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 'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)

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MessageSujet: 'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)   Ven 3 Aoû - 22:07





Cela faisait des jours et des jours que je traversais la vie en véritable spectateur, sans vraiment y prendre part, en attendant simplement qu’elle se stoppe – en même temps que la dictature, préférablement. Des jours que Natalee m’avait annoncé être enceinte. Que j’avais été gravement blessé. Qu’Adrastée et moi avions fait l’amour pour la première fois. Que le bal avait eu lieu. J’avais réussi à m’en sortir, et je me demandais encore comment. Mais cela importait peu. Le principal était de réussir à sauver Milan avant le début des Jeux. Je n’étais pas persuadé de pouvoir le faire. Mais j’allais essayer. Pourquoi me tracassais-je ? Je n’en avais aucune idée. Peut-être pour Adrastée. Mais je savais pertinemment que ma vraie motivation était Natalee, et mon moteur, l’amour que je lui portais. Elle me manquait, terriblement. Tellement que j’avais mal au fond de mon cœur. Tellement que j’en pleurais parfois. Elle avait été la seule à me tendre la main lorsque rien n’allait dans ma vie. Gamin, Adolescent, Adulte. J’avais tout affronté grâce à elle. Et je pensais qu’au fond, nous aurions dû finir ensemble. Nous étions destinés à être ensemble. Malheureusement, le sort en avait voulu autrement. J’aimais ma femme de tout mon cœur, vraiment, mais elle n’était pas Natalee. Aucune femme ne le serait. Même si je savais qu’Adrastée était la seule à pouvoir combler ce manque, je ne pouvais m’empêcher de remarquer cette petite partie de moi qui mourait lentement. L’enfant qui sommeillait dans mon cœur ; le gosse amoureux. Je n’étais que l’ombre de ce personnage. Je ne lui ressemblais plus. Et je détestais cela. J’aurais aimé toujours être cet enfant. Toujours être innocent, et puis surtout, protégé. Protégé par elle. Elle n’était plus là pour moi. Et j’avais beau me dire que c’était normal, que je n’avais plus dix ans, sa présence faisait défaut à mon âme.
Je me levai tôt ce matin-là, laissai un mot à Adrastée, et partis de la maison. Le soleil n’était pas encore levé. Je m’aventurai en direction de la forêt. J’y remettais rarement les pieds, hormis pour les leçons de combat. Cet endroit me rappelait de mauvais souvenirs. J’avais failli y mourir, tout d’abord. Et puis, j’y allais souvent avant. Avec elle. Alors, ce n’était pas la peine de remuer le couteau. Lorsque je venais m’y promener, j’avais l’impression que c’était comme si on m’achevait une seconde fois. Comme si on me rappelait, irréversiblement, qu’elle n’était plus à moi. Qu’elle ne l’avait jamais été. Ou l’espace de quelques secondes. Était-ce possible ? D’aimer deux personnes en même temps, avec la même intensité ? Je savais que j’étais éperdument amoureux de ma femme, il n’y avait pas de doute possible. Mais Natalee avait tout chamboulé. Désormais, je n’étais plus certain de rien. En particulier de mes sentiments. Et des siens, encore moins. Elle aimait Milan, mais je la sentais pourtant tiraillée. Comme si elle avait presque eu du mal à se refuser à moi. À me fuir. Elle l’avait sans doute aussi mal vécu que moi. Mais j’étais le seul à ne pas m’en remettre. À penser à elle. De ce que je savais, je n’étais qu’un vieux souvenir à ses yeux. Un fantôme qu’elle avait autrefois connu.

