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 ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.

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MessageSujet: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Lun 16 Avr - 13:54


La chaleur est insupportable. Je pose ma main sur mon front, essuyai les gouttes de sueurs qui y perlaient. Je haïssais ces journées. On devait travailler des journées entières, sous le soleil brûlant, et je n’en pouvais plus. J’avais besoin de m’arrêter. Mais nous n’en avions pas le droit. Nous étions constamment surveillés. Je jette un regard vers mes mains ; elles sont sales, pleines de terres. Pas question d’être féminines dans ce district. Je me relève quelques secondes, m’étire. Avoir le dos courbé toute une journée, pour récolter des céréales, n’est pas une tâche facile. Pourtant, je suis jeune, comme le dirait si bien ma mère. J’entendais ses remarques dans ma tête « A ton âge, je ne me plaignais pas. Encore aujourd’hui, je suis plus âgée que toi et je ne rechigne pas à me baisser toute la journée. » Je me tournai vers elle. Elle était au loin, aux côtés de ma grand-mère qui avait elle-même du mal à travailler dans ces conditions. Mais je ne la plaignais pas. Je n’éprouvais aucun amour pour ma grand-mère ; c’était une femme ingrate et hautaine, et elle ne m’avait jamais donné d’amour, alors je m’étais refusée à lui en donner en retour. Elle s’arrêta soudain, en plein travail, et sembla faire un malaise. J’avais plutôt le sentiment qu’elle mimait. Ma mère la soutint, et fit de grands gestes dans ma direction afin que je vienne l’aider. Je me retournai vivement, prétendant ne pas avoir remarqué son appel, et retournai au travail.
Il fut un temps où nous n’avions pas à subir ce genre de journées. Lorsque nous étions encore considérés comme des enfants. J’ai l’impression que cette période est finie depuis des années. Quand j’étais petite, je passais mes journées à jouer avec Cameron ou Milan. Jamais les deux en même temps. Ils ne se sont jamais vraiment appréciés, encore moins maintenant que Cameron s’est marié avec Adrastée, l’amie de Milan. Etrangement, mes parents adorent Cameron. Je suis certaine qu’ils furent très déçus lorsqu’ils apprirent la nouvelle de son mariage. Ils espéraient sûrement que je reviendrais à la raison, quitterais Milan et épouserais Cameron. Trop tard. De toute façon, même s’ils avaient essayé de nous forcer, j’aurais refusé. D’une part, car Milan était celui que j’aurais dû épouser et d’autre part, parce que Cameron est mon meilleur ami, et il est impossible pour moi de m’imaginer faire quoi que ce soit de plus qu’un simple baiser sur la joue. Il était maintenant marié à cette fille, que je n’avais jamais réellement appréciée. Trop proche de Milan. Mon Milan. Et puis, maintenant, j’avais le sentiment qu’elle faisait souffrir Cameron. Je ne connaissais pas réellement les circonstances de leur mariage, leur relation mais la dernière fois que j’avais vu mon ami, il ne semblait pas comblé. Si Adrastée lui faisait du mal, je savais que je pourrais m’emporter contre elle. J’avais toujours évité un quelconque conflit avec elle car elle était l’amie de Milan. Mais aujourd’hui, je n’avais plus rien à perdre.
Mon panier est rempli. J’étais tellement perdue dans mes pensées que je n’avais pas remarqué cela. Je me lève, l’attrape et me dirige vers l’endroit où les paniers sont posés. Quelqu’un est chargé de les trier et ensuite de les rapporter à une autre personne, qui les préparera à la vente. Un vrai travail à la chaîne. Je tends mon panier à la jeune femme qui l’attrape sans un mot. Je ne m’offusque pas. Nous ne discutons pas beaucoup pendant nos heures de travail. Nous préférons finir vite, afin d’avoir la possibilité de terminer la journée plus tôt. Je prends un autre panier, un vide. J’aurais aimé terminer maintenant mais nous devons toujours remplir au moins une vingtaine de paniers par jour. Si nous n’obéissons pas à cette règle, nos heures de travail sont doublés la semaine d’après. Je me retourne, jette un coup d’œil aux champs. Là-bas, il semble y avoir un coin à l’ombre. Pas entièrement, mais assez pour que je puisse me positionner à l’abri du soleil. Il n’était que quinze heures, et j’avais encore au moins deux heures trente de travail devant moi. Je ne voulais pas attraper une insolation, maintenant. Les arrêts pour cause de maladie ne comptaient pas dans notre métier. Nous devions toujours être présents, peu importe notre état. Il y avait cependant une exception : si notre maladie était contagieuse, nous étions priés de rester à la maison. Il ne faudrait tout de même pas que toute la population du district soit malade. Qui ferait ensuite le sale boulot ? Je me dirige vers l’endroit que j’ai repéré, m’agenouille dans l’herbe et commence à récolter les céréales. Quelques longues minutes passent quand je sens que quelqu’un me bouscule. Sûrement par inadvertance. Mais cela m’agace. Depuis quelque temps – exactement depuis la rupture – je ne suis plus aussi patiente qu’avant. Je soupire et me retourne. Je lève les yeux au ciel. Evidemment, Adrastée L. Huggins. Je ne cracherai pas sur le nom de famille, qui est aussi et surtout celui de mon meilleur ami. Je lance un regard froid vers la jeune femme, et d’une voix froide et lasse, je lui demande : « Tu ne peux donc pas faire attention ? »
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Mar 17 Avr - 17:32

J'ouvris la porte de la maison, prête à partir. Je venais de prendre un petit déjeuner copieux en compagnie de la soeur de Cameron pour avoir la force de tenir la journée entière aux champs. Là où était ma place désormais. Le soleil entra dans la pièce, ce qui m'arracha un soupir. Nous allions vivre un enfer. J'étais prête à partir lorsque la voix de ma jeune belle soeur s'éleva derrière moi.

PALOMA : On se retrouve ce soir, comme d'habitude ?
ADRASTEE : Pas de problème. La journée qui s'annonce ne sera pas facile ; le soleil tape fort alors fais attention à toi, d'accord ?
PALOMA : Toi aussi. Passe une bonne journée.

