signifierait que j'avais effectué un bon travail en compagnie de mon mari. Cela me mettait de très bonne humeur. Je faisais enfin quelque chose d'utile. Je n'attendais pas simplement à la maison, m'occupant en faisant le ménage ou la cuisine. Je tentais de me faire à cette vie de rebelle. Et très honnêtement, c'était bien plus facile que je ne l'aurais pensé. Agréable même. Enfin, pour le moment. Je n'étais pas encore face à l'ennemi. Cameron m'apprenait tout en me mettant face à de bien complexes situations mais ne frappait jamais avec la même puissance que lors d'un véritable combat. Malgré ses coups, il se montrait doux. Mes adversaires ne le seraient jamais. Si je n'étais pas plus agile ou alors, plus stratège, je pouvais dire adieu à ma vie. Mais je voulais me battre. Pour moi mais surtout pour lui.

Plus la leçon avançait, plus je me sentais forte. J'apprenais vite, j'écoutais et retenais tous les conseils de Cameron puis appliquait le tout. A ma manière bien entendu. Mais je n'étais pas prête d'abandonner. J'avais besoin de ces entraînements, de me sentir puissante. Il est vrai que je ne pouvais m'empêcher d'avoir peur en pensant à ce que je risquais mais je voulais aider. Participer à cette rébellion. Cameron jeta sa lance au sol et recula. « Tu es dure avec moi, chérie ». Ce surnom adorable me fit rire. Première fois qu'il m'appelait ainsi. & j'aimais ça. En réalité, ces exercices allaient nous permettre de nous rapprocher davantage. Même si les choses allaient mieux entre nous, nous en avions besoin. Nous ne pouvions qu'apprécier ces instants précieux. Le jeune homme se replaça face à moi, position combat. Pas le temps de me placer à mon tour ; il me fonça dessus. Bien heureusement, j'esquivai les coups avec brio. Puis retournement de situation soudain. Cameron tomba sur le sol. Il n'avait visiblement pas eu le temps de parer mon coup. J'en profitai pour m'asseoir sur lui, brandissant ma lance dans sa direction. Je venais de marquer un point. Première victoire. « Et sexy », se contenta d'ajouter mon mari. Nouveau rire. Il me retira la lance des mains et la jeta à quelques mètres de nous. Puis, il m'arracha un baiser.

Cameron semblait fier de moi. Il avait sans aucun doute attendu ce moment depuis longtemps. Et moi aussi. J'aimais passer du temps en sa compagnie, autre part que chez nous. Autre part que dans notre chambre ou notre salle de bain. Même si je ne pouvais m'empêcher de penser à ces instants que nous avions échangés dans notre petite maison. Je fermai les yeux, chassant ces images de mon esprit. Je me devais de rester concentrée. Je m'éloignai du visage du jeune homme, stoppant ainsi notre baiser. Il était temps de nous remettre à nos exercices. Nous nous levâmes. Le soleil brûlait ma peau. J'avais chaud. Cameron en profita pour enlever son tee-shirt.

ADRASTÉE : Chanceux !

Je souris. Mais les griffures sur tout le corps de mon mari me ramenèrent à la réalité. Je déglutis. Il est vrai que le jeune homme avait souffert. Beaucoup, beaucoup trop. Toutes ces heures passées dans les bois ou dans les tunnels. Pour son district, pour son pays. Si lui paraissait fier de moi en cette heure, il ne pouvait imaginer ô combien je l'estimais. Il avait tant fait pour nous tous. « Attaque-moi », dit-il enfin. Je n'en avais pas vraiment envie. Mais je sais que je le devais. « Allez ! ». Il souriait. Je ne devais pas repenser à ces mauvais moments que nous avions passé. A cette nuit où il était revenu chez nous, presque mort. Je devais penser à notre avenir, ensemble, main dans la main, nous battant pour notre liberté. Je fonçai sur lui, tête baissée. Le combat dura quelques minutes. Nous ne nous touchions pas réellement, parant les coups de l'autre à la perfection. Mais Cameron devinait mes intentions. J'étais bien trop prévisible. Il attrapa finalement mon poignet et me poussa contre un arbre. Je sentais les reliefs de ce vieux tronc, l'odeur de la sève. Mon mari se serra contre moi, murmurant quelques mots à mon oreille. Je réfléchis quelques instants à ses propos. Comment me sortir de cette situation délicate ? Je n'en avais aucune idée pour dire vrai. Un mouvement de sa part et la lame de sa dague glissa le long de mon cou. Je grimaçai.