Je traversai la forêt sans m’arrêter, jusqu’à arriver à la limite du district. Je me repliai sur moi, le souffle coupé. Puis j’avançai de quelques mètres encore, jusqu’à l’endroit où nous avions l’habitude de nous retrouver. Arrivé là, je m’assis au sol, presque en tombant, éreinté, et laissai les larmes couler sur mes joues. Mes paupières se fermèrent, ma nuque bascula en arrière, puis tout mon corps. Je m’allongeai à côté du vieux poirier. Je plantai mes yeux vers le soleil, quitte à me brûler les rétines. Peu m’importait. Je souffrais déjà, alors une douleur de plus ou de moins…
« Je t’aime, Natalee ». C’était tellement simple à penser. Tellement naturel aussi. Saurait-elle vraiment ce que je voudrais dire ? Je n’avais pas envie de l’avoir pour femme, non. J’aimais la mienne plus que tout. Mais j’étais amoureux de Natalee aussi. Je l’avais toujours été. Et il n’est jamais facile de laisser filer son premier amour. J’étais perdu, sans elle. Déboussolée. Elle était mon repère. Dans toute son imperfection, dans toute son immaturité. Je l’aimais telle qu’elle était, sans vouloir la changer. Mais son comportement – le mien aussi, même si ça me fait du mal de l’admettre – nous avait menés à une impasse. Peut-être se moquait-elle bien de ce que je pouvais devenir à présent. Peut-être était-elle satisfaite de sa vie parfaite avec son copain parfait qui allait parfaitement mourir dans ces Jeux. Et ce bébé qui allait naître. Je savais que si nous avions fait l’amour, j’aurais douté de la paternité de cet enfant. Il était évident que cela n’aurait rien changé. L’acte était déjà commis avant notre incident. Mais j’aurais toujours pensé que c’aurait pu être mon enfant. Or, ça ne l’était pas. Nous n’avions rien fait. Et j’étais jaloux de Milan. Il allait sûrement mourir, certes ; mais s’il survivait, il aurait un bébé. Natalee devait vraiment l’aimer énormément, pour accepter de porter sa progéniture alors que le père allait sûrement bientôt claquer. Je ravalai ma rage. Je lui en voulais profondément, à ce Milan. Je lui en voulais pour s’être comporté comme il l’avait fait. Pour avoir indirectement gâché mon histoire avec Natalee. La vie que nous aurions eue s’il n’avait jamais débarqué, s’il n’y avait pas eu Adrastée. Ou même, s’il n’avait pas trompé Natalee, tout simplement. Elle n’aurait alors jamais cherché le réconfort, ni la vengeance. Et surtout pas avec moi.

Soudain, des bruits de pas. Je ne bougeai pas, et fermai les yeux. La personne s’assit à côté de moi, sans bruit. Et je savais très bien de qui il s’agissait. Je me redressai et baissai la tête. Je n’avais pas envie de lui parler. Vraiment pas. J’avais peur d’en dire beaucoup, d’en dire trop. Et ce n’était plus utile, au point où nous en étions. Vraiment plus utile du tout.


Dernière édition par Cameron Huggins le Jeu 9 Aoû - 19:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)   Sam 4 Aoû - 20:41

It's a terrible love and I'm walking with spiders. It's a terrible love and I'm walkin' in its quiet company.