Je lui souris et refermai la porte. Depuis que les parents de Cameron et Paloma étaient morts, la jeune fille semblait effrayée. Sans doute s'inquiétait-elle pour ses proches. Et je pouvais la comprendre. Elle n'avait plus que nous maintenant. C'était tellement injuste de l'avoir privé de l'amour de son père et de sa mère si jeune. Pourtant, Paloma était une enfant forte. Enfin, elle n'était pas non plus une petite fille. Elle avait déjà seize années, soit trois ans d'écart avec moi seulement. Mais selon moi, elle avait été arrachée à l'enfance trop tôt. Nous nous étions tous acclimatés à notre vie loin du Capitole ou des commandements et voilà que nous avions de nouveau perdu l'intégralité de nos droits. Pour moi qui avais déjà 19 ans et qui étais en âge de comprendre la situation, c'était tout bonnement inadmissible. Mais pour une jeune fille comme Paloma, il s'agissait d'un coup de poignard dans le dos. Elle avait l'impression d'être perdue dans ce monde qu'elle connaissait depuis toute sa vie. Comme si elle s'était éveillée dans une autre époque ou dans une dimension parallèle. Je la plaignais. Heureusement qu'elle pouvait compter sur son frère. Il était vraiment une personne formidable. Plus les jours passaient et moins j'étais en colère contre le monde entier pour ces noces dont je ne voulais pas. Ce n'était pas la faute de Cameron, ni la mienne. Juste un coup du sort. Maintenant que j'avais pleuré un bon coup et que la crise de nerfs était passée, je devais me ressaisir. Je devais penser à notre futur dans ce district. Avant tout en tant que citoyens mais également comme rebelles. Je ne pouvais que soutenir Cameron dans cette cause, même si j'avais terriblement qu'il ne revienne pas. Je m'étais imaginée la scène tant de fois. Mais mieux valait ne pas y penser. Nous étions ensemble aujourd'hui et c'est tout ce qui comptait.

J'arrivai aux champs assez tôt. Il y avait déjà du monde. Je fis la queue afin de récupérer un panier et surtout, pour signaler ma présence. Je saisis mon dû et je dirigeai vers mon emplacement. C'était parti pour une journée entière. Le soleil tapait fort, comme je l'avais signalé à Paloma. Mais nous n'étions que le matin, ce qui me désolait. Une journée sous la chaleur. Je préférais la pluie. Je vis malheureusement passer les heures à une vitesse si lente que j'en venais à me demander si l'on ne nous jouait pas des tours. Puis vînt l'heure de déjeuner. Enfin ! Je mangeai avec mes compagnons de travail car je n'avais pas le temps de chercher Cameron ou Paloma. Nous manquions de temps pour cela. Le coeur serré, j'avalai un sandwich. Notre pause passa trop vite à mon goût. Il fut bientôt l'heure de reprendre. Je frottai mon dos douloureux une dernière fois et me baissa mon continuer mon travail. Une heure, deux heures, trois heures. Je mourais de chaud. Près de moi, une vieille dame s'évanouit. Mais je n'étais pas certaine qu'elle soit réellement fatiguée. La femme qui la soutenait -- sans aucun doute sa fille, faisait des grands signes à une jeune fille qui ne semblait pas touchée par la scène. Elle ne fit aucun geste en direction des siens et s'éloigna. Je décidai d'agir, ne pouvant rester les bras croisés.

ADRASTEE : Je peux vous aider ?
FEMME : Oh, merci beaucoup. Si vous pouviez aller nous chercher un peu d'eau ?

Je m'exécutai. Je rapportai une bouteille remplie et la tendis à la femme. La vieille dame était déjà assise par terre, les mains plaquées contre son front. Elle simulait. J'en étais maintenant certaine.

FEMME : Merci, vous êtes bien aimable. Vous êtes la femme de Cameron, n'est-ce pas ? C'est une bien triste situation, votre mariage, et tout le reste …

Je n'appréciais pas sa manière de voir les choses. Je souris mais j'étais visiblement en colère. Je repartis au travail immédiatement. Tous les habitants avaient de la peine pour nous. Notre mariage, la mort des parents de Cameron. Ils ne pouvaient pas comprendre ! Je levai les yeux au ciel. Il me fallait me trouver au plus loin de ces femmes. Dans ma course, je ne remarquai pas la jeune fille qui se trouvait à quelques centimètres de moi. Trop tard. Je la percutai. J'étais sur le point de m'excuser mais elle avait cette voix froide et agacée que je ne pouvais supporter. Je me ravisai. Enfin, je levai les yeux vers elle. Natalee, meilleure amie de Cameron et petite-amie de Milan. Mon époux, mon meilleur ami. Nous avions les mêmes goûts mais incapables de s'entendre sur cela. Nous n'avions jamais été proches. Pourtant, elle n'était pas méchante. Seulement avec moi.

ADRASTEE : La prochaine fois, tu pourras sans doute me dire les choses autrement ?

J'étais déjà énervée par les répliques de ces vilaines harpies alors inutile de préciser que je n'étais plus très polie ou patiente désormais. Il ne fallait pas me chercher.


Dernière édition par Adrastée L. Huggins le Jeu 19 Avr - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Jeu 19 Avr - 15:08

« La prochaine fois, tu pourras sans doute me dire les choses autrement ? » Son ton était froid. Elle semblait en colère. Je l’aurais sûrement été à sa place, si une fille me parlait sur ce ton. Je ne lui avais même pas laissé la possibilité de s’excuser et je connaissais assez Adrastée pour savoir qu’elle l’aurait immédiatement fait si je ne lui avais pas coupé la parole. Elle avait un fond gentil, mais je ne l’appréciais pas. C’était plus fort que moi. J’étais jalouse, je ne supportais pas son amitié avec Milan, mon Milan. Et pourtant, je vivais la même chose avec Cameron, son mari. Et si Milan m’exprimait une quelconque jalousie à ce sujet, je l’enverrais balader. Cameron faisait partie de ma vie depuis toujours. Et je ne le laisserai jamais partir. Il fallait aussi avouer que je n’étais pas ravie qu’Adrastée était devenue son épouse. J’avais souhaité le garder jalousement, égoïstement rien que pour moi. Je n’étais cependant pas amoureuse de lui. C’était une autre sorte d’amour, un amour fraternel, mais certainement aussi fort que celui que j’éprouvais pour Milan. Je me relève, fait face à Adrastée. Je suis plus grande qu’elle – nous avons au moins dix centimètres de différence – et je suis fière de la surplomber de toute ma hauteur. Peut-être cela me permet-il d’avoir un peu plus confiance en moi. Mes yeux lancent des éclairs. Si elle veut se montrer énervée, je peux l’être aussi. Je n’ai pas peur d’elle, loin de là. Je la déteste tellement que je serais prête à faire n’importe quoi contre elle, quitte à la blesser. « Si ça ne te plaît pas, tu peux toujours aller ailleurs. » Mon ton est froid, mais je ne me montre pas aussi méchante que je l’aurais voulu. Je sais être peste, parfois, mais aujourd’hui ne semble pas être le bon jour pour ce genre de comportement. Pourtant, ça me démange fortement. Alors, j’en rajoute: « Personne n’a besoin de toi, ici. » Les personnes autour de nous comprendront certainement cette remarque comme une indication, montrant à Adrastée que, dans cette partie du champ, son travail est inutile. Pourtant, par ces mots, je voulais passer un message tout autre. Et j’espérais qu’elle puisse être capable de le comprendre. Je voulais lui faire entendre que personne, au sein du district entier, n’avait besoin d’elle. Ni Cameron, ni Milan. Moi, encore moins. J’aurais aimé, à cet instant précis, qu’elle disparaisse de la terre. Que je ne la vois plus jamais. Qu’elle laisse Cameron en paix. Surtout, qu’elle arrête de le faire souffrir.