CAMERON : Si l'ennemi est sadique, il joue avec toi, il ne te tue pas tout de suite.
[ … ] S'il ne l'est pas, tu est morte en deux secondes.

Je fermai les yeux, réfléchissant à une manière de me sortir de ce piège. Coup de pied bien placé, telle était la solution. Cameron se recula de quelques pas mais se repositionna rapidement. Nous étions désormais face à face, son bras sous mon menton et sa lame non loin de mon oreille.

ADRASTÉE : Vas-y.

Il lui suffisait de faire glisser sa lame sur mon visage. Une seule seconde et mon beau visage pouvait être abîmé pour toujours. Mais tels étaient les risques. Lui avait bien une cinquantaine de cicatrices sur le corps.

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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Lun 6 Aoû - 20:26

Un coup, et je me trouvai jeté en arrière. Elle savait se débrouiller. J’essayai de reprendre mon souffle, et retournai vite face à elle. Je la plaquai à l’arbre avec une main. L’autre se glissa de nouveau sur le cou de ma femme, la lame proche de son artère, si proche. Et puis, elle prononça ces mots qui me déstabilisèrent totalement. « Vas-y ». Elle voulait que je la blesse. Elle n’attendait que ça. Je la regardai longuement. Mes yeux bleus tentaient tant bien que mal de lire dans ses iris sombres. De trouver un indice prouvant qu’elle plaisantait, qu’elle n’était pas sérieuse ; qu’elle ne pouvait pas l’être. Mais elle n’avait sans doute jamais été plus convaincue. Je la scrutai longuement. Croyait-elle vraiment que je puisse lui faire mal ? La faire souffrir ? L’écorcher, la planter comme ça ? Je n’étais pas l’ennemi. J’étais son amant, son mari, son entraîneur en l’occurrence. Mon rôle n’était pas de la blesser. Loin de là ; je devais faire en sorte qu’elle reste indemne, quoiqu’il arrive. C’était ce que je voulais. Je refusais de lui faire du mal. Du moins, intentionnellement. S’il y avait un accident, soit. Mais je ne serais pas celui qui lui trancherait la gorge.
Je fis non de la tête, alors qu’Adrastée me regardait toujours, convaincue que j’obtempérerais.

- Adrastée…

Mais elle me défiait. Elle voulait que je le fasse. Autrement, je ne valais rien comme entraîneur. Si elle avait perdu, je devais faire glisser ma lame sur sa peau, lui trancher la joue et le cou. Seulement, c’était ma femme. Mon amour. Il m’était impossible de lever la main sur elle, si je savais qu’elle souffrirait vraiment. Elle aurait le temps de se faire ses propres cicatrices en combattant. Avec de véritables ennemis. Je n’en étais pas un. La lame froide était toujours appuyée contre sa joue. Puis soudain, je la retirai. D’un geste vif, sans un mot, je fis glisser la pointe de la dague sur ma propre joue. Une coupure d’un rouge sang brillait désormais au soleil de midi. Je plantai l’arme dans l’écorce juste derrière Adrastée, puis reculai, sans prononcer un mot. Je lui tournai le dos. Je préférais me tuer plutôt que lui faire risquer sa vie. Je préférais me défigurer plutôt que lui faire mal. Sa douleur était la mienne. Je ne pouvais me résoudre à abîmer son magnifique visage.

- Je ferai cela à chaque fois que tu perdras sans essayer de me battre. Sans vraiment m’affronter. Je me blesserai au lieu de te blesser.

Je déglutis. La coupure me brûlait la joue. Je l’aimais trop. Pouvait-elle le comprendre ? Je ne pouvais vraiment pas m’imaginer un monde sans elle. Un monde où je l’aurais frappée. Ou je lui aurais infligé des blessures, de mon plein grès. Ce que je lui proposais n’était pas vraiment du chantage. Mais je savais que ma santé était importante pour elle. Qu’elle ne voulait pas que je sois mutilé. Alors, je m’en servais comme d’un argument. C’était elle qui allait me blesser, par son comportement. Je refusais que ce soit l’inverse. Je passai ma main sur ma joue et grimaçai. Lorsque je vis mes doigts, ils étaient tâchés de sang. Ma main trembla légèrement. Je saisis la lance qui était restée là, pour calmer mes frissonnements. Je me tournai de nouveau vers ma femme, et glissai l’arme entre ses doigts fins.