L’oubli. L’un de ces sentiments que l’on aimerait tous pouvoir connaître un jour sans pour autant y accéder. Oublier. Oublier pour mieux avancer. Ce sentiment me paraissait tellement abstrait, tellement lointain. Je ne pourrais jamais le connaître, cela était certain. J’étais condamnée à me souvenir, à ressasser tous mes souvenirs, de fond en large. A regretter. A aimer, encore. Croire encore que le monde s’écroule autour de moi, s’il m’abandonne. S’il ne me revient pas. J’étais désormais seule, complètement seule. Il n’y avait plus que le petit être, grandissant en moi, pour me tenir compagnie. Mais ce n’était malheureusement pas assez ; je voulais plus, toujours plus. Je voulais Milan. Je voulais Cameron, aussi. Il serait difficile de revoir le premier avant la fin des jeux. Cela étant, s’il ne réussit pas à se défendre, il est clair que je ne le reverrais jamais. Concernant le second, les choses étaient moins compliquées. Du moins, il n’était pas à des milliers de kilomètres de moi. Physiquement. Mais moralement ? Où on étions-nous ? Telle est la question que je me pose désormais depuis quelques semaines. Il me manquait, indéniablement. Je me sentais vide ; une part de moi-même, de mon corps, de mon être, disparaissait petit à petit. J’avais besoin de le retrouver, lui, son rire, sa philosophie, sa façon d’agir, son regard. Son amitié, son amour. Je n’avais jamais appris à vivre sans lui. D’ailleurs, comment pouvions-nous, tout à coup, apprendre à vivre sans la personne qui a grandi à vos côtés. J’ai le sentiment de connaître Cameron depuis toujours. Il sait tout de moi, comme je sais tout de lui. Il est évident qu’il me connait mieux que quiconque, sûrement même mieux que me connait Milan. Inutile de rajouter que je le connais bien mieux que sa jeune épouse. Qu’importe, cela ne l’empêche pas de ne plus me parler, de me blâmer pour mon comportement, de me haïr. Cela était entièrement de ma faute, bien sûr. J’en prends l’entière responsabilité, mais j’ai bien du mal à en accepter les conséquences. Sans oser me l’avouer, par fierté, je savais que j’avais besoin de lui, de sa présence, de ses mots et gestes rassurants. Je voulais qu’il continue à veiller sur moi, comme il l’avait toujours fait. J’aurais pu le supplier, lui répéter des dizaines de fois, au creux de son oreille « Reviens-moi. » mais je ne le faisais pas. Je ne pouvais pas. Je n’y arrivais pas. Mais, jour et nuit, je rêvais, qu’en effet, il me revienne.

Debout, dans la forêt, mes pas me menaient sans que je puisse vraiment les contrôler. Ils faisaient de moi ce qu’ils voulaient. Je n’avais plus aucun contrôle sur moi-même. Je me laissais faire comme une enfant. Je n’avais plus aucun but, en réalité. Je vagabondais dans les rues miteuses du district en attendant que la vie reprenne son cours habituel. Voilà. Je pensais que mon existence s’était arrêtée depuis le départ de Milan, depuis ma « rupture » avec mon meilleur ami. J’espérais me réveiller, un matin, et constater que tout cela n’est qu’un mauvais rêve. Un cauchemar. Je suis en train de vivre un véritable cauchemar. Au fur et à mesure de mon avancée, je comprends où mon corps cherche à m’emmener. J’essaie de renoncer, mais c’est impossible. Le corps est plus fort que l’esprit. L’esprit ne vit presque plus, se replie sur lui-même. Privé de ses deux éléments moteurs, il n’a plus de raison d’être. La limite du district. M’y voilà. Ce n’est pas pour rien que mes pas m’emmenèrent là. Ceci est notre endroit de prédilection, notre lieu de rendez-vous. Là où nous nous retrouvions pour échapper à la misère notre chez-nous. Nous restions seuls, des heures, à jouer, discuter, imaginer comment était la vie ailleurs. Autrefois. C’est sans réelle surprise que je découvre la silhouette de Cameron. Comme si, inconsciemment, j’avais su qu’il serait là. J’hésite, mais encore une fois, mon corps me pousse à le retrouver. Je l’observe quelques secondes, avant de me lancer. Assis, recroquevillé sur lui-même, il semble malheureux. A cause d’Adrastée, peut-être ? Ou de moi ? Je soupire. Je ne suis même pas sûre qu’il regrette notre amitié perdue. Lentement, je m’avance vers lui. Arrivée à sa hauteur, je m’assois à ses côtés. Il se renfrogne, baisse le visage. Je ne prononce pas un mot pendant de longues minutes, profitant juste de sa présence avant que, peut-être, il ne me fuie ou me hurle dessus. Je n’ose pas le regarder, mais ses reniflements – qui se veulent pourtant discrets – m’indiquent qu’il a pleuré. Cela me fend le cœur. Je déteste le voir triste, surtout si cela est à cause de moi. Je passe la main dans mes cheveux, avant de lâcher, dans un murmure : « Tu me manques. » Je me mords la lèvre. Qu’est-ce qui m’avait pris ? Je n’avais pas voulu dire cela, les mots m’ont échappé. J’avais simplement l’intention de prononcer son nom, pas ses mots. J’avais peur de sa réaction. Je l’avais vu en colère bien trop souvent récemment, et j’avais peur que cela ravive sa rancune. Je me racle la gorge. « Désolée, je ne voulais pas … » Je soupire. Pourquoi les choses étaient-elles devenues si étranges entre nous ? Alors que je passais mon temps à lui parler de tout et de rien, sans aucune retenue, voilà que je pesais mes mots, regrettais mes paroles. J’étais idiote. Je me replie sur moi-même, attrape mes jambes que je serre entre mes bras, et attend la réaction de Cameron. Je crains ses mots tranchants tels des poignards, tous plus douloureux les uns que les autres.