Je ne la laisse pas répondre à mes mots. Je la laisse, bouche bée. Je la contourne en la bousculant légèrement au passage et reprend mon travail, sans un mot. Puis, soudain, les mains sur une botte de céréales, un souvenir me frappe.
    Il fait froid. Il pleut des cordes depuis des jours. Mais rien ne m’empêche d’aller jouer dehors, de sauter dans les flaques d’eau, pas même les nombreuses interdictions de ma mère. Déjà, à six ans, je ne portais que peu d’attention à ce qu’elle disait. Je cours dans les rues du district, les cheveux au vent. J’ai un manteau censé arrêter la pluie, mais je n’ai pas de capuche. Je suis complètement trempée au bout de quelques secondes, mais rien ne m’arrête. Je ris aux éclats en sautant dans une flaque. A quelques mètres de moi, se trouve une petite fille. Un peu plus âgée que moi, cette fille. Elle aussi saute dans les flaques. Elle me fait signe et me tend la main. Je l’attrape. Toute la journée, nous jouons ensemble sous la pluie. Cette fille, c’est Adrastée. C’est la seule fois où nous nous sommes parlées, où nous avons joué ensemble. Elle était plus vieille que moi, n’était donc pas dans ma classe et avait d’autres amies. Nous nous étions trouvés par hasard.
J’ouvre grand les yeux, sous le choc. Je n’avais jamais repensé à cela. Enfin, je me souviens avoir parfois vu quelques images dans mon esprit mais j’avais complètement oublié que la petite fille de mon souvenir était en réalité Adrastée. La fille que je méprisais le plus était celle qui m’avait un jour tendue la main. Celle que, lorsque j’étais rentrée chez moi, j’avais qualifiée de « meilleure amie » quand ma mère m’avait demandé avec qui j’étais. Adrastée. Je regarde à ma droite, à ma gauche. Je plisse les yeux, je ne la vois pas. Je me lève afin d’avoir une meilleure vision de l’ensemble des champs. Là-bas. Je l’aperçois. Je marche dans sa direction, abandonnant complètement panier et céréales derrière moi. J’entends un des pacificateurs m’appeler. « Mlle Levitt ? Où allez-vous ? Reprenez votre place, immédiatement ! » Je n’écoute pas, je n’entends pas. Je ne le crains pas. Et je suis de toute façon sur ma lancée et rien ne m’arrêtera. J’arrive enfin à sa hauteur. Elle me lance un regard interrogateur. Je soupire, détestant déjà ce que je m’apprête à dire. « Je suis désolée. Je n’aurais pas dû te parler ainsi. Je suis juste… Fatiguée. » J’hausse les épaules. Je n’en dis pas plus ; elle doit connaître la situation par Milan. Et j’étais certaine que si elle aimait Milan presqu’autant que moins, elle devait aussi être effrayée que moi à l’idée qu’il puisse participer aux Hunger Games de cette année. Je ne sais pas où mes excuses, assez plates, vont nous mener. La seule chose que je sens au fond de moi est que je n’ai pas la force, pour le moment, de me battre contre elle.
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Jeu 19 Avr - 19:39

Cette fille me détestait profondément et je le sentais. Elle le criait de tout son être, même un aveugle aurait pu le comprendre sans avoir besoin de voir quoi que se soit. Mais ce qui me rendait encore plus en colère que je ne l'étais déjà était l'incompréhension. Pourquoi ? Je ne lui avais jamais rien fait après tout. Jamais réellement parlé. Je ne l'appréciais pas pour la simple et bonne raison que je n'avais jamais appris à la connaître. J'en aurais envie qu'elle aurait rejeté ma demande immédiatement. Etait-elle jalouse ? J'étais la meilleure amie de Milan, l'homme qu'elle aimait plus que sa vie. Nous partagions énormément lui et moi et c'est vrai que beaucoup s'étaient demandés ce que nous cachions jusqu'à l'annonce de mon mariage avec Cameron. Mais je ne l'aimais pas de cette façon. Alors Natalee n'avait rien à craindre. Seulement, elle ne lisait pas en moi. Elle ne pouvait pas le savoir. Je devrais sans doute le lui dire très prochainement. Je détestais cette situation. Elle me crachait son venin en plein figure et je restais les bras croisés. Incapable de faire autre chose. Je ne voulais pas me battre avec elle. Il n'y avait aucune raison. Elle se leva, me montrant fièrement sa supériorité de taille. D'accord, elle faisait dix bon centimètres de plus que moi. & alors ? Je n'avais pas peur d'elle. Je la regardai, incrédule. Elle semblait énervée, prête à me répliquer quelque chose à nouveau. Je ne m'étais pas trompée. « Si ça ne te plaît pas, tu peux toujours aller ailleurs ». J'avais envie de rire. Elle avait raison mais je ne voulais pas abandonner la partie si facilement. Elle était méchante, je l'avais été mais nous pouvions nous en arrêter là. Mais elle n'était pas de cet avis. Je pense qu'elle voulait aller jusqu'au bout, dans l'ultime but de me blesser. « Personne n'a besoin de toi, ici ». Des mots qui faisaient mal. Touché. Je restai plantée là, sans bouger. Bien entendu, elle parlait de ma position actuelle dans ce champs. Mais plus que cela, elle voulait me faire comprendre que personne n'avait besoin de moi sur cette Terre. Donc, dans ce district. Mon meilleur ami, mon mari. Elle avait sans doute raison. Je n'étais essentielle à personne. Et j'avais envie de l'étrangler pour avoir osé me rappeler que je n'étais qu'humaine. Mortelle et que l'on pouvait remplacer d'un geste de la main.

La chaleur me faisait tourner la tête ou alors était-ce cette peur qui me hantait désormais. Qui étais-je pour croire que j'avais une place assurée aux côtés de Cameron et Milan ? Personne. Non, vraiment. C'est vraiment un coup bas. Pourtant, comme la jeune femme, le souvenir d'une enfance heureuse en sa compagnie me revînt. Nous n'avions pas toujours été des ennemies. Pire que cela, même. Nous avions été des amies avant de se perdre de vue. Comment ? Par quel miracle ? Nous avions oublié cette après-midi ensemble. Comme si la jalousie avait tout effacé ; balayé. C'était bien malheureux. Nous nous étions entendus à merveille ce jour-là. Mais il était inutile de prononcer un seul mot lorsque l'on était un enfant. Nous étions amis avec toutes les personnes de notre jeune âge, en une fraction de seconde. Et voilà ce qui s'était passé pour nous. J'avais de la peine en cet instant. Maintenant, elle me détestait. Alors que je n'avais rien demandé. Le simple fait de vivre, j'imagine alors qu'elle les voulait pour elle. Milan et Cameron. Je pouvais comprendre, ils étaient si exceptionnels. Mais j'avais le droit de les aimer, moi aussi. Apparemment, elle n'était pas de cet avis.