- Tu vas apprendre à manier ça, tout d’abord.

Mais elle ne prêtait plus attention à ce que je lui disais. Elle semblait obnubilée par ma blessure. Je la regardai, puis baissai les yeux au sol. Je ne pouvais pas justifier mon acte. Je l’avais fait, c’était aussi simple que ça. Je l’avais fait parce que la simple idée de laisser une blessure sur son corps m’était insupportable. Alors, je lui fis de nouveau totalement face.

- Je mourrais pour toi. N’espère pas que je te blesse.

Oui, cet entraînement n’était pas des plus évidents. Surtout parce que je devais faire semblant d’attaquer quelqu’un pour qui je pourrais me prendre une balle en plein cœur. Je me plaçai derrière elle et glissai mes doigts le long de son bras. J’orientai la lance vers un érable, à quelques mètres de nous.

- Vise l’arbre. Atteins-le.

Mon ton n’était plus aussi doux qu’avant. Je la commandais presque. Je ne voulais plus jouer à me battre avec elle. Car je savais qu’elle ferait tout pour se faire blesser. Peut-être parce qu’elle culpabilisait de voir toutes ces blessures sur mon corps. Mais après tout, c’était la vie qui avait voulu ça. Mes blessures, psychologiques comme physiques. Ma cicatrice à quelques centimètres du cœur. Toutes ces fois où j’avais failli mourir. Peut-être ne l’avait-elle pas vraiment réalisé jusque là. Peut-être pensait-elle que j’avais simplement quelques égratignures, rien de trop grave. En réalité, j’étais passé plusieurs fois à côté de la mort, en témoignaient les marques sur mon torse, mon dos, et mes membres. Mais je ne voulais pas qu’elle se punisse, qu’elle veuille compenser ma douleur en souffrant elle-même. Elle aurait de multiples occasions pour cela. J’embrassai son cou. Mes mains glissèrent sur son ventre, doucement, passèrent sous ses vêtements et caressèrent sa peau. Je la sentis frémir, et la serrai davantage contre moi.

- Vise l’arbre.
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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Mar 7 Aoû - 22:49

Apparemment, mon étrange envie ne semblait pas plaire à Cameron. Au contraire même, le jeune homme paraissait complètement déstabilisé. Rien de plus normal à vrai dire. Ma demande était, pour ne pas cacher les choses, folle. Je comprenais tout à fait la réaction de mon mari. Pour quelle raison au juste, voulais-je tant une cicatrice sur mon joli minois ? Sans aucun doute pour me sentir un peu plus proche de Cameron, encore une fois. Il avait tout enduré, pour Panem. Les dures journées au combat étaient à jamais marquées sur son corps, dans sa peau, dans son coeur. Mais moi, moi je n'avais rien. Blanche comme neige. Et cela était insupportable. Je voulais connaître la souffrance, un petit peu. Pour me prouver que j'étais capable d'endurer bien pire qu'une lame glissant sur ma joue. Mais Cameron ne partageait pas cette envie. Pour lui, impossible de réaliser ce geste. Il avait trop peur de se sentir coupable, de me regarder en face, une fois mon visage abîmé. Il soupira, secouant la tête négativement. Il refusait, catégoriquement. Il prononça mon nom, me suppliant presque. Je déglutis. Pourtant, il me fallait essayer encore.

ADRASTÉE : Allez, fais-le.

Je le défiais pour de bon. Je n'avais pas peur des conséquences. Je voulais cette trace sur ma joue, prouvant que je pouvais moi aussi vivre des choses difficiles. Une cicatrice qui montrerait au monde entier que je n'étais pas une lâche. Je savais ô combien je pouvais être idiote de penser de la sorte. Mais j'avais passé mon temps à attendre, depuis l'annonce des Jeux. J'avais passé mes nuits à pleurer, pleurer les personnes que je ne reverrai jamais, ces individus qui allaient mourir. Je voulais en finir avec cette époque de drame. Je voulais agir, aider, montrer de quoi j'étais réellement capable. La lame était encore appuyée contre ma joue. J'espérais. Mais son silence en disait long. En une seconde à peine, Cameron retira sa dague. Il fit ensuite glisser son arme contre sa propre joue. Pas un mot, pas un bruit. J'étais choquée par ce geste insensé. Le sang commença à couler sur son visage. Il venait de se faire une belle entaille. Nette et précise. Ce que j'aurais dû avoir sur ma propre joue. Le jeune homme planta son arme juste derrière moi et recula. Il fit quelques pas puis me tourna le dos. Je soupirai. « Je ferai cela à chaque fois que tu perdras sans essayer de me battre. Sans vraiment m'affronter. Je me blesserai au lieu de te blesser ». Il avait osé. Je levai les yeux au ciel. Mais il fallait bien avouer que je l'avais cherché.