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MessageSujet: Re: 'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)   Sam 4 Aoû - 21:22

Pouvais-je vraiment la haïr ? Pouvais-je vraiment lui dire des choses méchantes, aussi terribles que celles que j’avais prononcées sous le coup de la colère ? Je me rappelais chaque mot que j’avais prononcé ce soir-là. Elle m’avait rendu fou de rage, et de désespoir aussi. Elle m’avait brisé. Et pouvait-elle seulement le comprendre ? J’avais rêvé de ce moment. J’avais souhaité qu’il arrive. Et finalement, elle m’avait déçu. C’était la deuxième fois dans notre « histoire » qu’elle provoquait en moi une grande déception. La première avait été de s’éprendre de Milan. Il était jeune, et détestable. À vrai dire, s’il n’avait pas été son amant, s’il avait été un gamin parmi tant d’autres choisis pour participer aux Jeux, j’aurais souhaité qu’il meure. Or là, je le voulais vivant, car je savais à quel point mon amie serait anéantie sinon. Je le voulais vivant, sans aucun doute pour lui faire payer ce qu’il m’avait fait. Lui faire payer de mes propres mains. Je voulais m’offrir sa vie, en quelque sorte. C’était incroyablement égoïste. Un souhait, un simple souhait, celui de l’anéantir. Et l’air de rien, le soir où Natalee et moi avions failli passer à l’acte, j’attendais aussi la satisfaction de cette révélation. Quand Milan le saurait, il serait fou de rage. Mais après tout, je ne lui devais rien. Il m’avait pris Natalee. Il l’avait brisée, et il m’avait laissé recoller les morceaux. Il n’avait pas spécifié de quelle manière il voulait que ce soit fait. Alors, les baisers que nous avions échangés étaient, pour moi, légitimes. Nous avions le droit de vivre ça. C’était une partie de notre histoire. Nous avions attendu ce moment. Et une fois passé, je l’avais regretté plus que tout. Vraiment, comment en étions-nous arrivés là ?
Natalee s’était assise à côté de moi, comme une étrangère, puis avait lâché des mots dans le vide. « Tu me manques ». Elle s’excusa rapidement de cette confession. Elle pouvait, effectivement ; oser me dire que je lui manquais, alors qu’elle était celle qui avait tout provoqué. Pourtant, je ne me fâchai pas. Je secouai simplement la tête, et levai les yeux vers elle.

- Tu n’es pas une garce.