Je m'étais éloignée, préférant faire comme si je n'avais pas été touchée par ses propos. J'étais assez forte pour ne pas pleurer mais mon coeur semblait saigner sans vouloir s'arrêter. Soudain, j'entendis des pas derrière moi. Quelqu'un courait. Puis, sans que je n'ai eu le temps de comprendre, elle était là devant moi. Natalee. Avait-elle encore envie de me faire du mal ? Qu'elle ne se gêne pas. J'avais envie de cogner, aujourd'hui. Mais ses paroles furent tout autre. Elle s'excusa. Purement et simplement. Elle était honnête, en plus. C'était surprenant, venant d'elle. Je haussai les épaules à mon tour. J'étais incapable de dire le moindre mot. Mais il le fallait pourtant.

ADRASTEE : J'imagine que je peux accepter tes excuses. Nous sommes toutes les deux fautives, en plus. Alors tu es pardonnée.

« Je suis juste … Fatiguée ». Comme je la comprenais. Elle devait terriblement souffrir. Elle avait volontairement mis un terme à sa relation avec Milan -- quelques heures du moins car elle avait peur pour lui. Elle avait l'impression de le perdre, plus les secondes nous rapprochaient des Jeux. & je ressentais la même chose. Je ne voulais pas le voir y aller. Ni lui, ni personne. Je soupirai, baissant les yeux vers le sol.

ADRASTEE : Je sais, tu n'es pas la seule. C'est comme si il s'agissait d'un combat perdu d'avance. Ce que je ne peux pas supporter davantage.

Les Hungers Games, les caprices du Capitole. Il fallait que ça cesse. Nous n'étions pas de vulgaires pions. Nous étions humains. Mais personne ne semblait s'en soucier.
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Dim 22 Avr - 17:08

Je jette un regard attristée vers Adrastée. Quand étions-nous arrivés à ce point ? Enfin, surtout moi. Je doutais que cette fille, qui était la gentillesse incarnée, pouvait me détester autant que je la détestais. Je soupire. Elle était parfaite, tout le monde l’appréciait. Elle était serviable, attentionnée, ne rechignait pas à la tâche. Et moi, je la haïssais, de tout mon être. Pourquoi ? Je n’ai pas vraiment de raisons valables. Je n’avais simplement jamais apprécié le fait qu’elle soit un peu trop proche de mon petit-ami. Je n’avais rien à leur reprocher, pourtant. D’une part, parce que j’étais aussi proche de Cameron que Milan l’était d’Adrastée ; et d’autre part, parce que j’étais bien consciente qu’il ne se passerait jamais rien entre eux. Milan aimait sa meilleure amie comme une sœur, et à chacun de leur rencontre, il me racontait tout en détail. Je savais bien que je n’avais rien à craindre, mais je ne pouvais empêcher ce sentiment de jalousie en moi. Je n’étais guère partageuse, et j’avais la prétention d’affirmer que Milan était mien. Enfin, jusqu’à aujourd’hui. « J'imagine que je peux accepter tes excuses. Nous sommes toutes les deux fautives, en plus. Alors tu es pardonnée. » J’hausse les sourcils. J’avais envie de l’envoyer balader, de lui montrer que sa gentillesse envers moi ne servirait à rien. Je ne serais jamais son amie, inutile d’agir comme si nous en étions. J’étouffe un rire moqueur. Elle acceptait mes excuses et, en plus, partageait la responsabilité de mes actes. Quelle admirable fille ! Elle mériterait d’avoir un article dans le journal local. Je me mords la lèvre. Je ne sais pourquoi tant de pensées horribles, méchantes sur Adrastée me viennent à l’esprit mais je ne peux guère m’en empêcher. De la méchanceté gratuite, voilà ce que j’étais en train de faire. Moi qui détestais ces gens qui se moquaient d’autres personnes plus faibles, ou pire, se montraient violents envers elles, je ne valais en réalité pas mieux. Je chasse ces pensées de mon esprit, me force à sourire et à répondre gentiment : « Merci… de ton pardon. » Le ton gentil de ma voix me paraît trop forcé. J’hausse les épaules. Je ne sais pas vraiment comment faire plus d’efforts. Je ne suis même pas sûre de vouloir plus en faire. Mais, à vrai dire, je n’ai jamais apprécié cette situation où Milan et moi devions voir nos meilleurs amis, presque en cachette, de façon isolée. Je rêverais qu’il s’entende enfin avec Cameron et je sais qu’il apprécierait aussi que je sois plus gentille et amicale envers Adrastée. « Enfin, je ne le mérite pas vraiment. Je n’ai jamais vraiment été… Enfin, tu sais. » Je reste évasive, mais elle comprendra, se souviendra. On n’oublie jamais un comportement agressif envers soi-même.

Je fronce les sourcils, pose la main sur mon ventre. Il est douloureux depuis quelques temps, je n’en connais pas la raison. Mais j’ai eu une nausée ce matin, je couve certainement une maladie. Ce n’est pas quelque chose de bien, je ne pourrais pas venir travailler et je devrais rattraper le nombre d’heures manquées. C’est à dire, travailler deux ou trois heures de plus durant une semaine. Le travail était assez éprouvant comme cela, je ne voulais pas non plus devoir rallonger mes journées. Je décidai d’aller me rendre directement chez le soigneur du district, ce soir. Il ne fallait pas attendre. Il fallait tuer le virus aussi vite que possible. Je passe instinctivement la main sur mon front, essayant de savoir si j’ai de la fièvre. Mais il fait trop chaud pour que je puisse distinguer la chaleur naturelle de mon corps et la fièvre. Je reporte mon attention sur Adrastée. « Je sais, tu n'es pas la seule. C'est comme si il s'agissait d'un combat perdu d'avance. Ce que je ne peux pas supporter davantage. » Ses paroles me touchent au cœur. Elle avait compris ce que je ressentais. Elle-même ressentait la même chose. Je me laisse tomber au sol, histoire de me reposer quelques instants. Je sais que la pause sera de courte durée puisqu’elle n’est pas autorisée. Mais je profite des quelques secondes de répit avant que le Pacificateur n’arrive. « Oui » je souffle, dans un murmure. « S’il y participe, et qu’il lui arrive quelque chose, je ne suis pas sûre de pouvoir continuer … » Ainsi, je l’avais finalement avoué. Ces choses, ces sentiments dont je n’osais parler à personne, pas même à Cameron, je les avoués à une fille que je n’appréciais même pas. Mais il était parfois plus facile de se confier à un inconnu. Je savais que si je voyais Milan se faire tuer, je ne saurais pas vivre sans lui, et peut-être alors (cette idée m’avait traversé l’esprit deux ou trois fois depuis notre rupture) mettrais-je fin à mes jours. Pour mieux le retrouver. Je lève les yeux vers Adrastée. A-t-elle réellement compris ce que je voulais dire par mes derniers mots ? Ou pensait-elle que ce n’était juste une façon de parler ? Sûrement la dernière solution. Il me semble qu’elle n’a jamais été amoureuse, et j’étais bien placée pour savoir qu’elle n’aimait pas son mari. Alors, ce genre de sentiment lui était peut-être complètement inconnu. Qu’importe, j’étais heureuse d’avoir enfin dit ce que je pensais. Même à Adrastée.
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Lun 23 Avr - 17:32