ADRASTÉE : Tu es injuste.

Mais au moins, il venait de réveiller le lion qui sommeillait en moi. Je n'allais plus chercher à le provoquer aussi bêtement. J'allais me battre, j'allais tenter le tout pour le tout. Pour lui prouver que je pouvais le faire. Malgré ma colère, je me sentais coupable. Je l'avais poussé à bout. Et il était véritablement contrarié. Comme si j'avais fait quelque chose de bien pire. Mais peut-être que pour lui, cette demande était un affront. Comme si je lui avais demandé de me planter la dague en plein coeur. Je pinçai les lèvres. Toujours dos à moi, Cameron saisit la lance posée sur le sol et se tourna enfin vers moi. Le sang coulait toujours sur son visage ; impossible de me concentrer alors. Il glissa l'arme dans mes mains tremblantes. « Tu vas apprendre à manier ça, tout d'abord ». Je ne trouvai pas la force de répondre. Je crois que mon envie de me battre était définitivement passée. Je restais plantée là, les yeux rivés sur la blessure. J'étais responsable de cette nouvelle entaille. Je baissai finalement les yeux, trouvant un intérêt soudain pour le sol. La voix de Cameron brisa à nouveau le silence.

CAMERON : Je mourrais pour toi. N'espère pas que je te blesse.
ADRASTÉE : Je sais. Je suis vraiment désolée.

Je me sentais si mal. Pourtant, je devais restée concentrée. Je secouai la tête pour chasser les pensées négatives de mon esprit. Mon mari se plaça juste derrière moi. Ses doigts glissèrent le long de ma peau, me faisant ainsi frissonner. « Vise l'arbre. Atteins-le ». Je déglutis mais acquiesçai d'un signe de tête. Il n'était plus question de nous amuser maintenant. Nous étions passés aux choses sérieuses. Pourtant, sa tendresse me manquait déjà. C'est alors que Cameron déposa un baiser dans mon cou pour me rappeler que je n'étais pas seule. Il me prouvait qu'il serait toujours là. J'esquissai un sourire. Il posa ses mains sur mon ventre et caressa ma peau. Des frissons parcoururent mon corps. Je me serai contre lui encore un peu plus. « Vise l'arbre », dit-il. Mes yeux se posèrent sur l'érable, à quelques mètres de nous. Je soufflai, essayant de me concentrer sur ma cible. Une seconde, deux secondes, trois secondes. Cameron s'éloigna quelque peu afin de me laisser tirer. Je lançai alors mon arme qui vînt se planter dans l'arbre. Je souris, fière de mon tir. Puis, je me tournai vers mon mari. Je fis deux pas en sa direction et lorsque je fus à nouveau proche de lui, ma main se leva pour caresser son visage. Mes doigts effleurèrent sa nouvelle blessure. Alors, doucement, j'étalai une trace de son sang sur chacune de mes joues. Une fois cette opération terminée, je murmurai ces quelques mots :

ADRASTÉE : Un peu de ta force, ça m'aidera à affronter cette journée.

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MessageSujet: Re: It is time, my love • FT CAMERON.   Mer 8 Aoû - 7:41

Je n’avais pas eu envie de la sermonner véritablement. Mais elle devait comprendre qu’en de telles périodes, sa demande était irrecevable. Je ne pouvais pas lui faire du mal, alors que je serai probablement la seule personne à vouloir son bien lorsque nous combattrions réellement. Lorsqu’elle atteint l’arbre, je souris ; elle avait besoin de vraiment réussir quelque chose par elle-même, pour savoir qu’elle était capable de me faire honneur en combat. Puis, elle se tourna et prit un peu de sang qui s’écoulait le long de ma joue pour se dessiner deux marques sur le visage. Je souris. « Un peu de ta force, ça m'aidera à affronter cette journée », murmura-t-elle. Mais elle avait tort. De la force, elle en avait à revendre. Elle n’était pas faible, loin de là. C’était moi qui l’étais. Je ne voulais pas la blesser, je voulais l’épargner, alors que je savais parfaitement que dans une vraie situation de guerre, elle se ferait sûrement tuer, car son adversaire serait sans pitié. J’étais d’une faiblesse inouïe, en fait. Je ne nous laissais pas une chance de vivre dangereusement tous les deux. Je l’empêchais de vivre dans le danger. Or, Panem n’était-elle pas le lieu de danger par excellence ? Le pire endroit où vivre, où élever ses enfants ? Nous devions être braves, forts. Nous devions risquer ce que nous avions. Notre amour, notre histoire, notre vie. Nous n’avions pas le choix. Je m’approchai d’elle et glissai ma main dans sa nuque.