Je m’éclaircis la gorge. La regarder était difficile, après tout ce que nous avions vécu. Elle était belle, belle et inaccessible. Nous ne pourrions jamais rien vivre ensemble. Il fallait bien s’y faire, mais c’était tellement dur de la voir partir. Où se situait la limite entre notre amitié et notre amour ? Je me l’étais toujours demandé. Je n’avais jamais su ce qu’elle pensait de moi, jamais su si elle m’aimait autant que je l’aimais. Jamais su non plus si j’avais raté une quelconque opportunité avec elle. Aurais-je dû agir à un moment-donné ? Aurais-je dû interpréter certaines paroles d’une autre manière ? Je serrai les dents, la regardant toujours. Je ne savais pas. Et je n’avais pas vraiment envie de savoir, en fait. J’étais persuadé que tout ce que j’aurais appris, c’était combien elle aimait Milan, déjà lorsque nous étions encore jeunes. Il était plus petit que nous, et cela faisait une différence à l’adolescence. Mais aujourd’hui, je ne rivalisais plus. Je n’avais jamais rivalisé. Je n’étais pas une concurrence redoutable pour lui : juste l’ami qu’on ne regarde pas vraiment autrement, parce qu’il fait partie du paysage, de l’environnement. Je me rendais compte que Natalee n’avait peut-être rien voulu de tout ça. Elle n’avait peut-être pas pu contrôler. Son amour, son cœur, sa raison. Faire la balance entre tous ces éléments. J’étais sans aucun doute le choix de la raison. Une décision qui aurait été amplement réfléchie. Milan représentait la passion. Tout ce que je n’étais pas.

- Je ne te déteste pas. Comment le pourrais-je…

Je détournai les yeux, fixant le paysage face à moi, celui du district neuf. Juste derrière nous, un autre monde. Nous aurions pu partir là-bas. Mais nous n’avions jamais franchi le pas. Aurait-elle seulement voulu s’éloigner de Milan, de sa vie ici, de sa famille ? Juste pour moi ? Je savais depuis bien longtemps que, si Natalee était fougueuse, elle n’était pas déraisonnable. Elle n’aurait jamais fait quelque chose qu’elle aurait pu regretter par la suite. À part m’embrasser. Je laissai mon regard piqué sur l’horizon. Je ne voulais pas me tourner vers elle. Je ne le pouvais pas. Des mots sortirent de ma bouche, presque sans que je puisse les retenir.

- Je t’aime.

Ma main effleura le sol pour arracher quelques brins d’herbe. Mon bras me faisait toujours mal, mais je ne sentais presque pas la douleur. Il y en avait une bien plus vive, depuis si longtemps, qui s’emparait de moi à chaque fois que je croisais ses yeux bleus. Je n’avais plus envie d’imaginer ce que ma vie aurait pu être avec elle. J’en souffrais trop. J’étais bien sûr heureux avec Adrastée. Il s’agissait simplement d’un autre chemin. Ma vie aurait été totalement différente sans ma femme, ni Milan. Natalee serait probablement celle qui porterait mon alliance. Et elle porterait mon enfant, en ce moment. J’y avais pensé depuis des années. Ce n’était désormais qu’un vieux souhait qui s’évanouissait, et ne serait jamais assouvi. Je l’avais désirée, la nuit où elle était venue me voir. Je l’avais tellement désirée. Et je savais qu’elle m’avait voulu aussi, l’espace d’un instant. J’avais juste besoin de cela. Je n’attendais pas qu’elle me réponde. Ce n’était pas la peine. Après tout, le soir-même, nous serions de retour dans nos maisons respectives. Moi auprès de ma femme, que j’aimais chaque jour davantage. Elle auprès de sa famille, du moins, de ce qu’il en restait. C’était comme ça que cela devait se passer. Et c’était très bien.


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MessageSujet: Re: 'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)   Dim 5 Aoû - 18:25