Je voulais me montrer gentille avec elle, en souvenir du bon vieux temps. Mais apparemment, ça ne semblait pas suffire. Natalee avait encore des doutes quant à ma sincérité ou tout simplement à propos de moi. Pour elle, je n'étais pas digne de confiance. J'étais celle qui osait être proche de son homme. J'étais celle qui était mariée à son meilleur ami. Quoi d'autre ? Oh, la fille que l'on plaignait. La fille que l'on appréciait. Mais ce n'était pas ce que je voulais. Je n'étais pas aussi sociable que je semblais l'être. Au contraire même. J'avais quelques problèmes pour communiquer avec les autres. Je préférais être seule que mal accompagnée. Je n'aimais la présence que de rares personnes comme mes soeurs, ma nièce, Milan et maintenant Cameron. Alors, cette conversation avec Natalee me paraissait un peu fausse. Elle qui me détestait. Elle qui ne voulait pas me parler. Les choses changeaient. Je devais peut-être me faire à cette nouvelle « amitié ». Mais pour combien de temps ? Je n'avais pas particulièrement confiance en elle non plus. Si elle m'appréciait autant qu'elle le clamait, elle pouvait très bien avoir envie de se servir de moi aujourd'hui. Et d'ailleurs, je trouvais cela logique. Milan et elle étaient en froid. Ils traversaient une période difficile. Impossible de lui parler de ses doutes. & Cameron était très occupé. Il passait son temps à échafauder des plans pour les rebelles. Et nous avions une relation à entretenir. Natalee se sentait-elle seule ? C'était tout à fait possible. J'avais l'impression d'être utilisée et je redoutais déjà le moment où elle n'aurait plus besoin de moi. Après tout, j'étais humaine. J'avais des sentiments. Toutefois, inutile de penser à cela maintenant.

NATALEE : Merci … De ton pardon.

Voilà que j'étais troublée par cette réponse. Je m'étais peut-être trompée. Elle pouvait avoir changé d'avis. Mais cette petite voix dans ma tête me conseillait de me méfier. Son air hautain ne me disait rien qui vaille et je ne voulais pas tomber dans le panneau. Toutefois, je sentais qu'il y avait une part de vérité dans ses propos. Elle devait se sentir si mal vis à vis de Milan. Elle l'aimait à en mourir, je ne pouvais pas lui enlever. Sur ce point, elle était sincère. Je l'avais vu le serrer dans ses bras ou l'embrasser. Elle ne simulait pas. De vrais sentiments qui me poussaient à l'aider dans sa démarche.

ADRASTEE : Je t'en prie, c'est tout naturel. Tu ne crois pas ?

Voilà qui me permettrait de la tester. Le ton de sa voix me paraissait bien gentil pour une demoiselle censée me détester. Elle adopta le silence pour quelques temps. Je pense qu'elle ne savait pas quoi ajouter de plus. Elle n'avait pas envie d'en faire trop non plus. Mais était-ce cela le premier pas ? Plusieurs minutes passées en sa compagnie, sans hausser la voix ? Je n'en savais rien. Mais j'étais prête à le faire pour Cameron et Milan. Mais si nous nous comportions de manière civilisée, je n'étais pas certaine que nos hommes soient capables d'en faire autant. Et cela me fit sourire. Puis, Natalee reprit la parole. Elle était prête à se montrer désolée pour tout le mal qu'elle m'avait fait.

NATALEE : Je ne le mérite pas vraiment. Je n’ai jamais vraiment été … Enfin, tu sais.
ADRASTEE : Amicale ? Souriante ? Prête à faire des efforts ?

Mon rire s'éleva dans le champs. Elle fronça les sourcils, prête à retrouver ses positions lorsque je lui assurai que je plaisantais. Elle sembla se détendre. Mais après tout, je ne disais que la vérité. Je la regardai poser la main sur son ventre d'une façon bien étrange. Qu'avait-elle ? Malade ? Enceinte ? Je chassai cette dernière pensée de mon esprit. Ce n'était sans doute pas le moment. Mieux valait pour elle que ce ne soit qu'un virus. Son cher et tendre risquait la mort et je suis certaine qu'élever un enfant en ce bas monde n'était pas vraiment ce qu'elle voulait. Pour le voir partir aux Jeux dans douze ans ? Non merci. Puis la jeune fille se concentra de nouveau sur la conversation. Elle paraissait troublée par mes propos. Ou alors, elle était émue. Elle se laissa tomber sur le sol et je l'imitai. Nous n'avions pas beaucoup de temps mais peu importait. Elle éleva la voix mais je dus me rapprocher mon entendre clairement ses mots.

NATALEE : S'il y participe, et qu'il lui arrive quelque chose, je ne suis pas sûre de pouvoir continuer …
ADRASTEE : Je sais, moi non plus.

Si perdre mon meilleur ami était une pensée qui me fendait le coeur, je comprenais ce que je devais ressentir Natalee. Voir la personne que l'on aime se faire tuer. Devant tout Panem. Quel sort funeste. Cela me donnait la nausée. Je ne voulais pas que Milan meurt. Je voulais qu'il vive. Je voulais le voir heureux et embrasser la vie ; la mordre à pleines dents. Mais était-ce encore possible dans notre monde ? Désormais que les Jeux, les souffrances reprenaient. Je ne savais pas. & je devais avouer que continuer le combat sans ma moitié ne me donnait pas envie de rester. Natalee avait sans doute un message dans cette confidence. Que si jamais il mourait, elle serait capable de mettre un terme à sa vie. Je l'en croyais capable. Alors que je connaissais à peine ce sentiment avec Cameron, je sais que j'aurais eu terriblement de mal à me remettre de sa mort. Sans doute aurais-je été brisée à jamais. Alors j'étais sincèrement touchée que Natalee se confie. Je voulais qu'elle sache qu'elle n'était pas seule. Qu'elle ne le serait jamais.
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Jeu 26 Avr - 10:57