- Tu n’as pas besoin de ma force. La tienne est suffisante. Elle bouillonne, elle hurle à l’intérieur de toi, et ne demande qu’à sortir. Ta puissance est supérieure à celle de beaucoup de Rebelles. Tu es ma plus précieuse alliée.

Je l’attirai contre moi. Je n’étais pas censé faire son éloge, juste parce que ça risquait de lui faire perdre sa rage. Mais j’en pensais chaque mot. Elle était vraiment courageuse. Elle avait vraiment la capacité de faire tout ce qu’elle souhaitait. Je savais qu’elle deviendrait une redoutable combattante. À mes côtés. Et même si j’avais toujours peur pour sa vie, je savais que ce n’était pas en lui demandant de rester à la maison que j’arrangerais les choses. Je voulais qu’elle soit là. Là où je pourrais éventuellement lui sauver la vie. Me glisser entre un couteau et son cœur. La sauver. Parce que je me l’étais promis. Parce que nous étions unis « jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Mais je savais que même si je mourais pour elle, nous nous appartiendrions toujours. L’histoire était écrite comme cela. Ça ne pouvait pas l’être autrement.
J’amenai son visage au mien pour lui prendre un baiser. Puis un second. Les moments incroyables que nous avions passés dans notre maison me revenaient en tête. Je ne voulais qu’elle, je ne voyais qu’elle. La salle de bain. Le salon. La chambre. Tous ces endroits qui nous avaient permis de nous découvrir un peu plus l’un l’autre. De nous comporter réellement comme un mari et une femme. Je remontai mes mains sous ses vêtements. Caressai son corps. Alors que j’allais proposer à ma femme de rentrer, j’entendis une brindille craquer, à quelques mètres de nous. Je stoppai le baiser immédiatement. Mon regard se posa autour de nous, mais je ne vis personne. Pas une trace d’intrus. Je regardai ma femme.

- Nous ne sommes pas censés être là.

Je savais pertinemment quelle était la raison de ce bruit. Je savais pourquoi nous étions désormais en danger. Autour de nous, des pièges avaient été mis en marche, pendant que nous nous entrainions. Nous n’avions aucun moyen de nous en rendre compte. Si ce n’est en entendant ce bruit. Ce seul bruit qui avait trahi tout un filet d’intentions nauséabondes dressé par le Capitole. Je pris la main de ma femme et la regardai.

- Suis-moi. Il ne faut pas que tes pas dévient des miens.

J’avançai lentement et passai à côté du premier piège, qui se déclencha lorsque nous passâmes. Je déglutis. J’avais appris à repérer les pièges tendus par le Capitole. Pourtant, je ne m’étais jamais senti aussi en danger. Je n’étais pas sûr que nous réussissions à tous les éviter. Je me tournai vers Adrastée.

- Passe devant. Je vais t’indiquer la marche à suivre.

Plus vite elle marcherait, devant moi, à distance, plus vite elle parviendrait à rentrer à la maison en un seul morceau. Quant à moi, si par malheur j’étais pris au piège, je trouverais bien un moyen de m’en sortir. Je trouvais toujours un moyen. Elle était pourtant réticente. Elle avait très bien compris mes intentions. Mais comme je lui avais dit, je mourrais pour elle. Il n’y avait pas besoin de discuter.

- Continue de marcher tout droit.

Elle n’avait pas de moyen de discuter mes instructions. Sinon, nous risquions tous les deux d’y rester. Elle, comme moi. Il fallait que nous évitions tout ce qui avait été enclenché. Puis que nous rentrions chez nous. En espérant que personne ne nous y attendrait. S’ils allaient désormais aussi loin pour essayer de nous tuer, ils étaient tout autant capables de nous prendre en otage dans notre propre maison.
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