« Everybody's got a dark side. Do you love me ? Can you love mine ? »
J’avais peur de devoir faire face au silence, ou pire, aux insultes. Je craignais qu’il me crache encore sa haine au visage, comme il l’avait fait lors de nos précédentes rencontres. Je ne m’attendais pas à ce qu’il retire ce qu’il m’avait dit, quelques semaines plus tôt. « Tu n’es pas une garce. » Ses mots me font sursauter. Me provoquent un remous intérieur, me donnent presque envie de pleurer, mais j’avais appris à ne plus laisser mes émotions me submerger. J’avais appris à me contrôler. Nos regards se croisent. Ses yeux noisette me toisent. Je penche la tête sur le côté. Il est beau, dans son infinie tristesse, il reste beau. Il garde ce visage enfantin, celui que j’ai découvert pour la première fois noyé de larmes, dix ans plus tôt. Il semblait si innocent, fragile. Il m’avait étonné, l’autre soir, quand il m’avait insulté d’égoïste, de garce, quand il m’a renvoyé de sa maison. Il n’était plus le même, il était différent. Je l’avais haï, du moins, j’avais essayé. Mais Cameron restait Cameron. Mon meilleur ami. Mon frère. Ma vie. Les gestes avaient dérapé. Nous avions franchi la limite à ne pas dépasser. Embrassés. Caressés. Etait-ce là l’aboutissement nécessaire de notre amitié ? Ou simplement une erreur parmi tant d’autres ? Je ne savais pas, je ne savais plus. « Merci. » est le seul mot qui parvient à sortir de ma bouche. Je ne sais pas quoi dire d’autres. Mais le remercier semble nécessaire. Ses mots avaient hanté mes nuits, et je suis reconnaissante qu’il ait accepté de les retirer. « Tu n’es pas un égoïste. » ajoutai-je. Moi aussi, j’avais dépassé les limites. Mes mots, également, avaient dépassé le fond de ma pensée. Cameron était bien le garçon le moins égoïste qu’il m’avait été donné de connaître. Me faisant toujours penser avant les autres, il n’était pas du genre à ne penser qu’à sa propre personne. Au contraire, il avait toujours été là pour moi. Dans mes pires moments de faiblesse. Parfois, il était mon oxygène. Ma raison d’avancer. Je ne l’avais jamais détesté. Jusqu’à récemment, nous ne nous étions même jamais disputés. Alors, pour moi, tout cela n’avait aucun sens. « Je ne te déteste pas. Comment le pourrais-je… » Je fronce les sourcils. Soulagée, je ne souffle pas un mot. J’y avais cru. A sa haine. J’étais certaine qu’il me détestait, me haïssait et qu’il ne me reparlerait plus jamais. Pire, qu’il ne me pardonnerait pas. J’hoche doucement la tête, sans qu’il ne me voie puisqu’il semble éviter mon regard. « Moi non plus, Cameron. Je ne t’ai jamais détesté. Pas une seule seconde. » C’était vrai. Même dans ma colère la plus forte, la plus intense, je ne l’avais pas détesté. Je n’avais pas pu, cela était bien trop difficile pour moi. Comment pouvais-je détester mon frère ? La relation que nous avions toujours entretenue ne prêtait pas à la haine, mais à l’amitié, à l’amour. Je regrette, bien sûr, nos moments d’insouciance. Ce temps où nous étions heureux. Où nous ne vivions qu’à deux. La promesse d’un monde meilleur s’offrait à nous. Je me promettais secrètement que, devenue majeure, je m’enfuirai de cet enfer, Cameron à mes côtés. Mais Milan était entré dans ma vie, et le quitter me semblait absurde, impensable. Lui ne pouvait pas fuir, il se devait de veiller sur sa famille. Alors, mes rêves s’étaient écroulés, là. Partir avec Cameron resterait un espoir vain. Ma vie se ferait désormais au district neuf. Pour mon plus grand malheur. Mais je m’étais réconfortée, en songeant que Milan et Cameron serait toujours dans mon entourage. Je m’étais trompée : aujourd’hui, Milan est bien loin et quelque chose s’est brisé entre mon meilleur ami et moi.