Mes mains caressent distraitement la terre. Cette sensation routinière m’est familière. Même si je hais ce métier, j’adore sentir l’odeur des champs. J’adore leur contact. Après tout, ils forment une part entière de ma vie. Chaque district avait sa propre identité. Pour certains, c’était la mer, pour d’autres, les mines. Pour nous, la terre et ses céréales. Il m’arrivait d’être fière – quand j’oubliais pourquoi on nous forçait à rester à un même endroit toute une vie – quand je jetais un regard sur les champs. C’était nous, de pauvres hommes et femmes, parfois même enfants, qui les cultivions. Nous leur donnions vie. Nous nourrissions d’autres districts et surtout le Capitole. Bien sûr, nous aurions préféré garder tout ce travail de dur labeur pour nous. Mais nous n’avions pas le choix. Nous devions obéir aux dures règles du Capitole. Je rêvais parfois, même souvent, de m’enfuir loin d’ici. Je suppose que je ne suis pas la seule. Personne ne rêve d’une vie comme la notre. Je me demandais à quoi ressemblait le monde avant l’existence du Capitole. Est-ce que ce monde était meilleur, est-ce que les habitants étaient plus libres ? Nous n’avions aucune connaissance du monde extérieur, du monde autre que celui de Panem. Y avait-il d’autres entités, telles que nous, sur cette planète ? Autrefois, il y en avait eu. Quand j’étais petite, mon père me racontait l’histoire de ces pays – il en existait des centaines. Il avait hérité de cette connaissance de son père, qui lui-même l’avait hérité de son propre père. En réalité, cette connaissance se passait de génération en génération. Une manière de ne pas oublier qu’un vrai monde a existé, ici, avant nous. Et qu’il ne sera jamais trop tard pour retrouver, reformer ce monde.
Je jette un regard sur Adrastée. Connaissant Cameron, il tentera certainement de l’enrôler chez les rebelles. Tant mieux, il en fallait. J’aurais aimé l’accompagner, mais je ne me sentais pas assez courageuse pour ce genre de choses. Peut-être plus tard … Je songeais à Milan. Il devait détester l’idée que sa meilleure amie puisse rejoindre ce groupe. Je le comprenais. Je craignais pour Cameron, mais j’admirais sa force et son courage. Je ne pensais pas un jour m’inquiéter pour Adrastée. J’avais d’autres soucis que sa propre sécurité. Mais s’il devait lui arriver quelque chose, je détesterais devoir l’annoncer à Milan ; la perte d’un être cher peut être très difficile à vivre. « Je t'en prie, c'est tout naturel. Tu ne crois pas ? » Sa voix me ramène à la raison. J’hausse les épaules. Non, je ne trouvais pas cela naturel. A sa place, je me serais envoyée balader. Je ne méritais pas son pardon, j’avais toujours été odieuse avec elle. La jalousie était un bien gros défaut, chez moi. « Amicale ? Souriante ? Prête à faire des efforts ? » Voilà qu’elle complète ma phrase, comme une vieille amie l’aurait fait. Son rire s’envole. Je fronce les sourcils, n’étant pas prête à rire avec elle, surtout pas à ce sujet. Elle se moquait ouvertement de moi, et je ne la connaissais pas assez – du moins, je ne l’appréciais pas assez – pou rire avec elle, à mes dépens. Mais elle ajoute qu’elle plaisante. Je me détends, allonge mes jambes sur le sol. Par simple politesse, j’ajoute « Sûrement. »

La crainte était partout. Dans sa vie comme dans la mienne. La peur de le perdre. Je frissonne. Comment survivre sans lui ? Moi qui m’étais toujours imaginée, un jour, mariée avec lui. Et Adrastée, qu’avait-elle imaginé pour sa propre vie ? Mariée à un homme qu’elle n’aimait même pas, qu’elle connaissait à peine. J’en doutais. Mais elle aurait pu se battre contre ça, j’en étais certaine. Mes parents aussi rêvaient de me marier avec quelqu’un d’autre, quelqu’un dont la situation nous permettrait de mieux vivre. Quelqu’un bien différent de Milan. Cameron aurait convenu à merveille. Mais j’avais toujours refusé me donner à quelqu’un d’autre. Bien sûr, ils avaient parfois organisé des dîners à la maison, avec des prétendants potentiels. Ils avaient même ramené une fois un homme de cinquante ans. Mais je m’arrangeais toujours pour paraître à mon désavantage : mal habillée, mal coiffée, très impolie, parfois méchante. Généralement, tous abandonnaient. Nous riions de ces rendez-vous avec Milan. Cela l’amusait de me voir tout faire pour pouvoir rester libre, pour lui. Je lui avais juré que rien ne pourrait jamais nous séparer, et je faisais tout pour garder cette promesse. Enfin, jusqu’à l’annonce du retour des jeux. D’ailleurs, mes parents ont vu en notre rupture une occasion en or pour me proposer un mariage. Mais je refusais. Ce n’était pas parce que je m’éloignais de Milan que je voulais donner ma vie, mon corps, mon âme à un vieil inconnu. Ils râlaient, grognaient qu’ils ne savaient plus quoi faire de moi. Leur comportement m’amusait. J’aimais les faire tourner en bourrique. « Je sais, moi non plus. » J’hausse les sourcils. Comment peut-elle dire ça ? Elle ne l’aime pas comme je l’aime. Mais, soudain, je comprends. Bien sûr qu’elle non plus ne pourrait pas continuer. Après tout, il était son meilleur ami. Je savais pertinemment que si Cameron venait à disparaître, je ne pourrais pas le supporter. L’amitié peut parfois être un sentiment bien plus fort que l’amour. Nous avons toujours besoin de nos amis, dans nos vies. J’hoche lentement la tête. « Tout ce que j’espère, c’est qu’il ne se laissera pas mourir. Qu’il se battra … Jusqu’au bout. »
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Ven 27 Avr - 17:40

J'observai Natalee. Son regard était perdu sur les champs. Pensait-elle aussi à une vie ailleurs que dans ce district ? Même si j'appréciais ma maison, je rêvais souvent d'autre chose. Le district 9 ne nous offrait pas de magnifiques paysages comme nous aurions pu en voir en vivant au bord de la mer. La mer, cette immense étendue d'eau. J'aurais tout donné pour toucher du bout des doigts ce liquide qui m'émerveillait. J'aurais voulu apprendre à nager, à pêcher ou à chasser. Mais nous n'avions que des champs à perte de vue et des céréales, chez nous. Pas de forêt. Pas de lacs. Juste des champs. Et très honnêtement, je n'en pouvais plus. Je voulais partir. J'avais envie de découvrir Panem. Les districts. Leurs spécialités. Oui, nous en avions tous. Et cela établissait nos différences. En réalité, c'est parce que nous n'étions pas unis que nous nous laissions manipuler par le Capitole. Un district donnait du poisson, un autre de la viande et le nôtre des céréales. Il y avait également les bijoux de luxe. Des produits tous plus fantastiques les uns que les autres. Si le Capitole avait un train de vie rêvé, les habitants des districts mettaient leurs vies en danger pour satisfaire le gouvernement. Et tous se battaient pour offrir les meilleurs produits. Lorsque l'on y pensait, c'était complètement ridicule. C'est ainsi que le Capitole gagnait à chaque fois. Si une fois de plus, tous les districts s'étaient rebellés ! Mais c'est ce qui était prévu. Du moins pour bientôt. Tous les rebelles n'attendaient que cela. Une guerre, une rébellion contre le gouvernement qui maltraitait son peuple. & même si je m'étais engagée sur cette voix, je ne rêvais que d'une chose. Partir. Loin. Y avait-il une vie après Panem ? Un monde où vivaient des hommes et des femmes libres ? Des pays qui choisissaient eux-même comment gérer la population sans mettre en place des Jeux infâmes dans le but de donner une leçon ? Je l'ignorais, mais j'étais bien curieuse de le savoir. J'avais entendu parler à l'école de ce monde d'autrefois. Bien entendu, des guerres avaient fait rage. Mais les hommes s'étaient toujours détruits. Ils passaient leur temps à s'éliminer, de toute façon. Mais après la pluie, venait le beau temps. Des jours heureux. En avions-nous déjà eu ? J'étais née dans un Panem différent d'antan. Plus de Jeux, plus d'abominations. Mais il faut croire que les hommes se lassent bien vite de la paix. Notre nouveau président s'était basé sur les mêmes erreurs que l'un de ses prédécesseurs. Il avait décidé de rétablir les Hunger Games. Dans quel objectif ? Sans doute nous rappeler à tous que nous n'étions que des pions. Rien de plus. Comme cela me rendait folle. Je ne voulais pas être un vulgaire objet. Je voulais me battre, libérer Panem. Avant de m'en aller pour de bon. Quelle idiote j'étais. Je n'étais pas certaine de trouver mieux ailleurs ; si ailleurs il y avait. Je soupirai. Je n'avais plus vraiment le coeur à plaisanter. Natalee non plus d'ailleurs. Elle semblait épuisée. Elle était fatiguée de se battre pour une cause perdue. Moi aussi. Elle ne pouvait plus prétendre que tout allait bien alors que nous retournions dans un monde fait d'horreurs. Moi non plus. Je ne cherchais plus à être rassurée. Cela ne marchait plus de toute manière. Je n'étais plus une enfant. Malheureusement.

NATALEE : Sûrement.

De quoi parlait-on déjà ? La dure réalité des choses m'avait démoralisée plus que je ne l'aurais souhaité. Je déteste être pessimiste. Mais c'est vrai que nous n'avons plus vraiment de quoi nous montrer positifs. Le Capitole nous prend tout. Notre liberté, nos récoltes et maintenant nos enfants. Un garçon et une fille. Chaque année. Pour montrer à tous que la rébellion est une mauvaise chose. Peut-être. Mais je doute que nous en restions là. Les rebelles ne sont pas prêts à laisser passer une telle décision. Les Hunger Games, de retour ? Nous également. Pour combien de temps ? Je crains pour la vie de mes camarades enrôlés. Pour mon mari ; surtout pour lui. Il risque sa vie pour les autres. Et Milan. Je ne pourrais jamais le voir mourir sur un petit écran de télévision. Jamais. Je tiens trop à lui. Mais je vois bien que si jamais les choses tournent mal, je n'aurais pas d'autre choix. J'ai imaginé la scène des centaines de fois depuis le discours du président. Moi, devant la télévision dans le salon. Milan, tué par un tribut. Moi, m'effondrant sur le sol au moment où le corps de mon meilleur ami est emmené par un hovercraft. Non, c'est trop difficile. Je serai bien incapable de vivre sans lui. Il représente tellement pour moi. Il est comme un frère. Nous n'avons pas le même sang mais c'est tout comme. Nous ne sommes pas de la même famille mais je traite sa soeur comme la mienne. Nous nous sommes toujours entendus. Jamais une vraie dispute. Des prises de tête. Des engueulades. Mais jamais sérieuses. Nous sommes bien incapables d'être fâchés. Tout cela me manquerait cruellement, si Milan n'était plus de ce monde. Devoir prendre soin de sa soeur & de Natalee également. Si cette dernière ne se laisse pas mourir avant. Elle en serait capable. Pas moi. J'aurais de la peine, toute ma vie mais je suis une battante. Je le ferai pour lui. Pour nous. Mon Milan. Je ne peux accepter de le laisser partir sans lui dire tout ce que je ressens. Je l'aime, c'est un fait. Pas comme un amoureux mais comme une personne qui compte plus que tout.

NATALEE : Tout ce que j'espère, c'est qu'il ne se laissera pas mourir. Qu'il se battra … Jusqu'au bout.
ADRASTEE : Tu peux lui faire confiance.

Milan n'était pas du genre à abandonner. Certes, il était prêt à donner sa vie pour sa soeur, pour sa bien aimée ou même pour sa meilleure amie. Mais il ne pouvait pas se laisser mourir comme cela. Il devait se battre jusqu'à n'en plus pouvoir. Il avait la rage de vivre. Et je savais que malgré tout, sa vie avait un sens. Il ne pouvait pas gaspiller ces 18 années de vie d'un simple claquement de doigts. Non. En tout cas, je ne pouvais pas le laisser faire. Il devait se battre. Pour elles. Pour moi. Pour nous tous. Pour Panem.
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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Dim 6 Mai - 19:52

J’aurais dû me sentir forte. Pour moi-même mais aussi pour Milan, pour ma famille, la sienne, pour Cameron. Au contraire, je me sentais tellement faible que j’arrivais à peine à me tenir debout. Je sentais mon corps si fébrile. Mes muscles me répondaient à peine. Mon esprit était ailleurs, perdu à des années de ça. Là où le monde était meilleur, moins inquiétant, moins effrayant. Les jours, les heures, les secondes s’arrêtaient. Je revivais sans cesse le jour de l’affreuse annonce. Depuis, sans cesse, je revoyais ces images dans mes cauchemars les plus horribles. Les rires du Capitole, le sang des futurs tributes. Le sang de mon Milan. Le sang de nos enfants. Je connaissais énormément de monde au district, énormément d’enfants qui avaient des chances de se voir sélectionnés le jour de la moisson. Nous devrions ensuite les regarder s’affronter avec d’autres enfants, tout aussi fragile qu’eux ; se faire tuer. Mourir. Tous étaient bien trop jeunes pour un tel destin. Que ce soit à onze ans ou dix-huit ans, ils n’ont certainement pas eu le temps de faire grand-chose de leur vie. Ils n’avaient rien vu, rien vécu. Et ils mourraient. Simplement. En un claquement de doigt. Je soupire. Le temps des jeux m’inquiète. Non seulement pour les personnes de mon district, mais aussi pour tous les autres. Vingt-trois familles pleureront leur enfant perdu, tandis qu’une aura certainement honte d’acclamer leur enfant victorieux, coupable de plusieurs meurtres. Adrastée me contemple, certainement avec étonnement. J’ai peut-être l’air idiote, perdue ainsi dans mes pensées. Mais qu’importe, ce n’est pas aujourd’hui que l’opinion des autres à mon propos m’intéressera. Et surtout pas celui d’Adrastée. Et surtout pas celui d’Adrastée. « Tu peux lui faire confiance. » conclut-elle. J’hausse les épaules. Je ne suis pas autant convaincue qu’elle semble l’être. Je connais assez Milan pour savoir qu’il fera face à son destin sans chercher à le combattre. S’il doit mourir, il l’acceptera sans un mot, sans un geste. La mort ne l’effraie pas vraiment. Du moins, je ne pense pas. La mort de ses proches l’inquiète, mais pas sa propre mort. S’il sait que nous sommes en sécurité, il mourra en paix. Je le déteste pour cela. Je le déteste d’accepter cette situation. D’accepter le fait qu’il puisse mourir aussi jeune. M’abandonner, seule. Ce serait étrange pour moi de me retrouver seule. Tout au long de ma vie, je fus accompagnée. Par Cameron, puis par Milan et Cameron. Mon meilleur ami est à présent marié, et bien que nous continuions à nous voir régulièrement, je sais qu’il passera de plus en plus de temps avec son épouse. Si Milan disparait, je serais si désemparée. Si démunie. Sans lui … Il m’est impossible de m’imaginer vivre sans lui, vivre sans ses mots doux, ses tendres caresses. Mais la vie ne nous offre pas toujours des choix que l’on peut négocier. S’il doit partir, je n’aurais pas d’autres choix que d’accepter. Si je refuse, ce sera à mes risques et périls.