Je n’ai pas été parfaite dans cette histoire, j’en suis consciente. J’ai énormément de choses à me reprocher. J’aimerais revenir en arrière, regarder la Natalee de ce jour-là et lui demander de ne pas commettre l’erreur de sa vie. Je l’empêcherai de se rendre chez son ami, ou alors, je l’interdirai de poser ses lèvres sur les siennes. Je lui apprendrai que cela ne peut rien leur apporter de bon. Que des malheurs, que des malheurs …
Les erreurs, paraît-il, nous forgent. Nous apprennent à ne plus les reproduire, à avancer. Mon erreur ne m’avait pas forgé, au contraire. Elle m’avait dénigrée, salie. Je me sentais sale. Pas sale de l’avoir embrassé, de l’avoir enlacé. Sale de l’avoir blessé. Lui et le père de mon enfant. Instinctivement, je passe la main sur mon ventre, encore plat. Je ne l’imagine pas grandir dans ce monde. Ce monde dépourvu de tendresse. Je prie chaque soir pour que son père lui revienne. Et pour que Cameron, celui qui serait, je le savais, comme son grand frère, son parrain sûrement, lui apprenne la vie. Comme il me l’avait appris. Sa voix me sort de ma rêverie. « Je t’aime. » Un léger sourire se dessine sur mon visage. Je m’apprête à lui répondre que moi aussi, je l’aime, comme je l’ai toujours aimé quand soudain, je comprends. Son amour n’est plus celui que je croyais. Son amour est vrai. Le vrai, le grand amour. Il est vif, brûle en lui. Je le sens. Et moi, que puis-je répondre à ça ? Je savais que si je lui répondais que je partageais ses sentiments, cela le blesserait. Et puis, l’aimais-je de la même façon que lui ? J’en doutais. Alors, simplement, ma main cherche la sienne. L’attrape, la serre. Nos doigts s’entrelacent. Par le contact, je lui prouve toute la force de mon amitié, de mon amour. Les mots sont inutiles. Il sait. Il sait que je l’aime, que je l’aimerais toute ma vie. Mais il sait aussi que Milan est celui qui dormira à mes côtés, et qu’Adrastée sera la mère de ses enfants. « Je serai toujours à tes côtés, Cameron. Quoi qu’il arrive. Même si tu me rejettes, je serai là. Jamais, jamais, je ne t’abandonnerai. J’ai grandi avec toi, et je vieillirai avec toi. Sans toi, ma vie ne rime à rien. Sans toi, je ne suis rien. » Je porte sa main jusqu’à mes lèvres, et l’embrasse avec douceur. Je reprends, ensuite, la voix légèrement nouée : « Alors, je t’en supplie, pardonne-moi. Je me mettrais à genoux, devant toi, s’il le faut. Je te supplierais jour et nuit, mais j’ai besoin de ton pardon. J’ai besoin de toi. De nous. » Je ferme les paupières. Prie le ciel, le soleil et les étoiles pour qu’il m’accorde ce que je lui demande. Pour que tout redevienne comme avant. Pitié, faites qu’il me revienne.

« Would you face me, make me listen to the truth even if it breaks me ? You can judge me, love me. If you're hating me, do it honestly. »
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MessageSujet: Re: 'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)   Lun 6 Aoû - 8:14

Je ne sais pas, je ne veux pas savoir, je n’en peux plus. Combien de temps avais-je passé à me demander si ses regards ne voulaient pas dire plus ? Si elle n’était pas venue me secourir parce qu’elle était mon ange gardien ? Pour moi, Natalee était une créature divine. Un être qui ne m’appartiendrait jamais vraiment, car sa place était au ciel. Elle avait ce côté irréel que n’avait jamais eu Adrastée. Ce côté inaccessible, contrairement à ma femme dont j’avais tant rêvé avant même notre mariage. Je l’aimais, mais je savais pertinemment que je ne lui serais jamais destiné, parce que si elle ne voulait pas de moi, je prenais sa parole comme sacrée. Au fond, je l’estimais énormément, peut-être trop. C’était la tête brûlée de notre duo, celle qui prenait les devants, toujours. Avait-elle eu vraiment envie de m’embrasser ce soir-là, ou obéissait-elle simplement à une pulsion, dépourvue de tout sentiment ? Ça pouvait être tout l’un ou tout l’autre. Je la connaissais assez pour savoir que ça ne pouvait pas être juste quelque chose de calculé. Mais j’avais envie de savoir s’il y avait eu des sentiments. Alors je l’écoutais me parler, et plus les mots m’arrivaient aux oreilles, plus je souhaitais lui répondre. Au final, lorsqu’elle évoqua le fait de lui pardonner, je la regardai pour de bon.