Je n’ai plus envie de parler de ça, ni d’y penser. Pas maintenant. Je devrais me lever et retourner au travail mais je n’en ai pas le courage non plus. Je préfère rester là, près d’Adrastée. Je n’aurais jamais imaginé dire cela mais je préférais sa présence au travail long et douloureux que nous offrait le district neuf. Je songe à Cameron, son mari. Je regarde Adrastée, et pose la question qui me brûle soudain les lèvres : « Comment va Cameron ? » J’espère qu’elle ne sera pas gênée par ma question, je ne sais pas le regard qu’elle porte sur la relation que j’entretiens avec mon meilleur ami. Une relation fraternelle, presque fusionnelle. Mais je n’avais pas eu de ses nouvelles depuis un bon moment, nous étions occupés, chacun de notre côté et je désirais, plus que tout, savoir comment il se portait. Je savais que je n’aurais pas des détails aussi soutenus que si Cameron me les avait donné lui-même, mais c’était mieux que rien. Et Adrastée vivait avec lui, elle devait bien voir s’il allait bien. A moins qu’elle soit trop occupée à se soucier d’elle-même. Je soupire. La juger ainsi n’est guère une bonne solution. Face à de telles situations, nous devions être alliées, et non pas ennemies.


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MessageSujet: Re: ADRASTEE ▬ You'd better not talk to me.   Sam 12 Mai - 16:10

Ma réponse ne semble pas la convaincre. Et c'est vrai que je ne suis pas sûre de penser ce que je dis. Qui suis-je pour affirmer une telle chose ? Suis-je dans la tête de Milan pour en arriver à une telle conclusion ? En réalité, je ne peux qu'espérer que se sera la vérité. Du moins, si il est sélectionné. C'est un garçon brave et courageux mais l'est-il assez pour ça ? Si Milan doit aller dans cette arène, il sera sans aucun doute la personne la moins entraînée. Certains districts vivent pour les Jeux. Ils sont conçus pour y aller. Comment ont-ils tenus si longtemps sans les Hunger Games, leur raison de vivre ? C'est ce qu'on nous a toujours enseigné à l'école. Le 1 et le 2 ont souvent été vainqueurs par le passé parce qu'ils trichent. Ils n'ont pas de vraie sélection. Les jeunes se portent volontaires pour y aller car ils se sont entraînés pendant des années. Ils sont forts, rapides, savent utiliser une arme et sont prêts à tout pour gagner. Pour vivre aussi. Milan saurait-il en faire autant ? Je l'ignore. Il n'a pas toutes ces qualités. Il ne sait pas se battre correctement, pas de servir d'une arme et il n'a jamais tué. Il n'est pas comme les autres. Il n'est pas prêt. Et même si je l'aime et que j'ai confiance en lui, je ne le vois pas tenir longtemps avec des fauves. Mon Milan. Mon meilleur ami. Je soupire. Qui pourrait être ravi d'entrer dans l'arène ? Personne de normalement constitué. Comme chaque année avant la « pause », se sera un véritable bain de sang. Une boucherie. Merde, se sont des enfants que nous envoyons à l'abattoir ! Comment les habitants du Capitole peuvent-ils apprécier le spectacle ? Comment peuvent-ils décider que le rétablissement des Jeux est la meilleure chose à faire ? Parce que se sont tous des idiots. Ils sont aveuglés par les choses matérielles. Argent, femmes, beaux appartements … Ce que nous n'avons pas ici. Le Capitole ne comprend pas ce que nous traversons dans les districts car leurs enfants ne sont pas sacrifiés. Ils ne craignent rien. Dans la véritable vie, celle que nous vivons partout ailleurs à Panem, les enfants se doivent d'accepter leur sort. Et je sais qu'avant même d'être sélectionné, Milan s'est fait à l'idée. Il sait qu'il ira aux Jeux et qu'il mourra. Je lui en veux un peu c'est vrai mais au moins, il sera préparé si jamais cela doit arriver. Il se rendra dans cette arènes, se battra et laissera échapper son dernier souffle en étant un homme libre. C'est tout ce que je peux lui souhaiter. Mais Natalee n'est pas de cet avis. Elle est tellement en colère que je peux le sentir. Elle ne peut pas le voir y aller car c'est tout son univers qui s'effondre. Elle n'est pas prête à refaire sa vie sans Milan. Moi non plus soyons honnêtes, mais je me dois d'accepter le destin. Sans doute est-ce plus facile pour moi. J'ai maintenant Cameron. Si Milan meurt, j'aurais une épaule sur laquelle pleurer. J'aurais toujours ses caresses, ses baisers et son amour. Natalee n'aura plus rien de cela. Elle sera seule. Plus d'amoureux, plus de raison de vivre. C'est triste pour elle. Sincèrement. Je dirais presque que j'éprouve de la pitié.

Je soupire. Je ne pense pas que la jeune femme a réellement envie de parler de ça. Elle est assez tendue comme cela. Il est inutile d'en rajouter. Alors que le silence s'est installé entre nous, Natalee élève la voix. Elle me demande comment va mon mari. Mon coeur a un raté. Son nom m'évoque des souvenirs heureux comme douloureux. Nos heures à s'esquiver, à ne pas se parler, à souffrir dans notre coin. Puis, récemment, nos moments tous les deux, nos discussions au milieu de la nuit, nos baisers et nos caresses. Mais je crois que je commence à avoir des sentiments réels pour le jeune homme. Je ne sais pas encore si je suis amoureuse mais bon.

ADRASTEE : Il va très bien, merci. Mais tu peux venir le voir à la maison.

C'est vrai, elle est son amie après tout. Je ne peux pas les empêcher d'être proches. Et je peux comprendre cette amitié car je vis la même avec Milan. J'esquisse un sourire alors que je vois un Pacificateur s'approcher de nous. Je lève les yeux au ciel et soupire. Je me relève et aide Natalee à en faire de même.

ADRASTEE : Je crois que nous devrions retourner travailler. Mais merci pour la petite conversation. Tu sais où se trouve ma maison si tu veux te confier.

Je la salue et m'éloigne d'elle. J'aurais aimé continuer à parler avec elle, à profiter de sa compagnie pour une fois agréable. Mais le travail avant tout. C'est ça ou une punition pour n'avoir pas accompli nos tâches.

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