- Te pardonner de quoi, au juste, Natalee ? Selon ce que tu me diras, ma réponse ne sera sûrement pas la même.

Je serrai davantage sa main dans la mienne, l’espace d’un instant, puis la lâchai. Je n’en pouvais plus. J’avais envie de crier, de pleurer, de la blesser encore avec des mots assassins, mais je ne le pouvais pas. Je l’avais déjà trop fait par le passé. Et comme je lui avais dit, je l’aimais. Pouvait-on réellement faire du mal à quelqu’un que l’on aime, aussi profondément que je l’aimais ? Impossible, selon moi. J’avais déjà souffert de lui ordonner de partir de ma maison. Je ne lui dirais plus jamais ce que je lui avais dit ce soir-là. Mais pourtant, j’en avais terriblement envie. Parce que Natalee se rendait rarement compte que, si elle souffrait énormément, son entourage souffrait davantage. Moi avant tout. Toujours moi. Depuis que nous étions gamins. Depuis qu’elle était venue me chercher dans cette cour d’école, et qu’elle m’avait serré dans ses bras à l’époque où le monde entier semblait être contre moi. Je me levai doucement. Puis j’essuyai les dernières larmes qui coulaient sur ma joue. Je lui tournais le dos.

- Je ne te pardonnerai jamais si, quand tu m’as embrassé, il n’y avait aucun sentiment, aucun amour, aucune réciprocité. Je ne te pardonnerai pas non plus si tu m’avoues que pendant dix ans, tu n’as pas vu que je t’aimais, pas su que nous devions finir ensemble.

Je déglutis et me tournai vers elle.

- Je suis heureux avec Adrastée. Je suis amoureux d’elle. Mais avec le recul, je n’aurais pas eu de remords si nous avions fait l’amour, ce soir-là.

Je m’adossai à l’arbre et croisai mes bras sur la poitrine, le regard baissé. Je n’aurais jamais dû lui dire tout cela. Je n’étais pas censé le faire. Parce que je savais très bien que notre amitié ne serait plus la même. Mais de toute façon, je n’aurais pas pu continuer à être muet sans me sentir affreusement coupable. Vis-à-vis d’Adrastée, particulièrement. Elle n’avait pas de sentiments amoureux pour Milan, elle. Mais aussi, notre cas était particulier, avec Natalee. Nous n’avions connu que ça : nous deux, notre monde. Nous n’avions besoin de rien d’autre. Alors, oui, nous étions bien trop proches. Mais que nous le voulions ou non, sans nos amants respectifs, nous serions ensemble à l’heure actuelle. Peut-être que c’était douloureux de l’admettre. Cruel même. Mais c’était bien le cas. Ainsi, il fallait crever l’abcès, ou ne plus se fréquenter du tout. J’avais préféré exposer tous mes griefs, quitte à me prendre ses foudres. Encore aujourd’hui, j’avais envie de l’embrasser, de la toucher comme je l’avais fait lorsqu’elle était venue me voir, trempée des pieds à la tête. Ça me rongeait littéralement, mais je n’avais d’autre choix que d’accepter ma condition. Plus que tout, je ne voulais pas qu’Adrastée pense que je ne l’aimais pas. C’était juste affreusement compliqué. J’avais connu Natalee presque toute ma vie. Je l’avais aimée. Et même si j’avais été amoureux de ma femme dès le premier regard, mon histoire avec la blondinette était ineffaçable. Elle serait toujours présente, il y aurait toujours cette tension entre nous. Après tout, la fin de notre amitié, la fin de notre amour, était logique. Nous avions failli coucher ensemble, et après tout, nous aurions dû aller jusqu’au bout. Au moins, nous aurions su pourquoi nous devions nous comporter comme des étrangers, comme des intrus dans notre propre histoire commune. Là, nous ne nous parlions presque plus, et au final, la raison de ce silence était un mystère. Comme si ce qui n’était « pas » arrivé était pire que ce qui aurait pu arriver. L’absence de chose, pire que la chose elle-même.
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'Cause it's clear you love another man... (w. Natalee)

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